On n'est pas des moutons

Archive for décembre, 2010

Les vrais faux vœux 2011 de qui l’on sait, censurés par Dailymotion…(Ça promet !)

Pour mar­quer ses 90 balais sans paraître trop gaga, le Parti com­mu­niste fran­çais s’est offert un détour­ne­ment des voeux de qui l’on sait. Exer­cice mar­rant et réussi dans le genre. Il est sur­tout relayé ici en rai­son de la cen­sure – c’est bien le mot – impo­sée par Dai­ly­mo­tion, qui a car­ré­ment coupé le robi­net ! C’est que le concur­rent fran­chouiillard de You­tube (USA) dif­fuse cette année les vœux offi­ciels du même qui vous savez… Fal­lait choi­sir, ce qui fut fait ! Mais ce qu’on sort par la porte toi­lée revient par les fenêtres.


…et les vrais vœux de « C’est pour dire » et de Faber

Et petit cadeau en prime, offert par La Provence.com de l’An neuf…

(Ndlr : On sup­pose l’intention chaste…)



Tunisie. Fortes tensions sociales et brutalités policières

La Tuni­sie est en proie à de graves ten­sions sociales pro­vo­quant des mani­fes­ta­tions et une répres­sion poli­cière des plus bru­tales. Un récit nous en est fourni par la Fédé­ra­tion des Tuni­siens pour une Citoyen­neté des deux Rives (FTCR), qui regroupe en France des Tuni­siens oppo­sés au régime de Ben Ali. De son côté, la télé­vi­sion qua­ta­rie El Jazira a lar­ge­ment rendu compte de ces évé­ne­ments comme le montre l’extrait ci-dessous/

« Le mou­ve­ment  de pro­tes­ta­tion  s’est déclen­ché  à Sidi Bou­zid le ven­dredi 17 décembre après qu’un jeune chô­meur, ven­deur ambu­lant de fruits et légumes, s’est immolé par le feu. Il venait d’être délogé du trot­toir par des poli­ciers. Ainsi a-t-il voulu signi­fier qu’il ne lui res­tait aucun espoir pour vivre dans la Tuni­sie des « miracles » éco­no­miques, dont le résul­tat est un chô­mage endé­mique qui touche aujourd’hui en par­ti­cu­lier la jeu­nesse, sans épar­gner aucu­ne­ment les titu­laires d’un diplôme supérieur.

« A par­tir de ce moment, ce sont d’importantes mani­fes­ta­tions de jeunes chô­meurs, de pré­caires et de tra­vailleurs qui sont des­cen­dues dans la rue. De nom­breuses villes des alen­tours de Sidi Bou­zid ont rejoint le mou­ve­ment dans un pre­mier temps, puis des villes du nord au sud du pays jusque la capi­tale, Tunis, ont donné à ce mou­ve­ment un carac­tère de ras-le-bol géné­ra­lisé contre le chô­mage, la cherté de la vie, la cor­rup­tion, l’injustice des poli­tiques sociales et éco­no­miques qui s’est éten­due à toutes les régions de la Tuni­sie. Les slo­gans les plus répan­dus y mettent en cause direc­te­ment les choix poli­tiques fon­da­men­taux du pou­voir et de l’administration.

« Le régime tuni­sien dans une atti­tude carac­té­ri­sée par l’autisme a refusé d’entendre ces cris de déses­poir. Sa seule réponse à ce mou­ve­ment paci­fique dans un pre­mier temps a été l’utilisation des forces de répres­sion. Il en est résulté la mort par balles d’un jeune de 18 ans, et de nom­breux bles­sés. (Lire la suite…)


Un an otages en Afghanistan !

