On n'est pas des moutons

Archive for novembre, 2007

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© andré faber

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L’ancien en examen, le nouveau en délicatesse

manif2.1195683850.jpgMisère de misère, l’ancien pré­sident mis en exa­men ! Avec les grèves, le cli­mat poli­tique, le cli­mat tout court, ne man­quait plus que ça. Heu­reu­se­ment, il y a l’actuel, encore tout feu tout flamme, et tel­le­ment «clas­sieux». Ecoutez-le jurer comme un char­re­tier – une pro­fes­sion ainsi sau­vée de la dis­pa­ri­tion –, sur l’air de la «racaille» d’Argenteuil, mais cette fois, au Guil­vi­nec, où ce fut bien aussi. Les télés n’’ont pas mon­tré l’intégrale, qu’on trouve sur You Tube et ainsi réta­blie dans le Canard enchaîné du 14 novembre. Florilège :

« Un mani­fes­tant gueu­lard : “Hé 140 % ! 140 % de plus, enculé !“
Le pré­sident de la Répu­blique : “Qu’est-ce qui a dit ? C’est toi qui a dit ça ? Ben des­cends un peu l’dire ! Des­cends un peu !“
Le gueu­lard : “Bah, si j’descends, j’te mets un coup de boule, alors vaut mieux pas.“
Le pré­sident de la Répu­blique : “Si te… si tu crois que c’est en insul­tant que tu vas… que tu vas régler le pro­blème des pêcheurs, eh bien, permets-moi de te dire… per… meu…tu… qu’tu… vin… tsé… ben, viens, viens, viens qu’on discute !“ »

Pas de doute, le réchauf­fe­ment fait aussi mon­ter le niveau politique.

© Des­sin d’andré faber


Pétition pour la liberté de la presse

croco.1195493974.jpg« Pas de démo­cra­tie sans liberté de la presse » : presque un cli­ché. Mais alors, pour­quoi ce besoin de le res­sor­tir ? À cause des périls, bien sûr. Plus agis­sants que jamais. D’où cette péti­tion lan­cée par l’Intersyndicale des Jour­na­listes, la pre­mière depuis quinze ans. Les cinq syn­di­cats de jour­na­listes (SNJ, SNJ-CGT, SJ-CFTC, USJ-CFDT, FO) lancent un appel pour pro­po­ser une loi garan­tis­sant l’indépendance des rédac­tions. Elles en ont bien besoin, « à l’heure où les dérives déon­to­lo­giques, les rachats de médias et les pres­sions sur le contenu de l’information se mul­ti­plient, remet­tant en cause le droit de cha­cun à une infor­ma­tion hon­nête, indé­pen­dante et fiable. »

Les syn­di­cats avancent notam­ment les pro­po­si­tions de modi­fi­ca­tions légis­la­tives suivantes :

> CHAQUE TITRE (écrit, audiovisuel,multimédia) devra dis­po­ser d’une équipe rédac­tion­nelle per­ma­nente et auto­nome com­po­sée de jour­na­listes professionnels […].

> LA LOI FERA OBLIGATION à l’éditeur de remettre chaque année aux ins­ti­tu­tions repré­sen­ta­tives du per­son­nel, en même temps que ses comptes annuels, la com­po­sI­tion de cette équipe rédac­tion­nelle en y fai­sant appa­raître le nombre de jour­na­listes pré­caires et de cor­res­pon­dants locaux de presse. En cas de non-respect de tout ou par­tie de ces dis­po­si­tions, les diverses aides publiques dont béné­fi­cie l’entreprise de presse fau­tive seront suspendues.

> QUELLE QUE SOIT la forme juri­dique du titre, quelle que soit la forme juri­dique de l’équipe rédac­tion­nelle, cette der­nière sera obli­ga­toi­re­ment consul­tée par la direc­tion sur tout chan­ge­ment de poli­tique édi­to­riale ou rédactionnelle.

> CETTE ÉQUIPE RÉDACTIONNELLE sera éga­le­ment obli­ga­toi­re­ment consul­tée par l’employeur avant et lors de la nomi­na­tion du res­pon­sable de la rédac­tion, quel que soit l’intitulé de sa fonc­tion (direc­teur de l’information, direc­teur de la rédac­tion, rédac­teur en chef…). Celui-ci devra pré­sen­ter son pro­jet édi­to­rial à l’équipe rédac­tion­nelle, qui pourra s’opposer à sa nomi­na­tion ou à son projet.

