Déci­dé­ment, ce réfé­ren­dum… Quel plus beau mer­dier poli­ti­que pou­vait-on ima­gi­ner ? Pré­si­dent de Fran­ce Télé­vi­sions, Marc Tes­sier y ajou­te une bon­ne cou­che per­so: cel­le de sa pro­pre cam­pa­gne élec­to­ra­le en vue du renou­vel­le­ment de son man­dat. Ayant vou­lu trop bien fai­re, il en a tout bon­ne­ment fait trop. Il avait eu l’idée d’être très agréa­ble au Pré­si­dent en invi­tant Bar­ro­so à «Cent minu­tes pour convain­cre»…

11tessierDonc, au départ, la meilleu­re inten­tion, dans le but «acces­soi­re» de plai­re à Chi­rac à l’heure où celui-ci va devoir fai­re, avec le CSA, son choix pour la pré­si­den­ce des télés publi­ques… Fayo­ta­ge contre­pro­duc­tif car, entre-temps, Chi­rac s’est remon­té contre le pré­si­dent de la Com­mis­sion euro­péen­ne, jugé trop favo­ra­ble à la fameu­se direc­ti­ve Bol­ken­stein… D’où l’annulation ember­li­fi­co­tée sur l’air des « temps de paro­le » à res­pec­ter, etc.

Tout ça fleu­re bon son ORTF d’antan, son déli­cieux et tena­ce fumet, De Gaul­le, Pom­pi­dou et Pey­re­fit­te en minis­tre de l’«information». Le bon temps. De quoi émou­voir les élus du per­son­nel au CA de Fran­ce Télé­vi­sions. Yves Loi­seau et Mar­cel Trillat ont donc écrit à leur pré­si­dent :

« Nous appre­nons que vous auriez impo­sé la dépro­gram­ma­tion de cet­te émis­sion à la sui­te d’une inter­ven­tion de Mati­gnon. Il s’agit d’un évé­ne­ment sans pré­cé­dent depuis l’époque Pey­re­fit­te : les res­pon­sa­bles d’une chaî­ne de ser­vi­ce public modi­fiant sans état d’âme le choix de leurs invi­tés poli­ti­ques, en pério­de élec­to­ra­le, pour com­plai­re au pou­voir en pla­ce !  »

Que nen­ni !, jure de ses grands dieux Marc Tes­sier en arguant de la fameu­se régle­men­ta­tion des temps de paro­le. Mais à Bruxel­les, on se mar­re en cou­lis­ses. Quant aux pro­duc­teurs de «Cent minu­tes», ce retour à la «voix de la Fran­ce»… les lais­se «sans voix». 

→ Ima­ge : En 2004, Marc Tes­sier était sacré Mana­ger de l’année par « Le Nou­vel Eco­no­mis­te ». Le site de Fran­ce 2 en est tout fier : «C’est la pre­miè­re fois que le diri­geant d’une entre­pri­se du ser­vi­ce public reçoit cet­te dis­tinc­tion.», sou­li­gne la légen­de de la pho­to – où l’on recon­naît l’encore rayon­nant Gay­mard [proxi­mi­té de mau­vais aloi ?] et Debré.

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