On n'est pas des moutons

Archive for mai, 2006

Pornographie politique et néanmoins éducative autour d’une prestation de spectacle télévisé à base de premier ministre gérontophile

« Fal­lait voir ça : le Héron cen­dré au pied d’une petite vieille, cares­sant sa pan­toufle, puis sa main, puis les poils des camé­ras. La poli­tique comme por­no­gra­phie. » [P’tit coin du 27/05/06 sur « c’est pour dire+plus+ »]

Dvp26_05_06_1 J’ai d’abord entendu le repor­tage à la radio. Atterré par tant de veu­le­rie déma­go­gique, j’ai voulu voir les JT. J’ai vu. J’ai même cap­turé deux images lors du jour­nal dif­fusé sur Arte. Je les regarde encore et j’ai un haut-le-corps. Se peut-il que la polit­caillle conduise à un tel abais­se­ment. Jusqu’à sa conduite de bœuf obs­tiné lors de la lutte anti-CPE, ma foi, je croyais que ce type pré­sen­tait quelques ver­tus répu­bli­caines pou­vant don­ner le change avec ses  envo­lée lyriques. Son dis­cours à l’ONU avait donc fait illu­sion, puisqu’on décou­vrait bien­tôt un beau-parleur, un de plus, un boni-menteur – de cette engeance qui pol­lue la parole poli­tique en la rabais­sant à la basse besogne démagogique.

Quand je parle de por­no­gra­phie, il faut bien entendre la chose au sens pre­mier du mot : une affaire de pros­ti­tu­tion. La qua­li­fier de poli­tique ne fait jamais que dési­gner une autre caté­go­rie de prostitué(e). À tout prendre, pour le ser­vice rendu, j’ai plus de consi­dé­ra­tion pour celles/ceux qui, comme on dit en Afrique « font bou­tique leur cul ». Mais quel ser­vice, hein, rend-il au peuple de France, lui qui n’a que ce mot à la bouche – le « ser­vice à la Répu­blique » – pour jus­ti­fier ses peti­tesses de névrosé masqué ?

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Ces scènes por­no­gra­phiques, donc, m’ont atterré et révolté. A quoi ne s’abaisserait-on dans la course à la déma­go­gie, pour le peu qu’assez de micros et camé­ras  viennent assu­rer la publi­cité du clip géron­to­phi­lique? Non pas que je trouve dégra­dant – dois-je le pré­ci­ser ?– de s’agenouiller aux pieds d’une vieille femme. L’horrible, c’est bien sûr le fait d’instrumentaliser la per­sonne en un geste obs­cène com­mandé par une inten­tion puante. « Mais qui c’est celui-là ? Qu’est-ce qu’il me veut ? Est-ce que je l’ai sonné ? » pour­rait dire la dame, englou­tie par le cirque évé­ne­men­tiel. Je rêve de la même scène tour­nant « mal » par la grâce d’une vieille femme indigne déco­chant une baffe bien sen­tie à ce pelo­teur endimanché…

Évi­dem­ment, sans les camé­ras, rien de tout ça. La por­no­gra­phie exige ses clients, son public, ses maque­reaux voyeurs, ses témoins mul­ti­pli­ca­teurs, engrais­seurs de rumeurs, col­por­teurs de légendes. Mais sans les camé­ras et autres gobeurs glou­tons, on n’aurait jamais eu droit à une telle scène spec­ta­cu­laire. Et c’eut été dom­mage ! Car on n’aurait ainsi rien su des super capa­ci­tés tur­pi­diques (?) de notre émi­nent Héron cendré.

On lui en connais­sait de bien tor­dues, on lui en sup­pose bien d’autres – mais ce n’est que sup­pu­ta­tions déso­bli­geantes, voire dif­fa­ma­toires… Tan­dis que là, cette fois, on sait. Qui­conque vou­drait igno­rer cette réa­lité crue éprou­ve­rait quelques dif­fi­cul­tés de perception…

C’est pour­quoi, au fond du fond, je crois qu’une telle scène acca­blante n’aura jamais embo­biné que ceux qui le méritent – peu de monde, osè-je croire. Pour une fois que la télé fait œuvre édu­ca­tive et civique.

