Ayant allu­mé le Canard [] pour un papier sur la cen­trale nucléaire de Bugey, je me mets ici même à l’amende hono­rable. En effet, Louis-Marie Horeau, l’auteur du papier par moi incri­mi­né, m’adresse la mise au point sui­vante, et néan­moins cor­diale :

« Non je ne me suis pas lais­sé abu­ser par un exer­cice !
Le grave inci­dent sur­ve­nu sur la tranche 5 de Bugey (ain­si appe­lée car
il y a, sur le site une tranche gra­phite-gaz arrê­tée depuis 1994, et
quatre tranches PWR) a fait l’objet d’une très abon­dante lit­té­ra­ture,
après la révé­la­tion par « Le Canard ». L’incident a d’ailleurs été par la
suite clas­sé 2 sur l’échelle de gra­vi­té. A l’époque, le ministre de
l’industrie (Made­lin) avait orga­ni­sé une visite sur place pour mon­trer à
la presse que « Le Canard » exa­gé­rait un peu, et que tout allait bien...
Les opé­ra­teurs de quart le jour de l’incident n’étaient pas tout à fait
du même avis. Je les avais ren­con­trés (car j’avais, natu­rel­le­ment fait
une enquête...et je dis­po­sais d’un docu­ment confi­den­tiel du CEA) et ils
m’avaient confié qu’il n’avaient, ce jour là, plus un poil de sec. Même
le patron de Bugey, à l’époque c’était Car­lier, qui a fait ensuite une
grande car­rière puisqu’il est deve­nu direc­teur de la pro­duc­tion
nucléaire d’EDF, m’avait confir­mé que la situa­tion avait été très
sérieuse. Et cette perte d’alimentation élec­trique fait encore
aujourd’hui l’objet d’études, et d’exercices sur les simu­la­teurs de
conduite. Car­lier, qui m’aimait bien, m’a même un jour fait assis­ter à
la simu­la­tion com­plète de l’incident que j’avais racon­té... »

Et pan sur mon bec !

 

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