On n'est pas des moutons

Archive for décembre, 2004

Les catastrophes sont parfois d’origine naturelle… Mais c’est l’action des humains qui en aggrave les conséquences. Et ce sont toujours les pauvres qui trinquent

NOTULES VACHARDES D’UN 31 DECEMBRE 2004

• On reparle de la taxe Tobin sur les tran­sac­tions finan­cières, idée à l’origine d’Attac. Dans la fou­lée de Chi­rac, son conseiller « écolo », Nico­las Hulot, a relancé l’idée ce matin sur France Inter. Ça ne devrait donc plus tarder.

• Dans le même ordre d’idées, un audi­teur sug­gé­rait que la Com­mu­nauté euro­péenne lève un impôt soli­da­rité de 50 euros par foyer fis­cal. Ce qui, selon son esti­ma­tion, rap­por­te­rait 5 mil­liards d’euros – bien plus que ce qui est pro­mis actuellement.

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• L’impôt n’est pour­tant pas à la mode libé­rale. La cha­rité pri­vée devrait se char­ger des grandes causes (télé­thon et autres ker­messes). Il n’empêche, voici que réap­pa­raît notre pre­mier ministre – qu’on aurait pu croire emporté par la vague des Mal­dives. Que nenni ! Magique il réap­pa­rait, en magi­cien habillé, et qui, d’un coup de baguette magique, paf !, trans­forme sous nos yeux 20 mil­lions d’euros en 40 ! Ça alors. Chô­meurs, cher­cheurs, Rmistes, inter­mit­tents du spec­tacle et de la vie : tous devraient se sou­ve­nir de ce truc et se char­ger de bis­ser l’artiste.

• A pro­pos de pro­messes de magi­cien, un inter­ve­nant à la radio (je ne sais plus qui) a judi­cieu­se­ment rap­pelé que lors du ter­rible trem­ble­ment de terre en Iran (jan­vier 2004, 40.000 morts), un mil­liard de dol­lars d’aide avait été clai­ronné. Et, en réa­lité, seule­ment 17 mil­lions ont été déboursés…

• Ah là là ! ces vacances au Maroc, on s’en sou­vien­dra ! Entre des otages libé­rés et un raz de marée, dur de se la cou­ler pei­narde à la Mamou­nia de Mar­ra­kech. Pour faire dépla­cer le pré­sident plus vite, il eut fallu lui par­ler de « tsu­nami ». Ce mot japo­nais, voi­sin loin­tain de « sumo », l’aurait peut-être mis en action.

• Vacances tou­jours., c’est dingue !: le minis­tère ita­lien des affaires étran­gères (AFP | 31.12.04) fait savoir que l’archipel tou­ris­tique des Mal­dives a été retiré de la liste des des­ti­na­tions décon­seillées aux vacan­ciers ita­liens depuis le raz-de-marée. L’association ita­lienne des agences de voyages explique : « Nous avons invité nos adhé­rents à écou­ter les exi­gences du client et nous sommes dis­po­sés à trou­ver un com­pro­mis, tout en sachant que les des­ti­na­tions alter­na­tives comme les Caraïbes, Zan­zi­bar et le Kenya affichent main­te­nant com­plet.» Pen­dant le désastre, les affaires continuent.

• Sur ce, j’ose sou­hai­ter un bon réveillon et une bonne année à mes «blo­guistes». Ça ne chan­ge­rait rien de som­brer dans le sen­ti­ment de culpa­bi­lité. La soli­da­rité ne sau­rait être un sub­sti­tut à la mau­vaise conscience. Pas une rai­son non plus pour s’empifrer.

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RAZ DE MARÉE. Naissance de LA question, sur France 2

France 2, 20 heures, édi­tion spé­ciale (jeudi 30). Elle assure, Carole Gaessler. Les autres aussi, der­rière. Belle mobi­li­sa­tion, comme sou­vent face aux catas­trophes – «l’événement porte»… Ah ! cette jouis­sance jour­na­lis­tique des grands jours… Mais ils sont là : repor­tages mul­tiples (un peu redon­dants par­fois), angles tra­vaillés. Quelques ratés : cette famille bc-bg des Yve­lines, bon – mais sans doute repré­sen­ta­tive, il est vrai, de la plu­part de ces tou­ristes pro­gram­més Para­dis de Noël et dérou­tés vers l’Enfer. Jtf2301204

Puis un beau «sujet» – les mots du jar­gon ! – que celui consa­cré à cette jeune femme, plu­tôt bo-bo, elle. Devant son ordi­na­teur por­table, elle revoit les images d’événements qu’elle n’a que croi­sés, tout juste entre­vus. Elle n’a pu com­prendre ce qui se pas­sait tant les choses se sont pré­ci­pi­tées autour d’elle. Comme elle dit, elle a été «jetée dans des avions».

