On n'est pas des moutons

Archive for décembre, 2007

Le « Libé des solutions » : un journalisme condescendant

une_2007_12_29.1199037861.jpgA priori, idée esti­mable que ce « Voyage du bon côté de la pla­nète ». J’ai lu avec atten­tion et en entier ce Libé­ra­tion de samedi inti­tulé « Le Libé des solu­tions – 2008, et si on se bou­geait ? » Le numéro a été concocté avec de jeunes Repor­ters d’espoirs, du nom de l’association du même nom, posant que tout n’est pas noir dans le monde et que le jour­na­lisme peut aussi reflé­ter une cer­taine réa­lité posi­tive, sans naï­veté si pos­sible. Dire que « ça part d’un bon sen­ti­ment » revien­drait à poi­gnar­der l’initiative. Écar­tons la per­fi­die. D’autant qu’en géné­ral, le jour­na­lisme se montre peu apte à l’auscultation interne, ni sur­tout au ques­tion­ne­ment sur sa fonc­tion pro­fonde. Il va, et c’est ainsi, de son pas trop assuré.

Donc Libé a emboîté le contre-pas pro­posé par ces « espé­ran­tistes », sous la hou­lette de Jean-Claude Guiille­baud, membre de l’association sou­te­nue par un œcu­mé­nique comité ras­sem­blant entre autres… : Yann Arthus-Bertrand, Mau­rice Druon, Xavier Emma­nuelli
Nico­las Hulot, Denis Jeam­bar, Laurent Jof­frin, Domi­nique Lapierre, Hubert Reeves, etc. Le patron de Libé avait déjà exprimé son sou­hait d’un jour­na­lisme « posi­tif ». Pas­sage à l’acte samedi 29 dans l’entre-deux des fêtes, avec un ren­fort bien­venu alors que la rédac­tion est déplumée.

J’ai donc lu, ainsi d’ailleurs que les 23 réac­tions de lec­teurs – dans l’ensemble ravis de l’initiative. Oui, c’est bien de mon­trer que tout n’est pas pourri puisque des excep­tions existent… Mais deux aspects m’ont frappé. Qu’il s’agisse des roses de Jala­la­bad, du sel de Gui­née, des arbres du Sahel, des micro-crédits, des forêts sau­vées au Laos et au Cam­bodge, etc., dans tous les cas il s’agit d’une ini­tia­tive Nord »> Sud prise par un mes­sie euro­péen. Une fois de plus, nous sommes dans l’humanitaire au sens « bonnes œuvres char­gées de bonnes intentions ».

L’autre aspect tient au fait que dans tous les cas éga­le­ment il s’agit d’ini­tia­tives indi­vi­duelles avec, au départ, l’histoire d’un homme ou plus rare­ment d’une femme. Au point que les papiers sont tous iden­ti­que­ment struc­tu­rés : un pro­blème, une situa­tion »> un homme, une solution.

Mais alors, si les solu­tions (indi­vi­duelles) ne manquent pas, pour­quoi le monde continue-t-il à aller de mal en pis ?

Le ques­tion­ne­ment peut paraître dur : sommes-nous dans ces his­toires – louables à pre­mière vue – dans un schéma fon­ciè­re­ment autre que celui de l’Arche de Zoé ? – inten­tions a priori esti­mables, com­por­te­ments irres­pon­sables et incon­sé­quents. La dif­fé­rence tient en l’occurrence dans le résul­tat appa­rent – dans le spec­tacle du résultat.

Cette atti­tude n’est-elle pas symp­to­ma­tique de notre monde et de son désar­roi poli­tique autant que géné­ral ? Ce monde auquel on tend désor­mais, de plus en plus, à pro­po­ser des actes et des solu­tions indi­vi­duels – puisque c’en est fini des idéaux, sinon de l’Histoire… À la soli­da­rité humaine, sub­sti­tuons les actions huma­ni­taires, indi­vi­duelles et spec­ta­cu­laires, héroïques et tech­niques. Ce qu’un inter­naute, cité ici , dénonce dans ce qu’il appelle l’effet Bande de Gaza : Sur­tout ne rien faire qui soit une solu­tion de fond. Ou encore l’effet Table rase : Éli­mi­ner les acquis sociaux ou les tra­di­tions de soli­da­rité, en uti­li­sant avec oppor­tu­nisme tous les thèmes de pro­pa­gande pos­sible, (voire en exploi­tant ou pro­vo­cant des catas­trophes — finan­cières, détour­ne­ment des bud­gets de la sécu en France — natu­relles — vio­lences inté­rieures — guerres).

Au fond, n’y a-t-il pas dans cette condes­cen­dance de supé­rio­rité un vrai racisme à base d’une sorte de pos­tu­lat latent, par­fois exprimé, selon lequel « ils ne sont pas capables de s’en sor­tir sans nous » ? Au nom de quoi on conti­nue de faire à la place des inté­res­sés, les­quels en effet laissent faire. Puisqu’il n’y a rien d’autre à faire…

S’il s’agit, selon Jean-Claude Guille­baud dans son édito, de « résis­ter à une forme d’hémiplégie jour­na­lis­tique », ce numéro de Libé rate son coup en tom­bant dans l’inversion ten­dance « fleur bleue ». Y aurait-il donc deux jour­na­lismes oppo­sés, l’un sombre et l’autre éclai­rant ? Ou bien une seule néces­sité impé­rieuse, celle de mon­trer – tou­jours – la com­plexité du monde, entre le pire et le meilleur ?

