On n'est pas des moutons

Archive for avril, 2009

Mme Michu peut-elle attraper la grippe ?, demande La Provence

Le der­nier truc à la mode et à la con dans les médias, c’est le ques­tion­naire « de proxi­mité ». Les canards s’y sont mis, les télés aussi, telle France 2. Ques­tion­ne­ment binaire sur des sujets chauds. On vou­drait faire peuple, sinon « réfé­ren­dum d’initiative popu­laire », et ça culmine dans le démago-populo à la « Madame Michu ». Le pom­pon, dans le genre semble avoir été rem­porté haut la main par La Pro­vence – je dis « semble » car je n’ai pas fait le tour de France de la débi­lité jour­na­lis­tique. Voici l’objet en ques­tion, tel que paru sur le site du quo­ti­dien marseillais :

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On notera que le nombre de couillons ayant ici répondu n’est pas pré­cisé. Ce qui laisse espé­rer que les néga­tion­nistes sont peut-être moins que 4…, ceux-là mêmes ou leurs sem­blables qui, en 1986,  lors de l’explosion du réac­teur de Tcher­no­byl, avaient aussi pu croire que le nuage radio­ac­tif s’était arrêté à nos fron­tières. Si la laprovence.com veut bien nous ras­su­rer sur l’esprit cri­tique de ses lecteurs…



Fascisme ordinaire. « Monsieur Vadrot ? L’accès du Jardin des Plantes vous est interdit »

Jour­na­liste à Poli­tis et chargé de cours à Paris-VIII, Claude-Marie Vadrot, raconte l’inquiétante mésa­ven­ture qui vient de lui arri­ver ce 17 avril. Une his­toire qui rap­pelle un temps où l’on par­lait de « fas­cisme ordi­naire ». Au Jar­din des Plantes, dira-t-on, il est nor­mal que repoussent même les mau­vaises herbes.


« Je suis inquiet, très, très inquiet.. Ven­dredi der­nier,
à titre de soli­da­rité avec mes col­lègues ensei­gnants de l’Université de Paris 8 enga­gés, en tant que titu­laires et cher­cheurs de l’Éducation natio­nale, dans une oppo­si­tion dif­fi­cile à Valé­rie Pécresse, j’ai décidé de tenir mon cours sur la bio­di­ver­sité et l’origine de la pro­tec­tion des espèces et des espaces, que je donne habi­tuel­le­ment dans les locaux du dépar­te­ment de Géo­gra­phie (où j’enseigne depuis 20 ans), dans l’espace du Jar­din des Plantes (Muséum Natio­nal d’Histoire Natu­relle), là où fut inven­tée la pro­tec­tion de la nature. Une façon, avec ce «cours hors les murs», de faire décou­vrir ces lieux aux étu­diants et d’être soli­daire avec la grogne actuelle mais sans les péna­li­ser avant leurs partiels.

Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étu­diants, j’ai eu la sur­prise de me voir inter­pel­ler dès l’entrée fran­chie par le chef du ser­vice de sécu­rité? Tout en consta­tant que les deux portes du 36 rue Geof­froy Saint Hilaire étaient gar­dées par des vigiles.

– «Mon­sieur Vadrot ? ». — euh… oui — Je suis chargé de vous signi­fier que l’accès du Jar­din des Plantes vous est inter­dit. — Pour­quoi ?? — Je n’ai pas à vous don­ner d’explication.

– Pou­vez vous me remettre un papier me signi­fiant cette inter­dic­tion ?? — Non, les mani­fes­ta­tions sont inter­dites dans le Muséum — Il ne s’agit pas d’une mani­fes­ta­tion, mais d’un cours en plein air, sans la moindre pan­carte — C’est non.

Les étu­diants, qui se baladent déjà dans le jar­din, reviennent vers l’entrée, le lieu du rendez-vous. Le cours se fait donc, pen­dant une heure et demie, dans la rue, devant l’entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l’histoire du Muséum, l’histoire de la pro­tec­tion de la nature, sur Buf­fon. A la fin du cours, je demande à nou­veau à entrer pour effec­tuer une visite com­men­tée du jar­din. Nou­veau refus, seuls les étu­diants peuvent entrer, pas leur ensei­gnant. Ils entrent et, je décide de ten­ter ma chance par une autre grille, rue de Buf­fon, où je retrouve des membres du ser­vice de sécu­rité qui, pos­sé­dant mani­fes­te­ment mon signa­le­ment, comme les pre­miers, m’interdisent à nou­veau l’entrée.

