On n'est pas des moutons

Archive for mai, 2007

Le « médiocre bachelier » présidentiel ne garantit pas l’excellence journalistique

Reve­nons à nos mou­tonssss’. Et pré­ci­sé­ment à nos panur­giens jour­na­leux. Samedi 26, Libé­ra­tion publie en tête de rubrique « cour­rier » la lettre d’un cer­tain « Jean-Bernard Gon­za­lez, pro­fes­seur retraité ». Sous le titre « Nico­las Sar­kozy, médiocre bache­lier », on lit : « […] Il se trouve que j’étais membre du jury qui a fait pas­ser les épreuves du bac B à notre futur pré­sident au lycée Molière (Paris XVIe) en 1973 : les notes d’écrit du can­di­dat n°18917, étaient tel­le­ment médiocres (7/20 en fran­çais, 8/20 en mathé­ma­tiques, 9/20 en phi­lo­so­phie…) qu’il lui a fallu pas­ser l’oral pour être reçu sans men­tion. » Tout ça pour démen­tir le pro­pos de « Mar­tial, ingé­nieur » qui, dans Libé du 7 mai, affir­mait : « Il [Sar­kozy] a eu le bac avec men­tion très bien. »

Cela me serait bien égal s’il ne s’agissait une fois de plus de l’insoutenable légè­reté jour­na­lis­tique. Sans voler au secours de l’impétrant bache­lier d’alors ( !), on peut, on doit même se deman­der com­ment un pré­tendu prof retraité pour­rait avoir mémo­risé – ou même retrouvé – les notes du can­di­dat « 18917 »… Sauf à avoir enfreint l’anonymat des dos­siers… en pré­mo­ni­tion d’une élec­tion pré­si­den­tielle et dans le but de le res­sor­tir 34 ans après… Ouaf-ouaf !

Mais ce n’est pas tout ! Le mer­credi sui­vant [30/05/07], le Canard enchaîné repre­nait l’ « info » comme pain béni et sans plus de véri­fi­ca­tion ni recou­pe­ment. Titré « Élève Sarko, au piquet ! », le papier signé C.N. citait texto l’extrait ci-dessus de la lettre parue dans Libé, tan­dis que son auteur deve­nait Gon­zales – ce qui semble plus conforme à l’orthographe espa­gnole, il est vrai, mais pas à la signa­ture ori­gi­nale. Et le Canard d’embrayer sur les autres peaux d’âne du pré­sident, et notam­ment sur son « non diplôme » de Sciences Po, une vérité réta­blie dans le nou­veau CV de Sar­kozy – du moins si l’on en croit Le Canard.

Pas de quoi fouet­ter un chat. Un chat, non. Mais des plu­mi­tifs, y com­pris pal­més, si !


Le patron de Mayetic condamné pour diffamation envers le député-maire d’Asnières

Dans un article paru sur ce blog le 23 jan­vier 2006 sous le titre « Une société d’Asnières, Maye­tic, vic­time d’une opé­ra­tion médiatico-politique ? », j’ai relayé la pro­tes­ta­tion de M. Miguel Mem­brado, diri­geant de Maye­tic, dénon­çant « une ful­gu­rante opé­ra­tion médiatico-politique men­son­gère, orches­trée par un député-maire et relayée par les prin­ci­paux médias fran­çais (Le Monde, France3, Canal+) » Comme je le pré­ci­sais alors, à défaut d’avoir pu mener à par­tir de cette accu­sa­tion les recou­pe­ments indis­pen­sables, je relayais l’information en quelque sorte sans garan­tie. C’est dans un même esprit que je publie ici le com­mu­ni­qué (pdf) éma­nant de la mai­rie d’Asnières-sur-Seine fai­sant état de la condam­na­tion de M. Mem­brado pour dif­fa­ma­tion à l’encontre  de M. Manuel Aeschli­mann, député et maire d’Asnières.

1 Comment more...


Colombani, fin d’un Monde

Donc, Le Monde va  devoir chan­ger de patron. Ainsi en ont décidé les jour­na­listes du « quo­ti­dien ves­pé­ral ». Ils n’ont pas accordé à Jean-Marie Colom­bani les 60% de parts néces­saires à la recon­duc­tion d’un troi­sième man­dat de pré­sident du direc­toire du groupe. Un conseil de sur­veillance du groupe doit  se réunir ce ven­dredi 25 mai. Les repré­sen­tants de la société des rédac­teurs dis­posent à ce conseil d’un droit de veto sur la nomi­na­tion du pré­sident du directoire.

