On n'est pas des moutons

Archive for juin, 2009

Michael Jackson. Hystérie médiatique, perte du sens, délire idolâtre

France Inter, jour­nal de 13 heures : 25 minutes sur un jour­nal de 30 consa­cré à la mort de qui vous savez, ça laisse pan­tois. Du moins ceux qui, dans mon genre, pensent que, dans l’ordre des valeurs, il existe quelque hié­rar­chie… C’est ahu­ris­sant, une telle perte de l’ordre des choses entre l’important, l’essentiel, le secon­daire, l’anodin, le diver­tis­sant, le pro­fond, le futile. Qu’il y ait de tout sur tous les registres, soit. Mais voir à ce point tom­ber tout sens cri­tique, toute dis­tan­cia­tion… La situa­tion en Iran, la crise et ses drames sociaux par mil­lions dans le monde, plus rien n’avait d’importance. Je pointe France Inter car c’est ce que j’écoute, mais l’effusion – en une sorte d’hystérie – aura pour ainsi dire tou­ché l’ensemble des médias, et cela dans la quasi tota­lité du monde. C’est une culmi­na­tion spec­ta­cu­laire, à la hau­teur du 11 sep­tembre et du tsu­nami asia­tique – pour un évé­ne­ment sans aucune mesure. Faut-il sans doute que nos socié­tés soient à ce point débous­so­lées pour patau­ger dans une telle idolâtrie !

Le plus étrange, c’est qu’une des causes, et peut-être la prin­ci­pale, de la vie chao­tique et plus que trouble de Michael Jack­son relève de sa mons­trueuse autant qu’indécente mise en spec­tacle – il y a tou­jours du monstre dans la mons­tra­tion.. Et qui dit spec­tacle dit en l’occurrence mar­chan­di­sa­tion avec sa charge d’aliénation capable, pour le moins, de tour­ne­bou­ler tout être humain – sur­tout si, de sur­croît, il est sou­mis à cette ter­rible ten­sion dès l’enfance. Michael Jack­son aura subi toute sa vie la tyran­nie de son image spec­ta­cu­laire consis­tant à devoir se mon­trer dans un sys­tème d’apparences avec perte d’identité pro­fonde dans laquelle il y aura même laissé sa peau, et jusqu’à son visage, devenu celui de cette marion­nette qu’il n’aura cessé d’être. Ter­rible renon­ce­ment à l’existence digne d’être humain. Valait mieux en finir et c’est pitié. Comme c’est pitié aussi que notre monde sans repères.

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Cuba. Une photographe dissidente détenue pour « dangerosité sociale prédélictueuse »

Déjà inter­pel­lée trois fois en mai der­nier, la pho­to­graphe María Nélida López Báez, a été arrê­tée le 16 juin par la Sécu­rité cubaine. Le Cen­tro de Infor­ma­ción Hable­mos Press (CIH-PRESS, col­lec­tif de jour­na­listes de La Havane), pour lequel elle tra­vaillait se trouve dans l’ignorance du lieu et des condi­tions de sa détention.

A sept heures du matin le 16 juin (heure locale), selon le CIH-PRESS, le fils de María Nélida López Báez a reçu la visite d’une femme qui lui a remis un por­te­feuille et quelques objets appar­te­nant à sa mère. La visi­teuse lui a confié que la pho­to­graphe venait d’être arrê­tée par la Sécu­rité de l’État alors qu’elle se ren­dait dans les locaux du CIH-PRESS. Le lieu de déten­tion n’est pas connu. La jour­na­liste est sous le coup d’une pro­cé­dure pour « dan­ge­ro­sité sociale pré­dé­lic­tueuse ».

Cette dis­po­si­tion aber­rante, exor­bi­tante du droit le plus élé­men­taire, est une inven­tion cubaine très uti­li­sée contre les dis­si­dents. En consa­crant le délit d’intention, cette pro­cé­dure per­met de condam­ner un indi­vidu même s’il n’a com­mis aucun délit, au nom de la « menace poten­tielle » qu’il repré­sen­te­rait pour la société ! Trois jour­na­listes ont été condam­nés depuis 2006 pour ce motif à des peines allant de trois à quatre ans de pri­son : Oscar Sán­chez Madán, cor­res­pon­dant du site Cuba­net, Ramón Veláz­quez Toranso, de l’agence Liber­tad, et Ray­mundo Per­digón Brito, de l’agence Yayabo Press.

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San­tiago de Cuba, 2008 © g.ponthieu

À Cuba, estime Repor­ters sans fron­tières, « l’heure est à nou­veau à la répres­sion et à la cen­sure contre les dis­si­dents et les jour­na­listes. On com­prend mieux, dans ce contexte, pour­quoi le régime traite par le mépris la réin­té­gra­tion de Cuba à l’Organisation des États amé­ri­cains (OEA), récem­ment obte­nue grâce aux efforts des autres pays d’Amérique latine. Ce pro­ces­sus impli­que­rait le res­pect des liber­tés fon­da­men­tales, une pers­pec­tive visi­ble­ment into­lé­rable pour la der­nière dic­ta­ture du conti­nent. La déten­tion et la pos­sible condam­na­tion de María Nélida López Báez le démontrent. La com­mu­nauté inter­na­tio­nale doit se mobi­li­ser pour la libé­ra­tion des pri­son­niers poli­tiques cubains ».

