Le same­di, je ne prends pas La Pro­vence pour cause de vente for­cée d’hebdos à la noix. Le lun­di non plus, sur­dose de sport (encore plus que dab !). Les autres jours c’est selon que je passe devant un mar­chand et que la Une me parle un mini­mum. Quant au jour­nal du dimanche, il est fabri­qué le same­di…

Mais ce dimanche-ci, j’ai fait un effort, fran­chis­sant ma col­line en plein cagnard, dépas­sant le Café… des sports et son haleine au pas­tis. Au su du mariage du siècle, enfin presque, de Jean Reno (avec une femme, c’est d’un banal…), aux Baux-de-Pro­vence, je m’attendais à ce qu’à Mar­seille mes confrères se sur­pas­sassent. Ils ne m’ont pas déçu, ça sur­clas­sait même l’imparfait du sub­jonc­tif : cinq col’ à la une et la der plein pot sur l’événement. Un envoyé spé­cial et deux pho­to­graphes, on a les moyens. En auront-ils lais­sé à ron­ger aux autres canards du pro­prio Lagar­dère, à France-Dimanche, Ici-Paris, Entre­vue, Ohla !, Paris Match, Télé 7 Jours, et cæte­ra ?

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Enfin, voyez vous-même à quoi est réduite la presse dite d’information (payante : 0,90 euro pour ça !). « Le beau mariage de Jean Reno et Zofia ». Entre « Records de pol­lu­tion par l’ozone » et « Liban. Tou­jours plus de vio­lence », ces mariés en blanc vir­gi­nal, c’en est tou­chant de fraî­cheur.

Soit, admet­tons, il faut bien ten­ter de vendre ce qui est déjà inven­dable depuis des années. Soit, admet­tons, un zeste de pipole pour le pipole, ce peuple qu’on méprise, au fond… Car, tout de même, cette marée noire au Liban, en plus de l’anecdotique « tou­jours plus de vio­lences », c’est juste en face de Mar­seille, là, de l’autre côté de la grande bleue (fémi­nin du Grand bleu cher au même Jean Reno !) On peut bien se lan­cer, à l’occasion d’un col­loque quel­conque, sur l’ « espace médi­ter­ra­néen » ou je ne sais quelle envo­lée fumeuse… On peut bien y aller de ses édi­tos pom­peux… mais 15.000 tonnes de mazout (l’Erika en a déver­sé 20.000 tonnes sur le côtes bre­tonnes) dans la mer – depuis le 14 juillet ! –, ça ne vaut pas un pet à la Une ! Y a rien sur les plages du Pra­do, au moins ?

Atter­rant. Les mots m’en tombent. Pan­toufles et tongs n’y pour­ront rien, l’humour deve­nant dépla­cé.

On se conso­le­ra rela­ti­ve­ment avec ma petite revue de presse gla­née sur la toile. Comme quoi la diver­si­té existe encore un peu, selon les lieux, les jours. Et, sur­tout, selon qu’il y a des jour­na­listes en non-vacance.

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