Et là, au chaud de son appar­te­ment douillet, elle déprime. Car elle pense et repense à tous ceux qu’elle a «aban­don­nés». Tous ces autoch­tones, si dému­nis, qui l’ont secou­rue, nour­rie, récon­for­tée, elle la riche touriste.

Alors, elle se sent mal, impuis­sante, pétrie de culpa­bi­lité. Elle veut repar­tir «là-bas», pour «aider». Comme pour se libé­rer de sa dette, sou­la­ger sa mau­vaise conscience. Le com­men­taire off est intel­li­gent, déli­cat. On dirait qu’on assiste à une nais­sance. Oui, quelque chose comme une prise de conscience. C’est beau…mais. L’écran s’est empli de la grande ques­tion, celle qui vient frap­per ce siècle nais­sant, celle de la Grande Injus­tice Nord-Sud.

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TSUNAMI-ASIA.INFO. Un site de première utilité

Un site inter­net (français/anglais) vient d’être mis en place, des­tiné à réunir au quo­ti­dien des infor­ma­tions utiles sur la catas­trophe en Asie.

Il s’adresse à tous ceux qui se sentent concer­nés et sur­tout aux per­sonnes qui cherchent des nou­velles de dis­pa­rus ou qui ont des infor­ma­tions à appor­ter concer­nant des vic­times. Il est ouvert à tous ceux qui veulent témoigner.

Une rubrique est dis­po­nible pour les pro­po­si­tions d’initiatives qui visent à venir en aide à des popu­la­tions locales.

Ce site, non com­mer­cial, est indé­pen­dant de toute orga­ni­sa­tion ou État. Il ne reçoit pas de dons, mais on y trouve les adresses des ONG qui les collecte.

http://www.tsunami-asia.info/initiative.php3
contact@tsunami-asia.info


Le raz de marée et l’entendement sélectif de W

Quelques sus­pi­cieux, bien sûr mal inten­tion­nés, avaient naguère émis des doutes sur la com­pre­noire de Bush W. La majo­rité des élec­teurs état­su­niens ont estimé qu’il n’y avait pas lieu de s’alarmer. A tort. Ils viennent en effet d’être désa­voués par leur pré­sident lui-même décla­rant, ce 28/12, à pro­pos du raz de marée que ses consé­quences « dépassent l’entendement ».

Ce n’est pas la pre­mière fois, ni la der­nière, que W se sent pris au cer­veau. On se sou­vient com­ment Michael Moore l’avait mon­tré en plein désar­roi de vacuité céré­brale lorsqu’on lui apprit l’attaque des Twin-Towers. Le 27 mars 2003, rece­vant à la Mai­son blanche son grand ami Blair, ne déclara-t-il pas ? : «S’il nous fal­lait des témoi­gnages sup­plé­men­taires de la dépra­va­tion du régime de Sad­dam Hus­sein, cette der­nière atro­cité [la dif­fu­sion d’mages de sol­dats bri­tan­niques exé­cu­tés] nous les apporte. […] C’est un acte de cruauté qui dépasse l’entendement. Cela dépasse en vérité la capa­cité de com­pré­hen­sion de qui­conque pos­sède la moindre par­celle d’humanité. »

Certes, comme tout un cha­cun, W a ses enten­de­ments et indi­gna­tions sélec­tifs. Le pire c’est qu’il les impose au monde. Ainsi voit-on poindre une nou­velle mani­fes­ta­tion de l’imperium (pour reprendre le mot de Theo­dore Ros­zak dans son excellent livre, La Menace amé­ri­caine), cette fois sur le ter­rain de l’humanitaire en Asie… Dési­reux, sans doute, de se redo­rer un bla­son quelque peu terni dans le «rest of the world», W dis­pute à l’Onu son lea­der­ship sur la coor­di­na­tion de l’aide aux pays asia­tiques dévas­tés par les raz de marée.

Il vient en effet (AFP, 22/12) de déci­der d’établir une nou­velle coa­li­tion inter­na­tio­nale afin de secou­rir les vic­times. C’est pour­tant le rôle dévolu à l’Onu, via son Bureau de coor­di­na­tion des affaires huma­ni­taires. C’est sur­tout l’occasion pour le W de pour­suivre de sa vin­dicte et l’Onu et son secré­taire géné­ral Kofi Annan, empê­cheurs de guer­royer en rond. C’est enfin un manière pour W d’accomplir son devoir reli­gieux au nom du dieu des néo­con­ser­va­teurs et des affai­ristes. Et cela pour pas cher : Washing­ton, qui avait d’abord offert 15 mil­lions de dol­lars d’assistance aux pays sinis­trés, sous le feu des cri­tiques – dont celles de l’Onu – a porté son aide à 35 mil­lions de dol­lars. Quel élan de générosité !