Évi­dem­ment, je finis pas me fâcher et exige, sous peine de bous­cu­ler les vigiles, la pré­sence du direc­teur de la sur­veillance du Jar­din des Plantes. Comme le scan­dale menace il finit par arri­ver. D’abord par­fai­te­ment mépri­sant, il finit pas me réci­ter mon CV et le contenu de mon blog. Cela com­mence à res­sem­bler à un pro­cès poli­tique, avec des­crip­tions de mes opi­nions, faits et gestes. D’autres ensei­gnants du dépar­te­ment de Géo­gra­phie, dont le direc­teur Oli­vier Archam­beau, pré­sident du Club des Explo­ra­teurs, Alain Bué et Chris­tian Weiss, insistent et menacent d’un scan­dale. Le direc­teur de la Sur­veillance, qui me dit agir au nom du Direc­teur du Muséum (où je pen­sais être hono­ra­ble­ment connu), com­men­çant sans doute à dis­cer­ner le ridi­cule de sa situa­tion, finit par nous faire une pro­po­si­tion incroyable, du genre de celle que j’ai pu entendre autre­fois, comme jour­na­liste, en Union sovié­tique: — Écou­tez, si vous me pro­met­tez de ne pas par­ler de poli­tique à vos étu­diants et aux autres pro­fes­seurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étu­diants.. Je pro­mets et évi­dem­ment ne tien­drai pas cette pro­messe, tant le pro­pos est absurde. J’entre donc avec l’horrible cer­ti­tude que, d’ordre du direc­teur et pro­ba­ble­ment du minis­tère de l’Éducation natio­nale, je viens de faire l’objet d’une «inter­dic­tion poli­tique». Pour la pre­mière fois de mon exis­tence, en France.

Je n’ai réa­lisé que plus tard, après la fin de la visite se ter­mi­nant au laby­rinthe du Jar­din des Plantes, à quel point cet inci­dent était «extra­or­di­naire » et révé­la­teur d’un glis­se­ment angois­sant de notre société. Rétros­pec­ti­ve­ment, j’ai eu peur, très peur. »



Sarkozy, Glucksmann, Kouchner, BHL. Indécentes embrassades

Pour­sui­vant en ce dimanche ma revue de presse, je suis aussi tombé – c’est bien le mot – là-dessus [Le Monde, 17/4/09] :

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Recon­nais­sons que le tableau est tout de même excep­tion­nel dans son hor­reur.  Mais les bras ne m’en sont quand même pas tom­bés. Avec le temps, on finit par se blin­der. Et puis, on est bien dans l’ordre « des choses », c’est-à-dire de ces choses-là qui marquent tou­jours les dif­fé­rences, majeures, quasi inex­pli­cables, voire onto­lo­giques – si je ne crai­gnais le gros mot, tant pis –, entre la droite et la gauche, et même plu­tôt entre la droi­ture et le reste, tout englué de renie­ments, de lâche­tés, d’opportunismes, d’arrivismes divers. De droite et de gauche.

Or, il se trouve qu’hier matin, j’écoutais comme sou­vent le samedi, sur France Culture, l’émission Répliques. Oui, ani­mée par Alain Fin­kiel­kraut. Ce n’est pas tant le per­son­nage qui m’attire, que non ! Ni la pos­ture, si sou­vent suf­fi­sante, ni ses obses­sions fon­ciè­re­ment conser­va­trices (déjà évo­quées ici). Mais je lui recon­nais une faculté, celle du ques­tion­ne­ment déran­geant, qui amène à réflé­chir et par là-même à pen­ser… Excellent pour les boyaux du cerveau.

