On n'est pas des moutons

Archive for février, 2010

Alerte générale : Langlois se lance dans la « Panouille » !

Fine plume et même fine lame s’il en est, l’auriez-vous man­qué dans son bloc-notes heb­do­ma­daire de Poli­tis que ce ne serait pas par­don­nable. Mais grand sei­gneur aussi, voilà qu’il vous ouvre tout grand les portes de son tout nou­veau blog. Ben oui, je parle de Ber­nard Lan­glois – comme si vous ne l’aviez pas deviné ! – vieux pote et com­plice en moult com­bats et aven­tures jour­na­leuses. Vingt-trois ans après avoir enfanté Poli­tis, il dit jeter l’éponge tout en mon­tant sur un autre ring qu’il dénomme « Panouille ! ». Hein, quoi ? Drôle de nom, n’est-il pas ? On ne pour­rait a priori le décryp­ter sans avoir vu – ou subi – comme moi, un Lan­glois en culotte d’étudiant jour­na­leux s’essayer à la comé­die… Une vague affaire de légion­naires romains ou de hal­le­bar­diers pau­més, je ne sais plus bien… dans laquelle il tenait un rôle de figu­ra­tion, une « panouille » 
comme disent les gens de théâtre. D’où le blog du même nom, chez Politis.fr. Y a qu’à cli­quer sur le panache de Cyrano et vous y êtes, là où il s’annonce en figu­rant, mon œil !

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CUBA – Orlando Zapata, 42 ans, opposant politique, mort après deux mois de grève de la faim

orlando_zapata_cuba.1267113374.jpgOrlando Zapata Tamayo, est mort, mardi 23 février, dans un hôpi­tal de La Havane. Il menait une grève de la faim de plus de deux mois pour pro­tes­ter contre ses condi­tions de déten­tion. Membre d’une orga­ni­sa­tion de défense civique illé­gale, le Direc­toire démo­cra­tique cubain, il avait été condamné en 2003 à dix-huit ans de pri­son pour « désordre public ».

Il s’agit du pre­mier détenu poli­tique « à mou­rir en déten­tion depuis le début des années 1970 à Cuba », affirme la Com­mis­sion pour les droits de l’homme et la récon­ci­lia­tion natio­nale, une orga­ni­sa­tion illé­gale mais tolé­rée par le pou­voir cubain. Selon son pré­sident, Eli­zardo San­chez, « Il s’agit d’un assas­si­nat vir­tuel, pré­mé­dité », accu­sant les auto­ri­tés d’avoir trop tardé à offrir des soins au dis­si­dent trans­féré la semaine der­nière seule­ment de Camagüey, dans le centre du pays, où il était incar­céré, dans un hôpi­tal de La Havane.

Prix Sakha­rov 2002 du Par­le­ment euro­péen, le dis­si­dent chré­tien Oswaldo Paya a accusé les auto­ri­tés cubaines d’avoir « assas­siné len­te­ment » ce maçon de pro­fes­sion et noir de peau, vic­time, selon lui, de coups et de vio­lences racistes lors de sa déten­tion. L’économiste dis­si­dent Oscar Espi­nosa Chepe, arrêté en 2003 et libéré pour des rai­sons de santé, estime que cette affaire pour­rait se repro­duire en rai­son du « très mau­vais état » des pri­sons cubaines, où aucune orga­ni­sa­tion inter­na­tio­nale n’est admise. C’est le cas d’Amnesty Inter­na­tio­nal, qui estime à 65 le nombre des « pri­son­niers de conscience » cubains. La plu­part des obser­va­teurs inter­na­tio­naux éva­luent cepen­dant à envi­ron 200 le nombre de pri­son­niers poli­tiques à Cuba.