Parmi les dix-neuf condam­nés lors du « Prin­temps noir » de mars 2003 figure un autre pho­to­graphe, Omar Rodrí­guez Saludes, de Nueva Prensa, qui a écopé de la peine la plus lourde: vingt-sept ans de prison.

Le CIH-PRESS a éga­le­ment fait savoir que son jeune cor­res­pon­dant à Guan­ta­namo, Enyor Díaz Allen, a été condamné à un an de pri­son pour « outrage ». Il est empri­sonné depuis le 3 mai, date de la Jour­née inter­na­tio­nale… de la liberté de la presse.

Cuba compte actuel­le­ment 24 jour­na­listes empri­son­nés, dont le cor­res­pon­dant de Repor­ters sans fron­tières, Ricardo Gonzá­lez Alfonso, fon­da­teur de la revue De Cuba et lau­réat du Prix 2008 de l’organisation, condamné en mars 2003 à vingt ans de prison.

Sources : Repor­ters sans fron­tières et Échange inter­na­tio­nal de la liberté d’expression (IFEX, Toronto).


Mort de Hortensia Bussi, la veuve d’Allende. Du Chili à Cuba, de Pinochet à Castro, de troubles jeux mortels

La veuve de Sal­va­dor Allende, Hor­ten­sia Bussi, est morte ce 18 juin à Santiago-du-Chili, à 94 ans. L’occasion d’honorer sa mémoire, de remuer quelques sou­ve­nirs et aussi de reve­nir au pré­sent. Je l’avais en effet ren­con­trée pour une inter­view, à Rome, quelques semaines après le putsch du 11 sep­tembre 1973 qui avait sau­va­ge­ment mis fin à ce qu’on appe­lait alors l’ « expé­rience chi­lienne ». J’avais cou­vert, pour Tri­bune socia­liste, l’agonie des der­nières semaines du régime d’Unité popu­laire et c’est pour ce même hebdo du PSU que j’avais donc inter­viewé celle qui allait deve­nir la porte-parole la plus connue et aussi parmi les plus bat­tantes de la résis­tance chi­lienne en exil. Pino­chet venait d’imposer son régime de ter­reur fas­ciste, tan­dis que sur place, au Chili, les forces démo­cra­tiques étaient ter­ras­sées dans la pire bru­ta­lité – plus de 2000 morts, 150 000 arres­ta­tions, tor­tures et empri­son­ne­ments par mil­liers. Hor­ten­sia Allende, comme tant de Chi­liens alors, vou­lait croire que le cau­che­mar ne dure­rait pas…, enfin pas trop long­temps. Elle devra attendre 17 ans avant de ren­trer au Chili en 1990, après le ren­ver­se­ment de Pinochet.

En 1977, elle subit une autre ter­rible épreuve avec le « sui­cide » à La Havane d’une de ses trois filles, Bea­triz. Des guille­mets liés au fait que la sécu­rité d’État cubaine semble avoir tenu un rôle plus que sus­pect dans cette affaire, notam­ment en rela­tion avec les condi­tions de la mort d’Allende dans le palais de la Moneda, où il se trou­vait sous la pro­tec­tion de gardes cubains spé­cia­le­ment déta­chés par Fidel Castro.

Dif­fé­rentes ver­sions cir­culent tou­jours concer­nant la fin d’Allende, dont l’une pré­tend qu’il ne s’est pas sui­cidé, pas plus qu’il serait tombé sous  les balles des put­schistes…  Alors ? Voilà : il aurait été liquidé par ses gardes cubains, sur ordre de Cas­tro… Cette thèse, pour stu­pé­fiante qu’elle puisse paraître, se trouve cepen­dant soli­de­ment étayée par plu­sieurs auteurs, témoi­gnages à l’appui*.

C’est un fait que Cas­tro n’appréciait nul­le­ment Allende en qui il voyait un bour­geois social-démocrate peu enclin à rejoindre ses théo­ries et celles de Gue­vara sur le déve­lop­pe­ment des gué­rillas révo­lu­tion­naires en Amé­rique latine et dans le reste du monde – notam­ment en Afrique. À l’avènement de l’Unité popu­laire, Cas­tro finit tou­te­fois par « prendre le train en marche » avec un sou­tien mesuré en arme­ment et l’envoi de « conseillers » et de gardes-du-corps… dont un cer­tain Patri­cio de la Guar­dia, émi­nence grise du lider maximo. Il vit tou­jours lui aussi, à Cuba, bien qu’ayant trempé dans l’affaire Ochoa… et n’aurait dû son salut (d’autres ont alors été exé­cu­tés, dont son propre frère jumeau…) que pour avoir déposé, dans un coffre à l’étranger, l’ordre direct de Cas­tro d’exécuter Allende – ce qu’il recon­naît avoir com­mis ! En attestent pré­ci­sé­ment Juan Vivés, ex agent cubain, et « Beni­gno », l’un des trois sur­vi­vants de la gué­rilla du Che en Boli­vie, tous deux témoins des confes­sions de de La Guardia.