Qui sau­rait chif­frer, par contraste, le coût de la guerre d’Irak ? On s’y perd, tant l’addition est énorme, mais insuf­fi­sante encore : W s’apprête à deman­der au Congrès, en février, un bud­get sup­plé­men­taire de 80 mil­liards de dol­lars pour les opé­ra­tions mili­taires en Irak, selon le chef d’une délé­ga­tion de par­le­men­taires amé­ri­cains en visite à Bag­dad, Jim Kolbe, pré­sident (répu­bli­cain) de la sous-commission des opé­ra­tions à l’étranger au sein de la Chambre des repré­sen­tants. Une paille à côté des 2.000 miliards de dol­lars inves­tis d’ici à 2008 dans les indus­tries militaro-industrielles des­ti­nées à pro­lon­ger bien plus avant encore les délires de Rea­gan et de sa « guerre des étoiles ».

Quant au coût humain en Irak, il sur­passe même l’entendement de W : 100.000 morts civils, pour ne comp­ter «que» ceux-là. Un vrai raz de marée.


Des pêcheurs bretons appellent à la solidarité

Le Col­lec­tif Pêche & Déve­lop­pe­ment basé à Lorient * lance un appel dont voici des extraits :

« Le raz de marée […] a par­ti­cu­liè­re­ment tou­ché les mil­lions de pêcheurs et leurs familles qui vivent habi­tuel­le­ment dans des condi­tions très pré­caires au bord des plages. 85% des pêcheurs dans le monde vivent en Asie et notam­ment dans les pays tou­chés par cette catas­trophe.

« Nous avons reçu des appels aux secours d’organisations de pêcheurs de ces pays. Selon les témoi­gnages de pêcheurs sri-lankais, le raz de marée a par­fois fait sen­tir ses effets jusqu’à 1,5 km de la côte et la vague a pu atteindre 20 mètres de haut dans le sud du pays. Ce sont toutes les infra­struc­tures et les moyens de vivre des com­mu­nau­tés de pêcheurs qui sont à recons­truire sur des mil­liers de km de côtes surpeuplées.

« Face à une telle catas­trophe, les pêcheurs fran­çais se sentent soli­daires et nous les appe­lons, indi­vi­duel­le­ment et par leurs orga­ni­sa­tions, à témoi­gner de cette soli­da­rité en ver­sant leurs dons aux orga­ni­sa­tions diverses recon­nues pour leurs capa­ci­tés d’agir dans ces situa­tions ou en adres­sant leurs dons au Col­lec­tif Pêche & Déve­lop­pe­ment avec la men­tion Soli­da­rité Asie. Les dona­teurs seront tenus au cou­rant de la des­ti­na­tion des dons recueillis. »
Logo_peche_devDanièle Le Sauce , Pré­si­dente de la Branche fran­çaise du Forum Mon­dial des pêcheurs , Alain Le Sann, Pré­sident du Col­lec­tif Pêche & Déve­lop­pe­ment
* 1, Ave­nue de la Marne — 56100 Lorient
tél.: +33 (0) 297 84 05 87 — fax: +33 (0) 297 64 24 57
http://www.peche-dev.org

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Raz de marée électromagnétique

Un seul ordi­na­teur vous manque et tout est dépeu­plé *… Comme si l’onde rava­geuse l’avait frap­pée dans son som­meil, cette sale bête a rechi­gné ce matin, refu­sant car­ré­ment de se réveiller. Le coma déli­béré, exprès, la vache ! Et sa rébel­lion en dit long aussi sur ses capa­ci­tés de domi­na­tion, ses talents à créer de la dépen­dance. Quoi, un bug, un éter­nue­ment viral, une panne de ces sata­nées machines, et nous voilà tout coi-tout con ? !

Eh les potes, Jo et JFH, vous les  » ado­ra­teurs  » de Jacques Ellul, ce vision­naire, debout ! Parlez-leur aux tech­nos, dites-leur bien à quel point on se sent par­fois si seul dans le  » peuple  » infor­ma­tique. Alertez-les des risques du pro­chain raz de marée élec­tro­ma­gné­tique qui ébranle le monde élec­tro­nique ! Et ainsi préservez-nous de l’engloutissement sous la vague fatale qui anéan­tira nos mémoires, les vives comme les mortes.