Or hier, le Fin­kiel­kraut, a eu le tou­pet de consa­crer son émis­sion à George Orwell, sur le concept de « décence ordi­naire ». L’auteur de La Ferme des ani­maux (et de 1984, bien sûr, entre autres) enten­dait par là cette sorte de « sens moral inné » qui incite les gens simples à agir avec droi­ture. Ce qui d’ailleurs n’exclut pas la rési­gna­tion des mêmes. D’où le ques­tion­ne­ment d’Orwell sur la por­tée poli­tique de cette « com­mon decency » à laquelle il oppose – et là, je cite Bruce Bégout, un des deux invi­tés de l’émission, auteur pré­ci­sé­ment de « De la décence ordi­naire » (Allia, 2008) : « […] l’indécence extra­or­di­naire des intel­lec­tuels qui s’affilient au pou­voir et les dérives d’un socia­lisme coupé du quo­ti­dien. » Sui­vez mon regard. Il ne s’agirait pas pour autant de tom­ber cette fois dans le tra­vers d’un mani­chéisme tou­jours vivace et aux aguets avec cette idéo­lo­gie de wes­tern, très reli­gieuse et sur­tout inté­griste, entre les bons et les méchants, les purs et les pour­ris. On connaît. Bégout nous incite à la finesse, d’ailleurs toute orwel­lienne, quand il ajoute: « Disons-le clai­re­ment : ce n’est pas par simple inté­rêt que l’homme ordi­naire répugne à faire le mal (l’éthique ne relève pas d’un cal­cul), mais parce qu’il a en lui cer­taines dis­po­si­tions morales qui l’incitent à prendre soin spon­ta­né­ment de ses sem­blables. »

« Prendre soin de ses sem­blables », une idée vieille comme l’humanité, qui sonne pour­tant comme une bizar­re­rie, une idée que le triomphe tech­ni­cien et finan­cier avaient pu, jusqu’à hier, nous faire ava­ler comme défi­ni­ti­ve­ment rin­garde ! Com­ment pourrait-on « recons­truire », sinon à l’identique et avec rebe­lote de Crise, une société qui ne tienne pas plei­ne­ment compte de cet impé­ra­tif caté­go­rique : prendre soin de l’humain ! Ce qui ne sau­rait se réduire à injec­ter de l’« éthique », de la morale et je ne sais quelle potion entour­lou­pante, dans ce capi­ta­lisme qui, s’il n’est pas tou­jours immo­ral, demeure par essence et par néces­sité amoral.

C’est là que je revois une séquence d’un film de Pierre Carles (mes excuses, j’ai oublié lequel) : ça se passe lors d’un conclave du Medef. Arrive, triom­phal, le patron de l’Union des indus­tries métal­lur­giques et minières, Denis Gautier-Sauvagnac (c’était avant sa mise en exa­men pour le scan­dale des 5,64 mil­lions d’euros éva­po­rés des caisses de l’UIMM). Carles le rat­trape avec micro et caméra et lui demande à la volée : « Le capi­ta­lisme est-il moral ? ». Et l’autre, tout rigo­lard : « Oui, oui, le capi­ta­lisme est moral ! Aucun doute ! Il faut sim­ple­ment qu’il soit orga­nisé ! » On a vu ce qu’il faut entendre par « organisation ».

On est donc bien là, de plain pied, dans l’Indécence majus­cule. Au point qu’un de Vil­le­pin – oui : d’où parle-t-il, d’où vient-il donc, ce Domi­nique Marie Fran­çois René Galou­zeau de Vil­le­pin ? – s’en inquiète et met en garde contre « un risque révo­lu­tion­naire » ! [entre­tien au Pari­sien]. Au moins comprend-il (dans quels but avouables ?, c’est une autre his­toire) à quel point la confu­sion est aujourd’hui deve­nue telle dans l’entre­prise mon­dia­li­sée, telle et aussi ouver­te­ment visible, éta­lée sous notre nez comme une pou­fiasse indécente.

Cette indé­cence majeure comme tout et par­tie d’un mul­ti­tude d’indécences « ordi­naires ». Ici un Sau­va­gnac qui tape dans la caisse, et com­bien d’autres depuis et tou­jours, sur tous les conti­nents ! Là, une petite sau­te­rie entre un pré­sident indé­cent et ses amis de même, venus à la soupe, en lèche-culs : un auteur de « monu­men­tal article », un ministre d’étranges affaires, un « phi­lo­sophe », je me marre, tous rené­gats à leur manière, y com­pris jusque dans l’indécence odieuse de la mise en spec­tacle – peut-être la pire, tout étant alors lié. Et tous ces Judas de s’embrasser, ces séna­teurs romains déca­dents sous les ors de la répu­blique qui les « honore », brave fille. Conne, oui !