Les pré­si­dents bré­si­lien Luiz Inacio Lula da Silva et véné­zué­lien Hugo Cha­vez sont arri­vés mardi soir à La Havane, sans faire de com­men­taires, après un som­met dit de « l’Unité » au Mexique des 32 pays de la région. De son côté, le pré­sident cubain, Raul Cas­tro, n’a pas craint de « regret­ter » la mort d’Orlando Zapata. Depuis tou­jours, les auto­ri­tés cubaines accusent les dis­si­dents d’être des « agents » ou des « mer­ce­naires » à la solde des Etats-Unis.

La popu­la­tion et l’économie cubaines se trouvent à bout de souffle. La crise s’est aggra­vée ces der­niers temps, à tel point que le pays est placé au bord d’une ces­sa­tion de paiement.

[Sources AFP, Le Monde, Yoani Sán­chez – Gene­ra­cion Y]


Frank-Einstein Lovisolo-Guillard : énergie du son, relativité du bruit

99882_p1010008.1266589835.jpgLe demi-siècle et la cri­nière blan­chie, regard mar­ron et sombre d’ébouriffé, emballé comme un beau diable dans son cache-poussière… Envoyez le géné­rique ! Le voilà qui sur­git dans l’ocre flam­bant d’un Ser­gio Leone. Ou plu­tôt d’un de ces tableaux fan­tas­tiques, genre grand roman­tisme alle­mand du XIXe, oui c’est ça : 958491-1191148.1266589881.jpg« Le voya­geur au-dessus de la mer de nuages » peint par Cas­par David Frie­drich. »> [clic droit]

Frank, que je vois ainsi, et qui est donc tout autre chose, certes. Frank Lovisolo-Guillard, enfant de Tou­lon et du monde, et des arts – les bozarts et ce qui les trans­gresse. Sa bio com­mence par l’officiel « Pre­mier prix de Gui­tare clas­sique » – et ne s’achève pas, merci. Mais la réfé­rence compte comme point d’adoubement et de départ. Res­tera à pas­ser le per­mis de dyna­mi­ter. Les bar­rages ont fini par céder, l’académisme avec et la vie a fait le reste, à coups de ren­contres comme tou­jours. A com­men­cer par celle du grand-père Ange­lin, pre­mier trom­bone à l’opéra de Tou­lon et qui lui don­nera ses pre­miers cours. Lui aura appris à mar­cher sur les fils ténus des por­tées, plus sûr que de comp­ter (sur) les gènes… Il sai­sit la gratte, clas­sique encore, tâte les che­mins de tra­verse, va, court et s’envole.

Sau­tons le temps, le voici der­rière ses pupitres de savant fou, Frank-Einstein de l’électronique et des notes fofolles qu’il titille et hous­pille à coups de cla­viers et de mots pas­sés les uns et les autres à la mou­li­nette de l’ordi, ce dieu mau­dit et génial libé­rant le démiurge, Ber­nard Palissy des notes frap­pées à l’enclume, au fond de la cave, atha­nor secret où bouillonnent des mor­ceaux vifs de Cage, Ligeti, Nono, Pen­de­re­cki, Dusa­pin… Ça fait des grands slurps, lapés par une langue avide de mots pui­sés chez Bau­de­laire, Rim­baud, Lau­tréa­mont et aussi chez les potes d’à côté, voisins-voisines en tous genres de musique et paroles, de poé­sie. Quand il ne puise pas dans ses stocks four­nis d’images et de pho­tos, plus ou moins « sho­pées », images des temps numé­riques, notes de même, dont celles de jeu­nesse cho­pées cette fois chez Hen­drix, Crim­son, Zep­pe­lin, Zappa, ou encore fro­tas­sées au grand jazz, s’il en est de petit.

Ainsi va l’ « ingé-son », appri­voi­sant les bruits [John Cage : « Si un bruit t’ennuie, écoute-le ! »], par­cou­rant la planète-son, de fes­ti­val en Mou­lin à jazz, ou encore comme offi­ciant des Gypsie-King, nomade qu’il est lui aussi, image et son, à arpen­ter le Land-Art qu’ont déblayé avant lui les Kan­dinsky, Mes­sa­ger et Christo.