La nou­velle est tech­ni­que­ment annon­cée dans le jour­nal, tan­dis qu’en douze pho­tos légen­dées, le site lemonde.fr retrace les grandes étapes de la vie jour­na­lis­tique de « l’homme qui a changé Le Monde ». Ça com­mence « gla­mour » à l’Heure de Vérité, en 89, au côté d’Anne Sin­clair et ça se ter­mine avec ce vote du 22 mai. Entre-temps, pas­sage par le fameux édito post 11 sep­tembre 2001, « Nous sommes tous Amé­ri­cains » ; rap­pel aussi de la période Ple­nel puis de la « mue » indus­trielle avec les rachats de titres et la folie des gran­deurs sym­bo­li­sée par la façade (de verre) du nou­veau siège. L’épisode « Face cachée », le livre de Péan et Cohen est éga­le­ment évo­qué, ainsi que la prise de par­ti­ci­pa­tion (30%) dans le gra­tuit de Bol­loré, Matin Plus. Deux moments dif­fé­rents mais à leur manière très trau­ma­ti­sants quant aux valeurs journalistiques.

Les jour­na­listes, par leur vote, ont sans doute voulu sanc­tion­ner la fuite en avant finan­cière (145 mil­lions d’euros de défi­cit cumulé) d’un patron pris dans le tour­billon des affaires et gagné par l’obsession de son fameux « péri­mètre indus­triel » selon l’expression favo­rite de Colom­bani. Manière aussi de rap­pe­ler, peut-être, qu’un jour­nal n’est pas seule­ment une entre­prise au sens où peut l’entendre un Alain Minc, l’influent affai­riste, pré­sident du conseil de sur­veillance du jour­nal et par ailleurs ami de Sar­kozy. Les jour­na­listes aussi ont voulu jouer la « rupture »

1 Comment more...


Enfin « la France bouge » !

france-bouge200507.1179681089.JPG

Croisé ce matin au mar­ché le JDD cla­mant plein pot : « La France bouge ». Sur­pris et pho­to­gra­phié, le lec­teur arbore un regard noirci ; émou­vant comme la « truie qui doute ». Il y aurait de quoi se deman­der… Demandons-nous.

jdd_21_05_07.1179698859.jpgRap­pel, au cas où : La semaine d’avant, le patron du Jour­nal du Dimanche sucrait le papier d’un de ses jour­na­listes, un scoop sul­fu­reux révé­lant une insou­te­nable réa­lité : la dame n’avait pas voté pour son futur pré­sident d’homme – d’ailleurs, elle n’avait pas voté du tout. Le peuple de France, en sa frac­tion de lec­teurs du JDD, ne méri­tait donc pas cette leçon par­ti­cu­lière de civisme. Elle lui serait épar­gnée, et cela sur ordre du pro­prié­taire du jour­nal, Arnaud Lagar­dère en per­sonne, « frère » par affi­nité d’intérêt de Sarkozy.

Rap­pel sub­si­diaire : l’éjection du patron de la rédac­tion de Paris-Match, éga­le­ment pro­priété dudit Lagar­dère, parmi quelques dizaines d’autres titres, déjà maintes fois comp­ta­bi­li­sés sur ce blog. Non pas que Génes­tar fût un foudre de résis­tance jour­na­lis­tique aux injus­tices de ce bas monde ! Non. Il avait seule­ment cru faire une affaire juteuse de l’escapade amou­reuse de Céci­lia Sar­kozy. Tout le monde sait ça désor­mais, je n’insiste pas.

Le JDD a donc vécu une semaine agi­tée, sa rédac­tion s’étant mise en émoi, qua­si­ment jusqu’à la révolte et à la défiance envers le patron de leur rédac­tion, Jacques Espé­ran­dieu. M’enfin, tout cela semble déjà bien anec­do­tique et en passe de ren­trer dans l’ordre. L’ordre sar­ko­zien à par­tir duquel la France, remise comme en ordre donc, se met à « bou­ger ». « Parce que le monde bouge » pro­clame une pub à la con.

