Démar­rer, certes. Ce papier d’ouverture comme un édito. « On ne se refait pas ». Chas­sez le jour­na­liste, le revoilà par la fenêtre inter­net. Une fenêtre comme une grande porte, celle par qui conti­nue à pas­ser les cou­rants d’air, plu­tôt vif, des faits et des idées. C’est en par­tie le pari des quelque cinq mil­lions de blo­gueurs (dans le monde), dont sans doute aussi pas mal de bla­gueurs. Peut-​être pas plus d’ailleurs que dans les médias paten­tés, dont on a vu – en par­ti­cu­lier en cette année 2004 – à quel point ils ont pu for­cer sur la fausse nou­velle, le bidon­nage, les mani­pu­la­tions, les à-​peu-​près et autres géné­ra­li­sa­tions. Pas éton­nant que les cana­li­sa­tions cèdent, empor­tant les digues anciennes que l’on croyait « de béton ». « Les jour­naux sont fou­tus », croit devoir pro­phé­ti­ser un ana­lyste amé­ri­cain, John Mac­Gre­gor, dans un article char­penté et néan­moins lourd d’espérances puisqu’il ajoute aus­si­tôt « Vive les jour­na­listes ! ». (A lire sur http://​www​.cin​q​sur​cinq​.net).

Mais qu’est-ce qu’un jour­na­liste, au fait ? That is, plus que jamais, the ques­tion. Plus que jamais dans la mesure où, jus­te­ment, les nou­veaux outils comme celui-​ci décon­nectent la pra­tique d’un métier d’une tech­ni­cité lourde et oné­reuse. Depuis les années 60, presque un demi-​siècle, une opi­nion domi­nante (se) repose sur un apho­risme des­cendu de la galaxie MacLu­han (encore un Mac) selon lequel « le média est le mes­sage », voire le « mas­sage » céré­bral. Ce genre d’assertion com­mi­na­toire a pour­tant connu la gloire, une gloire média­tique, for­cé­ment, qui prou­vait au moins que les gens des médias sont peu ran­cu­niers, ou bien maso­chistes, ou alors débiles, voire tout ça à la fois. Si, en effet, il y a « du vrai » dans le com­man­de­ment maclu­ha­nien – tout comme dans le fait que son auteur avait été des pre­miers à annon­cer au « Vil­lage glo­bal » les délires de notre actuelle mon­dia­li­sa­tion –, un inven­taire reste a éta­blir quant à l’état de la Résis­tance au rou­leau com­pres­seur médiatique.

D’où quelques autres ques­tions « sub­si­diaires » : inter­net, la toile, les blogs, tous ces nou­veaux médias d’autopublications en ligne, vont-​ils par­ti­ci­per d’une Renais­sance média­tique ? Ou sont-​ils déjà condam­nés par la tech­ni­cité qui les porte et, comme tels, pro­mis à cette vul­gate qui nous (moi et quelques autres…) désespère ?

D’où, le rap­pel de the ques­tion : Mais qu’est-ce donc qu’un journaliste?

Enfin, c’est pour dire.