Pour en apprendre plus sur tout ça, sur l’Élec­troÉ­clec­tisme et sur Lui : bon de dégus­ta­tion immo­dé­rée ici [http://blogs.arte.tv/ElectroEclectisme ] et là  [http://franklovisolo.over-blog.com/] et encore ici [http://www.myspace.com/franklovisolo ]


Sauvons d’abord la retraite de nos grands politiciens !

lmonde-2010-02-15.1266327554.jpgCrai­gnons le pire… Quand l’Omni, s’agissant des retraites, « exclut de pas­ser en force », on peut redou­ter qu’il « inclut de pas­ser en douce » avec les mêmes objec­tifs. On peut en effet tout attendre ce cette rup­ture stra­té­gique, atti­tude plu­tôt nou­velle, en appa­rence, sinon revi­re­ment pour cet adepte de l’agitation rigide.

Or, à pro­pos de niches fis­cales et autres régimes spé­ciaux, je retrouve la vidéo dif­fu­sée l’an der­nier par iPol.fr d’une fis­ca­liste éva­luant sur tableau de papier le mon­tant des retraites de nos grands diri­geants. Le plus grand d’abord, Jacques Chi­rac, qui empile ses retraites diverses » pour un mon­tant men­suel de 30 800 euros. Oui, vous avez bien lu : 30.800 euros chaque mois ! Soit, dans le détail, les retraites de (en euros) :

– Pré­sident de la Répu­blique : 5 250

– Député : 5 031

– Magis­trat à la Cour des comptes : 3 500

– Conseiller géné­ral et maire (de Paris) : 5 000

– Membre de droit du Conseil consti­tu­tion­nel : 12 0000

Faut-i vous l’emballer ? Non non merci bien, c’est pour englou­tir tout de suite !

A côté de quoi la future retraite de Sar­kozy paraî­tra minable, soit :

– Député : 4 000

– Prés. de la Répu­blique : 5 250

– Man­dats locaux (mai­rie de Neuilly) : 2 000

– Conseil consti­tu­tion­nel : 12 000

TOTAL : 23 250 (Encore un souci de plus pour not’ président).

Et celle de Fillon ? Voilà voilà :

Député : 5 973,33

Man­dats locaux : 2 000

TOTAL : 7 973,33

Bouh, le minus ! (Le docu­ment n’a pas pré­cisé s’il tou­che­rait aussi une retraite d’ancien pre­mier ministre).

A noter en pas­sant le régime très spé­cial autant qu’avantageux des dépu­tés, ces fai­seurs de loi dont la cha­rité semble bien ordon­née. En effet, il suf­fit d’avoir tenu un seul man­dat de cinq ans pour avoir droit, dès 60 ans, à une retraite men­suelle de 1 287 euros. Pour deux man­dats, hop, ça double, et ainsi de suite ! D’où la palme de nos exemples ci-dessus à Fillon qui a été député durant 22 ans (plus de quatre man­dats). Ah, le brave homme !

Autre­ment dit le rap­port cotisation/retraite pour un député est de 1/6. Oui, un député touche six fois la mise de ses coti­sa­tions, soit six fois plus qu’un sala­rié moyen… Faut vrai­ment être con pour ne jamais s’être fait élire dans une vie d’honnête homme. (C’est mon cas…)


Soirée télé déprime. Plus de bistrots, plus de campagne et Alphaville en prime

JT de 20 heures. For­mule du jour : pas d’entrée, non merci, direct la tar­tine de poli­ti­caille avec quelques tranches bien sai­gnantes de « faits div’ » ou de catas­trophes, selon l’« actu »; un p’tit des­sert nappé de « société », et hop, un p’tit noir en clin d’œil léger pour oublier jusqu’au len­de­main. C’est ainsi sur toutes les chaînes. Celui de ce soir sur France 2 n’aura guère dérogé.