Je m’énerve. Car, oui Orwell, il y a bien le mys­tère de la rési­gna­tion du peuple, mêlé à celui des cycles des révoltes, des révo­lu­tions – évo­lu­tions et régres­sions alter­nées. L’Histoire en tremble sans cesse. Entre la peur et l’espérance, les « gens ordi­naires » sont aussi des pau­més, pris en tenaille entre désirs et rési­gna­tion, en proie aux vau­tours qu’à l’occasion ils nour­rissent, adulent… puis rejettent et par­fois décapitent.

La force d’Orwell, ce qui a tant nourri ses réflexions, tient en par­ti­cu­lier à cette force même de son expé­rience ; autre­ment dit à sa vie de repor­ter et d’écrivain engagé. Loin de la ter­rasse du Flore ou de la Clo­se­rie des Lilas, on pou­vait le croi­ser dans les Bri­gades inter­na­tio­nales, com­bat­tant le fas­cisme fran­quiste comme il s’est élevé ensuite contre tous ces « meilleurs des mondes » pré­ten­dant faire éclore l’« homme nou­veau » dans de mons­trueuses cou­veuses. 1984, c’est déjà 25 ans en arrière mais tou­jours actuel : Cuba, entre autres dictatures.

La décence ordi­naire d’Orwell, c’est tout sim­ple­ment la décence de l’humanité et de ses valeurs soli­daires ; exac­te­ment à l’opposé de l’indécente richesse por­teuse d’injustice, de souf­frances, de mort.

PS. Ben quoi, il n’est pas bien mon ser­mon ? Et alors, qu’est-ce qu’on fait ?
PS 2. Rien à voir, mais si, jus­te­ment et à pro­pos d’indécence : la musi­quette de Ségo­lène Royal sous forme de ren­gaines à base de « par­don » et autres contri­tions démago, basta ! Elle se prend pour une ambas­sade ambu­lante et, à ce titre auto­pro­clamé, dans l’antichambre de l’Élysée. Ambas­sa­drice du cha­bi­chou, c’est déjà beau­coup.
PS 3. « PS » veut ici dire « post scriptum ».


Les journalistes selon Sarkozy : « des nullards », « des bandits », « leur cracher à la gueule » !

J’ai attendu ce dimanche, à l’heure de la messe, pour finir ma lec­ture du Canard de mer­credi. D’où, avec quelque retard, cette perle en forme de cita­tion, rap­por­tée par le bandit-palmipède, en géné­ral pas man­chot de la plume :

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L’hyperprésident se laisse aller dans sa géné­ra­li­sa­tion qui exclut toute la cohorte de ses cire-pompes. Cohorte est certes exa­géré. De même s’agissant du qua­li­fi­ca­tif d’ « hyper­pré­sident ».  La une du der­nier Cour­rier inter­na­tional semble à cet égard mali­gne­ment per­fide. Voyez-vous même ce que sous-entendent ces bandits-là :

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Mort de la Scop du Courrier picard

Le Cour­rier picard vit ses der­niers jours en tant que Scop, société coopé­ra­tive ouvrière de pro­duc­tion. Ainsi en ont décidé lundi 87.4% des 167 salariés-sociétaires, soit 146 qui ont voté contre la reca­pi­ta­li­sa­tion de la Scop et pour la recherche de repreneurs.

La Voix du Nord a aus­si­tôt fait savoir qu’elle était prête à accroître sa par­ti­ci­pa­tion dans le capi­tal du Cour­rier, deve­nant ainsi, selon le com­mu­ni­qué de sa direc­tion, « un par­te­naire assez natu­rel à la reprise ». Arguant de son propre endet­te­ment, le quo­ti­dien lil­lois annonce tou­te­fois la cou­leur : une telle reprise ne sau­rait se réa­li­ser sans que le Cour­rier se réor­ga­nise et réduise « signi­fi­ca­ti­ve­ment ses coûts de production ».