Les « solu­tions » de Libé, tant pis, elles res­semblent à la pub et au slo­gan banane balancé de la une à la der par… Suez : « Vous allez aimer 2008 ». Voilà bien là des créatifs-positifs pour clai­ron­ner une année qui s’annonce… comme une autre.


Comment anesthésier une nation — Techniques de manipulation des masses, par “Jo”

Ce texte émane donc d’un cer­tain « Jo »; il en a dis­cré­te­ment posé le lien sur un com­men­taire concer­nant mon papier « Ni pape, ni omni-Sarko : vive l’esprit cri­tique ! ». Cette liste me paraît des plus clair­voyantes. Elle sonne comme un mani­feste – que j’appellerai « le mani­feste de Jo », en sou­hai­tant que son auteur se… mani­feste aussi…

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Cette liste a été éla­bo­rée à par­tir d’événements obser­vés, et d’analyses publiées ça et là sur Inter­net. Son objec­tif : faire mieux com­prendre les tech­niques de mani­pu­la­tion des masses uti­li­sées actuel­le­ment en France et de par le monde, afin de sor­tir de l’impasse dans laquelle essaient de nous enfer­mer ceux qui se prennent pour l’élite mon­diale. Mal­hon­nê­teté, hypo­cri­sie et men­songe sous toutes les fomres pos­sibles. Tout enri­chis­se­ment ou pré­ci­sion sur ce texte est bienvenue.

Effet Vitesse

Ça a l’air d’un gag, mais non ! Aller plus vite dans les actions que la pos­si­bi­lité de réac­tion des intel­lec­tuels, c’est dans doc­trine de Karl Rove, conseiller de GW Bush.

Effet Table rase

Eli­mi­ner les acquis sociaux ou les tra­di­tions de soli­da­rité, en uti­li­sant avec oppor­tu­nisme tous les thèmes de pro­pa­gande pos­sible, (voire en exploi­tant ou pro­vo­cant des catas­trophes — finan­cières, détour­ne­ment des bud­gets de la sécu en France — natu­relles — voi­lences inté­rieures — guerres).
Enle­ver les bud­gets des sciences sociales… dan­ge­reuses.
Semer la confu­sion dans les repères his­to­riques en se récla­mant de cou­rants anta­go­nistes (Jau­rès, lettre de Guy Môquet, etc.).
La sys­té­ma­ti­sa­tion mon­diale de l’effet table rase par les néo-cons a été lar­ge­ment décrite par Naomi Klein.
Il per­met la mise en place de poli­tiques ultra-libérales et d’états poli­ciers, où la loi du mar­ché, loin d’être libre est sys­té­ma­ti­que­ment détour­née par des lois pilo­tées par les lobbies.

Effet Ecran total

Contrô­ler la presse et l’occuper avec des sujets émo­tio­nel­le­ment forts afin d’éviter que les sujets de fond émergent (Traité Euro­péen, Code du tra­vail, réforme de la consti­tu­tion, éro­sion des liber­tés, par­ti­ci­pa­tion de la France aux guerres en cours, pro­gramme de mis­siles nucléaires balis­tique fran­cais…)
Déve­lop­per le culte de la per­son­na­lité en fai­sant atten­tion à ne mon­trer que d’évidentes qua­li­tés et être l’homme de toutes les situa­tions.
Emou­voir les foules avec ses mal­heurs.
La dis­tri­bu­tion de jour­naux gra­tuits que la foule lit et qui dis­til­lent une pen­sée unique accen­tue cet effet.

Effet Déma­go­cra­tie

Faire dis­pa­raître pro­gres­si­ve­ment la démo­cra­tie, en élu­dant les choix fon­da­men­taux (pas de consul­ta­tion élec­to­rale), en éli­mi­nant les par­tis génants pour les gros inté­rêts (asphyxie du Modem), en rédui­sant le choix à deux alter­na­tives qui se dis­tinguent peu, en rédui­sant la liberté d’expression (pres­sions, lois etc.), en rame­nant les débats à des phé­no­mènes à sen­sa­tion.
Brouiller les pistes en rame­nant les oppor­tu­nistes de l’ancien camp adverse.
La démo­cra­tie ne per­met­tra jamais à l’ultra-libéralisme de se géné­ra­li­ser. C’est le constat de l’école éco­no­mique de Chicago.