Triste anni­ver­saire que celui des deux jour­na­listes de France 3 Hervé Ghes­quière et Sté­phane Tapo­nier et leurs trois accom­pa­gna­teurs, enle­vés lors d’un repor­tage en Afgha­nis­tan. C’était le 29 décembre 2009. Depuis, les plus direc­te­ment concer­nés – les familles des otages et le comité de sou­tien – n’ont reçu que d’indirectes preuves de vie des jour­na­listes pri­son­niers, dont une vidéo récente. En même temps, ils ont l’impression d’avoir été bala­dés par les auto­ri­tés fran­çaises cen­sées négo­cier avec les ravis­seurs. Sans doute font-elles tout leur pos­sible… Mais il reste la manière : celle par laquelle on entre­tient les rela­tions avec les dif­fé­rentes par­ties. Les­quelles en sont aujourd’hui à s’interroger sur les dosages entre infor­ma­tion et com­mu­ni­ca­tion gou­ver­ne­men­tale. Par la voix de Flo­rence Aube­nas, dans Le Figaro du jour, le comité de sou­tien inter­pelle solen­nel­le­ment les auto­ri­tés fran­çaises et pose cette ques­tion : « Un an déjà, qu’avez-vous fait ? »

Une péti­tion de 80 000 signa­tures a été remise à l’Élysée la semaine der­nière. Des mani­fes­ta­tions sont annon­cées aujourd’hui dans le pays, dans des villes et des vil­lages où par­fois, comme ici à Saint-Étienne-les-Orgues (Alpes de Hautes-Provence) dont la mai­rie a accro­ché sur sa façade les por­traits des deux otages.

Cinq autres otages fran­çais se trouvent actuel­le­ment rete­nus au Mali. Ils ont été enle­vés à Arlit au Niger le 16 sep­tembre,  ainsi qu’un Togo­lais et un Mal­gache. « Al-Qaida au Magh­reb isla­mique » (AQMI) a reven­di­qué ce rapt. Un sixième Fran­çais a été enlevé le 14 juillet 2009 à Moga­dis­cio, en Soma­lie. Il s’agit d’un membre de la Direc­tion géné­rale de la sécu­rité exté­rieure (DGSE) kid­nappé par des rebelles isla­mistes soma­liens. Un autre agent, a réussi à s’enfuir le 25 août dernier.



Côte d’Ivoire. Pour Jean-François Probst, « Gbagbo est plus proche de Mandela que de Mugabe »

Contre­point sur la situa­tion en Côte d’Ivoire pour ne pas embou­cher les trom­pettes domi­nantes. Ce chan­ge­ment de refrain vient d’un cer­tain Jean-François Probst, ancien bras droit de Jacques Chi­rac, franc-parleur et connais­seur de l’Afrique à sa façon. Après une car­rière poli­tique (il a notam­ment été conseiller de Jérôme Monod au RPR, secré­taire géné­ral du groupe RPR au Sénat, conseiller d’Alain Juppé et direc­teur de la com­mu­ni­ca­tion de la Mai­rie de Paris pour Jean Tibéri…), il est aujourd’hui consul­tant inter­na­tio­nal en com­mu­ni­ca­tion et conseille des chefs d’entreprise, des poli­tiques et des chefs d’État afri­cains. On lui doit aussi des chro­niques vidéo sur le site d’informations poli­tiques en ligne Bak­chich. Il était l’invité de Yan­nick Urrien le 21 décembre sur Ker­news, une radio locale de droite qui émet en Loire-Atlantique. Il est bon de chan­ger de point d’observation et les pro­pos (choi­sis) de Jean-François Probst ne manquent pas de déca­pant, ce qui est salu­taire quand il s’agit de ne pas som­brer dans le mani­chéisme si facil­le­ment rassurant.

Ker­news : Pour quelles rai­sons le gaul­liste que vous êtes estime-t-il que nos com­pa­triotes, par­ti­cu­liè­re­ment ceux qui sont atta­chés aux sou­ve­rai­ne­tés natio­nales, doivent s’intéresser aux évé­ne­ments de Côte d’Ivoire qui, selon vous, mar­que­ront l’histoire de l’Afrique ?