Mais pour­quoi diable, Cas­tro aurait-il fait exé­cu­ter Allende ? Au moins deux rai­sons, d’ailleurs étroi­te­ment imbri­quées. Pour appuyer sa poli­tique « révo­lu­tion­naire », sur­tout en  Amé­rique latine, Cas­tro avait besoin d’une guerre civile au Chili ; c’est pour­quoi il misait, en les sou­te­nant très direc­te­ment, sur les gau­chistes du MIR de Miguel Enri­quez, oppo­sés à l’Unité popu­laire. L’autre rai­son, très liée à la pre­mière, c’est qu’une pos­sible red­di­tion d’Allende aux put­schistes, ou sa cap­ture, auraient pu faire tâche dans la stra­té­gie latino-américaine de Cas­tro, tout en ris­quant de faire appa­raître au grand jour et par le détail l’ampleur de la main­mise cas­triste sur la poli­tique chi­lienne. Pour ser­vir de tels des­seins his­to­riques, il ne se pou­vait pas qu’un Allende mou­rût autre­ment qu’en héros, et en l’occurrence par un suicide-sacrifice, en fidé­lité à ses enga­ge­ments. c’est-à-dire, en d’autres termes, en confor­mité à la geste cas­triste du héros modèle en qui les « peuples » pou­vaient s’identifier, à l’image de ces autres héros, alors bien vivants eux, et pour long­temps ! – sui­vez mon regard.

De tout cela, il est vrai­sem­blable que Bea­triz Allende, mariée à un agent cubain, fût infor­mée. Au point même de deve­nir bien­tôt fort gênante. Quant à Hor­ten­sia, elle aussi ne pou­vait qu’être au cou­rant de ces faits, ce qui ne pou­vait que la tenir à dis­tance de Cas­tro. Un jour cepen­dant qu’elle le croisa lors d’un som­met latino-américain à San­tiago du Chili, en 1996, elle lui sug­géra d’améliorer la situa­tion de l’île en optant pour le plu­ra­lisme et des élec­tions libres. Vous dire si le conseil fut appré­cié ! Les Cubains, eux, attendent toujours.

–––––––
* Voir entre autres sur ces ques­tions, les livres très docu­men­tés :
Cuba Nos­tra, d’Alain Amar, avec Juan Vivés et Jacobo Macho­ver, 2005
Les Maîtres de Cuba, de Juan Vivés, 1981
Vie et mort de la révo­lu­tion cubaine, de Daniel Alarcón Rami­rez (« Beni­gno »), 1996.


A France Inter comme à l’Élysée, goujats et proprios font comme chez eux (sur la moquette)

« France Inter : Val vire Pom­mier de la revue de presse ». Ben quoi ? Nor­mal, non ? Le jour-même où un roi­te­let occupe Ver­sailles, ailleurs tout près un valet marque son ter­ri­toire, selon les mêmes méthodes de pro­prio. Ainsi font de nos jours, ne le savait-on, les pro­prios « modernes », les tom­beurs de « tabous », les « décom­plexés » de la galaxie ultra. Les gou­jats ont ainsi pris le pou­voir, les gou­jats aiment le pou­voir, ils s’en empifrent, s’en goinfrent, s’en grisent, s’en font péter l’égosystème. Les pro­prios s’arrogent tous les droits des gou­jats ; ils sont chez eux, ils chient où et quand ils veulent, non mais ! Donc, nor­mal, le kou­lak dans son domaine se pré­las­sant, voit de la lumière « chez lui », pousse la porte sans même toquer, s’assoit à la table, pique dans ton assiette, s’immisce dans la conver­sa­tion des invi­tés, occupe le pro­pos, rote un coup, décrète ceci-cela et l’inverse, puis repart comme il est venu non sans avoir laissé son étron sur la moquette. Celui-là se dénomme Hees, un mal élevé, un de ces gou­jats sor­tis de la même école de Pouss­toidlà dont le maître à « pen­ser » suprême enseigne la parole vul­gaire, tient la chaire de la vul­gate où il pro­fesse l’inculture par l’exemple, enva­hit l’espace comme un gaz méphi­tique (un gaz qui pue, je tra­duis pour lui). Voilà pour le roi­te­let et son mar­quis. Et voici que déboule le petit baron du jour, nou­vel arrivé mais arri­viste de la pre­mière heure, même si venu de l’autre rive où il péro­rait mas­qué à grandes tirades engluées de mora­lisme pom­peux, atten­dant son heure de lar­bin vachard, et qui, ô jour de gloire, à peine arri­visté, marque d’une pis­sette immonde le nou­veau ter­ri­toire de sa baron­nie et, pour ce faire, par un ukase inau­gu­ral, une mise à mort de bien­ve­nue en somme, abat pour l’exemple son Pom­mier du jour – un traître. Ah vrai­ment, quelle belle entrée en scène dans le sarko-spectacle ! Celui-là a pour nom Val. Ainsi Val la cruche à l’eau… Celle-là a viré si brus­que­ment à droite, que ce mala­gauche a aus­si­tôt dérapé.  Il vou­lait dou­bler le Maître, en plein virage. Ses élèves le dépas­sant aussi vite en peti­tesse, le Maître pour­rait s’en mon­trer fier. Mau­vais cal­cul, petits mar­quis ver­saillais, rien n’est plus désa­gréable, inex­cu­sable, insou­te­nable pour une Som­mité si éle­vée de se voir ainsi sur­passé. Trem­blez ! mer­diques pous­sières qui avez si mal anti­cipé votre sacri­lège puis votre dis­grâce pro­gram­mée. Vous n’y croyez pas, vous autres qui ne croyez même plus à l’Histoire, vous autres pour qui rien n’a plus de sens, hors celui de votre Des­tin Per­son­nel, vos jouis­sances de gavés insa­tiables. Ainsi font tous ceux de vos sem­blables, ces va-t-à-la-soupe, ces adu­la­teurs des puis­sants, ces quatre-quatristes poli­ti­ciens et tous-terrains qui nous pompent l’air en nous entraî­nant vers l’abîme. A moins que l’Histoire, elle n’en ait rien à foutre de ces bassesses.