Une fois de plus, c’est le livre qui nous sau­vra. (Amen !)

* Pro­po­si­tion de jeu : Quelle est la cita­tion que cette phrase évoque ? De quel auteur ? Et on en reparlera.

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FRANCE 2. On allait donner pour la Croix-Rouge… et puis J-F Mattei a surgi

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Tout de même, ce raz de marée, qui vient gâcher notre entre-deux fêtes ! J’exagère à peine. Voyons, par exemple, la télé de ce midi. Com­ment envoyer les mar­rons gla­cés après tant de larmes, de cris, de dou­leurs ?… Eh ben comme ça : France 2, par exemple, avec son repor­tage tota­le­ment in-dé-cent (même par temps «calme») sur les pré­pa­ra­tifs du dîner de cha­rité au Ritz, qu’apparemment cette chaîne «spon­so­rise» puisqu’elle semble nous la ser­vir chaque jour au des­sert. Ils en étaient à 280 ins­crits. D’où la ter­rible inter­ro­ga­tion : com­bien de homards à estour­bir pour allé­ger la sup­po­sée mau­vaise conscience des «happy few» ? Et com­bien à payer pour un tel sou­la­ge­ment ? Entre 350 et 450 euros, nous a dit le repor­ter, sans pré­ci­ser ce qui jus­ti­fie la « four­chette » – c’est bien le mot.

Autres ques­tions, cette fois direc­te­ment liée au drame de l’Océan indien : Que faire ? Com­ment aider ? Sans doute en envoyant un don…, mais à qui ? À la mai­son, on pen­chait plu­tôt pour la Croix-Rouge, cette ONG de ter­rain, laïque, effi­cace, pas trop de cas­se­roles au cul, etc.

Mattei_89Et puis voilà que notre chaîne du ser­vice public, vou­lant faire son inté­res­sant, invite le pré­sident (de la Croix-Rouge) : soit Mon­sieur Cani­cule de chez nul, Jean-François Mat­tei lui-même, triom­phal comme au bon temps du minis­tère de la santé, prêt à de nou­velles frasques de «com­mu­ni­ca­tion». On n’avait donc pas su que la chi­ra­quie l’avait ainsi recasé pour ses bons et loyaux ser­vices (il faut dire que ça s’est fait ce 19 décembre, comme qui dirait en loucedé…).

Donc, pro­blème encore ! Quelle idée, fran­che­ment, d’inviter ce type pour repré­sen­ter la Croix-Rouge ?! Dans le métier, le vrai, on dit que c’est de l’info ins­ti­tu­tion­nelle. Pour­quoi, par exemple, ne pas avoir donné la parole à l’un de ses repré­sen­tants de ter­rain, ils sont si nom­breux, si admi­rables ! Oui mais, le Pré­sident…, certes mais tel­le­ment contre-productif !

Alors, qu’est-ce qu’on fait ? Ima­gi­ner que ce Mat­tei palpe ses… j’ sais pas, met­tons 10.000 euros men­suels pour pré­si­der cette orga­ni­sa­tion… Non, pas pen­sable de contri­buer à « ça » ! Alors qu’ils en ont besoin, sans doute. Ah, putain, que la poli­tique est une belle emmerdeuse !

• Des­sin © faber (andre.faber@wanadoo.fr)

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RADIOS des petits matins : chagrin

Gp_6211Lundi, six heures et demie. Petit déj” bru­meux. Le poste a été déré­glé. Je cherche à tâtons ma sta­tion pré­fé­rée. Je me tape la bande FM… Encore bien­veillant, je me dis que c’est pour bien faire que les pro­gram­meurs de radio choi­sissent leur musaque mas­sa­crante. Ils doivent vou­loir aider le pro­lé­taire à mettre le pied à l’étrier. J’ose croire qu’ils se blousent total. Que ce sont de petits gom­meux incultes qui méprisent leurs contem­po­rains – enfin sur­tout moi, que leurs goûts musi­caux de chiottes m’incitent car­ré­ment à leur cla­quer le cla­pet. Qui n’a jamais « zappé » sur les radios du petit matin ignore la pro­fon­deur de la détresse humaine s’infligeant de tels outrages matu­ti­naux (excu­sez le mot, pas pu m’empêcher). Tout y est vul­gaire : les voix, sur­tout, les pro­pos, sur­tout, les « blagues », sur­tout, les rires, sur­tout les rires bêtes à cre­ver. Le pire, sur­tout, c’est que ces radios-là trouvent des auditeurs !