Effet Ego

Décul­pa­bi­li­ser l’égoisme et l’élever au rang de valeur, c’est la meilleure arme contre la soli­da­rité.
La réus­site per­son­nelle c’est pour tout le monde (mais en réa­lité il y aura peu d’élus et ils le sont déjà).
Mon­trer l’exemple sans complexes …

Effet Attaques personnelles

De nom­breux cas de menaces directes de per­sonnes ont été rela­tés.
Dis­cré­di­ter les concur­rents sur le plan per­son­nel en les mouillant dans des affaires louches (Clearstream)

Effet Bande de Gaza

Sur­tout ne rien faire qui soit une solu­tion de fond et pas seule­ment répress­sive au pro­blème des ban­lieues. Au contraire cou­per les vivres.
On a besoin de ces zones de non droit pour jus­ti­fier la poli­tique répressive.

Effet Com­pli­ca­tion

Pro­po­ser des textes trop com­plexes pour être appré­hen­dés par le com­mun des mor­tels (Traité Euro­péen, Code du tra­vail, révi­sion consti­ti­tio­nelle, …), en les pré­sen­tant comme des textes sim­pli­fiés.
Faire croire que c’est dans l’intérêt géné­ral alors que les modi­fi­ca­tions pro­fitent mas­si­ve­ment aux classes pri­vi­lé­giées ou aux gros inté­rêts multi-nationaux.
Se débrouiller pour que les situa­tions soient suf­fi­sam­ment com­plexes pour que les per­sonnes ne sachent pas iden­ti­fier la cause réelle de leurs pro­blèmes et gardent la tête sous l’eau.

Effet Iden­tité

Encou­ra­ger les cou­rants cor­po­ra­tistes ou iden­ti­taires (géo­gra­phiques, reli­gieux, eth­niques, médi­caux, etc.) de façon à saper la soli­da­rité glo­bale.
Pré­fé­rer le cas par cas aux solu­tions générales.

Effet QI bas

Il faut arrê­ter de réflé­chir. Le gou­ver­ne­ment vous l’a dit maintes fois par la voix de ses ministres !
Les intel­lec­tuels sont les mau­vais fran­çais (dis­cours Sar­kozy aux US).
Par ailleurs en avan­cant caché, NS peut pré­tendre avoir une stra­té­gie simple.

Effet Bouc émissaire

Si il y a un pro­blème c’est qu’il y a un vilain qui a abusé de la situa­tion (enten­dez parmi nous, pas parmi ceux qui orga­nisent et pro­fitent).
Et comme c’est ni vous ni moi, faire accep­ter que c’est tota­le­ment inad­mis­sible, bien sûr.
En attan­dant c’est vous et moi qui allons payer.

Effet Vic­time

Honte à celui qui cri­tique alors que l’action bat son plein pour résoudre les pro­blèmes.
De plus il faut tous les moyens pour agir (éro­der la sépa­ra­tion des pou­voirs, législatif-exécutif).

Effet Accu­sa­teur

Celui qui accuse en pre­mier c’est le jus­ti­cier.
Et c’est tel­le­ment confor­table et effi­cace d’accuser les autres de ce que l’on ne veut pas mon­trer de soi : injus­tice, étran­ger, poblemes psy­cho­lo­giques, pro­fi­teurs, racailles, voyous etc.

Effet tous coupables

Culpa­bi­li­ser les citoyens sur la pol­lu­tion… la santé… etc.

Effet Jus­tice

Bran­dir la jus­tice pour mieux la désos­ser, en fai­sant oublier que la jus­tice ne peut pas exis­ter si il n’y a pas une base de soli­da­rité sociale.
La jus­tice dans une socité basi­que­ment injuste n’est qu’un simulacre.

Effet Inver­sion

Inver­ser les juge­ments. Si on prend un peu aux miliar­daires c’est une injus­tice. Si on prend aux autres c’est par­ceque le voi­sin a abusé et c’est normal.

Effet oui-non

C’est oui ou c’est non. Prendre posi­tion sur tout, même les sujets mal posés (il suf­fit de poser les sujets de façon par­tielle ou incom­plète) et si vous n’êtes pas d’accord, sor­tez.
Les réflexions médianes sont exclues, ce qui crée d’office les cou­rants extrémistes.

Effet peur et sécurité

C’est celui qui est le plus évident. Sur la vague du 9/11, ins­tal­ler des camé­ras par­tout, contrô­ler les com­mu­ni­ca­tions sur Inter­net, géné­ra­li­ser les fichages ADN, enle­ver le poids légal de la pré­somp­tion d’innocence (sauf pour ceux qui gou­vernent bien sûr) etc.
Atten­tion aux nou­velles tech­no­lo­gies tra­ceuses (puces RFID, Win­dows Vista, DRM, etc.). Atten­tion aussi aux nou­veaux risques d’attentats (L’Europe est offi­ciel­le­ment la nou­velle cible du soi-disant Ben Laden)

Effet force

Ren­for­cer la force bru­tale de répres­sion (flash ball, taser, drones en pré­pa­ra­tion, etc.).
Le bon citoyen doit être obéis­sant comme un mou­ton.
Ren­for­cer la capa­cité répres­sive des lois (réci­dive, peines plan­cher, etc.) en géné­ra­li­sant ce qui est d’abord obtenu sur des cas qui sou­lèvent l’indignation facile des foules (pré­vé­le­ment ADN d’abord pour les délin­quants sexuels, puis tous les délits.… sauf les délits finan­ciers).
Dans l’ombre par contre, avance une poli­tique de dépé­na­li­sa­tion des délits du patro­nat ou de la finance.