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Nouvelles de La Havane. « Ici à Cuba, c’est chaque jour de plus en plus triste »

Les Cubains n’ont pas la pos­si­bi­lité de sur­fer libre­ment sur inter­net. Quand ils y par­viennent, c’est au prix de com­bines com­pli­quées et ris­quées. Ils peuvent plus sim­ple­ment com­mu­ni­quer par cour­riels, le plus sou­vent à par­tir de leur tra­vail, puisque rares sont ceux qui dis­posent d’un ordi­na­teur per­son­nel. C’est ainsi que je reste en contact avec des amis cubains, dont « Azul » – un pseu­do­nyme évi­dem­ment –, qui éprouve le besoin de s’exprimer et de racon­ter sa vie au quo­ti­dien. Il le fait avec ce pre­mier écrit qui parle essen­tiel­le­ment du « man­ger », pré­oc­cu­pa­tion pre­mière à Cuba. On n’y meurt pas de faim, certes, mais on y souffre de carences réelles, notam­ment en pro­téines. Ce témoi­gnage, ne manque pas d’humour. C’est même ainsi qu’il faut le consi­dé­rer, au second degré, lui-même devenu comme une seconde nature des Cubains.

« CUBA CHANGE… »

Ici à Cuba, c’est chaque jour de plus en plus triste. Les com­merces pri­vés dis­pa­raissent, appa­rem­ment les prix n’augmentent pas. Mais le mois der­nier un savon de bain valait 30 cen­ta­vos, aujourd’hui il varie entre 30 cen­ta­vos et 1 cuc (équi­valent du dol­lar) et ce sont des pro­duits 100% cubains ! Ne par­lons pas des pro­duits d’importation !

Je com­mence à pen­ser que nous revien­drons à la même période spé­ciale des années 90. En réa­lité Cuba n’est jamais sor­tie de cette dure époque. Bien­tôt nous rever­rons les moments dif­fi­ciles durant les­quels nous petit déjeu­nions d’un peu de thé de n’importe quelles herbes, ou nous déjeu­nions seule­ment avec un « bon­jour », et avec ça on rem­plis­sait notre esto­mac, jusqu’à ce que nous puis­sions man­ger quelque ali­ment durant la journée.

Pen­dant que nous tra­vaillons ou étu­dions, la crainte de reve­nir à cette étape pré­his­to­rique, est per­ma­nente dans les cœurs des Cubains. On parle du hachis spé­cial de peaux de banane ou des piz­zas  éla­bo­rées avec une sorte de fro­mage de « condo »,  genre pré­ser­va­tif fondu qui durant tant d’années nous ont coupé la faim, en échange de ter­ribles pro­blèmes de consti­pa­tion et troubles gas­trique en tous genres.

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« Para comer » – pour man­ger – c’est l’expression qui revient le plus sou­vent dans les pro­pos des Cubains. Ici, à Bara­coa, sud-est de l’île, 2008. © Ph. g.ponthieu

Le fan­tôme des cou­pures de cou­rant plane sur nos têtes, les trans­ports empirent de jour en jour. Mal­gré les efforts annon­cés du gou­ver­ne­ment, il reste uto­pique de mon­ter un véri­table metro­bus dans la capi­tale. Je pré­fère ne pas savoir  ce qu’il en est dans les pro­vinces cubaines…

Aujourd’hui je me demande com­ment nous allons résoudre tant de pro­blèmes accu­mu­lés depuis des décen­nies… L’espérance a tou­jours été la res­source des Cubains opti­mistes et bla­gueurs comme moi. Par exemple en fai­sant des paris pour savoir qui se consti­pe­rait le pre­mier, ou qui réus­si­rait à gagner une médaille olym­pique pour arri­ver tôt au tra­vail en metrobus…

Nos lea­ders appellent aujourd’hui à tra­vailler plus, à éco­no­mi­ser plus, à prendre plus grand soin des choses du pays, à vaincre sur tous les fronts puisque l’ennemi nous entoure. Même si nous ne le voyons pas, nous devons l’imaginer.

Sans doute les temps changent et nous sommes chaque jour plus solides, plus sûrs de notre vic­toire contre l’ennemi invin­cible qui nous encercle avec ses ali­ments, beaux et appé­tis­sants, pleins de santé et de pro­pa­gande, ces ali­ments qui essayent de convaincre nos esto­macs – par­don : nos esprits – que tout est « bon » dans le capi­ta­lisme. Mais pas ques­tion ! Nous les Cubains nous résis­te­rons (jusqu’à quand ? je ne le sais pas) , nous résis­te­rons à ses odeurs et saveurs. CES ALIMENTS ache­tés à l’ennemi par notre gou­ver­ne­ment et mis à notre dis­po­si­tion dans nos bou­tiques de devises, dans nos hôtels,  ils sont là face à nous mais nous les Cubains nous ne nous ren­drons pas devant eux !… Le futur avance… Quel futur ? je ne le sais pas. Mais nous les Cubains c’est nous qui déci­de­rons, et pas  ces ali­ments de l’ennemi !
Azul

