« Un consor­tium alle­mand veut lan­cer un grand pro­jet de cen­trales ther­mo­so­laires. Pro­duite en Afrique saha­rienne, l’électricité tran­si­te­rait sur des lignes à haute ten­sion. Les pre­mières livrai­sons pour­raient avoir lieu dans dix ans ». [Le Monde, 13/​7/​09]

La der­nière richesse de l’Afrique pas encore exploi­tée, le soleil, bon sang, que fai­saient les rapaces à la lais­ser ainsi dorer… au soleil ? Sur­tout, que les Afri­cains ne se dépêchent pas d’entrer « dans l’Histoire », qu’on les pille encore un peu plus !

Remar­quez que les plus pour­ris des poli­ti­ciens afri­cains n’ont pas attendu cette lumi­neuse idée venue du Nord. Ainsi, dans la si longue lignée des dic­ta­teurs du conti­nent, un Mobutu a-​t-​il placé le Congo-​Kinshasa en coupes réglées ; pour exploi­ter, à son compte per­son­nel pour com­men­cer, les immenses richesses minières du pays, il a fait construire des bar­rages hydro­élec­triques, dont un gigan­tesque des­tiné à ali­men­ter les mines de cuivre du Katanga. Les lignes à haute ten­sion tra­versent le pays, sans même condes­cendre dans les pauvres vil­lages quelles sur­plombent [lire sur ce blog : Congo-​Banque mon­diale. Ou com­ment, avec deux euros par mois, rem­bour­ser une dette de 10 mil­liards ]

Donc l’énergie solaire et son exploi­ta­tion, c’est déjà com­mencé avec les bar­rages. La nou­veauté, sous cou­vert « tech­no­lo­gique » – jadis les mis­sion­naires et les mili­taires pré­cé­daient les colons ; aujourd’hui c’est la « tech­no­lo­gie » qui déboule d’abord – c’est de la jouer « écolo » avec des pan­neaux solaires. La blague ! Ils vont tout bon­ne­ment enva­hir le Sahara – pas grave, c’est un désert – et plan­ter leurs pylônes à tout va. Sans doute n’oseront-ils pas, ces affai­ristes tein­tés de sens démo­cra­tique, on ne rigole pas, la jouer car­ré­ment à la Mobutu. Non, ils dis­tri­bue­ront plus visi­ble­ment, osten­si­ble­ment, quelques miettes de kilo­watts à grands coups de com’ tiers-​mondiste. Crai­gnons le pire. Pour le peu que les Chi­nois sur­en­ché­rissent en tirant leurs lignes jusque là-​bas…

Obama devra reve­nir encore et sou­vent sur les traces de ses loin­tains ancêtres s’il veut par­ve­nir à bran­cher leurs actuels des­cen­dants sur les étroites voies du libé­ra­lisme démocraticable.