Effet scien­tisme

Les fausses sciences sim­plistes ont l’attrait du public, et elles peuvent per­mettre de défendre les thèses les plus inac­cep­tables et ouvrir la porte aux dérives.
Les ten­ta­tives de mélange de la jus­tice à la méde­cine (recherche d’hérédité des com­por­te­ments délin­quants par l’ADN, juge­ment des fous, …) vont dans ce sens.
Cette méthode a déjà été uti­li­sée avec suc­cès par d’autres régimes totalitaires.

Effet va t’en guerre

Dési­gner un ennemi, l’Iran, de façon à pré­pa­rer la guerre, qui est un des meilleurs moyens d’appliquer des lois liber­ti­cides et de mas­quer les faillites économiques.

Effet Som­meil

C’est l’ingrédient de base, néces­saire pour faire fonc­tion­ner l’ensemble. L’individu noyé par tous les pro­cé­dés pré­cé­dents est abreuvé par le matra­quage de la publi­cité et la fas­ci­na­tion de la consom­ma­tion, les jeux, les grandes mani­fes­ta­tions spor­tives, les pages Inter­net ineptes …
C’est l’effet qui per­met aux autres de fonc­tion­ner, c’est donc par là qu’il faut réagir en urgence. Voir la peur pour sor­tir des cau­che­mars pro­gram­més, et affir­mer la vie et la liberté, en échan­geant, par­ta­geant, aimant…

Toute res­sem­blance de cette liste avec des tech­niques de mani­pu­la­tion sec­taires est pure­ment for­tuite (vous croyez?).
Mélan­gez toutes ces tech­niques avec oppor­tu­nisme, et on a tous les ingré­dients d’une gué­rilla accé­lé­rée contre la démo­cra­tie, la liberté et la soli­da­rité. Le plan glo­bal n’est jamais dévoilé mais appa­raît en fili­grane : c’est l’anéantissement des notions de jus­tice et de soli­da­rité, l’asservissement total à l’argent et le ver­rouillage défi­ni­tif de l’élite qui pos­sède d’ores et déjà la pla­nète, dans un contexte d’urgence dû à l’amenuisement des res­sources glo­bales. Cette poli­tique va conduire à des extrémismes.



Moi, Éric Breteau, pompier tout-terrain de l’Humanitaire

A plus d’un titre, l’Afrique est un conti­nent idéal, voire para­di­siaque… Du moins pour les paveurs de bonnes inten­tions, ces tra­ceurs de routes qui croient fuir l’Enfer. L’Arche de Zoé en est le véhi­cule type, modèle 4x4 en l’occurrence, qu’on croise ou qui vous double sur les pistes afri­caines, à toute allure de pré­fé­rence, prio­rité à la Bien­fai­sance débou­lant du Nord, gyro­phare bleu de l’Ingérence magis­trale, magni­fi­cence du Che­va­lier Blanc. Il n’y a qu’à fon­cer, la route est droite, celle du bon Droit, celle qu’on trace, rec­ti­ligne et pure comme ses appa­rentes intentions.

Faire le bon­heur des autres, à leur place, sans leur deman­der quoi que ce soit, juste pour « faire le Bien ». Sans se deman­der quoi que ce soit, ni ques­tion­ner ses inten­tions pro­fondes, ses désirs troubles d’une éven­tuelle Rédemp­tion, de réser­ver sa place « là-haut » en rache­tant ses fautes, en payant une culpa­bi­lité pesante… Et en voi­ture l’Arche de Zoé !– car sans nous le Déluge.

Moi, Éric Bre­teau, pom­pier tout-terrain navi­guant vers l’Humanitaire, ex-représentant en maté­riel de bureau, sapeur volon­taire à Argen­teuil, dévoue­ment, urgence, soli­da­rité, cama­ra­de­rie. Plus la pas­sion du 4x4 et donc un com­bat à mener contre les éco­lo­gistes. Il monte une fédé­ra­tion natio­nale regrou­pant les petits clubs de «quatre-quatreux» épar­pillés. L’humanitaire se pointe bien­tôt avec l’organisation de voyages dans le tiers-monde et autres mis­sions en faveur des indi­gènes. Le volet huma­ni­taire, ça te rend tout de suite le « raid-aventure 4x4 » plus pré­sen­table. On va faire jou­jou dans le bac à sable afri­cain, oui mais c’est « pour l’humanitaire ». Ah bon ! L’argument sonne bien sur les cata­logues des tour-opérateurs, ça plaît.

Ainsi che­mine Éric Bre­teau, au fond comme un brave type et comme de nom­breux sem­blables tra­ver­sés par des élans, s’embarrassant peu de leurs contra­dic­tions. Que trou­ver à redire d’un VRP non rési­gné à la vie ordi­naire, dési­reux de faire le Bien, pas­sant à l’acte ?