Tra­duit par Marine Ponthieu


Humour et politique, dans Politis. Ça résiste dans le maquis

1politis.1245428962.png« Il y a des jour­na­listes qui ont appris leur métier à l’école hôte­lière. Ils posent des ques­tions comme on passe les plats. » Cette forte parole, due à Guy Bedos, on peut la cueillir dans le der­nier Poli­tis qui consacre un dos­sier au thème « humour et poli­tique ». Ce pos­sible sujet de philo au bac ne serait qu’un oxy­more sans cette bande, somme toute assez res­treinte, de francs-tireurs, résis­tants de la pre­mière heure et de tou­jours, ces FTP anti-PAF consti­tuant l’honneur de la scène et des micros, ces maqui­sards embus­qués au coin des bois dont on ne fait pas des flûtes. C’est par eux – les Alé­vêque, les Porte, les Guillon, les Mous­tic –, que l’humour prend ses plus belles envo­lées poli­tiques et que, de son côté, la poli­tique chope ses plus cin­glantes dérouillées, donc pas à la façon foi­reuse des comiques démago limite trou­piers de la chose vague­ment chan­son­nière; mais de vraies décu­lot­tées au vitriol par les­quelles nos pom­peux gou­ver­nants repartent tout couillons vers leur des­tin d’amuseurs pas drôles. On se sou­vien­dra du DSK condes­cendu des hau­teurs culmi­nantes de sa chaire de la Banque mon­diale, cir­con­venu à France Inter, tiré comme un vul­gaire et ordi­naire lapin (lapine ?), repar­tant la queue (euh…) basse, fâché et outragé de tant de « méchan­ceté », comme s’il avait été guillon-tiné.

Ces gars-là, les humo­ristes de cet aca­bit, on leur doit non pas tant nos monu­ments que les trois mots glo­rieux aux fron­tis­pices de la Répu­blique. Jean-Michel Ribes les situe bien dans leur lignée his­to­rique qu’il fait remon­ter à Dio­gène, « qui dit “Ôte-toi de mon soleil” à l’homme le plus puis­sant alors », ou à « Rabe­lais, au coeur du Moyen Âge, inven­tant l’abbaye de Thé­lème; Vol­taire et l’affaire Calas; ou encore Jarry décri­vant les monstres dic­ta­teurs à tra­vers Ubu, annon­çant ceux du XXe siècle. Tous ont résisté à cet esprit de sérieux qui finit par bou­cher les idées, un cho­les­té­rol qui nous étouffe. Ce n’est pas un hasard si Sta­line, ter­ro­risé par les humo­ristes, a déclaré qu’« un pays vrai­ment heu­reux n’a pas besoin d’humour». De Swift à Que­neau, per­sonne n’a fait sau­ter un gou­ver­ne­ment. Mais cela per­met de res­pi­rer, de vivre. »

Donc, ne pas rater Poli­tis, car la rate se dilate – ah ah ! – à condi­tion de s’en ser­vir. Bedos s’est fait réd chef de ce numéro qui consti­tue un hom­mage aux Coluche, Des­proges, Le Luron. Ah oui ! Bedos raconte aussi com­ment il a été « cour­tisé par le teckel à poil dur », qu’il appelle aussi Tom Pouce, ajou­tant : « Il me don­nait […] rai­son sur tout! J’étais son Kouch­ner du spec­tacle, ou plu­tôt, il l’aurait voulu. Il aurait voulu que je sois à la Concorde avec les autres cons! »


Le crash du vol AF 447. EXCLUSIF ! La queue de l’Airbus retrouvée dans le Luberon

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On cherche dans les limbes du Paci­fique à coups d’engins nucléaires et pan ! voilà que sur ma route, ce week-end, pei­nard, voguant vers Céreste, Alpes de Hautes-Provence, je tombe sur la queue de l’Airbus dis­paru ! Les cou­leurs l’attestent, ce sont bien celles d’Air France. Les boites noires ne devraient pas être bien loin. Les gen­darmes creusent dans les alen­tours. En tout cas, quelle dérive ! Trouvera-t-on aussi le déco­no­mètre, appa­reil à mesu­rer le droit inalié­nable de rire de tout (pas avec n’importe qui) ?
Nos docu­ments : photo de l’appareil cra­shé, ou du moins ce qu’il en reste. Seule la queue de l’appareil émerge, ce qui laisse ima­gi­ner la vio­lence du choc et explique l’absence de sur­vi­vants.
Ci-dessous, carte du relevé GPS du lieu du crash.

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Trois images, des histoires, le train de la vie

Si vous aimez la BD, les romans pho­tos, les ombres chi­noises, des his­toires de train  »> trois images d’hier à la gare d’Aix-en-Provence.

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© pho­tos gp

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Écologie mon amour. Le « tour du monde » de Depardon ne vaut pas un pet de baudet

Voici donc l’Air du Bar­bier de Nos­villes : demain on va éco­lo­gi­ser gra­tis et entrer dans une ère nou­velle, prout-prout ma chère comme dit ma copine Chan­tal. L’ère en ques­tion, l’air nou­veau que voilà demain tout de suite ce sera selon la recette du pâté de che­val à l’alouette : une cen­trale nucléaire, un mou­lin à vent, dixit le Sarko nouvo.

Or, à pro­pos de vents et de prouts, je vais vous en conter une. Si vous sui­vez ma prose blo­gueuse, vous savez donc que l’été der­nier, j’ai effec­tué un périple fan­tas­tique exposé dans un ouvrage du même aca­bit bra­ve­ment inti­tulé « Le tour d’un monde en sept jours avec un âne en Pro­vence ». [Sui­vez le lien pour plus d’info et si pos­sible le com­man­der].
Certes, je me fais un peu de pub au pas­sage mais, vous l’allez voir, elle se jus­ti­fie plei­ne­ment, en par­ti­cu­lier depuis les der­nières euro­péennes, avec les résul­tats qu’on sait.