Tu en as trop fait, sacré DDV et autres Marie Fran­çois René Galou­zeau ! Tu prends tes « chers com­pa­triotes » pour des cons. Tare ta gueule – à la télé!

»> VOIR le repor­tage de France 2 (merci Julien).

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Cannes, festival du Surfait, palme d’or du Divertissement spectaculaire

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Cannes ou la fas­ci­na­tion par le spec­tacle, l’exhibition des egos sur­pon­dé­rés, le voyeu­risme sou­mis au  règne du sur­fait, le culte mys­ti­fi­ca­teur porté à la Vedette toté­mi­sée, la por­no­gra­phie du luxe clin­quant, le bras d’honneur inju­riant la misère du monde, la Conni­vence des pou­voirs pous­sée à son paroxysme. Et quoi encore ?

Faut-il s’étonner de ces cen­taines – mil­liers sans doute – de ser­veurs média­tiques, apla­tis, accou­rus ventres à terre, ventres mous, affa­més et assoif­fés, à la grande messe païenne de la consom­ma­tion cultureuse ?

Que dire de cette chro­ni­queuse de France Inter, retom­bant en pâmoi­son ado­les­cente, n’en pou­vant plus de super­la­tifs haut per­chés pour lan­cer, au risque de l’évanouissement, sa lita­nie d’alléluias ?

Que dire de ce jour­na­liste vedette de la radio publique (France Inter tou­jours) choi­sis­sant les paillettes can­noises pour faire sa ren­trée spec­ta­cu­laire et rédemp­trice au sor­tir de convalescence ?

Que dire de cette place incon­si­dé­rée consa­crée dans les médias, adolescents-convalescents, à ce non-événement – si on retire les mon­da­ni­tés pipoles et les enjeux d’affaires ?

Que dire encore ?, sinon tirer le rideau et la fer­mer, moi aussi !

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Le Figaro ou l’art de la retouche

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Le jour­nal de Das­sault remet à la mode l’ancienne pra­tique sta­li­nienne des retou­cheurs de pho­tos offi­cielles. C’est le Canard du 24/05/06 qui déjoue le tour de passe-passe du Figaro du 18 mai, gêné d’un rap­pro­che­ment com­pro­met­tant entre le cher pré­sident et le « mys­té­rieux ami de la France », le ban­quier Osada par ailleurs condamné en 2003 à trois ans de pri­son avec sur­sis. Ça la fou­tait d’autant plus mal que le pré­sident pour­rait se trou­ver embourbé dans une his­toire de « pièces… jaunes ». Hélas, c’est une affaire nip­pone. Sinon, tel le coup de pin­ceau du Figaro, un coup d’amnistie chi­ra­quien aurait mis tout ça au propre – comme au figuré.
••• Cli­quer sur l’image pour l’agrandir.

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« La Provence », ou le journalisme flambant

Un coup à res­sor­tir nos Pan­toufles (d’or en l’occurrence) ! A moins que La Pro­vence et cer­tains de ses jour­na­listes aïoli n’aient déjà chaussé les tongs d’été. On en rirait si ce n’était dra­ma­tique. Ainsi, pour le quo­ti­dien mar­seillais, deux morts dans un incen­die c’est deux fois rien à côté de 25 hec­tares de brous­sailles par­tis en fumée. Tel est le mes­sage hau­te­ment huma­niste et jour­na­lis­tique dégagé par la une du canard de ce samedi 28 mai. La page 7 n’en est pas moins expli­cite dans la confir­ma­tion des valeurs hié­rar­chiques de l’information. Voyez vous-même.