Il che­mine donc et, en 2002, lance le pro­gramme « SOS 4x4 ». Pre­mières armes lors des inon­da­tions dans le Gard et de la marée noire en Gironde. Puis petites actions au Magh­reb, sous le nom de « Soli­da­rité 4x4 ».

Décembre 2004, tsu­nami en Asie du Sud-Est. Éric Bre­teau part pour l’Indonésie avec des membres de sa fédé­ra­tion. Plu­sieurs mis­sions, ren­contre avec Émi­lie Lelouch, jeune ambu­lan­cière huma­ni­taire, artiste de cirque et orga­ni­sa­trice de tournées.

2007, l’Asie « paie » moins. La cote qui monte, c’est celle du Dar­four. On y parle même de géno­cide. Quoi de plus Beau, Grand, Noble qu’une Cause arri­mée à l’Enfer Géno­ci­daire ? D’ailleurs de grands impré­ca­teurs y ont œuvré : les Kouch­ner et BHL pour ne pas les citer (pour une fois !)…

La suite, on connaît. Jusqu’à ce jour et (hier) le tré­pi­gne­ment des condam­nés de N’Djaména exi­geant – grève de la soif – un immé­diat « retour à la mai­son » ! Des che­va­liers plus dignes, même don­qui­chot­tesques, auraient mani­festé quelque noblesse ; auraient sur­tout exprimé des regrets, fait amende hono­rable, pré­senté des excuses, sinon une repen­tance. Ça se fait, tout de même, d’avouer ses fautes, ses incom­pé­tences, ses incon­sé­quences, sur­tout lorsqu’on cherche sa place au Paradis !

Non. N’avaient-ils pas avec eux, en eux, le Droit ? Celui de l’Ingérence impé­riale, comme un dogme dan­ge­reux (pléo­nasme), aveugle, égo et eth­no­cen­tré. Un dogme dont la variante vul­gaire, beauf et néo­co­lo­niale n’est autre que le tel­le­ment «4x4» Paris-Dakar (départ la semaine pro­chaine), cette injure à la misère, ce déni éco­lo­gique, ce for­fait cultu­rel, et, par consé­quent, anti-humanitaire.

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Presse-Police-Justice. Quand Orange « oublie » de protéger ses sources et livre celles d’un journaliste

Un jour­na­liste du Télé­gramme de Brest, fort de son droit, avait refusé de livrer ses sources à la police judi­ciaire. Il s’agissait d’une affaire de meurtre impli­quant le « milieu » nan­tais et de l’enquête publiée en juin 2006. Qu’à cela ne tienne, l’opérateur de télé­phone se mon­tre­rait plus coopé­ra­tif, et car­ré­ment déla­teur, en livrant à la PJ le relevé des appels télé­pho­niques de son client et néan­moins journaliste !

Ce contour­ne­ment poli­cier de la loi semble inédit. Même si des échanges d’informations de ce type ont cou­ram­ment lieu dans des affaires pénales – ce qui ne sau­rait les dis­pen­ser de léga­lité –, cette pra­tique viole ouver­te­ment la loi, en par­ti­cu­lier l’article 109 du code de pro­cé­dure pénale sti­pu­lant la pro­tec­tion des sources des jour­na­listes. A part la manière, qui est ici ori­gi­nale, la pra­tique se répand en France à l’encontre des jour­na­listes, et tout par­ti­cu­liè­re­ment de la pro­tec­tion de leurs sources. Rap­pel :per­qui­si­tions dans les locaux du Point et de L’Equipe en jan­vier 2005, de France 3 Centre en juin 2006, de Midi libre en juillet 2006, ten­ta­tive de per­qui­si­tion au Canard enchaîné, cette année.

Plus direc­te­ment et plus gra­ve­ment encore, en décembre, le jour­na­liste auto­nome Guillaume Das­quié a été mis en exa­men pour com­pro­mis­sion du secret défense, après avoir été inter­pellé à son domi­cile et placé en garde à vue pen­dant qua­rante heures. Cette mesure fai­sait suite à une plainte de Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la défense, après la publi­ca­tion d’une enquête, dans Le Monde du 17 avril, sur les infor­ma­tions de la DST à pro­pos d’Al-Qaida et des atten­tats du 11 sep­tembre 2001.

La situa­tion de l’information en France est grave. Et, on le voit ici, pas seule­ment en termes de conni­vences diverses, sinon ordi­naires, met­tant en rela­tions « spé­ciales » gou­ver­nants et industriels-propriétaires de médias. C’est aussi l’ordre judi­ciaire qui se trouve impli­qué dans les pires dérives. Et le tout, comme l’a sou­li­gné Guillaume Das­quié dans les récits de sa garde à vue, le tout dans un style fort policé – c’est bien le mot ! –, dans des contextes et des décors « cleans », asep­ti­sés. Finis, les coups de bot­tin sur la tête, vive la police scien­ti­fique et ses ins­pec­teurs pro­prets, sobres pen­dant le ser­vice, offrant à l’occasion du jus d’Orange à ses « invités »…

A ce pro­pos, il est avancé que les opé­ra­teurs de télé­phone mon­naient à bon prix le genre de ren­sei­gne­ments appré­ciés par la police… Un nou­veau mar­ché en quelque sorte.