Bon, mais pour­quoi se faire du mal ? Je trouve donc refuge chez France Inter, mon pâté d’alouette du matin (déjà épin­glé ici : cf 16 décembre). 15 000 morts et plus, les vagues de 10 mètres et plus, l’échelle de Rich­ter à 9 et plus. Paoli en vacances, la relève à la traîne. Celui-là chan­tonne l’ «info». Il la joue moderne, presque « sta­tion FM pour d’jeunes ». Heu­reu­se­ment une femme sauve la mise par son huma­nité, et plus de matu­rité aussi – qui fait vrai­ment le métier d’informer. Du coup, sa com­pas­sion sonne plus juste. Mais, comme les « tsu­na­mis », elle finit quand même par se fra­cas­ser sur les vieux cli­che­tons : le retour des pre­miers tou­ristes à Roissy, le micro-trottoir obligé et l’inévitable « cel­lule psy­cho­lo­gique mise en place ».

Puis « sans tran­si­tion », comme dit l’autre – d’ailleurs on ne ménage plus de tran­si­tion dans l’info, ça ferait rin­gard; la règle, c’est le coq à l’âne –, on passe à l’Ukraine, une explo­sion de gaz à Mul­house, ah là là, les pauv’ gens !, la spor­tive de l’année, la météo. Et hop !, l’affaire est pliée. Reste à espé­rer que son journal-papier sera, lui, à la bonne hauteur.

Et encore cette lan­ci­nante ques­tion : qu’est-ce qu’informer ? Et aussi : qu’est-ce qu’être informé, quand estime-t-on l’être ? Je ne le sais trop. Ou le plus sou­vent en creux. Comme un manque après la sur­dose. Tout ce bruit appelle la musique du silence.

PS et mora­lité : pour­quoi se lever si tôt ?

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Il suffisait d’y penser : une assurance spéciale média

Voilà une idée qui devrait bien plaire à la maire d’Aix-en-Provence*… : une assu­rance spé­ciale média. C’est le cor­res­pon­dant de Libé­ra­tion à Stock­holm, Oli­vier Truc, qui rap­porte l’info (20/12/04). L’ « abo­mi­nable » trou­vaille émane des sociaux-démocrates sué­dois, dont la direc­tion du parti a sous­crit un tel contrat pour le compte de ses prin­ci­paux ténors du gou­ver­ne­ment et de tous ses députés.

« Cette assu­rance, explique l’article, per­met aux poli­ti­ciens [cou­verts] d’obtenir une aide juri­dique s’ils s’estiment calom­niés dans l’exercice de leur fonc­tion et veulent por­ter plainte contre les journaux. »

«La loi sué­doise sur la liberté d’expression est très géné­reuse pour les jour­na­listes, constate Håkan Olan­der, atta­ché de presse du Parti social-démocrate. Il est très dur de gagner un pro­cès contre un jour­nal. Per­sonne ne pense que cette assu­rance chan­gera le rap­port de force entre le pou­voir et les médias, mais ce qui est vrai, c’est que les poli­ti­ciens se sentent de plus en plus mena­cés, et le ton des jour­naux s’est durci ces der­nières années.»

Ce sys­tème est en place depuis un an, mais n’a pas encore été éprouvé. Les jour­na­listes sué­dois ne semblent pas pour autant impres­sion­nés. Au nom de la Fédé­ra­tion des jour­na­listes, Lotta Till­ström se contente de trou­ver les poli­ti­ciens «naïfs».

* Voir la note ci-dessous.


La maire d’Aix-en-Provence contre le Nouvel Obs’ « Il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté de la presse ». Alors où est le problème ?

20041216obs6364_1Les pro­cès inten­tés à la presse sont tou­jours à double tran­chant. Même et sur­tout s’agissant d’un pro­cès d’intention. La maire d’ Aix-en-Provence, Mme Maryse Joissains-Masini, semble igno­rer cette réa­lité ; et si elle fut jadis avo­cate, elle paraît aujourd’hui bien cava­lière au regard du droit de la presse. Ainsi veut-elle traî­ner le Nou­vel Obser­va­teur en jus­tice, du moins si elle n’obtient pas répa­ra­tion par un droit de réponse équi­valent à l’outrage – d’ailleurs non encore juri­di­que­ment qualifié.

