On n'est pas des moutons

Archive for janvier, 2007

Le Fou du roi sur France Inter : «Et pourquoi pas le breton et le corse ?»

par Chris­tian Le Meut

Encore un grand moment de débat lin­guis­tique l’autre ven­dredi midi [19/01/07] sur France Inter, dans le Fou du roi, en pré­sence d’Edith Cres­son, qui sort un bou­quin. Le débat tourne autour des langues pas bien ensei­gnées en France et qui, en Europe, coû­te­raient « un mil­liard » (d’euros, je sup­pose) pour les tra­duc­tions. Et rendez-vous compte, mes­dames mes­sieurs, le « gaë­lique » d’Irlande et le « slo­vène » viennent d’être inté­grés, ça fait deux langues en plus.

Ah oui, et alors ?

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Le jazz échevelé et heureux du quartet de Sylvain Kassap

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Voir, entendre et lire à pro­pos de jazz et d’un concert du quar­tet de Syl­vain Kas­sap (Mou­lin à jazz de Vitrolles, 27 jan­vier), c’est pos­sible et for­te­ment recom­mandé. Suf­fit de cli­quer .
(Photo © gp)


France Inter. Air du temps pour météo politique

Je me dis tou­jours « Arrête de te faire mal ! T’occupe ! ». Et puis là, au 13 heures de ce dimanche sur France Inter, c’en était trop. Le pré­sen­ta­teur, Phi­lippe Abit­boul, d’habitude plu­tôt pro­pret et pépère en pyjama du oui­quende, le voilà-t-il pas ali­gné total sur l’air domi­nant : Ségo­lène, c’est plié, trop naze, connaît que dalle aux sous-marins nucléaires, d’ailleurs les sondages…

Exac­te­ment ce que j’exècre chez les jour­na­listes : cette pro­pen­sion à vire­vol­ter au moindre coup de tête, au moindre fré­tille­ment de l’air du temps. Donc, puisque le son­dage du jour l’affirme, deux poli­ti­ciens le confirment aus­si­tôt à l’antenne : un UMP, le néo-sarkozyste Lel­louche, et un UDF que j’ai pas noté le nom.

Du seul point de vue pro­fes­sion­nel – sans même par­ler démo­cra­tie –, le mini­mum syn­di­cal est d’ « équi­li­brer » les points de vue. Un coup à droite, un coup à gauche, et hop ! Pas ter­rible comme pra­tique jour­na­lis­tique mais « ça le fait » et l’honneur paraît sauf. En l’occurrence, s’agissant de la can­di­date du PS, l’usage pro­fes­sion­nel aurait dû per­mettre à son camp de s’exprimer. Là, non : rien. A droite toute. Man­quait que Le Pen.

Non pas qu’on ait donné un ordre quel­conque au jour­na­leux de fac­tion, non. Pas la peine ! Ça se fait tout seul. Lais­ser tour­ner les girouettes avec la météo poli­tique. Peu exi­geants avec eux-mêmes, moins encore avec leurs des­ti­na­taires. Mal­hon­nêtes, au fond. Tels sont ces petits journalistes.


Ryszard Kapuscinski. Engagé comme un journaliste

Ryszard KapuscinskiConnu notam­ment pour ses livres sur les guerres de déco­lo­ni­sa­tion en Afrique et les conflits du Moyen-Orient, le jour­na­liste et écri­vain polo­nais Rys­zard Kapus­cinski est mort mardi à Var­so­vie à l’âge de 74 ans.

Né le 4 mars 1932 à Pinsk, ville située aujourd’hui au Bela­rus, Rys­zard Kapus­cinski débute sa car­rière de jour­na­liste à la fin des années 1950 et devient l’unique cor­res­pon­dant en Afrique de l’agence de presse polo­naise (PAP). Il couvre alors la déco­lo­ni­sa­tion du conti­nent noir, qu’il sillonne pen­dant des années, habi­tant dans les quar­tiers, par­ta­geant les condi­tions de vie des popu­la­tions. Obser­va­teur aigu, il croise des poten­tats comme Nkru­mah, Kenyatta ou Idi Amin, témoigne de coups d’État et de guerres civiles. Mais Kapus­cinski s’intéresse avant tout aux êtres et à leur vie quotidienne.

Un de ses ouvrages les plus connus, « Le Négus », décrit la chute du régime de l’empereur éthio­pien Haïlé Sélas­sié. Publié en 1978, le livre se veut une « réflexion sur les dic­ta­tures en géné­ral » et a été vu comme un cri­tique du régime com­mu­niste polo­nais. [Je dois à mon ami Ber­nard Nan­tet d’avoir emporté « Le Négus » dans mes bagages lors de mon repor­tage en Éthio­pie fin 2005. Récit épous­tou­flant, en par­ti­cu­lier sur la vie au palais de l’empereur… Pour sa part, Gérard Pru­nier, l’un des spé­cia­listes recon­nus de l’Éthiopie et de la corne de l’Afrique, m’avait fait part de ses réserves quant aux repor­tages du jour­na­liste polo­nais. On peut en effet y déce­ler des « manières d’écrivain » pliant la réa­lité à sa vision. Mais, à vrai dire, com­ment faire autre­ment dès lors qu’on n’entend pas se réfu­gier der­rière une impos­sible objec­ti­vité ? GP]

Sa qua­lité de jour­na­liste polo­nais lui don­nait en Afrique une atti­tude neu­tra­liste, la Pologne n’ayant jamais colo­nisé l’Afrique, mais lui ayant donné des explo­ra­teurs inté­res­sants, comme Cer­na­koski en Afrique cen­trale (Ouganda, Rwanda).