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Expli­ca­tions : Incu­rie pro­fes­sion­nelle ? Ou sa variante, la flemme pan­tou­flarde ?, ce mal ram­pant de bien des rédac­tions démo­bi­li­sées. Les deux mon géné­ral ! Ris­quons une hypo­thèse, en atten­dant l’improbable démenti : La brous­saille a eu la chique idée de s’enflammer à une heure rai­son­nable (7 heures du matin) et à la vue de « mil­liers d’usagers de l’autoroute Nord ». Ensuite, il a duré assez pour déclen­cher l’armada des secours, ce qui est « bon, Coco ! » pour gon­fler l’image de une et enclen­cher la méca­nique catas­tro­phiste si cher aux jour­na­leux. Il faut aussi com­prendre qu’après la sur­dose « OM », le quo­ti­dien des sup­por­ters a dû en rabattre sur le cha­pitre (pour cause de défaite, au cas où cer­tains n’auraient pas suivi cette exis­ten­tielle actua­lité), et encais­ser du même coup une chute des ventes.

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Quant à l’autre « fait divers » – dont on ne nous dit même pas ni qui des vic­times (« la jeune [sic] aurait sauté avec son autre enfant » [sic]), ni où exac­te­ment (pas de nom de rue ni quand (« dans la nuit » ou « hier soir », selon la une ou la sept…) – il sera passé inaperçu des « usa­gers » auto­rou­tiers et n’a dérangé ni Cana­dair ni Dash-8. Quel inté­rêt, hein ? Et puis si tard… Le canard devait être en bou­clage ou je ne sais quoi de tech­nique qui aura empê­ché au jour­nal de faire du journalisme.

Dieu merci, si on ose dire, la radio du samedi a eu, avec ce drame, de quoi se mettre sous la dent creuse d’une actu mer­dique. Cannes, Clears­tream, cor­beau et renards qui finissent par gon­fler le peuple – pas les ventes.

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1) Analyse de titre. Ou tout l’art du Monde mis au service de NS

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Le sar­ko­zysme ram­pant d’une grande par­tie de nos médias domi­nant
s n’est pas tou­jours faci­le­ment déce­lable. Une forme d’indépendance, ou plu­tôt une indé­pen­dance de forme, oblige les plus pru­dents à se pré­mu­nir d’une trop voyante et encom­brante sar­ko­phi­lie. Il faut donc sou­vent y aller à la pioche ou/et au scal­pel, c’est selon. Ainsi ce titre du Monde daté du 7 mai, der­rière lequel se joue tout un jeu serré entre le poli­ti­cien et le jour­nal. J’ai évo­qué la ques­tion quelques fois (et encore ), notam­ment à pro­pos d’un édi­to­rial du « jour­nal de réfé­rence » qui a jeté le trouble chez cer­tains de ses jour­na­listes. Dans sa livrai­son du 13 mai, Marianne démonte bien ce que Fran­çois Dar­ras et le ser­vice poli­tique de l’hebdo qua­li­fient de « coup d’État » de Sar­kozy. De fait, ce der­nier, est par­venu à prendre le pou­voir – par des manœuvres évo­quant le 18 Bru­maire de Bona­parte (en fin connais­seur admi­ra­tif, de Vil­le­pin appré­ciera le paral­lèle…) La démons­tra­tion de Marianne est convain­cante. Notam­ment pour ce qui est, chez Sar­kozy, de son art d’instrumentaliser les médias –ce qui ne paraît d’ailleurs pas bien dif­fi­cile!. L’extrait qui suit livre la clé expli­quant le titre du Monde « Chi­rac oblige Sar­kozy à envi­sa­ger Mati­gnon ».

« Habi­le­ment, les sar­ko­zystes, pour faire pas­ser leur mar­chan­dise en contre­bande, n’utilisent  pas le Figaro (Serge Das­sault étant, selon eux, en par­tie tenu par ses espoirs de vente d’avions Rafale), pas non plus le Pari­sien, mais, comme ils le firent déjà lors de la cam­pagne Bal­la­dur en 1995, le Monde, jour­nal de réfé­rence sys­té­ma­ti­que­ment repris par l’AFP, les télés, les radios, dont la rédac­tion très indé­pen­dante est, certes, très loin de leur être acquise, mais qui, avec Jean-Marie Colom­bani, le patron du quo­ti­dien, Alain Mlinc, le pré­sident du conseil de sur­veillance, et Patrick Jar­reau, l’un des direc­teurs adjoints de la rédac­tion, leur assurent des oreilles dis­po­nibles et bien disposées!