Et quel est diantre cet outrage ? Le sup­plé­ment régio­nal de l’hebdomadaire consa­cré à sa ges­tion muni­ci­pale et titré (cou­ver­ture ci-contre) : «Maryse Joissains-Masini est-elle à la hau­teur ?» Certes, éma­nant d’un hebdo de centre gauche, la ques­tion implique une réponse pré­vi­sible. Mais celle-ci s’avère tout à fait argu­men­tée, fon­dée sur un tra­vail jour­na­lis­tique sérieux, mesuré, et même équi­li­bré. Du vrai bon bou­lot comme on aime­rait que bien des jour­na­listes s’en ins­pi­rassent ( ;-) , et qui pourra ser­vir aussi bien aux étu­diants aixois du mas­tère de jour­na­lisme juri­dique de la faculté de droit, y com­pris avec ses pos­sibles pro­lon­ge­ments au prétoire…

Or donc, quand Mme Joissains-Masini n’est pas contente, elle ne sait jamais se rete­nir de le toni­truer, dans son style inimi­table, entre gouaille et vul­ga­rité. Si bien qu’on ne trou­vait plus un Nou­vel Obs qui vive sur la place d’Aix et envi­rons. Bonne affaire pour le jour­nal. Son ser­vice des ventes n’a pas man­qué les réas­sorts, et le « brû­lot » encore chaud se négo­ciait de plus belle, en deuxième et troi­sième semaines après paru­tion, jusques et y com­pris au kiosque devant la mai­rie. Bravo la promo !

Comme le rap­porte La Pro­vence au len­de­main du conseil muni­ci­pal en par­tie consa­cré à l’ «affaire», Mme Joissains-Masini s’estime « traî­née dans la boue » par le dos­sier «qui met en cause la cré­di­bi­lité des élec­teurs […], l’honorabilité et la com­pé­tence du maire» et de son équipe. Bien sûr, a-t-elle ajouté, «Il ne s’agit pas là de remettre en cause la liberté de la presse ni sa capa­cité d’interpréter les faits. Mais là, l’exercice vise à désta­bi­li­ser l’équipe muni­ci­pale en uti­li­sant des moyens sou­ter­rains et indignes». Moyens ainsi qua­li­fiés dans un docu­ment aux élus : […]«la dés­in­for­ma­tion, la calom­nie, la rumeur, le men­songe et l’injure». Bigre ! Atten­dons voir ce que peut bien recou­vrir cha­cun de ces termes dans l’esprit de la maire d’Aix-en-Provence. On en en saura alors plus sur la légis­la­tion de la presse. A l’avocate, cette fois, de se mon­trer à la hauteur.

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Réponse à la ques­tion  » Qui a dit ? » [24/02/05]

Robert Her­sant, en 1983, au Nou­vel Observateur.

Hersant

1920–1996. Celui qu’on appe­lait « le papi­vore », ou « Citi­zen Her­sant », avait consti­tué le pre­mier empire de presse fran­çais, en dépit de ses acti­vi­tés sous l’Occupation. Son ascen­sion est liée à la réus­site de l’Auto-Journal (1950) à par­tir duquel, rachat après rachat, il consti­tue ce qui deviendre la Soc­presse – aujourd’hui pro­priété de Das­sault (87%) et de Aude Ruet­tard, petite-fille de Robert Her­sant (13%).

En vrac et entre autres, l’empire Her­sant a contrôlé en tota­lité ou en par­tie: L’Auto-Journal, France-Antilles, Centre Presse, Nord-Matin, Paris-Normandie, Le Figaro, Nord-Eclair, France-Soir, L’Aurore, Le Figaro Maga­zine, La Voix du Nord, Le Pro­grès de Lyon, Le Dau­phiné libéré, L’Union, etc., ainsi que des dizaines de socié­tés annexes.

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OTAGES. Du journalisme autoglorifié, à la « Star Academy » de la communication

Nuages de cri­quets, pin­gouins ali­gnés, bai­gneurs amas­sés, stades en délire, foules mena­çantes, tar­mac envahi. Non, j’aime pas bien, et même vrai­ment pas. Rap­port à l’individu, cet atome d’humanité insé­cable, en prin­cipe. Méfiance. Ne jamais se nier, se fondre, se perdre. Ne pas renon­cer à sa liberté. A com­men­cer par sa liberté de juge­ment, la seule qu’on ne puisse vrai­ment enfer­mer. Ni prendre en otage donc. J’y reviens : cet una­ni­misme autour de la « joie natio­nale », même ça je le trouve sus­pect, ça me gêne. Sur­tout parce que c’est une construc­tion. Et une construc­tion dont les méca­nos sont encore les médias. Avec, en l’occurrence, un embal­le­ment dû à un phé­no­mène d’autocélébration, voire d’autoglorification que je trouve indé­cent. Il fau­drait ana­ly­ser ça de plus près – Régis Debray, comme médio­logue, serait inté­res­sant à entendre à ce sujet. Ici, c’est un tei­gneux qui avance quelques idées.