Donc, disais-je, pour fêter à sa manière la sor­tie de mon bou­quins [voir ci-dessus…], ma fian­cée m’a offert… un autre bou­quin au titre pro­vo­ca­teur : « Le tour du monde en 14 jours, 7 escales, 1 visa ». L’auteur est un peu plus connu que celui du « Tour d’un monde, bour­ri­cot, etc. ». C’est un cer­tain Ray­mond Depar­don, qui clame ceci sur la 4e de couv’ : « Je reviens fati­gué, mais heu­reux de voir que la Terre est ronde »… Beuh… Fati­gué, Ray­mond ? On le com­prend, le cham­pagne dans les zincs de pre­mière classe ou classe biz­ness, ça pompe. Il a d’ailleurs la can­deur, notre « pho­to­graphe de répu­ta­tion inter­na­tio­nale », de nous mettre sous le nez, les fac-simile de ses billets, tous ou presque de Uni­ted Air­lines, comme ça on sait d’où vient le pognon.

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A l’heure de l’écologie triom­phante, pour sûr, notre Depar­don se sent un peu péteux rap­port au kéro­zène qu’il a bouffé, en plus des petits fours de Uni­ted Air­lines. Alors, à la façon du non moins fameux et pom­peux Yann Arthus-Bertrand [j’ai subi le début de son « Home » et ça m’a bien vite plus que gon­flé aussi…], lequel est à Fran­çois Pinault ce que Depar­don est à Uni­ted Air­lines, notre super pho­to­graphe a cher­ché un ou deux… par­dons par anticipation.

Il l’explique à la toute der­nière page de son bou­quin, une idée d’éditeur on dirait même : « Ray­mond Depar­don a sou­haité com­pen­ser les émis­sions de CO2 liées à son voyage. Il a fait appel à la fon­da­tion suisse Mycli­mate,  une des entre­prises de com­pen­sa­tion de car­bone les plus répu­tées (on compte aujourd’hui envi­ron 170 entre­prises de ce type).  Le cal­cul des émis­sions de CO2 s’effectue à par­tir de la consom­ma­tion de kéro­sène des avions emprun­tés ainsi que de la classe dans laquelle  le pas­sa­ger a voyagé.  Pour son tour du monde, Ray­mond Depar­don  a par­couru 45157 kilo­mètres en pre­mière classe et en busi­ness. Les émis­sions de car­bone liées  à ce voyage sont ainsi esti­mées à 17246 tonnes, com­pen­sables par un don de 1234 €.  Cette somme, que Ray­mond Depar­don a rever­sée à Mycli­mate, per­met à cette fon­da­tion de finan­cer des pro­jets spé­cia­li­sés dans la pro­mo­tion  des éner­gies renou­ve­lables et dans la limi­ta­tion de la consom­ma­tion d’énergie. » [Sou­li­gné par moi].

Pas beau ça ? Se don­ner bonne conscience, ça coûte pas cher quand on a les moyens. Ce bou­quin est une escro­que­rie intel­lec­tuelle, d’ailleurs révé­lée par les quelques lignes mal­ha­biles ten­tant à jus­ti­fier cet injus­ti­fiable « tour du monde en soli­taire ». Tu parles !

Tan­dis que bibi, avec son « Juju » de bau­det pro­ven­çal, a réa­lisé son tour d’un monde en moi­tié moins de temps et pour zéro émis­sion de CO2… Zéro, vrai­ment ? Ah non, pas tout à fait, il faut comp­ter nos pets – eh ! – et sur­tout ceux de l’âne, pos­si­ble­ment volu­mi­neux mais rares en vérité, si on n’évalue pas ce qui se passe lors de l’émission de crottin.

Or, ce matin, j’aborde la chose avec un spé­cia­liste, Patrick Piro, jour­na­liste « éco­lo­gie » à Poli­tis et vieux copain. Voici ce qu’il m’apprend presque en s’excusant : « Puis-je sou­li­gner que le pet des bour­ri­cots est neutre cli­ma­ti­que­ment, si l’on consi­dère que l’herbe bouf­fée repousse (fer­ti­li­sée par les déjec­tions), fixant le car­bone relâ­ché ? D’autant que les ânes n’étant pas des her­bi­vores poly­gas­triques comme les bovins, leurs fla­tu­lences n’émettent que peu ou pas de méthane. »

Ainsi étais-je, en tant que grand voya­geur tour-de-mondiste, tota­le­ment absout de pol­lu­tion nocive !

Quant au bou­quin lui-même, il n’a pas dû être trop dépen­sier : sorti à peu d’exemplaires (400) chez un impri­meur éti­queté « Imprim’ vert », il a seule­ment dû être trans­porté par camion­neur et par la poste.

A ce pro­pos, je peux même vous l’envoyer ! : chèque de 14 euros, et hop vous voya­ge­rez plus qu’avec Depardon !