Ph. Bak­chich

Jean-François Probst : Pour com­prendre ce qui se joue aujourd’hui, il faut se repor­ter à la fin de la IVe Répu­blique. Les socia­listes n’arrivaient pas se dépê­trer des affaires colo­niales et c’est là que le géné­ral De Gaulle a joué un coup majeur, pour l’intérêt supé­rieur de la France et des Afri­cains : il a octroyé par réfé­ren­dum à chaque pays la pos­si­bi­lité de deve­nir indé­pen­dant et sou­ve­rain. La base de l’indépendance natio­nale lorsque l’on est gaul­liste, c’est le 18 juin 1940. C’est le refus de l’occupant, c’est le refus de la col­la­bo­ra­tion avec l’ennemi, c’est la capa­cité, mal­gré la dif­fi­culté, à résis­ter. En Côte d’Ivoire, la flamme d’une résis­tance géné­rale, contre les colo­ni­sa­teurs, les anciens colo­ni­sa­teurs ou les nou­veaux colo­ni­sa­teurs que sont les États-Unis, la Chine ou l’Inde, cela existe. Dans le monde entier, des cen­taines de mil­liers de jeunes gens s’informent et voient bien qu’il y a quelque chose qui ne fonc­tionne pas. Ce qui ne fonc­tionne pas, c’est un point très cher à la doc­trine du géné­ral De Gaulle : l’organisation des Nations Unies, «le machin» comme l’appelait le géné­ral. C’est une orga­ni­sa­tion qui n’a pas lieu de s’ingérer dans les affaires inté­rieures d’un pays pour régler ou annon­cer les choses à sa manière. Dans ce qui se passe, la res­pon­sa­bi­lité de l’ONU est patente. Les Nations Unies ne font pas res­pec­ter leurs réso­lu­tions de manière géné­rale, que ce soit en Israël, en Iran ou au Kosovo après les tra­fics d’organes…

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Pétition en faveur du cinéaste iranien Jafar Panahi

En réac­tion à la condam­na­tion à la pri­son du cinéaste ira­nien Jafar Panahi, un col­lec­tif s’est consti­tué autour de pro­fes­sion­nels du cinéma et de la culture afin d’organiser pro­tes­ta­tion et soli­da­rité. Une péti­tion peut être signée en ligne par tous ceux qui se sentent concer­nés par cette nou­velle atteinte por­tée aux droits de l’homme par le régime iranien.

« Nous appre­nons avec colère et inquié­tude le juge­ment du Tri­bu­nal de la Répu­blique Isla­mique à Téhé­ran, condam­nant très lour­de­ment le cinéaste ira­nien Jafar Panahi. La sen­tence : six ans de pri­son ferme, vingt ans d’interdiction d’écrire et de réa­li­ser des films, de don­ner des inter­views aux médias, de quit­ter le ter­ri­toire et d’entrer en rela­tion avec des orga­ni­sa­tions cultu­relles étrangères.

Jafar Panahi, condamné à six ans de pri­son, vingt ans d’interdiction d’écrire et de réa­li­ser des films, de don­ner des inter­views aux médias, de quit­ter le ter­ri­toire et d’entrer en rela­tion avec des orga­ni­sa­tions cultu­relles étrangères.

« Un autre cinéaste, Moham­mad Ras­sou­lov, a éga­le­ment été condamné à six ans de pri­son. Jafar Panahi et Moham­mad Ras­sou­lov vont rejoindre les nom­breux pri­son­niers qui crou­pissent en pri­son en Iran, dans un état de détresse totale. Cer­tains font la grève de la faim, d’autres sont gra­ve­ment malades.

« Que reproche le pou­voir ira­nien à Jafar Panahi ? D’avoir conspiré contre son pays et mené une cam­pagne hos­tile au régime ira­nien. La vérité est que Jafar Panahi est inno­cent et que son seul crime est de vou­loir conti­nuer d’exercer libre­ment son métier de cinéaste en Iran. Depuis plu­sieurs mois le pou­voir ira­nien a mis en place contre lui une véri­table machine de guerre visant à le détruire, à l’enfermer en le contrai­gnant à se taire.

« Jafar Panahi est cinéaste et ses films ont été mon­trés dans le monde entier. Invité par les plus grands fes­ti­vals de cinéma (Cannes, Venise, Ber­lin), il est aujourd’hui empê­ché de pour­suivre son œuvre de cinéaste. La lourde condam­na­tion qui le frappe le prive de liberté, l’empêche phy­si­que­ment et mora­le­ment d’exercer son tra­vail de cinéaste. Il doit désor­mais se taire, s’interdire tout contact avec ses col­lègues cinéastes en Iran et dans le monde entier.