« Avant » (avant-guerre ?), la France était con, frap­pée d’immobilité, diri­gée par une bande d’incapables qui avaient sévi depuis au moins cinq ans. Parmi eux, quelques ministres redé­ployés ou anciens ayant déjà servi depuis plus long­temps encore dans des équipes aux mêmes objec­tifs ultra-libéraux. Parmi eux, last but not least, le désor­mais plus illustre de tous, sacré pré­sident après avoir servi à l’économie et à l’intérieur. Mais servi à quoi ? A pas grand chose si l’on en croit le JDD post-censuré, à qui quelques jours à peine après le sacre auront suffi pour consta­ter le « bougement ».

C’est vrai. La « pre­mière dame de France » – qui dit ne pas se sen­tir fran­çaise, qui ne vote pas, qui se loque en Prada – est entrée à toute vitesse dans le fort de Bré­gan­çon, pour habi­ter un oui­quinde dans la fonc­tion et dans la rési­dence de vacances que la Répu­blique fran­çaise alloue à ses pré­si­dents. Ça bouge en effet. Car ni Ber­nie, ni bien sûr Yvonne, ni Danielle n’auraient péné­tré le lieu avec une telle désin­vol­ture à l’égard de la popu­la­tion locale – en l’occurrence la bande de gogos habi­tuels rêvant de roi et de prin­cesses et abon­nés à Gala. Pas le moindre ralen­tis­se­ment, pas une pié­cette jetée aux pauvres sous la forme d’un sou­rire à tra­vers une vitre fumée, ou même légè­re­ment abaissée.

Ça bouge encore et sur­tout quand le néo-président sacri­fie pour la pre­mière fois, en cet endroit du moins, à son rituel favori : le jog­ging sous camé­ras, en toute sim­pli­cité média­tique. Effet garanti aux JT du jour et séquence « émo­tion » vouée aux archives de l’INA.

Mais oui, ça bouge, vingt dieux, à pleins débau­chages « à gauche ». J’emprunte à Pas­cal Heis­se­rer : « Rap­pe­lons les mots de Freud et Bour­dieu. Le pre­mier répon­dant à la ques­tion de savoir pour­quoi autant d’hommes intel­li­gents avaient pu se com­pro­mettre avec un régime si mau­vais avait sim­ple­ment dit :  « C’est parce qu’ils ne le sont pas tant que cela » . Le second se deman­dant pour­quoi des hommes de gauche avaient pu pas­ser à droite avait sim­ple­ment dit : « C’est parce qu’ils ne l’ont jamais vrai­ment été ». » J’emprunte à Libé de samedi la for­mule assas­sine res­sor­tie à pro­pos de Kouch­ner: « Un tiers mon­diste. Deux tiers mon­dains » – effet garanti auprès de mon ami Robert, venu de Mont­réal consta­ter le « bou­geage » des« maud(z)its fran­çais »…(Il est encore plié en deux…)

Dire que « ça bouge » désor­mais comme le fait le JDD, cela veut-il dire :

– Que les pauvres seront moins pauvres, et donc moins nombreux ?

– Que la jus­tice sera plus grande, sinon vrai­ment juste ?

– Que la pla­nète souf­frira moins d’asphyxie parce qu’un pays, le nôtre, sera devenu ver­tueux dans la lutte contre la gabe­gie généralisée ?

– Que les humains iront davan­tage vers la paix parce que l’argent aura cessé de régner sur le monde ? Parce que la com­pé­ti­tion géné­ra­li­sée, de l’école aux stades et à la Star aca­dé­mie, ne fera plus recette dans la mise en spec­tacle généralisée ?

1 Comment more...

Derrière la comédie de l’ouverture, une politique à tendance fascisante

par Pas­cal Heisserer*

Qui ne voit que der­rière les ges­ti­cu­la­tions de Nico­las le Petit (pour prendre des accents hugo­liens) pour jouer au Grand Homme (res­pon­sable, digne et ouvert) se met en place un pro­fond ver­rouillage à venir de la vie poli­tique et démo­cra­tique de notre pays !


I) Au pre­mier plan : un spec­tacle comique.
Nico­las Sar­kozy qui n’oublie pas qu’il a été élu en dépit d’une pro­fonde méfiance à l’égard des dérives libérales-sécuritaires de son pro­gramme s’efforce, à grands ren­forts média­tiques, de mon­trer à l’opinion publique qu’il n’est pas l’homme que l’on croît.

C’est pour­quoi il joue.

Seule­ment il n’a plus besoin de jouer pour les siens. Ils lui sont acquis car ils l’aiment à en avoir perdu tout sens cri­tique, ado­rants et magni­fiants ses envo­lées lyriques, un peu comme si son verbe les avait anesthésiés.

