Libé8jv05Si donc «on peut rire de tout», selon l’adage «cho­ro­nien» (voir le papier d’hier, jus­te en des­sous), pré­fé­rons lui, plus que jamais, la nuan­ce « des­pro­gien­ne » : ne pas se fen­dre la poi­re avec n’importe qui. Ni la poi­re, ni le fro­ma­ge d’ailleurs : rien de plus indi­ges­te que de bouf­fer en mau­vai­se com­pa­gnie. Mais res­tons à table autour de ce des­sert pro­po­sé à la car­te de Libé­ra­tion (same­di 9/01/05) sous l’intitulé allé­chant : «Peut-on rire du tira­mi­su ?»

Avez-vous bien lu? : tira­mi­su, pas tsu­na­mi ! Ah ah, me dis-je, le Mathieu Lin­don va déli­rer sur les mots de la cho­se, l’exotisme sexy de l’appellation japo­nai­se, pré­fé­ré au raz de marée du ter­roir hexa­go­nal, etc… Pas du tout ! J’ai eu beau lire et reli­re, rien de tel dans l’article, pas une cita­tion, pas la moin­dre allu­sion au fameux des­sert ita­lien. Alors, lap­sus, facé­tie vou­lue, gros­se fati­gue du cor­rec­teur ?

Car le papier ten­te bien de répon­dre à la ques­tion : «Peut-on rire du tsu­na­mi ?». Bien sûr qu’on le peut, sem­ble dire Lin­don. Mais d’un rire jau­ne (sans jeu de mot), un rire plu­tôt sar­cas­ti­que, pas la poi­la­de basi­que, quand même… Aus­si l’article demeu­re-t-il fina­le­ment très sérieux, et inté­res­sant avant de som­brer dans un embrouilla­mi­ni (sau­ce ita­lien­ne) en quê­te de second degré.

Quel­ques extraits pour la rou­te (c’est ma marot­te, l’Afrique oubliée) : «…Il y a eu l’unanimité pour miser sa géné­ro­si­té sur le tsu­na­mi. De ce point de vue, c’est de la chan­ce que la catas­tro­phe ne se soit pas pro­dui­te dans des pays per­dus d’Afrique : peut-être qu’on n’aurait rien don­né. […] Ne confon­dons pas les ser­viet­tes du tsu­na­mi asia­ti­que avec les tor­chons du sida afri­cain. […] On pour­rait être prêt à don­ner de l’argent pour sau­ver les gens de la noya­de mais pas pour les empê­cher de mou­rir de faim».

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