On lui doit encore une bio remar­quable du Shah (« Le Shah ou la déme­sure du pou­voir ») et d’autres livres tra­duits en fran­çais, comme « La Guerre du foot­ball » sur l’Amérique latine.

Parmi ses réflexions rele­vons celle-ci, extraite de « Impe­rium » : « Trois fléaux menacent le monde. Primo, la plaie du natio­na­lisme. Secundo, la plaie du racisme. Ter­tio, la plaie du fon­da­men­ta­lisme reli­gieux. Trois pestes unies par la même carac­té­ris­tique, le même com­mun déno­mi­na­teur, la plus totale, agres­sive et toute-puissante irra­tio­na­lité. Impos­sible de péné­trer dans un esprit conta­miné par un de ces maux. »

Enfin, ce regard dis­tan­cié sur son métier de jour­na­liste : « L’expérience m’a appris que selon le point de la pla­nète, on voit le monde dif­fé­rem­ment. Si on n’essaie pas de com­prendre ses dif­fé­rences de vue, de per­cep­tion et de des­crip­tion, on ne com­prend rien de ce monde. » Ou encore : « Avant, on étu­diait le jour­na­lisme pour chan­ger le monde, aujourd’hui, on l’étudie pour avoir un diplôme ». Dur, mais c’est quand même un signe des temps. (BN)
Photo Polskainstitute

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Un homme peut-il gouverner la France?

par Ber­nard Nan­tetJe lance ici l’idée d’un son­dage pour savoir quel pour­cen­tage de Fran­çais juge­rait cré­dible l’élection d’un homme à la pré­si­dence de la Répu­blique. Questions :

– Serait-il suf­fi­sam­ment mature pour occu­per une telle fonc­tion ?
– Son émo­ti­vité à fleur de peau s’accommoderait-elle de la ten­sion extrême que peuvent sus­ci­ter cer­tains évé­ne­ments ?
– La com­pagne de ses nuits supporterait-elle de ne plus être celle de ses jours et de ses longues absences hors du foyer ?
– En conclu­sion, ne finirait-elle pas deve­nir un pro­blème pour lui ?

Je pense qu’un panel d’une dizaine de per­sonnes repré­sen­ta­tives de la plu­ra­lité de la société fran­çaise serait ample­ment suf­fi­sant pour répondre à cette ques­tion qui angoisse bon nombre de nos compatriotes.


Sur le Rallye-Dakar


Échan­gisme sur le Rallye-Dakar

Piqué ce matin [22/01/07] sur la « check-list » du Monde.fr. Comme quoi, pour satis­faire le besoin irré­pres­sible des Euro­péens d’aller au Séné­gal, fût-ce au prix d’une tra­ver­sée saha­rienne pleine de risques, on devrait mettre en place un sys­tème d’échange de lieux de vie du style : « Échan­ge­rais appar­te­ment pari­sien contre mai­son­nette en struc­tures légères dans quar­tier péri­phé­rique et enso­leillé de Dakar. » [BN]

Ce rap­pro­che­ment mal­heu­reux, sinon dou­teux, ren­voie à une de ces pseudo-naïvetés cou­tu­mières à trop de jour­na­listes spor­tifs : le repor­tage sur une étape du ral­lye où l’on voit – sans le moindre recul – deux cou­reurs en panne rin­cer une pièce de moteur dans un abreu­voir de brousse. Pol­lu­tion connais pas ! Pas dans notre bac à sable. Sur quoi le plan sui­vant montre « des images » de cha­meaux. Moder­nité et tra­di­tion. [GP]

PS : Ces images ont été redif­fu­sées dimanche sur France 2. Si quelqu’un peut les retrou­ver, on pour­rait les col­ler ici.

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Salut l’abbé Pierre !

Salut l’homme, salut l’artiste !


© andré faber

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Sur la vente de l’Olympique de Marseille

L’OM, si proche si loin

 

Comme dit la ren­gaine, nul n’est pro­phète en son pays. Ces trois une de canards illus­trent bien les néfastes effets de cette sata­née et pré­ten­due « proxi­mité » qui ruine le cré­dit jour­na­lis­tique de bien des titres. Le Pari­sien seul prend ici une rela­tive dis­tance avec la nou­velle « affaire OM », celle de sa vente en cours.
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Libé écrit sur Libé qui écrit sur Libé qui écrit sur Libé qui écrit sur Libé qui écrit sur Libé qui écrit sur Libé qui écrit sur Libé qui écrit sur Libé qui écrit sur Libé qui écrit sur Libé qui écrit sur Libé, etc.