À Bongo, la Françàfric reconnaissante

L’empressement de nos poli­ti­ciens à saluer ce cher grand dis­paru de Bongo, pape de la Fran­çà­fric, semble nor­ma­le­ment pro­por­tion­nel à ses ser­vices ren­dus à icelle – la Fran­ça­frique. Tous ont peu ou prou, sur­tout prou, été atteints par ses lar­gesses. Des liens « étroits » se sont ainsi tis­sés au long de quatre décen­nies d’un pou­voir au ser­vice de ses inté­rêts et par contre­coups bien com­pris à ceux de «la France». Qui n’aura-t-il pas arrosé de ses bien­faits? Aussi est-il à parier que les ins­truc­tions judi­ciaires en cours sur le très cher dis­paru, pas­se­ront bien vite à la trappe de la rai­son d’État. On com­prend donc la recon­nais­sance expri­mée par notre ministre des affaires étranges. Le contraire eut relevé de l’ingratitude.

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»> A consul­ter : Cel­lule Fran­ca­frique
Notre article Fran­ça­frique. Sai­sie immo­bi­lière dans le Bongoland


« Le tour d’un monde en sept jours avec un âne en Provence »

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Le Car­net de voyage de Gérard Pon­thieu et l’âne « Juju » paraît ces jours-ci. En voici un avant-goût avec les tout pre­miers pas d’une aven­ture… ahanante.

Jour pre­mier
Je marche. Pas aussi vite que je vou­drais. Jules me tire en arrière. Je râle, je peste, me fâche. Jules, drôle de nom, je trouve. L’état-civil ânesque, il faut le savoir, fait coïn­ci­der l’année 1997 avec des pré­noms en J. Renom­mer, ce pou­voir d’animal par­lant, paro­lant. J’essaie Julot: mieux. On avance, tout doux. Depuis deux heures, au début sur une fausse route, une fois raté le sen­tier. Julot n’est pas sorti depuis long­temps. Une telle virée, si elle va jusqu’au bout, il n’en a d’ailleurs pas connu. Décou­verte, aven­ture, épreuve. Ou rou­tine du pas devant l’autre, méca­nique sans cer­velle ni sen­ti­ment ? Non bien sûr. Pari d’avant le départ. Pari sur l’intelligence, l’entendement, le plai­sir com­mun et pas ordi­naire. Aller de concert, si belle expression.

Allez! Allez! Je m’énerve encore. On n’y sera jamais! Je patauge dans l’impatience. Il y a deux heures, donc, émois du départ. Agen­ce­ment des bagages. Un vrai ouvrage, un ouvrage façon Péné­lope à défaire et reprendre chaque jour, plu­sieurs fois. Des enjeux d’équilibre entre des masses fluc­tuantes. La bouffe, le matos, la flotte. Et le sup­port du tout, condi­tion d’un roulage-tangage sans accroc.

On s’est plu tout de suite. Sans chi­chi. J’allais vers lui comme il est venu vers moi. Était pas obligé. Il est beau, de corps et de tête, l’oeil intel­li­gent, sta­ture de même, frin­gué comme un prince.

« Qu’est-ce qu’il me veut au juste? C’est quoi, cette dégaine? Il semble connaître mes maîtres, plu­tôt bon signe. Et si c’était un fada de l’exploit, un cra­pa­hu­teur, un ancien du dje­bel? Ou, pire encore, un âno­phile gaga, sec­ta­teur de l’oignon cru et de la Sainte Balade? … L’avoir à l’oeil. »

S’il parle, cet âne, c’est bien que je lis dans ses pen­sées, selon et par la langue des humains. Le dia­logue res­tera sobre, se pas­sant le plus sou­vent des mots, à l’avantage des gestes, des sons et de jeux bien plus mystérieux.

»> Suite à savou­rer sur papier. Vous savez : ce qu’on appelle un livre, sans écran ni cla­vier, ni USB – rien que des signes alpha­bé­tiques impri­més sur des pages qui fleurent bon les images et les his­toires, et même du sens…

Ce livre, donc, n’est pas l’objet de la moindre pré­mé­di­ta­tion, au contraire de mon périple avec « Juju » à l’été 2008, bien pré­paré à l’avance, mais sans inten­tion « lit­té­raire ». Mais comme à l’accoutumée, le « natu­rel pro­fes­sion­nel » l’a emporté, avec ses gestes quasi auto­ma­tiques : prise de notes, pho­tos à la déro­bée, pour fixer la mémoire et la chro­no­lo­gie. Ce n’est que vers la fin du voyage que l’idée a pu ger­mer de recons­ti­tuer le récit de mon périple avec « Juju », cet ado­rable âne pro­ven­çal « ancré » chez ses « parents » adop­tifs, à Saint-Étienne-les-Orgues, dans le pays de Forcalquier.

C’est donc de là que nous sommes par­tis pour une semaine tout seuls, lui et moi. On ne se connais­sait pas… Il fal­lut bien nous appri­voi­ser, vite et bien, autant que pos­sible. Une sorte de voyage de  noces chaste, mais avec de grands élans affec­tifs, pas mal de dis­putes aussi – et même pire… Bref, ce fut une vraie belle aven­ture. Vous avez de la chance : la voici contée exprès pour vous, en sept épi­sodes et une tren­taine de pho­tos. Un joli bou­quin auto-édité par l’auteur, avec l’assentiment impli­cite de son com­parse, ongulé qua­dru­pède et par­tie plus que pre­nante du récit.

Offrez-vous ce livre, offrez-le aussi. Suf­fit de le com­man­der chez www.priceminister.com pour 12 euros plus 2 pour la poste. Voyez ci-contre, en haut de la colonne de gauche et sui­vez les indi­ca­tions. Vous pou­vez aussi le com­man­der chez l’auteur, par chèque au même tarif : Gérard Pon­thieu, La Jaz­zine, 73 allée du Cas­tel­las, 13770 Venelles.