Sur le cou­rage dont « on » pare Ches­not et Mal­bru­not. Le cou­rage du jour­na­liste, c’est en effet d’oser aller en Irak, entre autres lieux explo­sifs. Mais pas d’être pris en otage, qui est un acci­dent – certes gra­vis­sime. Dès lors, ce qu’il faut c’est de la résis­tance, de la confiance, de l’énergie indi­vi­duelle ou/et de la foi : ils priaient trois fois par jour, a raconté Chris­tian Ches­not ce matin sur France Inter. Le cou­rage du jour­na­liste c’est, en per­ma­nence, là-bas ou ici sur son « ter­rain », de résis­ter à l’intox, c’est savoir ne pas s’en lais­ser conter. Le cou­rage de cha­cun, c’est de vivre en humain. Le mot vient de cœur. L’action vient du cœur. C’est la bra­voure du cœur, c’est celle de Mère Cou­rage, cet emblé­ma­tique per­son­nage de Brecht.

Sur la confré­rie jour­na­lis­tique.
Elle m’agace comme toutes les autres, et plus encore puisque j’en suis objec­ti­ve­ment. Mais je la refuse en tant qu’expression cor­po­ra­tiste. Or, c’est trop ce que je retrouve dans l’auto­cé­lé­bra­tion de cette libé­ra­tion et ce qui s’ensuit : ren­for­ce­ment du mythe roma­nesque d’un métier tel­le­ment sur­va­lo­risé ! A l’Aventurier-justicier, il fau­drait tout de même oppo­ser tous ces renon­ce­ments pro­fes­sion­nels étouf­fés au fin fond des rédac­tions, toutes ces grandes manœuvres finan­cières autour des médias, ces miroirs aux alouettes. Faute de quoi, les can­di­dats jour­na­listes se bous­culent par mil­liers aux entrées des lieux de for­ma­tion, les­quels se mul­ti­plient en pro­por­tion inverse d’un « mar­ché » de l’emploi devenu la « Star Aca­demy » de la communication.

Enfin (pour aujourd’hui) sur l’unanimisme natio­nal. Un écran de fumée pour mas­quer le vrai de la « patrie en dan­ger » : misère, chô­mage, pol­lu­tions phy­siques et men­tales. Là où le cou­rage, le vrai, s’avère le plus défaillant.

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OTAGES. Retenez-moi, ou je fais un titre !

Rude métier d’informer… Au len­de­main de la libé­ra­tion des otages fran­çais, entre pathos et rien à dire, La Pro­vence du 23/12/04 ose un juste milieu.Prov2_2Prov3_1


« Mon grand-père et l’intox médiatique »

Par Chris­tian Le Meut
Mon grand-père Julien a passé sa vie à Crac’h, près d’Auray, dans le Mor­bi­han, étant né à huit kilo­mètres de là, à Ploe­mel en 1911. Il est décédé voici quelques années.

Un jour qu’il était, comme d’habitude, à boire un coup au “Crac’h bar”, alors tenu par mon oncle, son fils, et ma tante, voila qu’entre une jour­na­liste… Il faut vous pré­ci­ser qu’à ce moment là, nous sommes en novembre 1991, la com­mune est enva­hie par une nuée de jour­na­listes venus attendre là l’arrivée d’un « Crac’hois » célèbre : Gérard d’Aboville. Celui-ci ter­mi­nait sa tra­ver­sée du Paci­fique à la rame mais n’était pas encore arrivé à bon port aux Etats-Unis. Télés (TF1, F2, F3) et radios natio­nales n’avaient donc rien d’autres à se mettre sous la dent que la com­mune d’origine du rameur, même s’il n’y habi­tait pas et si très peu d’habitants l’avaient ren­con­tré en vrai. Plu­sieurs per­sonnes ont ainsi parlé à la télé d’une per­sonne qu’elles n’avaient jamais vue ailleurs qu’à la télé… Le fac­teur, mon oncle, ma tante… Ces deux der­niers tenaient alors le « Crac’h bar ». Ainsi, j’ai appris sur France Inter un matin à 7h30 que mon oncle tenait un cahier où il col­lait les articles sur Gérard d’Aboville. Dingue non ? Et ma tante de répondre à un jour­na­liste qui lui deman­dait ce qu’elle atten­dait de l’exploit du rameur : « J’espère que ça va mettre de l’ambiance dans le café » ! Le fac­teur n’a pas dit mieux, mais il a été filmé en exté­rieur sur une des places du bourg…

Et voici donc mon grand-père face à la jour­na­liste d’un grand quo­ti­dien régio­nal de l’Ouest de la France. Et lui, tou­jours far­ceur, de dire : “Tous les jours, ces der­niers temps, j’ai été faire une prière à Sainte-Anne, pour que Gérard réus­sisse sont exploit”. C’était une blague, un canu­lard, mais, le len­de­main, c’était imprimé noir sur blanc sur le journal !