Le groupe Her­sant figure aussi parmi les repre­neurs possibles.

Le quo­ti­dien d’Amiens, avec sa cen­taine de jour­na­listes, demeu­rait la der­nière Scop de presse, après celle de L’Yonne répu­bli­caine,  quo­ti­dien d’Auxerre repris l’an der­nier par La Mon­tagne (Clermont-Ferrand).


Sarkozy ose débarquer à Venelles demain ! (avec combien de divisions blindées ?)

Il fait comme si je l’avais invité. Mon démenti est caté­go­rique : Sar­kozy ose venir à Venelles à l’insu de mon plein gré. Je parie­rais que son pas­sage (éclair comme dab, et tant mieux !) a été machiné par son ado­ra­teur local, le maire de Venelles, UMP ten­dance Made­lin, si ça veut encore dire quelque chose. C’est pour vous situer l’artiste, bien à droite de droite, qui dit « aimer les Afri­cains », sur­tout quand il va faire du tou­risme en 4x4 au Séné­gal. Tan­dis que Gitans et manouches  n’ont pas le droit de séjour à Venelles.

Cette com­mune de 7.500 habi­tants – enfin sa muni­ci­pa­lité de second man­dat – se dis­tingue aussi pour avoir décidé d’équiper sa police des fameux pis­to­lets Taser. Car cette cité bour­geoise au nord d’Aix connaît un niveau de délin­quance proche de zéro. Mais on n’est jamais assez pré­voyant dans ce domaine.

On n’en dira pas autant pour ce qui est de la pré­voyance sociale puisque le maire se vante de ne pas appli­quer la loi dite SRU obli­geant les com­munes à construire sur son ter­ri­toire 20% de loge­ments sociaux. Eh bien à Venelles, braves gens, ce taux atteint 3,8 % !  Il se trouve même en des­sous de celui de… Neuilly-sur-Seine – dont l’ancien maire et ci-devant pré­sident de la Répu­blique se trou­vera donc demain en pays fami­lier, accueilli par un zélé disciple.

Pro­gramme annoncé, sauf imprévu : Pre­mière sta­tion, à Aix, chez Super­so­nic Ima­gine, une entre­prise « modèle », spé­cia­li­sée dans l’imagerie médicale.

Deuxième sta­tion au Parc des sports de Venelles pour une table ronde avec les chefs d’entreprise et les acteurs locaux. Der­nière sta­tion pos­sible auprès des mili­tants UMP, à Bouc-Bel-Air.

Et com­bien de divi­sions de CRS, gen­darmes mobiles, héli­co­ptères, blin­dés, lance-missiles ?

img_0659.1239027798.JPG• Post scrip­tum. C’est d’un farce : mobi­li­sa­tion géné­rale des ser­vices muni­ci­paux ! Tout le monde sur le pont, et que je t’astique et que ce soit nickel ! : routes gou­dron­nées à neuf, signa­li­sa­tion au sol, trot­toirs; toi­let­tage des rues. Le Parc des sports four­mille d’une hyper-activité, en phase avec celle du Visi­teur d’un demi-jour : coups de pein­ture d’urgence, ins­tal­la­tion d’un groupe élec­tro­gène, tirage de nou­velles lignes télé­pho­niques, voi­tures bleues en nombre… Le maire vibrionne en tous sens. On dirait la Noce chez les petits-bourgeois, du Brecht ver­sion plouque. J’imagine que le pré­fet fait dans son froc en pen­sant à son ex-collègue de la Manche… Ça me rap­pelle aussi une pièce de Gogol, le Revi­zor, sorte de contrô­leur géné­ral du tsar dont la venue annon­cée met les édiles d’une petite ville sens dessus-dessous. Je revois aussi cette image de mon livre d’histoire mon­trant la reine Vic­to­ria visi­tant l’Irlande, cir­cu­lant en car­rosse entre des ran­gées de palis­sades mas­quant la misère du peuple. Mais je fais du mau­vais esprit. Il ne s’agit ici ni d’un tsar ni d’une reine, juste un humble ser­vi­teur de la République.

