Une année qui com­mence par une guerre ! De quelle huma­nité sommes-​nous ? La crise, on peut s’en foutre après tout. Mais la guerre, Crise indé­pas­sable, mons­trueuse, bes­tiale, sau­vage. Une bar­ba­rie de plus dans la caco­pho­nie du monde. L’impuissance à agir condamne à crier, hur­ler, gueu­ler. Aux chiottes les argu­ties poli­ti­ciennes sur l’origine des conflits quand des vies tombent ! A mort la mort semée en habit de jus­ti­cier légi­time ! Mais 500 morts de côté, et un de l’autre, dites : de quoi s’agit-il. Un mas­sacre, un… pogrom ? Rien ne peut jus­ti­fier l’injustice suprême de la vio­lence meur­trière. Sur­tout venant d’Israël, pays des juifs mar­tyres. On vou­drait ne pas confondre peuple et diri­geants… Mais les Israé­liens, l’opinion va-​t-​en guerre des Israé­liens ne lave pas le déshon­neur – à quelques admi­rables excep­tions près, certes. Toute guerre ne peut que se dra­per dans le déshon­neur. La vio­lence est une défaite de l’intelligence. De toutes parts, elle frappe à l’aveugle, rend aveugle. A moins que ce ne soit la cécité qui la cause. Par­ler de paix en même temps confine à l’obscénité. Comme sont obs­cènes les chars, les avions, les bombes et toute cette tech­ni­cité de guerre. David s’habille en kaki, cou­leur du déses­poir, mélange sale de bleu, de jaune, de vert. Et de rouge-​sang sur­tout. David est devenu Goliath. Quelle inver­sion des sym­boles ! Ne pas pour autant confondre les Pales­ti­niens et ceux qui les ins­tru­men­ta­lisent au nom d’Allah et sur­tout de leur folie pareille­ment meur­trière. Mais dans l’urgence, face à une telle inéga­lité, com­ment ne pas prendre parti ? Voler au secours du plus faible, là au moment même où il affronte la mort : voilà qui balaie toute injus­ti­fiable alter­na­tive. Voilà la vraie ques­tion poli­tique, une ques­tion de vie ou de mort.