Côté sinis­trose, il nous a servi deux sujets à se flin­guer : le gri­gno­tage des terres agri­coles par le béton des villes – sept fois la sur­face de Paris chaque année, rien qu’en France ! Ils nous ont alors mon­tré la déprime de pay­sans de Manosque, mes voi­sins, dont les jours – enfin ceux de leurs oli­viers sur­tout – sont comp­tés. C’est comme ça, bafouille le maire, y a du monde qui demande, faut bien les loger. Et bla­bla. La jour­na­liste confirme et ren­force : il faut construire un hôpi­tal, un lycée inter­na­tio­nal, de nom­breux loge­ments… Ah oui, pour­quoi ? Bien sûr, elle n’allait pas remon­ter au déluge en une minute trente : notre besoin insa­tiable d’énergie et le mirage d’en pro­duire à pas cher et à l’infini. C’est l’histoire d’ITER et sa fameuse « fusion des étoiles », qui se construit à Cada­rache, juste en face (chan­tier de 70 hec­tares, forêt bou­sillée)… Un simple rap­pel eut été bien venu.

Autre sujet de déprime, la dis­pa­ri­tion des bis­trots à l’ancienne – « sans pré­ten­tion » comme a dit Puja­das. On en comp­tait 200 000 vers 1960, il en reste moins de 30 000. On dira que ça fait des poi­vrots en moins, et ça de moins aussi  de cir­rhoses, femmes bat­tues et gamins tarés. Mais le « trou de la sécu » est tou­jours plus béant. La, le « pour­quoi » à peine effleuré c’est aussi qu’on a viré les pro­los des centres villes ; d’ailleurs il n’y a plus de pro­los, recy­clés en chô­meurs. Mais les bobos, pas encore chô­mi­sés (ça va venir) emplissent désor­mais les rades « à pré­ten­tion » – ban­quettes char­nues, ouifi et tout le tralala.

C’était ma rubrique « tout fout le camp et même les Chi­nois vont rache­ter nos comp­toirs en zinc » ! Au secours le cher Faber, ils vont niquer ton Mon­sieur L’Homme et toi avec !

Alors, tant qu’à som­brer dans la déprime, je me suis versé un peu d’eau d’Écosse et, sur Arte, me suis tapé Alpha­ville avec Lemmy Cau­tion en chair et en Eddie Constan­tine – qui ne buvait pas de la camo­mille, même dans le film. Du vrai ciné en noir et blanc, fond et forme. Oppo­si­tion entre ombre et lumière. Obs­cu­rité et conscience – mot qui a été sup­primé à Alpha­ville, cette autre pla­nète qui res­semble fou­tre­ment à la nôtre avec ses archi­tec­tures mor­bides, ses cou­loirs à la Play­time revu par Godard, ces pan­tins en per­di­tion, refroi­dis sur ordre du « sys­tème tech­ni­cien » com­mandé par Alpha 60, un « super ordi­na­teur » à la voix d’outre-tombe et à la tronche de radia­teur élec­trique. On croise George Orwell et Fritz Lang, 1984 et Metro­po­lis, Céline et Éluard – la poé­sie, c’est la lumière qui jaillit de l’ombre. Le film va vers ses cin­quante ans (1965). Anna Karina y était magni­fique en fille déshu­ma­ni­sée d’un Von Braun pas déna­zi­fié. Eddie Constan­tine joue un faux jour­na­liste du Figaro-Pravda. Ce n’est pas seule­ment un espion venu des « pays exté­rieurs », c’est sur­tout le mes­sa­ger de l’Amour. Ouf ! Sauf que ça res­pire un max le No Future. On aura été pré­ve­nus !

Une vraie bonne soi­rée à finir dans un bis­trot de cam­pagne. Mais y a bien­tôt pu de bis­trot, et pu de campagne.