Non désor­mais il lui faut jouer pour les autres, pour tous ceux qui doutent du bien-fondé de sa politique.

Et il y en a encore, pensez-vous !

Selon les cas, il lui faut les séduire, les ras­su­rer, les débau­cher, voire les intimider.

Ainsi il reçoit les res­pon­sables syn­di­caux et « comble de l’étonnement » (mais je suis bête, il y a des élec­tions légis­la­tives dans un mois et il n’est peut-être pas bon que le « Loup » sorte du bois !), il met en sour­dine ses pro­jets les plus « pro­gres­sistes » (fin du CDI, remise en ques­tion du droit de grève, franchise-santé) et avance les idées d’égalité sala­riale homme-femme, de pro­mo­tion sociale et d’enrichissement par le travail.

A la suite de quoi, en bon Répu­bli­cain cha­cun se déclare prêt à tra­vailler (et non à batailler) avec le nou­veau Président.

Puis voyant que la Ruse fonc­tionne (en bon élève de David Cop­per­field pour qui : « plus c’est gros, plus ça marche »), il se pro­pose de jouer la carte de l’ouverture poli­tique afin d’élaborer une dream-team droite-centre-gauche.

Ten­ta­tive qui ne peut que nous faire sourire.

Rap­pe­lons les mots de Freud et Bourdieu.

»> Lire tout

* Pro­fes­seur de phi­lo­so­phie à Stras­bourg, membre du Parti socialiste

1 Comment more...

Les millions et le centime du néo-président

par Gérard Ponthieu

Certes, il n’est pas le pré­sident des pauvres. Qui l’ignorait ? Ou plu­tôt : qui vou­lait l’ignorer ? Cer­tains des pauvres qui l’ont élu. Serait-ce que pour eux l’argent ne compte même pas ? Ils en ont si peu que le manque se trouve en eux comme implanté, incor­poré, natu­ra­lisé : il y a les riches et les autres, les gros et les maigres, les Blancs et les Noirs, le Nord et le Sud, Dieu et… va savoir ! D’ailleurs, cette affaire de Malte, bof, quelle his­toire pour pas grand chose !, semblent prou­ver l’opinion son­dée (sauf la mienne).

N’empêche, le patri­moine déclaré de Nico­las Sar­kozy atteint et dépasse les 2 mil­lions d’euros, c’est publié ce ven­dredi au « Jour­nal offi­ciel » de la Répu­blique fran­çaise, et déposé au Conseil consti­tu­tion­nel – comme qui dirait le mètre-étalon du Pavillon de Sèvres, « en pla­tine iri­dié » ainsi qu’on l’apprenait dans les écoles.

Deux mil­lions d’euros… à cette hau­teur j’en appelle à la cal­cu­lette : 13 119 140,00 francs. Plus de 13 mil­lions de francs.… C’est pour aider à réa­li­ser… Je com­prends mieux que le can­di­dat ne soit guère mon­tré loquace sur son patri­moine. Pour un « pré­sident des pauvres » et de « la France qui souffre », ça col­lait mal ; ça don­nait car­ré­ment dans le fou­tage de gueule – à moins de coti­ser en pro­por­tion aux Res­tos du cœur ou chez Emmaüs.

Ministre, maire, pré­sident (de conseil géné­ral), action­naire de son cabi­net d’avocats et béné­fi­ciaire de droits d’auteur, Sar­kozy a déclaré pour 2004 un revenu impo­sable de 125.000 euros. Indi­ca­tion publiée dans L’Express du 12 avril et reprise dans Le Monde d’hier [10/05/07]. Cal­cu­lette, svp : 125.000 euros = 820.000 francs, à quelques cen­times près. De quoi se retourner.

Ce patri­moine, dira-t-on, ça ne repré­sente jamais qu’un quart du para­chute doré de For­geard (8,5 mil­lions d’euros encais­sés à son départ d’EADS). Il est vrai… D’ailleurs le nou­veau pré­sident l’avait pris en grippe – le vilain canard, le fau­tif qui tom­bait bien mal, en pleine cam­pagne élec­to­rale – et dénoncé au titre de « patron voyou ». Il est vrai…