« Le len­de­main [jour­nal daté du 7 mai] , notre confrère cite cette phrase du pré­sident à son inter­lo­cu­teur: « Nico­las, il ne faut pas que tu quittes le gou­ver­ne­ment. Si tu penses que tu peux aller à Mati­gnon pour finir ce quin­quen­nat, réfléchis-y. On en parle la semaine pro­chaine »! Or, rappelons-le, il s’agissait d’un tête-à-tête. Et comme ce n’est pas Chi­rac qui a rap­porté ce sup­posé « pro­pos», ça ne peut être que l’autre, c’est-à-dire Sarkozy.

« Objec­tif: ache­ver Vil­le­pin, le trans­for­mant en has been en sur­sis; mon­trer Chi­rac débous­solé, sans res­sources, condamné à s’accrocher au ministre de l’Intérieur comme à sa der­nière bouée de sau­ve­tage. Faire entendre que ce n’est pas Sar­kozy qui veut deve­nir Pre­mier ministre, n’allez pas croire ça, il n’en est plus là, il lorgne plus haut; non, c’est Chi­rac qui le sup­plie de le deve­nir et Sarko qui, mal­gré toutes ses réti­cences, est prêt à se sacri­fier sur l’autel de l’intérêt supé­rieur du pays (et de la droite acces­soi­re­ment). »
Faut-il vous l’emballer ?

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2) Analyse d’image. Ou le Monde tenté par le tabloïd ?

Monde170506 Une du Monde
du 17 mai, cette photo qui peut inter­ro­ger.
Sur elle-même d’abord :
l’otage a-t-il la tête déjà cou­pée et repo­sée à la va-vite sur l’épaule
gauche de la vic­time, le temps de la photo ? Ou y a-t-il eu un pro­blème
de trans­mis­sion expli­quant ce désaxement ?

Ques­tions de fond :
Qu’est-ce qui a pris le Monde de publier – à la une, dans ce for­mat –
une telle photo pour tabloïd bri­tan­nique ? Fruit d’une déci­sion
réflé­chie ? Laquelle ? Pour mon­trer ou cacher quoi ? Ou encore
bouche-trou de der­nière minute des­tiné à cas­ser un 4 colonnes qui
aurait fait trop-trop anti-Villepin ?

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Un peu-beaucoup de démago, ça repose de l’orgueil

Sujet d’examen d’entrée à Sciences Po, ou même pour l’épreuve de philo du bac, caté­go­rie « action et éthique »… : « L’exercice de la poli­tique peut-il échap­per à la déma­go­gie ? Vous illus­tre­rez votre pen­sée par des exemples récents. » Certes la réponse tient un peu-beaucoup dans la ques­tion. Mais com­ment nuan­cer quand on entend ce qu’on entend, qu’on lit ce qu’on lit, etc. ? L’échantillon que je vais donc livrer ci-après à l’intention des éven­tuels futurs can­di­dats aux exa­mens, par son âpreté décoif­fante, appel­lera un contre-exemple de nuance (là, je ne four­nis pas…)

Je n’ai donc eu qu’à me bais­ser pour cueillir dans la rosée du matin un pur et exem­plaire dia­mant démago. Il émane de notre encore pre­mier ministre com­men­tant (avec la sin­cé­rité, la spon­ta­néité et l’empressement pro­por­tion­nel à l’opacité du clairs­tream) les drames dont deux enfants ont été vic­times ces jours-ci. Vil­le­pin a donc pondu un com­mu­ni­qué zému (après l’orgueil, ten­tons l’émotion) qu’il conclut ainsi : « Ces évé­ne­ments dou­lou­reux confirment la néces­sité de ren­for­cer notre dis­po­si­tif de pro­tec­tion de l’enfance afin de garan­tir à tous les enfants et à tous les parents la sécu­rité à laquelle ils ont droit ».

