« Depuis plusieurs semaines, la galerie de paléontologie du Muséum national d’histoire naturelle est le théâtre d’une progressive et minutieuse résurrection. Pièce après pièce, Sarcosuchus imperator, crocodile géant du Niger, dit » Supercroc » aux Etats-Unis, reprend forme. »
Ainsi démarre un inquiétant papier paru dans Le Monde [27/12/09], page 13, intitulé « La résurrection de l’empereur des crocodiles ».
On imagine l’application dont a dû faire preuve Philippe Dagen, pour mener à terme son long article – quatre colonnes pleines – sans dévier d’un pouce du sérieux scientifique requis. Car, enfin quoi, un Sarcosuchus imperator, outre que ça ne se découvre pas tous les jours, diable merci, ça ne s’invente pas non plus ! Et il ne l’a pas été, inventé, cet empereur aux dents si longues reconstitué par Philippe Lelièvre et son équipe. Lelièvre et le crocodile géant, décidément, toute cette histoire ficelée pour le Muséum d’histoire naturelle de Paris, donne matière à fabuler… D’aucuns vont s’en donner à cœur joie. Pensons au plumitif du Canard fourbissant son tout prochain papier pour lequel on peut toujours lui souffler de la titraille :
Mauvais présage pour 2010 : un deuxième crocodile dans le marigot sarkosien
Mouais… Essayons :
L’ancêtre de l’actuel était déjà imperator
Encore :
L’empereur des crocodiles entre au Muséum ; son descendant ira-t-il au Panthéon ?
Et ça :
Sarcosuchus imperator : les Américains l’appellent Supercroc
Pensons aussi à la bande de Charlie Hebdo qui,en 2007, avait prétendu qu’en hongrois Sarkozy signifie littéralement « dans la boue ». Il proviendrait de la ville hongroise de Sarköse, bâtie effectivement sur des marécages. Nous y revoilà bien dans le marigot originel !
Si des visiteurs se sentent d’inspiration, qu’ils ne se gênent pas dans leurs commentaires !

Photo extraite du Monde : la mâchoire de l’Impérator a dû inspirer Plantu…




C’est un conte de Noël, emprunté à La Provence [18/12/09]. Lisez voir ci-contre [clic droit] leur plat billet, mieux que rien. Mais à la veille du fiasco de Copenhague – on peut bien crever la gueule ouverte – l’historiette de la rainette de Salon valait bien une fable. Même les Fontaine se tarissent de nos tristes jours. Je tente la mienne, également à base de grenouillette, peut-être même de l’espèce de Salon (de Provence).