> PAR LA SUITE, si la gra­vité de la situa­tion l’exige, l’équipe rédac­tion­nelle pourra prendre l’initiative d’un scru­tin de défiance. La rédac­tion aura la faculté de sai­sir le comité d’entreprise. Celui-ci pourra agir dans le cadre d’un droit d’alerte amé­nagé et spé­ci­fique. Là encore, en cas de non-respect de tout ou par­tie de ces dis­po­si­tions, les diverses aides publiques dont béné­fi­cie l’entreprise de presse fau­tive seront sus­pen­dues jusqu’à ce que cesse ce man­que­ment. Cette sanc­tion sera publiée et dif­fu­sée par l’entreprise de presse. […]

Cli­quer pour signer la péti­tion en ligne

[Des­sin de Plantu]

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Saloperie de pub !

Titre du Monde (16/11/2007) : « Les Fran­çais sont de plus en plus cri­tiques envers la publi­cité, en par­ti­cu­lier sur inter­net ». Ah ça oui alors !, sur­tout quand on voit ce qu’on voit. Ce même jour, consul­tant sur la toile mon édi­tion d’abonné, je tombe là-dessus :

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Soit, la pub comme com­po­sante éco­no­mique. Admet­tons. Mais pas n’importe quoi, pas n’importe quelle outrance, pas n’importe quel affront à la misère du monde. Tout de même !

Cette pub pour une télé « qui ouvre désor­mais une fenêtre sur votre âme »…, ce n’est même pas du n’importe quoi : avec cette gon­zesse au visage repu et au regard de dau­rade morte qui défile « en ani­ma­tion », obsé­dante, pen­dant qu’on tente de com­prendre – via l’envoyé spé­cial du jour­nal et la photo d’enfants trans­por­tant un corps – l’atrocité du drame qui frappe Moga­dis­cio et la Soma­lie… Indécent



La nouvelle présidente de Harvard refuse de soumettre l’université à l’économie

Tou­jours cou­rir après l’Amérique… Rat­tra­per le fameux « retard » sur les idoles hol­ly­woo­diennes, célé­brer le culte de la Réus­site… comme du Résul­tat, ces nou­veaux Graal de la moder­nité conqué­rante. Tan­dis que Sar­kozy témoigne de toute sa dévo­tion à son men­tor états-unien ; tan­dis que la ministre de l’université (et de la recherche) veut sou­mettre l’enseignement supé­rieur à « une éco­no­mie de l’innovation » – ô, langue de plomb ! – le New York Times du 13 octobre rap­porte l’entrée en lice et en résis­tance de la pre­mière femme pré­si­dente de la célèbre uni­ver­sité de Har­vard. Résis­tance à quoi donc ? À la sou­mis­sion de l’université à la « com­pé­ti­ti­vité mon­diale », par exemple, qu’elle oppose aux valeurs humaines de la connais­sance et de l’enseignement. Au fond, un hom­mage aux valeurs jusque là acco­lées à notre (retar­da­taire) École, y com­pris en tant qu’ « emblème et moteur pour l’expansion de la citoyen­neté [et] de l’égalité. » Belle leçon, en vérité. Voici une tra­duc­tion de l’article du NYT.

harvard75.1194624166.jpg« Drew Gil­pin Faust, pre­mière femme pré­si­dente de l’université de Har­vard, a pris ses fonc­tions ven­dredi 12 octobre 2007 avec un dis­cours offen­sif de défense des valeurs de l’enseignement supé­rieur qui seraient mena­cées par les exi­gences d’évaluation des ensei­gne­ments et l’obligation de for­mer la main-d’oeuvre des­ti­née à une éco­no­mie mon­dia­li­sée. Selon la pré­si­dente,  « l’essence même de l’université est qu’elle est comp­table vis-à-vis du passé et du futur, pas sim­ple­ment et pas même en pre­mier lieu, vis-à-vis du présent ».