Ça c’est envoyé ! Un Sar­kozy aurait-il fait mieux ? Un Chi­rac peut-être, au béné­fice de l’âge et d’une longue pratique.


Bricolage journalistique.. Suite sans fin… Aujourd’hui, « ça pue le chien éventré »

En poli­tique comme en « faits divers », le bri­co­lage jour­na­lis­tique ne désarme guère par ces temps d’agitation-confusion. En col­lec­ter les exploits devient un sport érein­tant – celui-là même qui m’amène à des sortes de cures de dés­in­toxi­ca­tion agré­men­tées de blogo-siestes appuyées. Et puis les faits me rat­trapent au détour d’une émis­sion ou d’une lec­ture. Ou bien ce sont des fami­liers de la blo­go­sphère qui m’alertent. C’est le cas ici de Sabin (merci !) qui vient d’attirer mon atten­tion sur une affaire gra­ti­née de rumeur relayée par Le Pari­sien, ainsi que France Info et Canal+, sans exclure les rédac­tions locales pro­ba­ble­ment à l’origine de la dérive média­tique [pas eu les moyens de véri­fier quel jour­nal a allumé la mèche].

Le cor­res­pon­dant du Monde à Bourges, Patrick Mar­ti­nat, donne sa ver­sion [07/05/06]. Selon une rumeur, donc, « le Tek­ni­val de Cha­vannes (Cher), qui s’est tenu en marge du Prin­temps de Bourges le week-end du 1er mai, se serait achevé tra­gi­que­ment avec la mort de deux per­sonnes, et… d’une quin­zaine de chiens retrou­vés éven­trés. » Car le bruit avait couru dans les parages « que des dea­lers arri­vaient sur place avec des chiens dont les esto­macs étaient les­tés de drogue, afin d’échapper à la fouille. » D’où la « quin­zaine de ces chiens auraient été retrou­vés éven­trés au len­de­main du Tek­ni­val, leurs maîtres ayant voulu récu­pé­rer la drogue cachée dans leur estomac. »

Si une jeune fille de 22 ans – et une seule – semble bien être morte d’une sur­dose de drogue, le reste n’est que fan­tas­ma­go­rie. Un reste d’ailleurs chargé, où l’on trouve aussi une his­toire de vipères « ren­dues folles par les déci­bels, [qui] se seraient pré­ci­pi­tées vers les baffles et auraient piqué des ravers… »

Le pro­blème des rumeurs, ne se situe pas tant leur ori­gine que dans leur néces­saire ter­reau que consti­tuent les médias – au sens géné­rique du mot. Ici, il semble que le « feu » se soit d’abord pro­pagé via des télé­phones por­tables. Il a dû ainsi s’autoalimenter pour rava­ger fina­le­ment le lan­der­neau jour­na­lis­tique. Et de manière ténue ! Ainsi le jeudi soir, quatre jours après ledit Tek­ni­val, selon le cor­res­pon­dant du Monde, « Canal+ se fai­sait encore l’écho de cette pré­ten­due affaire lors d’un repor­tage dif­fusé dans le jour­nal de 18 h 50, où les faits étaient pré­sen­tés sans aucune pré­cau­tion. En revanche France Info a fait un rec­ti­fi­ca­tif à l’antenne ven­dredi matin. »

•••> La suite aussi vaut le coup…

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Bricolage journalistique sur France Inter

Tant pis, je le dénonce : Éric Del­vaux, pré­sen­tant le jour­nal de 8 heures ce matin [05/05/06] sur France Inter, se paie deux bourdes en enfi­lade. L’une sous forme d’un « rec­ti­fi­ca­tif », pour pré­ci­ser qu’il n’aurait pas dû qua­li­fier M. Ollier de « mari de Michèle Alliot-Marie », mais de… « conjoint » [sic !] « car ils ne sont pas mariés » [re-sic]. Négli­ger le sens pré­cis des mots, pour un jour­na­liste c’est une faute – même si la ministre a com­mis la même en igno­rant aussi que le joli mot de « conjoint » désigne « la per­sonne jointe (à une autre) par les liens du mariage » [Robert].