PS. Arte en pro­fite pour pro­gram­mer ce ven­dredi Metro­po­lis en ver­sion com­plète et res­tau­rée. Là encore, la réa­lité dépasse la fic­tion : Lang a ima­giné une société, quelle hor­reur, où riches et pauvres vivent dans deux mondes sépa­rés. Le film date de 1927. Les poètes ont de ces clairvoyances.


CUBA. Un journaliste arrêté à Holguín, la liberté d’informer toujours bafouée

Juan Car­los Reyes Ocaña, jour­na­liste de la petite agence Hol­guín Press, a été arrêté dans la mati­née du 29 jan­vier par la Police natio­nale révo­lu­tion­naire (PNR), et emmené dans une caserne sous les incul­pa­tions d” »outrage », « déso­béis­sance » et « acti­vité éco­no­mique illi­cite ». Remis en liberté le len­de­main, il observe une grève de la faim dans l’attente de son juge­ment qui pour­rait lui valoir la pri­son ferme.

Har­cè­le­ments de blo­gueurs, déten­tions arbi­traires et mau­vais trai­te­ments de pri­son­niers d’opinion res­tent carac­té­ris­tiques d’un régime qui ne tolère aucune infor­ma­tion en dehors de son contrôle et dont les timides évo­lu­tions depuis février 2008 s’arrêtent au seuil des droits de l’homme. Man­quant à leur parole, les auto­ri­tés de La Havane n’ont jamais rati­fié les deux Pactes de l’Onu rela­tifs aux droits civils et poli­tiques – signés au moment de la prise de fonc­tions offi­cielles de Raúl Cas­tro –, les­quels incluent la liberté d’expression. La nor­ma­li­sa­tion des rela­tions avec Cuba prô­née notam­ment par la pré­si­dence espa­gnole de l’Union euro­péenne ne sau­rait faire l’impasse sur les liber­tés fondamentales.

Aucun geste huma­ni­taire n’a été consenti en faveur des jour­na­listes arrê­tés lors du « Prin­temps noir » de mars 2003, dont Ricardo Gonzá­lez Alfonso, condamné à vingt ans de pri­son. Souf­frant de pro­blèmes de santé, en par­ti­cu­lier pul­mo­naires, le cor­res­pon­dant de Repor­ters sans fron­tières et fon­da­teur de la revue « De Cuba » s’est vu admi­nis­trer avec retard, le 26 jan­vier, un trai­te­ment qu’il atten­dait depuis des mois. Mal­gré son état, il reste main­tenu en cel­lule au péni­ten­cier du Com­bi­nado del Este (La Havane).

Autre pri­son­nier du « Prin­temps noir », éga­le­ment condamné à vingt ans de pri­son, Juan Car­los Her­rera Acosta, de l’Agence de presse libre orien­tale (APLO), a récem­ment dénoncé les mau­vais trai­te­ments et pri­va­tions ali­men­taires dont il a fait l’objet avec d’autres codé­te­nus (voir la vidéo ). Incar­céré depuis six mois, le doc­teur et col­la­bo­ra­teur de médias dis­si­dents Darsi Fer­rer a, quant à lui, subi un pas­sage à tabac en cel­lule alors qu’il était menotté.

La répres­sion vise de près les blo­gueurs et uti­li­sa­teurs d’Internet. Deux étu­diants ont été ren­voyés au mois de jan­vier pour un tra­vail d’information « non auto­risé ». Darío Ale­jan­dro Pau­lino Esco­bar a été exclu de l’Université de La Havane pour avoir créé une page sur le réseau social Face­book, conte­nant le compte rendu d’une réunion de l’Union des jeunes com­mu­nistes (UJC). Fille du pri­son­nier poli­tique Félix Navarro, Saylí Navarro a connu le même sort au sein de l’Université de Matan­zas pour ses acti­vi­tés de jour­na­liste indépendante.

