Le Club Averroès, qui défend l'image des minorités dans les médias, par la voix de son président, Amirouche Laïdi, dénonce [31/05/05] dans une lettre adressée au président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) les "discriminations" des rédactions télés et radios dans la présentation des incidents de Perpignan.


Evoquant une "hystérie médiatique" autour de ce drame, Amirouche Laïdi considère comme "indécent" que les télés, les radios et la presse écrite "reprennent en choeur les dénominations de 'communauté arabe', 'communauté maghrébine', 'communauté gitane', 'bande de Maghrébins', 'bande de gitans', sans que cela n'émeuve quiconque".

Selon lui, la presse contribue "à faire de cette affaire un 'communautarisme à l'envers' avec de lourdes et incertaines conséquences sur le climat social de Perpignan, mais également de la France". "Assigner des populations à leur seule origine ethnique constitue un délit de discrimination", estime Amirouche Laïdi.

Commentaire. Cette objection, recevable dans son principe, mériterait toutefois des exemples plus précis – le Club Averroès en a peut-être collecté –, et surtout avec des propositions de formulation. Pour ma part, je redoute que l’expression "hystérie médiatique" – qui certes peut correspondre à bien des réalités, je serais mal venu de la réfuter ici ! – ne corresponde à un désir plus ou moins avoué, ou même inconscient, de mettre du baume sur la cicatrice des faits… La frontière est alors ténue entre ce souci légitime, compréhensible, et celui, qui l’est moins ou plus du tout, de masquer la réalité. On souhaite alors que l’information et les journalistes soient en quelque sorte des agents de l’ordre, enrôlés dans une mission qui ne saurait être la leur. Tout cela, bien sûr, au nom des « meilleures intentions », dont l’enfer est si souvent pavé. [gp]

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