L’autre bourde est moins anec­do­tique. Elle consiste à avoir repris pour argent comp­tant, en la pré­sen­tant comme telle, une dépêche sur la « for­tune de Cas­tro ». « Infor­ma­tion » lan­cée sur le mode très mode et cli­che­ton­neux : « Le mar­xisme, ça peut rap­por­ter gros »… Ah ! trou­ver la for­mule, le slo­gan, le « bon » titre. Et d’enchaîner sur le chiffre de « 900 mil­lions de dol­lars » avancé par le maga­zine éco­no­mique état­su­nien « Forbes », dont on doit com­prendre, même de loin et même de la part d’un jour­na­liste inculte, qu’il ne vaut pas parole d’évangile pour par­ler de Cuba. Voilà presque un demi-siècle que les USA et leurs médias domi­nants s’acharnent contre le cas­trisme. Et l’autre benêt de reprendre ça, en source unique, sans la moindre mise en pers­pec­tive ! Voilà qui rabat le jour­na­lisme au rang de bavar­dage d’inconséquents dangereux.

Je n’écoute plus France Inter le matin que par aller­gie à la publi­cité. Choix néga­tif, par défaut. La radio publique détient encore de beaux restes, certes, et de bons jour­na­listes. Mais glo­ba­le­ment, je trouve désor­mais sur Inter trop de dis­pa­ri­tés dans la qua­lité de l’information. État de fait dont j’attribue la res­pon­sa­bi­lité à l’encadrement. S’il est nor­mal, sou­hai­table – et d’ailleurs inévi­table – que de jeunes jour­na­listes se fassent leurs dents en allant au char­bon, il l’est moins, en revanche, qu’on leur laisse ainsi la bride sur le cou pour des jour­naux comme celui de 8 heures. Du moins quand ces jeunes, n’ayant pas for­cé­ment l’âme bien née, et ayant encore moins de culture (géné­rale, poli­tique, pro­fes­sion­nelle), se la jouent sur le mode péremp­toire. Ou quand les jeunes cons prennent la relève des vieux cons.

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De la Paresse comme un des Droits de l’Homme, de la Paresse comme un art moderne et révolutionnaire

Plu­tôt petit, visage rude, musette de toile dans le dos. Je repense à lui à chaque Pre­mier mai. On est le 4, bien­tôt même le 5. Oui je sais, et per­met­tez ! Car le petit homme, à chaque prin­temps, éclos comme le muguet, col­por­tait dans le Paris des défi­lés « sa » bonne parole : un libelle d’une qua­ran­taine de pages, fait main à l’ancienne, chez un impri­meur typo. Un for­mi­dable bou­que­let inti­tulé Le Droit à la paresse. Un type pareil, fai­sant son beurre à trois francs six sous avec un texte pareil, un jour pareil dit de la « fête du tra­vail », ben, il pou­vait pas être fon­ciè­re­ment mauvais.

Je me sou­viens des pre­mières mots: « Une étrange folie a saisi l’humanité »… Hmm, n’en suis plus bien sûr. Ai retrouvé l’ouvrage, rude­ment jauni… D’abord, il y a l’exergue fameux, de Les­sing : « Pares­sons en toutes choses, hor­mis en aimant et en buvant, hor­mis en pares­sant ». Puis l’attaque sous l’intitulé du cha­pitre I, « Un Dogme désastreux » :