Presse pipole et crash aérien. Le Monde, nouveau « tabloïd de référence »

Le crash du vol AF 447 a pro­vo­qué une 229e vic­time :  Le Monde. En effet, le pay­sage média­tique fran­çais pro­fite d’une catas­trophe pour en pro­vo­quer une autre : le lan­ce­ment d’un nou­veau « tabloïd de réfé­rence ». Il s’appelle aussi Le Monde, bien qu’il n’ait que peu à voir avec son illustre pré­dé­ces­seur fondé à la Libération.

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C’est donc un double deuil qui frappe nos des­tins de lec­teurs, « bri­sés dans la nuit jour­na­lis­tique » et au-dessus d’on ne sait trop quels impé­ra­tifs d’une presse en per­di­tion. Comme si une catas­trophe ne suf­fi­sait pas. On pour­rait y ajou­ter le ving­tième anni­ver­saire du mas­sacre de Tian’anmen et la déprime de ce 4 juin serait totale !

Mor­ceau choisi à la une : « Pen­dant quelques heures, ils n’ont été que des numé­ros, clas­sés selon les cri­tères géné­raux des com­pa­gnies aériennes. Deux cent vingt-huit dis­pa­rus dans l’accident du vol AF 447 qui assu­rait, dans la nuit du lundi 1er juin au mardi 2, le tra­jet Rio de Janeiro — Paris : des­tins bri­sés au-dessus de l’Atlantique. Le Monde s’efforce de leur don­ner un visage. »

Au secours Beuve-Méry, ils sont deve­nus pipole ! Vois aussi ce coin de page :

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Il est vrai, comme aime à dire Mme Michu, que nous vivons dans un drôle de Monde. Car dans cette affaire les médias se sur­passent sur le registre de l’indécence spec­ta­cu­laire. Radios, télés, canards dégou­linent à plein tube pour ali­men­ter ce qui res­tera comme un sujet d’étude autour de la ques­tion : pour­quoi tant de raf­fut sur ce fait divers ? Et aussi : pour­quoi tant de pon­tifes reli­gieux et poli­tiques tout à coup oecu­mé­ni­sés ? Et enfin : et dieu dans tout ça ?


Airbus d’Air France. La vraie cause du crash : le Progrès

On appelle ça  « le pro­grès » que, paraît-il, on n’arrête pas. Sauf quand il s’arrête tout seul. Quand l’homo erec­tus a pré­tendu  mar­cher debout, il a appris en même temps à se cas­ser la gueule. Puis à se redres­ser et à tirer parti de l’expérience, à faire atten­tion à la réa­lité du ter­rain, à l’endroit où il met­tait les pieds. Puis il s’est mis à cou­rir ; sans doute pour aller plus vite… Il a ainsi décou­vert le « plus », ce car­bu­rant de l’homo sapiens qui, aujourd’hui encore, demeure l’objectif des humains pres­sés – jusqu’aux plus pres­sés, ces « spee­dés » de l’activité éco­no­mique et poli­tique. Comme si le « sapiens » ne pen­sait qu’à cou­rir, sans trop savoir après quoi, sans donc vrai­ment pen­ser. Sauf quelques phi­lo­sophes, qui ont fait métier de la sagesse et savent la vanité de l’agitation liée au « pro­grès ». Ainsi notre Mon­taigne, rap­pe­lant que « phi­lo­so­pher c’est apprendre à mou­rir », ce qui revient à apprendre à vivre.

Mais le « sapiens » n’en veut trop rien savoir. Il a donc  domes­ti­qué le che­val et appri­voisé le vent marin, inventé le vélo (dont l’étymologie vient de vitesse), puis le moteur et tout ce qui s’ensuit de vélo­mo­teurs, moto­cy­clettes, auto­mo­biles, loco­mo­tives… Puis vint l’avion dont le rêve semble vieux comme celui de l’homo qui pré­tend pen­ser. Vieux comme le mythe grec par lequel nous avons été dûment aler­tés : en vou­lant trop se rap­pro­cher du soleil, Icare s’est brûlé les ailes. Et s’est cassé la gueule.

C’est com­pris dans le tarif du billet : prendre l’avion, revient tou­jours à tutoyer l’aventure d’Icare. C’est pour­quoi voler, même dans les plus « sûrs » avions du monde, demeure une aven­ture. Une his­toire jamais banale, tant le retour à la terre ferme tient tou­jours d’un miracle. Miracle bana­lisé, certes. Mais quand il ne se renou­velle pas, lorsqu’il rejoint pro­ba­bi­li­tés et sta­tis­tiques, c’est tout le rêve de la moder­nité qui s’écrase dans le drame.

La moder­nité s’est alliée à la vitesse et à l’élévation. Plus vite plus haut. Comme en poli­tique, par exemple, où l’on tombe par­fois sur le cul. Quand le sapiens-sapiens (double dose) a inventé le che­min de fer, il a en même temps inventé le déraille­ment. De même pour la voi­ture et les acci­dents : 4 000 morts et quelques par an, rien qu’en France ! En inven­tant l’avion on a aussi inventé le crash. Paul Viri­lio dit ça en mieux. Le vol AF 447 le rap­pelle à sa manière. Le jour même où un Air­bus 380 (entre 550 et 850 places) flam­bant neuf allait prendre son envol com­mer­cial à Roissy. Le progrès.

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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
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  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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