La ques­tion qui m’a tou­jours taraudé : Pour­quoi un riche n’est-il jamais assez riche ? Ou encore : pour­quoi un riche se com­porte tou­jours (que les excep­tions lèvent le doigt) en radin, igno­rant le par­tage, la géné­ro­sité, le don ? « J’ai envie de gagner de l’argent » a déclaré Sar­kozy, qui aime com­pa­rer ministres et chefs d’entreprise : « Si un homme poli­tique est effi­cace, je ne vois pas pour­quoi il devrait vivre en plus modes­te­ment. » Ainsi s’affirme dans sa splen­deur « moderne » la droite « décom­plexée », qui va pou­voir, comme le dénon­çait déjà La Fon­taine, s’adonner à « la pas­sion d’entasser ». Le bon­heur de se goin­frer sans la moindre gêne d’ordre moral ou autre, sans la moindre culpa­bi­lité. Sans même craindre la contra­dic­tion, comme le soir-même de l’élection, de sor­tir un cou­plet sur le Pro­to­cole de Kyoto en direc­tion des Etats-Unis, juste avant de s’envoler en jet privé pour rejoindre un super 4x4 flot­tant, même pas un voi­lier genre par­venu en quête de raf­fi­ne­ment…, non, l’engin-m’as-tu-vu de mil­liar­daire à faire rêver les beaufs à Saint-Tropez.

J’ai le même modèle « à la mai­son », je veux dire dans ma cité, enfin un modèle réduit, un pote à lui et à Made­lin, qui dirige la com­mune comme une entre­prise. Tout comme en rêvent ces ultra-libéraux qui, du Texas au fin fond de l’Oural et de la Pologne – et de la Chine avec – qui n’auront de cesse de trans­for­mer en « boîtes à pro­fit », écoles, musées, hôpi­taux, pri­sons, che­mins de fer, cen­trales éner­gé­tiques et, bien sûr, les télé­vi­sions du monde enfin libé­rées de tout « com­plexe » sur le devoir d’informer !

Ainsi donc mon maire qui, de sur­croît, se targue d’écologie…, qui débrous­saille à tout va, ins­talle des pan­neaux solaires sur le toit de sa mai­rie, mais se pavane en 4x4, à l’image de son men­tor de pré­sident sur la « Paloma » du mil­liar­daire Bolloré.

Mais diront-ils l’un et l’autre, ce luxe nous regarde, que diantre, et d’ailleurs – dixit le néo-président – « il ne coûte pas un cen­time au contri­buable » ! Ainsi causent les bou­ti­quiers dont l’idéal tré­buche sur la mon­naie son­nante. En payant – et encore : paient-ils et de quelle poche ? –, ils se donnent ainsi tous les droits, c’est-à-dire les droits de tout ache­ter – puisque tout se mon­naie. Au diable les idéaux, la jus­tice, l’harmonie sociale. Ils sont les Sei­gneurs et même peut-être les der­niers de ces Mohicans-là. Au diable ces vieille­ries de com­plexés. Soyons modernes, si fol­le­ment modernes !

1 Comment more...

Le groupe Bolloré a bien obtenu des marchés publics

Joli coup du Monde qui, en quelques clics sur le site des Jour­naux offi­ciels de la Répu­blique fran­çaise, démontre que le groupe Bol­loré s’est bien vu attri­buer ces der­nières années des mar­chés publics. Vincent Bol­loré et Nico­las Sar­kozy avaient affirmé le contraire mer­credi 9 mai, suite à la polé­mique déclen­chée autour des frasques sarko-bolloréennes…

   
Le Monde du 10.05.07  a recensé plu­sieurs contrats dont :

–  Le 17 juin 2005 SDV, la filiale logis­tique du groupe Bol­loré, s’est  vu attri­buer un mar­ché de « trans­port de fret par voie aérienne com­mer­ciale à la demande et pour le compte du minis­tère de la défense », d’une valeur esti­mée à 36 mil­lions d’euros, hors taxes. Le contrat est lui aussi d’une durée de 48 mois.

– Le 5 jan­vier 2006, SDV emporte le mar­ché des « pres­ta­tions de trans­port aérien et d’opérations ponc­tuelles de dédoua­ne­ment de diverses mar­chan­dises pour la direc­tion des mon­naies et médailles ». Le mon­tant est « indéfini ».

– Le 10 août 2006 l’attribution du mar­ché à SDV du « trai­te­ment de la valise diplo­ma­tique fret » par le minis­tère des affaires étran­gères ; il s’agit d’un “contrat sen­sible” rela­tif à la pro­tec­tion du secret et des infor­ma­tions concer­nant la défense natio­nale et la sûreté de l’Etat ; mon­tant estimé : entre 1,4 mil­lion et 5,6 mil­lions d’euros, hors taxes, pour « une durée de 48 mois ».