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Érythrée — Un journaliste suédois emprisonné depuis neuf ans

Un jour­na­liste de natio­na­lité sué­doise est empri­sonné dans son pays d’origine, l’Érythrée, depuis 2750 jours. Une cam­pagne pour sa libé­ra­tion a été lan­cée en Suède. Des relais inter­na­tio­naux ne seront pas de trop pour ten­ter de sor­tir Davit Isaak des griffes d’un régime redou­table. L’Érythrée se trouve au 173e et der­nier rang des pays dans le clas­se­ment mon­dial pour la liberté de la presse, éta­bli par Repor­ters sans frontières.

Le texte ci-dessous émane du site Sve­deg — Actua­li­tés sué­doises, qui nous demande de relayer la cam­pagne de mobilisation.

disaak.1238588105.jpgDepuis près de 9 ans, le  jour­na­liste et écri­vain sué­dois d’origine éry­thréenne Dawit Isaak est empri­sonné dans l’ancienne colo­nie ita­lienne. Après plu­sieurs année en exil en Suède, il retourna en Éry­thrée en 1996 et fonda le jour­nal d’opposition Setit. En mai 2001, Setit publia la lettre ouverte de plu­sieurs ministres, cri­tiques sur le régime en place et appe­lant à des réformes démo­cra­tiques. La réponse de la dic­ta­ture en place eu lieu quelques mois plus tard à l’ombre des atten­tats du World Trade Cen­ter. Le jour­na­liste ainsi que d’autres oppo­sants poli­tiques furent arrê­tés et empri­son­nés immé­dia­te­ment.  Parmi eux, des ministres du gou­ver­ne­ment qui étaient favo­rable à des réformes. Parmi les oppo­sants arrê­tés, 10 sont morts en prison.

Dawit Isaak est arrivé en 1987 en Suède comme réfu­gié poli­tique. Il devint sué­dois en 1992. Lors de l’indépendance de son pays en 1996, il y retourna et fonda le pre­mier jour­nal d’opposition, Setit.  Après la publi­ca­tion d’un article cri­tique, il fut empri­sonné. Aucun jour­na­liste n’a encore été accusé ou jugé. Ils sont consi­dé­rés comme des traîtres et les jour­na­listes sont aussi accusé d’avoir reçu des aides finan­cières de l’étranger. Les contacts avec Dawit Isaak ont depuis ce temps été très spar­tiates. Le consul hono­raire sué­dois a réussi à l’entrevoir à tra­vers des bar­reaux en 2001. En 2002, il fut hos­pi­ta­lisé pour soi­gner des bles­sures dû aux tor­tures subies en pri­son selon l’association amé­ri­caine Com­mit­tee to Pro­tect Jour­na­lists (CPJ). En 2004, l’ambassadeur Éry­thréen à Stock­holm assu­rait que Dawit Isaac était en bonne santé. En 2005, il fut libéré trois jours mais fut arrêté et remis der­rières les bar­reaux. Aucune orga­ni­sa­tion inter­na­tio­nale n’a pu lui rendre visite depuis ce jour.

erythree.1238587660.jpgLe 26 mars, les rédac­teurs des prin­ci­paux jour­naux sué­dois, DN, SvD, Afton­bla­det et Expres­sen ont lancé une cam­pagne de mobi­li­sa­tion pour la libé­ra­tion du jour­na­liste et lancé une péti­tion afin de faire pres­sion sur le gou­ver­ne­ment sué­dois. Parmi les pos­si­bi­li­tés, la cou­pure des aides finan­cières a été évo­quée.  L’utilisation de l’Érythrée comme pion dans la lutte de pou­voir en Afrique com­plique la donne. Le prin­ci­pal pro­blème de la diplo­ma­tie sué­doise est que le gou­ver­ne­ment éry­thréen n’a rien à perdre.  Les pres­sions inter­na­tio­nales ont de plus peu d’effet sur ce pays et la démo­cra­tie n’y a a pas encore germé. Le pré­sident éry­thréen a d’ailleurs annoncé qu’il n’y avait pas d’opposition dans son pays et déclaré que les pre­mières élec­tions seraient pos­sibles dans 30–40 ans le temps que la situa­tion se soit sta­bi­li­sée. En espé­rant que le jour­na­liste ne doivent pas attendre aussi longtemps.

Source: Freedawit.com, Dagens Nyhe­ter


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    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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