Le 6 novembre 2009, la Sécu­rité de l’État (police poli­tique) a bru­ta­lisé les blo­gueurs Yoani Sán­chez, créa­trice de la plate-forme Gene­ra­ción Y, et Orlando Luis Pardo, à la veille d’une mani­fes­ta­tion [lire sur C’est pour dire]. Un troi­sième, Luis Felipe Rojas, a été arrêté à deux reprises en décembre et assi­gné à résidence.

[D’après Échange inter­na­tio­nal de la liberté d’expression (IFEX, Toronto) et Repor­ters sans fron­tières (RSF, Paris)]


Xavier Bertrand, salaud sartrien

J’écris « salaud sar­trien » par pré­cau­tion judi­ciaire, vu que c’est une caté­go­rie estam­pillée philo. Bon. Mais nor­ma­le­ment, si j’écrivais à un pote, je m’en pas­se­rais et par­le­rais plu­tôt de la dignité selon Camus. Car ce type est ignoble (contraire de noble, ça oui !), abject (qu’on a envie de jeter), mépri­sable, etc. Si vous vou­lez le voir en action, y a qu’à cli­quer sur l’image et vous allez assis­ter à la repré­sen­ta­tion la plus vile de ce qu’un poli­ti­cien peut don­ner à voir. Ce lamen­table spec­tacle montre un Xavier Ber­trand et non­obs­tant secré­taire géné­ral de l’UMP pra­ti­quer une danse du scalp, voire une mise à mort, autour d’un jour­na­liste du Cour­rier picard. Un tel mépris de la per­sonne, affi­ché avec tant de morgue, ça fait plus que froid dans le dos.

Cela se passe le 19 jan­vier, sur le pla­teau de l’émission « Ter­rain poli­tique » de la chaîne Public Sénat. Xavier Ber­trand, par ailleurs adjoint au maire de Saint-Quentin (Aisne), est ques­tionné par Nico­las Totet, res­pon­sable de l’édition locale du Cour­rier picard à Saint-Quentin. Le jour­na­liste n’est pas à l’aise, ce n’est pas son truc la télé. L’autre le toise de son œil noir comme un ban­dit au coin du bois. Pas besoin d’en dire plus puisque le docu­ment fait foi. Ce mor­ceau déso­lant va s’ajouter à la vaste antho­lo­gie cou­vrant la caté­go­rie vul­ga­rité et bas­sesse politiciennes.

Extrait des réac­tions des lec­teurs du monde.fr :

Sou­tien le plus total au jour­na­liste du Cour­rier Picard. Tout le monde ne peut pas être à l’aise à la télé­vi­sion, et pro­fi­ter des fai­blesses de son contra­dic­teur pour l’humilier, c’est vrai­ment pitoyable. Ne vous en faites pas Mon­sieur Totet, ce n’est pas vous qui sor­tez rabaissé de cette vidéo, mais bien le balourd d’en face.

Vrai qu’il fal­lait lui ren­trer dans le lard à l’ex assu­reur trop assuré, mais là nib ! Un jour­na­liste en forme de feuille morte trem­blante à la moindre chi­que­naude de l’engraissé Ber­trand. Le Cour­rier Picard… ça doit venir du cli­mat, le froid ça fait perdre ses moyens.

Je vous trouve dur avec le pauvre Xavier. Souvenez-vous, il était sympa dans le lip­dub de l’ump… Pen­sez à son déhan­che­ment, sa petite main au bout de son bras des­si­nant des vagues. Avouez, de suite, on res­sent bien la bêtise pro­fonde, grasse, du personnage…

Le com­por­te­ment de Xavier Ber­trand est celui d’un 4x4 face à une 2 che­vaux : gros, puis­sant et vul­gaire. Pro­pre­ment scan­da­leux, non pas fel­li­nien, mais berlusconien!


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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
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  • ouah__la_poilade_-_
    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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