« Pour Drew Gil­pin Faust, his­to­rienne de for­ma­tion et ancienne direc­trice du Rad­cliffe Ins­ti­tute for Advan­ced Study,  « l’université, ce n’est pas seule­ment les résul­tats finan­ciers du pro­chain tri­mestre. Ce n’est même pas ce qu’un étu­diant est devenu au moment de la remise de son diplôme. Il s’agit d’un ensei­gne­ment qui modèle à vie, un ensei­gne­ment qui trans­met l’héritage des mil­lé­naires, un ensei­gne­ment qui façonne l’avenir. » Elle s’est clai­re­ment et for­te­ment oppo­sée dans son dis­cours aux ten­ta­tives de l’État fédé­ral de rendre les uni­ver­si­tés comp­tables de ce qu’elles enseignent en essayant de le quan­ti­fier. Elle en a appelé aux uni­ver­si­tés afin qu’elles « prennent l’initiative en défi­nis­sant elles-mêmes ce dont elles sont comptables ».

« Son dis­cours inau­gu­ral a éga­le­ment apporté une défense ferme du rôle tra­di­tion­nel de l’université qui est « l’organisatrice d’une tra­di­tion vivante », mais aussi un lieu « pour les phi­lo­sophes autant que pour les scien­ti­fiques », où l’enseignement et la connais­sance sont valo­ri­sés en par­tie «  parce qu’ils défi­nissent ce qui, à tra­vers les siècles, a fait de nous des humains et pas parce qu’ils peuvent amé­lio­rer notre com­pé­ti­ti­vité mondiale ».

« Elle a en outre signalé sa volonté de rendre l’enseignement à Har­vard « dis­po­nible et acces­sible », et de diver­si­fier les effec­tifs de l’université : « Ceux qui regrettent un âge d’or perdu de l’enseignement supé­rieur devraient pen­ser à la par­tie très limi­tée de la popu­la­tion à qui cette uto­pie était des­ti­née. L’université était réser­vée à une petite élite; désor­mais, elle sert les masses, pas seule­ment quelques pri­vi­lé­giés. » Elle ajoute que les uni­ver­si­tés amé­ri­caines ont servi  « à la fois d’emblème et de moteur pour l’expansion de la citoyen­neté, de l’égalité et des chances accor­dées aux noirs, aux femmes, aux juifs, aux immi­grants et à d’autres groupes qui auraient été mis dans des quo­tas voire exclus à des époques antérieures ».

« Même si elle a axé son dis­cours sur les idées, Drew Gil­pin Faust n’a pas oublié de rap­pe­ler qu’il était indis­pen­sable qu’Harvard soit à la pointe de la recherche scien­ti­fique mais que cela ne devait pas se faire au détri­ment des valeurs huma­nistes de l’établissement:  « Il est urgent pour nous de poser les ques­tions d’éthique et de sens de notre action qui nous per­met­tront de nous confron­ter à la signi­fi­ca­tion humaine, sociale et morale de notre rela­tion chan­geante avec le monde qui nous entoure. » »

Source:  « The New York Times » du 13 octobre 2007

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1ptitfaber_1Le P’tit coin, vous savez, l’édito ultra-mini, moins de deux lignes… C’est au fond du cou­loir, en haut à droite, avec Mon­sieur Lhomme devant l’entrée. Un clic et vous y êtes.

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Wafa Sultan ou le courage d’affronter l’intégrisme islamiste

888.1194511123.jpg « Une étin­celle dans l’obscurité isla­miste »… J’avais hésité sur le titre, le mot étin­celle ne me sem­blant pas très juste. J’ai failli rec­ti­fier par lumière, ou éclair. Après coup (de ton­nerre) et à la réflexion, étin­celle exprime bien le côté déton­nant des pro­pos de cette femme, Wafa Sul­tan. Pro­pos qui datent pour­tant de février 2006… tan­dis qu’il appa­raît que cette vidéo a depuis été char­gée et vue depuis des mil­lions de fois. Elle conti­nue à sur­prendre – comme ici même. Et elle a encore une belle lon­gé­vité devant elle, d’autant qu’elle fera date dans l’un des débats les plus vio­lents qui secouent aujourd’hui la pla­nète. Les inté­gristes ne s’y sont d’ailleurs pas trom­pés, ayant lancé contre cette femme syro-américaine, de facto, une fatwa. Aussi reçoit-elle depuis l’émission sur Al-Jazeera des menaces de morts sur son répon­deur du genre : « Vous êtes encore vivante? Atten­dez et vous ver­rez ! », ou par cour­riel, en arabe : « Si quelqu’un devait vous tuer, ce serait moi. »