Et nous, sa famille, étions un peu gênés, comme lui-même d’ailleurs. Je lui ai demandé : “C’est vrai que tu es allé à Sainte-Anne tous les jours ?”. Il m’a répondu : “J’y suis allé au moins une fois”… Et même ça, ce n’était pas sûr car mon grand-père ne condui­sait plus à cette époque, et ne pou­vait aller à Sainte-Anne tout seul. Y aller à pied, pas ques­tion. il avait beau être tou­jours valide, il fal­lait le trans­por­ter en voi­ture pour faire 200 mètres !

Mais l’histoire n’est pas finie : l’anecdote a plu à un jour­na­liste célèbre et, le ven­dredi sui­vant, voila que nous enten­dons sur France 3, dans la bouche de Georges Per­noud, le pré­sen­ta­teur de Tha­lassa, l’histoire d’un grand père qui est allé chaque jour de Crac’h à Sainte-Anne, prier pour Gérard d’Aboville… Ainsi, le canu­lard raconté par un grand-père à une table de bis­trot est devenu une his­toire vraie pour des mil­lions de gens, car accré­di­tée par des jour­na­listes qui n’avaient pas véri­fié la véra­cité des faits. Sans bou­ger de sa chaise, en ne fai­sant rien que boire un coup et répondre à des ques­tions, mon grand-père a réussi une véri­table intoxi­ca­tion médiatique…

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OTAGES. Du journalisme en général, du panurgisme en particulier

J’ai entendu la nou­velle, hier mardi vers 18 heures, à la radio. Qui pour­rait ne pas se réjouir de la libé­ra­tion des deux jour­na­listes otages ? Je ne sau­rais donc jouer les rabat-joie. Tout juste la rame­ner avec mon grain de sel. Rap­port à la « confré­rie jour­na­lis­tique ». Il est 11 heures, ce mer­credi, len­de­main de l’annonce de la bonne nou­velle. Et jusque là, je ne fais qu’entendre ou voir débi­ter les mêmes infos en boucle (heu­reu­se­ment, c’est une façon de par­ler, je fais aussi autre chose…). Il me semble que, une fois de plus, c’est la déme­sure qui l’emporte ; que ces médias pro­duc­ti­vistes ne sau­raient ces­ser de pro­duire, de répli­quer du « même » en très grande série, y com­pris lorsque la pudeur le com­man­de­rait, et alors qu’on ne dis­pose pas vrai­ment d’informations dignes de ce nom.

Car, pour le moment, c’est la com­mu­ni­ca­tion qui fonc­tionne. Venue d’Al-Jezira, la télé qata­rie, l’annonce a été don­née en France par Raf­fa­rin, devant les séna­teurs. Et, à ma connais­sance, il n’y a pas eu aucune autre source directe : ni des otages eux-mêmes, ni de l’ambassade de France à Bag­dad. Et c’est encore la com’ (ver­sion vul­gaire de la pré­cé­dente) qui va prendre le relais avec l’objectif, cette fois, d’engranger les divi­dendes poli­ti­ciens : Fal­con minis­té­riel « cali­bré » pour juste avant le 20 heures ; on voit déjà le ban et l’arrière ban gou­ver­ne­men­tal, remake annoncé de Vil­la­cou­blay 1 avec le retour du Liban de Car­ton, Fon­taine et Kauff­mann – avec Pas­qua en Zorro et Mar­chiani dans l’ombre.

Ce serait donc un gag (certes du plus mau­vais goût), une mani­pu­la­tion, que l’ensemble de la machine média­tique s’y serait engouf­fré. Enfin quoi, tou­jours ce même engoue­ment naïf à ser­vir les « bonnes causes » sans dis­cer­ne­ment ! Panur­gisme ou pro­fes­sion­na­lisme ? Réponse dans la ques­tion. Comme si ne s’étaient pas pro­duites, pour ne par­ler que des plus récentes, l’affaire Marie L. et son agres­sion fan­tas­mée ou l’annonce pré­ma­tu­rée du départ de Juppé sur France 2.

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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
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    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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