Comme ça Libé de jeudi va nous racon­ter ce que la veille ils auront mis dans la mar­mite avec leurs trucs de tam­bouille. Voilà ce qu’ils annoncent sous le joli nom de « making of », puisque telle est leur langue :

« Ceux qui ne tra­vaillent pas dans la presse se demandent, nous demandent sou­vent, com­ment le jour­nal s’écrit, se réa­lise, au cours d’une journée.

« Mer­credi 17 jan­vier 2006, des jour­na­listes de Libé­ra­tion vont suivre et racon­ter — dans le jour­nal du len­de­main — la fabri­ca­tion du jour­nal… du lendemain.

« Le jour­nal s’ouvre et se ferme avec une qua­druple page (« sur cou­ver­ture ») sur ce making of avec (notam­ment) des expli­ca­tions et éclai­rages sous la plume de Sorj Cha­lan­don et un texte de Laurent Jof­frin sur le pré­sent et l’avenir de Libération.

« Tout au long du déroulé du jour­nal, de la Une au por­trait de der, séquence par séquence, des inserts font le point sur le choix des sujets, des pho­tos, de l’infographie, des titres. »

Et ven­dredi, résul­tats des courses, comme dirait le baron.

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1er février (selon Faber)

1er février. Après le mégot, le gou­lot (selon Faber)


© andré faber


La Provence dans ses escarpins neufs

J’ai assez balancé de mes « pan­toufles » (bronze, argent et or sur­tout) à La Pro­vence pour ne pas assu­rer le ser­vice après alerte. D’autant plus aujourd’hui que le quo­ti­dien mar­seillais vient de chaus­ser des escar­pins tout neufs.

 

Pub d’amorçage pour la nou­velle for­mule. L’OM en cos­tard, ça va payer !

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L’iran menace

 L’iran menace l’Occident !

© andré faber


Sur Saddam Hussein et les beaux jours de la peine de mort

par Ber­nard Nantet

© andré faber

L’exécution de Sad­dam Hus­sein m’amène à quelques réflexions : Si sa mort en tant que telle ne m’émeut guère, sa pen­dai­son pro­gram­mée nous replonge dans un type de ven­geance tri­bale et une pra­tique du lyn­chage qu’une autre atti­tude, à l’aube du nou­veau mil­lé­naire, aurait pu lais­ser moi­sir au rang des cou­tumes des temps bar­bares. Rele­vons en pas­sant les der­niers mots qu’aurait pro­non­cés le dic­ta­teur [Le Monde, 31–12-06], appa­rem­ment tou­ché par la Grâce : « Haïs­sez les diri­geants, pas les peuples ». Vraies ou pas, ces paroles ne man­que­ront pas d’alimenter le culte du martyre.

Par contraste, n’oublions pas que ce sont les État­su­niens qui ont dicté à l’Irak leur consti­tu­tion, y pla­çant la peine de mort en bonne place. Or, c’était l’occasion ou jamais, de pro­mou­voir la « démo­cra­tie » dans ce pays en éta­blis­sant le prin­cipe « capi­tal » de l’humanisme, à savoir la sup­pres­sion de la peine « capi­tale » plu­tôt que d’attiser l’instinct de mort.

Tour­nons plu­tôt notre regard vers l’Afrique de Nel­son Man­dela qui l’avait fait sup­pri­mer une dizaine d’années plus tôt en Afrique du Sud, ce qu poussa par la suite nombre des pays afri­cains — tels le Rwanda — à l’abolir à leur tour.

Déci­dé­ment, l’Amérique tant van­tée pour sa démo­cra­tie a bien du mal à se haus­ser à la che­ville des Zulu, Xhosa et autres Hottentots.

La peine de mort a encore de beaux jours devant elle. Et ce n’est pas Ban ki-Moon, le nou­veau secré­taire géné­ral de l’Onu, qui va reprendre à cet autre Afri­cain qu’est Koffi Annan le flam­beau de son abo­li­tion. Alors que ce der­nier avait affi­ché son oppo­si­tion à la peine capi­tale à plu­sieurs reprises durant ses deux man­dats suc­ces­sifs, Ban ki-Moon n’a-t-il pas déclaré lors de sa pre­mière jour­née offi­cielle de tra­vail que « la peine capi­tale reste la déci­sion de cha­cun des pays membres » des Nations unies ? L’ONU, qui ne recon­nais­sait pas la peine capi­tale comme un châ­ti­ment légi­time va-t-elle désor­mais s’en laver les mains et lais­ser aux États la pos­si­bi­lité de don­ner libre cours à leurs pul­sions de mort ?

Est-ce là la réforme tant pro­mise des Nations unies ?

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2007, résolution n°2

2007, réso­lu­tion n°2 : bul­ler à la Faber

© andré faber

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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • iceberg

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
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    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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