Autre sujet d’inquiétude, concer­nant cette fois les rap­ports entre les jour­na­listes – en par­ti­cu­lier locaux, ceux de la presse régio­nale et dépar­te­men­tale – la gen­dar­me­rie et la police : ordre d’en don­ner le moins pos­sible à la presse, sauf excep­tions valo­ri­santes. Pour les petites affaires, pas la peine de gon­fler les sta­tis­tiques de la délin­quance. On appelle ça la culture du résultat…

» Lire l’article de pro­tes­ta­tion du Télé­gramme



L’Oscar du piano n’aura plus de prix

Ben oui : c’est tou­jours les meilleurs qui partent. Les autres aussi s’en vont, mais ça peut même faire plai­sir. Donc, Oscar Peter­son est mort. Le plan­ton de com’ de l’Elysée a versé la larme de fac­tion [Tan­dis que l’autre se pavane avec sa nou­velle acqui­si­tion. Dans le luxe à Louxor, ça leur va si bien.] Cau­sons jazz plu­tôt, ce qui n’a rien à voir.

Et, au fait, pour ajou­ter quoi à ce qui s’est déjà lar­ge­ment répandu en papiers et ondes de toutes fré­quences ? Mort un 23 décembre, nou­velle divul­guée le jour de Noël, une aubaine pour les rédac­tions étiques. Voyez Le Monde et sa une post-pipole, un peu à la manière d’un Oscar P. post-be bop… Ils ont fait don­ner Mar­mande, c’est bien le moins, mais avec un titre « ély­séen ». « Mort d’un vir­tuose »… C’est pas les bulles d’à côté qui leur ont monté au chou. Plu­tôt l’encens de la messe à Villiers-le-Bel.

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Qu’ajouter encore, sinon un sou­ve­nir de Mar­ciac. 14 août 97. Concert le soir au grand cha­pi­teau ; l’après-midi, «mas­ter class» pour les élèves jazz du col­lège. L’amphi est trop petit. Cohue paren­tale et jour­na­leuse. Oscar est venu avec son quar­tet, dont « NHOP », fameux contre­bas­siste– son presque homo­nyme à la mode danoise : Niels-Henning Oers­ted Peder­sen, mort en 2005. Peter­son au Stein­way, gamins en petits sou­liers. papas-mamans à fond les camé­scopes. La démo, quoi. Lui, un peu élé­phant dans le maga­sin de por­ce­laine. Pas vrai­ment pédago. Ben oui, pour jouer il faut jouer. Pour bien jouer, pareil et même plus. Alors il joue, quasi juvé­nile, impres­sionné comme le col­lé­gien flan­qué à sa droite sur la ban­quette. Il joue, sur­tout de la droite, depuis que la gauche s’est mise à traî­ner la patte, acci­dent de cer­veau. Ça rap­pelle la même his­toire, chez Horace Par­lan, autre pia­niste de haute volée, atta­qué par la gauche, sauvé par la droite – pas de poli­tique, svp !

Donc hier, j’ai cher­ché mes pho­tos d’alors, et même l’enregistrement son. Que dalle ! Ma fille m’a sauvé la mise en m’apportant, triom­phante, le pro­gramme cor­res­pon­dant de Jazz in Mar­ciac. En plus de suivre les concerts, elle chas­sait les auto­graphes en se fau­fi­lant dans les cou­lisses. Et voilà la marque de l’Oscar – sous celle de Guy Lafitte (mort aussi !), après celle de Ray Charles (mort itou !). Marine a une bien belle col­lec­tion de jazz­men. Mais, c’est bizarre, il y a de plus en plus de morts…

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• Pia­niste cana­dien, Oscar Peter­son est mort dimanche 23 décembre à Mis­sis­sauga, ban­lieue de Toronto, des suites de com­pli­ca­tions rénales, à l’âge de 82 ans.

 

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28/12/2007. Retrouvé tout de même dans mes archives, un de mes papiers dans Poli­tis du 16 août 1997, inti­tulé «  Mar­ciac. Le Jazz fac­teur de BNB  ». En voici la fin : « Quant au jazz, porté par ses propres pul­sions, sur la place du vil­lage comme dans les bœufs, il déborde à l’occasion de ses caté­go­ries, sans ostra­cisme. Le dixie a tou­jours la côte. Nor­mal, le jazz a com­mencé par là et un siècle l’a conduit vers d’autres galaxies. C’est sa grande force — entre autres — que d’exprimer la richesse des métis­sages, dont il est issu. Ima­gi­nons l’impossible : un «débat» Oscar Peterson-Le Pen, le tri­bun ailé du piano contre la brute épaisse. Ça m’a effleuré en l’entendant (le pre­mier !) l’autre soir sous le cha­pi­teau : six mille per­sonnes à l’écoute, au sens plein de ce mot qui s’abîme dans le sono­tone débran­ché de nos socié­tés sour­dingues. Six mille per­sonnes de tous les âges : y a-t-il musique qui ras­semble à ce point les géné­ra­tions ?  Pas la clas­sique, pas le rock ni le rap; celle de cer­tains chan­teurs peut-être. On l’a déjà dit ici, le jazz n’est pas tout, pas plus que la culture. S’ils ne réduisent pas à eux seuls la fameuse frac­ture sociale, ils peuvent y contri­buer en gon­flant comme un cœur la masse du BNB (Bon­heur natio­nal brut). »