– Le 16 novembre 2006, on retrouve SDV TTA, parmi d’autres entre­prises, dans l’attribution d’un mar­ché, concer­nant un « accord carde ache­mi­ne­ments » par l’économat des armées.

D’autres contrats « de four­ni­ture de fioul domes­tique »  ont éga­le­ment été pas­sés par Bol­loré Éner­gie avec des orga­nismes publics et des col­lec­ti­vi­tés locales.

Des lec­teurs du Monde ont aussi apporté leur contri­bu­tion à ce pre­mier inventaire.

»> Lire tout

1 Comment more...

Appel à soutenir Denis Robert, lampiste judiciaire de l’affaire Clearstream

Le comité de sou­tien à Denis Robert, jour­na­liste mis en exa­men pour ses révé­la­tions dans l’affaire Clears­tream, lance un appel à la «com­mu­nauté journalistique».

«Sou­te­nir Denis Robert, c’est orga­ni­ser un cor­don sani­taire autour de ceux dont le métier est d’informer et mon­trer que les jour­na­listes savent aussi se mobi­li­ser et résis­ter aux pres­sions qui s’intensifient pour contrô­ler l’information», estime le comité.

Le comité appelle les jour­na­listes à se mani­fes­ter en envoyant une photo de leur carte de presse afin de les mettre en ligne sur le blog http://jesoutiens.blogspot.com .

Denis Robert est mis en exa­men en France pour «recel de vol et d’abus de confiance» (il a eu en sa pos­ses­sion des lis­tings comp­tables de Clears­tream) depuis le 29 octobre 2006, mais est aussi visé par «une bonne tren­taine» de pro­cé­dures judi­ciaires pour deux livres d’enquête et un film sur l’activité de la firme finan­cière luxembourgeoise.


Sarkozy décline une invitation à un dîner de cons

jm.1178702290.jpgInvité à un dîner de cons avec le pre­mier ministre cana­dien et Bush, Sar­kozy décline en rac­cro­chant comme un mal­poli. Voilà qui augure mal de la poli­tique étran­gère de la Phrance.

On écoute en cli­quant sur l’image. Rira bien qui rira le dernier.

Humo­ristes qué­bé­cois, les « Jus­ti­ciers mas­qués » avaient piégé Chi­rac en jan­vier 2006. Ségo­lène Royal a aussi été récem­ment pié­gée par un humo­riste, fran­çais celui-là, se fai­sant pas­ser pour le pre­mier ministre québécois.



Une valse à quatre temps

par Gérard Ponthieu

1) La femme n’est tou­jours pas l’avenir de l’homo poli­ti­cus. Le peuple de France demeure un ani­mal du genre mas­cu­lin dopé à la tes­to­sté­rone. Spé­ci­mens « fémi­nins » non exclus, qui voient sous les jupes impuis­sance et insta­bi­lité. Spé­ci­mens « socia­listes » ou « pro­gres­sistes » y com­pris, ceux-là mêmes qui l’ont tel­le­ment déni­grée, la candidat-e. Zozos média­tiques inclus, moquant par exemple les escar­pins de la dame au pays des bro­de­quins de Pinochet.

2) La vertu démo­cra­tique contre le vice déma­go­gique, c’est le pot de terre contre le pot de fer : ça ne marche pas. Désirer-d’avenir quand le pré­sent étri­qué appelle la schlague, la pos­ture auto­ri­taire, le coup de men­ton démago, désolé, c’est des perles aux cochons – du moins à un sur deux. L’heure est aux alter­na­tives binaires, anta­go­nistes et enfer­mantes : incer­ti­tude / auto­rité ; inté­rêt perso / cloi­son­ne­ment ; consom­ma­tion régres­sive / perte des valeurs du vivre ensemble. L’heure n’est pas au débat, aux ques­tions qui, par défi­ni­tion, inter­rogent et dérangent, mais aux affir­ma­tions qui confinent dans les appa­rentes cer­ti­tudes. Rien n’est plus fati­guant – cou­ra­geux et ris­qué – que la res­pon­sa­bi­lité indi­vi­duelle qui fonde l’élan collectif.