« Une étrange folie pos­sède les classes ouvrières des nations où règne la civi­li­sa­tion capi­ta­liste. Cette folie trame à sa suite des misères indi­vi­duelles et sociales qui, depuis deux siècles, tor­turent la triste huma­nité. Cette folie est l’amour du tra­vail, la pas­sion mori­bonde du tra­vail, pous­sée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa pro­gé­ni­ture. Au lieu de réagir contre cette aber­ra­tion men­tale, les prêtres, les éco­no­mistes, les mora­listes, ont sacro-sanctifié le tra­vail. Hommes aveugles et bor­nés, ils ont voulu être plus sages que leur Dieu ; hommes faibles et mépri­sables, ils ont voulu réha­bi­li­ter ce que leur Dieu avait mau­dit. Moi, qui ne pro­fesse d’être chré­tien, éco­nome et moral, j’en appelle de leur juge­ment à celui de leur Dieu ; des pré­di­ca­tions de leur morale reli­gieuse, éco­no­mique, libre-penseuse, aux épou­van­tables consé­quences du tra­vail dans la société capi­ta­liste. »

••• > Lire tout l’article : y aller mollo, entre deux siestes s’il le faut.

Droit et Paresse déclenchent dans les 700.000 liens par moteur de recherche inter­posé! Et « Le Droit à la paresse » se télé­charge sans peine sur la toile…

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« Ne nous laissons pas bouffer par la technologie ! » (Faber)

474_lire© andré faber

Mon­sieur L’Homme , on le voit, éprouve encore quelques dif­fi­cul­tés à domi­ner la tech­nique. Contrai­re­ment à bibi qui ne s’en laisse pas conter. Exemple : privé d’adsl – et ayant fini par renon­cer à voir la belle Alice débar­quer chez moi en per­sonne, et avec sa trousse à outils… –, j’ai pris le tau­reau par les cornes (d’escargot) et, hop là !, diraient les Alsa­ciens, voilà le tra­vail. C’est lent, d’accord, mais « ça marche ! »

Adsl_lent © Gérard Ponthieu

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Fait divers. De retour de manif, elle est violée par un paparazzo

En mai, cette année aussi, le len­de­main du pre­mier tom­bait le deux… Pour­tant, foin des mar­ron­niers jour­na­lis­tiques, il n’en fut pas pour moi comme l’an der­nier. Cette fois, en effet, j’avais décidé d’offrir à mon brin de muguet une nuit aérée sur le rebord de la fenêtre. L’an passé non, si je me sou­viens bien, ce qui n’est pas sûr… Bref, j’avais opté pour l’innovation. Car qui n’avance pas recule, comme on ne cesse de nous le rabâ­cher, et cætera. Bien m’en prit, et pour mon brin sur­tout, qu’au matin or doncques, je retrouve à trousse-clochettes…

2mai© Ph. Gérard Ponthieu

Comme éga­rée dans de loin­tains parages, une galante enamou­rée sem­blait se livrer à l’ivresse matu­ti­nale autant que vir­gi­nale. De retour de manif, me dis-je, cette Louise Michel enivrée aura oublié de replier sa ban­nière rouge et noir. Peuh ! Comme s’il fal­lait voir de la poli­tique par­tout ; comme s’il n’y en avait pas assez, plein les ondes et les gazettes. Trop, même !

Après enquête appro­fon­die, la vérité a surgi :  Sapée comme un coque­li­cot, las­sée de l’assourdissante mul­ti­tude, fuyant la caco­pho­nie men­teuse entre un héron cen­dré et son bro­chet, la gente dame avait cru enfin trou­ver le havre et la paix. Elle vou­lait juste cau­ser un brin.  Erreur ! Elle était tom­bée chez un jour­na­leux en qui, tou­jours, som­meille l’affreux voyeur. Sur­tout s’il est mem­bré comme un papa­razzo au gros zyeux glo­bu­leux. On n’échappe pas à la presse, cette calamité.

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  • Twitter — Gazouiller

  • Sexpol_39La Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité/politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-contre. En savoir plus ici sur Sex­pol.  
  • iceberg

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
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    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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