Ni pape, ni omni-Sarko : vive l’esprit critique !

monde-221207.1198407942.jpgC’est lui qui le dit, qu’on – la Répu­blique = Lui – aurait besoin de croyants (Le Monde 22/12/2007). Bien sûr, pour croire au Père Noël (Lui). Pour croire aux bien­faits de sa poli­tique, pour ido­lâ­trer le Dieu Mar­ché et le Veau d’or, pour se pros­ter­ner devant les idoles du Libé­ra­lisme, pour deve­nir les adeptes de Sa nou­velle reli­gion du Plus-toujours Plus : plus de croyants indo­lents, prêts à gober ses tours de passe-passe, sa magie de paco­tille, ses minables numé­ros d’illusionniste fati­guant.
Ce qui manque le plus – « en vérité je vous le dis »… – dans ce bas monde, c’est bien l’esprit cri­tique, celui de la dis­tan­cia­tion et du doute métho­dique. Celui par lequel les ves­sies ne sont plus prises pour des lan­ternes. L’esprit, oui, mais celui des Lumières. Celui qui éclaire, contre les obs­cu­ran­tismes qui minent l’humanité pauvre au Pro­fit des Vati­can de tous ordres – c’est le mot – et de tous les inté­grismes : éco­no­miques, poli­tiques, reli­gieux. C’est l’esprit cri­tique qui, il y a plus de deux siècles, a désa­cra­lisé le pou­voir divin et la monar­chie, et mis au monde la Répu­blique démo­cra­tique – sans cesse recom­men­cée depuis.

En lieu de quoi, le « dis­cours de Latran » (plu­tôt écrit par Max Gallo que par Jean-Marie Bigard, tous deux du pèle­ri­nage), nous serine les vieilles lunes d’imprécateur : « L’intérêt de la Répu­blique, c’est qu’il y ait beau­coup d’hommes qui espèrent ». Ben voyons. Et croyons au ciel plu­tôt qu’au para­dis sur terre, c’est plus sûr – sur­tout pour « L’intérêt de la Répu­blique ». Quel inté­rêt ? Quelle Répu­blique ? On se paie les grands mots pour pas cher, et on espère que ça rap­porte gros. Cha­cun ses croyances et les vaches seront bien gardées.

Sur ce registre, ce matin dans le poste, j’entendais des mar­chands de « jouets tech­no­lo­giques», ces fameuses consoles à se pro­je­ter dans le vir­tuel – tou­jours ça de pris sur la sinistre réa­lité. L’un d’eux en bavait à la pieuse image des pro­fits déga­gés par le sec­teur : un dou­ble­ment tous les dix ans ! Noël, cette croyance païenne tota­le­ment mar­chan­di­fiée, ce moteur à crois­sance (qui tousse), quelle espé­rance pour­tant ! Et pas que pour les enfants ! Donc, ce VRP, à l’image du pré­sident, se frot­tait les mains en se réjouis­sant que ce marché-là se soit tant « démo­cra­tisé ». C’est l’exact mot qu’il a osé. Sans bar­gui­gner, le type a tout bon­ne­ment natu­ra­lisé le rap­pro­che­ment incon­gru et indé­cent entre « jouets tech­no­lo­giques » et « démocratie ».

C’est là que je vou­lais en venir : pour un ado attardé, pour un Mickey de Neuilly enivré de pou­voir, pour un accro du show et du biz, la Répu­blique peut bien n’être qu’un « jouet tech­no­lo­gique ».

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Jazz à Vitrolles. « Les musiciennes sont des musiciens comme les autres »

Ce titre-blague, pas ter­rible, soit, mais ter­rible quand même… Petit retour en arrière, samedi 15 décembre au Mou­lin à Jazz de Vitrolles. Soi­rée « filles » à peu de choses près, si on ose dire (deux musi­ciens mâles sur neuf). D’autant que l’homme est une musi­cienne comme les autres. On n’imagine même pas à quel point le mas­cu­lin domine. Enfin, domi­nait. Car, sauf pour la gram­maire et le genre qui l’emporte…


Voilà bien pour­quoi la blague s’avère ter­rible : on n’assiste pas de nos jours à un quel­conque équi­li­brage des genres, mais à un total ren­ver­se­ment des domi­nantes. Et Les voici, Elles, triom­phantes ou qua­si­ment – excep­tion faite des salaires, des postes-clé, donc de l’éco-social et de la poli­tique. Pas rien, direz-vous, et il est vrai.