3) Consé­quence non anec­do­tique : ce temps est celui des paillettes. Quand la télé de masse en dégou­line à plein « prime-time », il est nor­mal, consé­quent… et symp­to­ma­tique qu’entre Concorde et Arc de triomphe, la paillette pipole et poli­ti­cienne trouve son point de fusion au Fouquet’s, haut-lieu de la bour­geoi­sie gavée. De même est-il nor­mal que le nou­vel élu, celui-là, trouve aussi en ce lieu la pre­mière expres­sion de son sacre, entouré de mar­quis vulgaires.

iznogoudplantu.1178553964.jpg4) Ce temps est aussi celui des traîtres, et même de leur consé­cra­tion. On dira désor­mais « le bes­son » pour mesu­rer le degré de tra­hi­son poli­tique qu’il per­son­ni­fie en le por­tant à son point de subli­ma­tion. Mais ce n’est que le plus zélé du genre, venu rejoindre le sérail d’Iznogoud lui-même dont le tra­jet, tout entier tendu vers la conquête du Pou­voir, est constellé de tra­hi­sons suc­ces­sives – Pas­qua, Bal­la­dur, Chi­rac, pour ne citer qu’eux, n’auront pas été épar­gnés par ce désor­mais pré­sident, paran­gon de vertu et de mora­lité*. Ses avo­cats oppo­se­ront en temps utile des anté­cé­dents fameux – sans doute éviteront-ils de remon­ter à Bru­tus pour mieux s’attarder sur Mit­ter­rand. Certes, l’homo poli­ti­cus aux dents longues doit aussi savoir manier la dague. L’Histoire en est far­cie. Elle oubliera sans doute ledit Bes­son, le bouf­fon Tapie, le ci-devant Glucks­mann. Mais peut-être pas le mam­mouth Allègre, non pas à cause de son éven­tuel stra­pon­tin minis­té­riel, mais pour l’acte de cou­rage poli­tique qui forge les légendes de résis­tant – heu­reu­se­ment, une judi­cieuse caméra l’a rat­trapé et immor­ta­lisé dans le genre – je ne me lasse pas de la regar­der ; ne vous en pri­vez pas , tant qu’on peut encore rigoler.

–––––

Le Monde rap­pelle que « Dans les dîners truf­fés de cadres du RPR, Nico­las Sar­kozy fan­fa­ronne : “Moi, en 1995, j’étais bal­la­du­rien. Alors, chaque 7 mai, jour de la vic­toire de Chi­rac, je suis comme Padre Pio : les stig­mates de mes mains se remettent à sai­gner…” »

> Merci © Plantu

1 Comment more...

J moins un. Et en plus, on ne devrait pas diaboliser le diable ?

De tous côtés on nous dit que « c’est plié » ! Depuis qu’on nous le rabâche… L’autre jour sur France Inter encore, « c’est plié » a conclu une jour­na­liste après une ana­lyse de son­do­logue (Roland Cay­rol), qui venait de mon­trer le contraire ! Et on replie­rait les gaules, comme ça, sur ordre de l’air domi­nant ?! Elle se bat avec achar­ne­ment, jusqu’au bout de l’engagement, dans une lutte magni­fique. Serait-ce bien le moment de chi­po­ter face à un choix aussi vital, aussi chargé d’enjeux de fond, aussi lourd d’avenir ?!

L’autre truc de défai­tiste à la mode, ce serait de s’interdire de dia­bo­li­ser… le diable. Pas le moment de don­ner dans la den­telle! Faudrait-il donc ana­ly­ser en finesse, démê­ler le pour­quoi du com­ment face à la sau­va­ge­rie qui s’annonce? J’assume le mot : les gros qui bouffent les petits – parce qu’ils sont ou se disent plus forts, parce qu’il s’arrogent le droit de la force brute… oui, ça relève du monde sau­vage, celui de l’animalerie pri­maire. S’extraire de cette féro­cité ani­male, c’est pré­ci­sé­ment s’élever à la condi­tion humaine. Pré­ci­sé­ment ne pas céder au dar­wi­nisme social des Pino­chet, Rea­gan, That­cher, Aznar, Ber­lus­coni et la cohorte à l’œuvre au noir des néo­con­ser­va­teurs de Bush et de ses émules – dont le plus à l’affût plane aujourd’hui sur nos têtes.