Wafa Sul­tan tra­vaille actuel­le­ment à la rédac­tion d’un livre dont le titre prévu est « Le pri­son­nier échappé : Quand Dieu est un monstre ».

Cette affaire paraît autre­ment sérieuse que celle des cari­ca­tures danoises de Maho­met. C’est bien pour­quoi – du fait de la soli­dité et de la force de l’argumentation – les exci­tés du Coran ne se sont pas ris­qués à lui faire une publi­cité sup­plé­men­taire, bien trop gênante pour eux, à l’image du « débat­teur » de l’émission acculé à pro­fé­rer des anathèmes.

La toile inter­net s’est empa­rée du sujet, ainsi réper­cuté sur des mil­liers de sites dans le monde ainsi que sur Wiki­pé­dia. J’ai trouvé inté­res­sant de publier ici de larges extraits d’un article paru sur Iran-Resist [oppo­sants à la « mol­lah­cra­tie » de Téhé­ran], site qui a d’ailleurs élu Wafa Sul­tan « Per­son­na­lité de l’Année Iranienne ».


[En février 2006], « Dr. Wafa Sul­tan, une psy­chiatre Syro-Américaine, était une incon­nue de Los Angeles soi­gnant sa colère et son pro­fond déses­poir au sujet de ses core­li­gion­naires musul­mans. Aujourd’hui, par la grâce d’une inter­view inha­bi­tuel­le­ment acerbe et pro­vo­cante sur la chaîne Al Jazeera le 21 février, elle est une vedette inter­na­tio­nale, pré­sen­tée par cer­tains comme la voix pure de la rai­son, et par d’autres comme une héré­tique et une infi­dèle qui mérite la mort.« Dans cette inter­view, qui a été télé­char­gée sur Inter­net plus d’un mil­lion de fois en deux semaines et a été trans­fé­rée par mail des cen­taines de mil­liers de fois, Dr. Sul­tan a cri­ti­qué les musul­mans, leurs saints, leurs com­bat­tants et leurs chefs poli­tiques qui d’après elle ont déformé les ensei­gne­ments de Maho­met et du Coran vieux de 14 siècles.« Elle a dit que les musul­mans du monde, qu’elle com­pare en leur défa­veur aux juifs, se sont enfon­cés dans un tour­billon d’apitoiement sur soi et de vio­lence. Selon elle, le monde n’est pas le témoin d’un désac­cord des reli­gions ou des cultures, mais d’une bataille entre bar­ba­rie et moder­nité, une bataille que les forces de l’islam violent et réac­tion­naire vont perdre.copie-ecran-2.1194480303.jpg« En réponse, les ecclé­sias­tiques musul­mans du monde entier l’ont condam­née, et son répon­deur télé­pho­nique déborde de menaces de mort. Mais les réfor­ma­teurs isla­miques l’ont féli­ci­tée pour avoir dit, et en arabe sur le réseau télé­visé le plus vu du monde arabe, ce que peu de musul­mans osent dire même en privé.« Je crois que nos peuples sont otages de leur propre croyance et des ensei­gne­ments », a-t-elle dit à une jour­na­liste cette semaine [mars 2006] à Los Angeles.« Dr. Sul­tan, 47 ans, porte un polo et une jupe très élé­gante, avec des chaus­sons four­rés et de grosses chaus­settes. Ses yeux et ses che­veux sont d’un noir vif et ses manières simples contrastent avec ses intenses paroles : « La connais­sance m’a libéré de cette pen­sée rétro­grade. Quelqu’un doit nous aider à libé­rer le peuple musul­man de ses croyances erro­nées. »»> Lire tout l’article

»> Voir aussi une autre inter­view de Wafa Sul­tan »>

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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
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    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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