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Le rêve puéril d’un Mickey de Neuilly

Une sorte de dégoût. Non, pas une sorte : un dégoût, un vrai. Sans l’ami Faber, « c’est pour dire » serait KO. Lui aussi, le Dédé a du mal, d’ailleurs, du bout de son crayon pour­tant bien affûté ; de la peine, le mot n’est pas trop fort. Comme si la souf­france du monde ne suf­fi­sait pas à ter­ras­ser ce qu’on nomme l’actualité. Non, elle s’en nour­rit, avide, gou­lue. Voilà donc le Spec­tacle, le Spec­tacle de tout et du « tout à l’ego » comme dit Régis Debray, la voilà cette obs­cé­nité du paraître et du pognon – le show­biz pour tout dire – por­tant l’injure à son sommet.

Des sans-logis sont jetés à la Seine – j’exagère à peine, voir Libé du jour et cette photo de Mar­tin Chou­tet, mili­tant des Don Qui­chotte, « tombé » à l’eau – tan­dis que la sar­ko­zie indé­cente se pavane là, en Dis­ney­land, arbo­rant sa der­nière emplette au maga­sin du pou­voir tré­pi­gnant. Ça me rap­pelle tel­le­ment la récente sor­tie du cher Alain Delon : “Un tableau, c’est comme une femme. Il me plaît, je le veux”. Capri­cieux vieux ados infou­tus de mûrir et déjà si blets. A en dou­ter des femmes, de celles-là plu­tôt, excuses aux autres, les belles du dedans autant que d’elles-mêmes, de celles que l’on croise en tout lieu, et aussi rue de la Banque, pas que les Carole, Josiane, Emma­nuelle. Mais aussi les Josette et les Fati­ma­tou, et toutes ces Mères Cou­rage, héroïnes modernes et anonymes.

Lui, déjà si petit en can­di­dat, qui avait pré­féré le Fouquet’s – on a le Pan­théon qu’on peut – pour y dis­per­ser au peuple catho­dique les paillettes d’une victoire-défaite. Puis ce yacht m’as-tu-vu pour une croi­sière de beauf. Puis ce pro­gramme de tour-operator dans le bush état­su­nien. Et aussi ce jog­ging — tee shirt — NYPD… Le rêve amé­ri­cain, hier bou­clé à Marne-la-Vallée, rêve pué­ril d’un Mickey de Neuilly, ce gosse de par­ve­nus, ce lèche-cul fai­sant copain-copain avec l’affreux Jojo de Libye.

À tout cela j’aimerais oppo­ser une sereine indif­fé­rence. Mais j’ai la gerbe ! S’il ne s’agissait que de cette éta­lage indigne… La liste s’allonge de jour en jour : tous ces chan­tiers de démo­li­tion sapant par le fond des siècles d’Histoire buri­née. « Plus de tabous ! », clame-t-il à tout va et dans son désir de déstruc­tu­ra­tion totale.

J’en devien­drais conser­va­teur face à cette démolition-là, à cette incul­ture, à ce déni de l’acquis. On aura tout dit d’eux : de Gaulle, Mit­ter­rand, Chi­rac même… Mais rien d’une telle bas­sesse, d’une telle vul­ga­rité. On n’a tout de même pas viré les aris­tos (il est vrai reve­nus par les fenêtres) pour méri­ter un tel affront ! Au secours, nos grands hommes et femmes d’alors et d’aujourd’hui ! Tant de figures à res­sus­ci­ter qui, pour­tant, ne dorment pas si loin, quand elles ne veillent pas en cha­cun de nous, du songe tou­jours vif de nos héros d’école. Jean Val­jean, dites, c’était pas Oncle Pic­sou ! Et Gavroche, pas rien qu’une «racaille » des faubourgs !

Non, pas morts, ces héros là. On en croise encore, même dans les séquences spec­ta­cu­laire du monde, même fil­trées dans les lucarnes ou sur la toile, face à Notre-Dame comme hier – salut Hugo –, ou au Guille­vi­nec l’autre fois, dans la gouaille d’un pêcheur. Comme du haut des barricades.

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Les 1.000 “petits reculs” massacrant le Code du travail

code-du-travail.1197498781.jpgPre­nez donc six minutes pour mesu­rer le coup de Jar­nac qui vient d’être porté en douce au Code du tra­vail. Gérard Filoche, lui-même ins­pec­teur du tra­vail et alter­mon­dia­liste bien connu, explique à Attac-92, sur Day­li­mo­tion, ce « meurtre légal »» qui vient d’être porté à une insi­tu­tion éla­bo­rée en quelque 130 ans. Ainsi se trouve remis en cause les droits les plus quo­ti­diens de 16 mil­lions de salariés.

Le pro­jet de loi va sans doute être voté au Par­le­ment ce lundi 11 décembre. Le texte a déjà été adopté par le Sénat en pre­mière lec­ture le 26 sep­tembre. Les dépu­tés n’ont pu l” »ache­ver« comme prévu, ce mer­credi 5 décembre, lors de l’examen en pre­mière lec­ture; aussi repasse-t-il aujourd’hui et sera ainsi rati­fié. Et cela dans la plus grande dis­cré­tion, notam­ment des médias dominants.

Pen­dant les tra­vaux, la démo­li­tion continue.

© andré faber


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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
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    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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