Comme en un tour de bon­ne­teau, le diable a quelque peu rogné ses cornes.
Du moins les a-t-il ren­trées depuis deux jours. Depuis que ses stra­tèges de com’ l’ont enjoint de faire le dos rond. Je le vois hier, d’un ton sou­dai­ne­ment pate­nôtre, après sa prière scé­na­ri­sée à la Résis­tance…, don­ner pour les camé­ras des leçons d’apaisement à Ségo­lène Royal. Il a pris à son compte, le mot à base de « paix », comme s’il l’incarnait, lui, le grand rup­teur, le rap­teur de Jau­rès et de Blum, d’Hugo et de Camus, lui le kar­ché­riste, le déto­na­teur des ban­lieues, lui le sur­ex­cité hys­té­rique, l’impatient violent, lui le méga­lo­mane grave !

Voilà que je m’énerve à mon tour… Non « je ne m’énerve pas, je suis en colère, je suis révolté(e) !» De la colère j’en éprouve, de la révolte aussi, comme pour me pro­té­ger de la tris­tesse redou­tée. Et du dégoût. Celui, par exemple, que m’inspire cette séquence télé : Le dégrais­seur de mam­mouth sort de chez Sar­kozy (siège de cam­pagne) par une petite rue, à la déro­bée. On le voit de dos, pachi­der­mique, pres­sant le pas, sen­tant le dan­ger venant de der­rière. Et pan ! : rat­trapé et pris par une caméra la main dans la confi­ture. Pas l’air con, tiens ! Et de bre­douiller comme un gamin : « Euh, je venais voir Fiillon, … euh, mais l’était pas là ». Ça dépasse en traî­trise le niveau Bes­son, c’est peu dire. Dans un registre bien décalé aussi, cette photo dans Libé du jour : Glucks­mann haran­guant la foule de Bercy, aux côtés de Rika Zaraï et de Vil­le­pin… Vieillir, passe encore, mais mou­rir (politiquement).

Voilà, c’était… pour dire. Dire, s’exprimer, bon sang ! Et com­ment ! Et ne pas s’en pri­ver. Jamais. Res­ter debout. Un impé­ra­tif caté­go­rique. Ques­tion de santé – per­son­nelle & démo­cra­tique, indi­vi­duelle & col­lec­tive : l’articulation du je-nous, comme dit mon pote Joël. Un sys­tème plus ou moins arthri­tique qui appelle à un mini­mum d’exercice anti­rouille, le mini­mum de l’engagement citoyen : voter. Et tant qu’à faire, voter « comme il faut ». Avec un des­sein, une ouver­ture au monde et à la démo­cra­tie. Je sais, même le diable dit ça.

1 Comment more...

DANS QUELQUES HEURES, IL SERA TROP TARD

par Susan George et Yan­nis Youlountas

Peut-on s’abstenir ou voter blanc ou nul dans les cir­cons­tances actuelles ?

A-t-on pris en compte la chape de plomb qui va s’abattre sur la société française ?

Veut-on aban­don­ner nos liber­tés déjà menacées ?

Veut-on reve­nir à l’ordre moral d’avant mai 1968 ?

Veut-on ne plus rece­voir d’information qu’à tra­vers la pro­pa­gande offi­cielle des amis du Président ?

Veut-on un minis­tère de l’immigration et de l’identité nationale ?

Veut-on anéan­tir la créa­ti­vité culturelle ?

Veut on rem­pla­cer la fra­ter­nité par la méfiance et l’exclusion ?

Veut-on accroître la pré­ca­rité des plus faibles ?

Veut-on la géné­ra­li­sa­tion des OGM ?

Veut-on une « démo­cra­tie » qui annonce le vain­queur d’une élec­tion avant même qu’elle ait lieu ?

Veut-on une société poli­cière s’immisçant de plus en plus dans la vie pri­vée des citoyens ?

Veut-on subir le Traité Consti­tu­tion­nel Euro­péen et sa concur­rence absolue ?

Veut-on s’inféoder à George W Bush, à l’OTAN et à l’impérialisme de la poli­tique américaine ?

Veut-on conti­nuer à détruire la planète ?

Bref, veut-on élire (ou lais­ser élire) à la fois Bush, Le Pen et Ber­lus­coni, à la pré­si­dence de la France ?

Dans quelques heures, il sera trop tard..


  • Twitter — Gazouiller

  • Sexpol_39La Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité/politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-contre. En savoir plus ici sur Sex­pol.  
  • iceberg

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
  • Archives

  • Catégories

  • ouah_!_la_poilade_! _
    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

    1emmen
  • Copyright © 1996-2010 C’est pour dire. All rights reserved.
    iDream theme by Templates Next | Powered by WordPress