« A tra­vers cette condam­na­tion qui frappe Jafar Panahi, c’est tout le cinéma ira­nien qui est mani­fes­te­ment visé.

« Cette condam­na­tion nous révolte et nous scan­da­lise. Aussi, appelons-nous cinéastes, acteurs et actrices, scé­na­ristes et pro­duc­teurs, tous les pro­fes­sion­nels du cinéma ainsi que tous les hommes et femmes épris de liberté et pour qui les droits de l’homme sont une chose fon­da­men­tale, à se joindre à nous pour exi­ger la levée de cette condamnation. »

Rejoi­gnez l’appel aux côtés de : le Fes­ti­val de Cannes, la SACD, la Ciné­ma­thèque fran­çaise, l’ARP, la Ciné­ma­thèque suisse, le Fes­ti­val inter­na­tio­nal du film de Locarno, le Forum des images, Posi­tif, la SRF, lesCahiers du cinéma, Cité­philo (Lille), France culture, la Mos­tra Inter­na­zio­nale d’Arte Cine­ma­to­ga­fica di Vene­zia, Cultu­res­france, la Quin­zaine des Réa­li­sa­teurs, Sara­jevo Film Fes­ti­val, Cinéma Gin­dou, Centre Audio­vi­suel Simone de Beau­voir, Centre Cultu­rel Pouya.


Cuba. Le Prix Sakharov à Guillermo Fariñas excite la « bienveillance » de Mélenchon

Jean-Luc Mélen­chon a pré­féré quit­ter l’hémicycle du Par­le­ment de Stras­bourg plu­tôt que d’assister,  mercredi 15 décembre, à la remise du prix Sakha­rov au dis­si­dent cubain Guillermo Fariñas, empê­ché par la dic­ta­ture cas­triste de quit­ter l’île. Comme lors de la remise du prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo, cinq jours avant, la céré­mo­nie s’est dérou­lée devant une chaise vide.

Chaise vide pour le Prix Sakha­rov (Pn. Par­le­ment européen)

L’auteur de Qu’ils s’en aillent tous ! a déclaré à l’AFP : « Le Par­le­ment euro­péen est embri­gadé dans des croi­sades anti­com­mu­nistes qui m’exaspèrent. Ça ne veut pas dire qu’on approuve l’emprisonnement, ça veut dire qu’on désap­prouve la manière dont le Par­le­ment est bien­veillant pour des dic­ta­tures fas­cistes, et mal­veillant vis-à-vis du camp pro­gres­siste. »

Et le « camp pro­gres­siste », selon Mélen­chon n’est autre que cet aimable club regrou­pant notam­ment Cuba, la Chine et le Vene­zuela de son ami Cha­vez. Atti­tude symp­to­ma­tique chez les trots­kistes d’un jour ou/et de tou­jours (le lea­der du Parti de gauche fut membre actif de l’Organisation com­mu­niste internationaliste).

À pro­pos des rela­tions entre la France et la Chine, Mélen­chon écrit dans son livre : « Il y a entre nous une culture com­mune bien plus éten­due et pro­fonde qu’avec les Nord-Américains. Les Chi­nois, comme nous, accordent depuis des siècles une place cen­trale à l’Etat dans leur déve­lop­pe­ment. Dans leurs rela­tions inter­na­tio­nales, ils ne pra­tiquent pas l’impérialisme aveugle des Amé­ri­cains. La Chine est une puis­sance paci­fique. Il n’existe aucune base mili­taire chi­noise dans le monde. (…) La Chine n’est pas inté­res­sée au rap­port de forces de cet ordre. »  De cet ordre, admet­tons… Mais dans l’ordre de la démocratie ?

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Au Moulin à Jazz à Vitrolles. « If Duo » entre carpe et lapin

« If duo », accou­ple­ment de la carpe et du lapin : déjà, marier piano et trom­pette en duo et en jazz, faut oser. Bruno Ange­lini et Gio­vanni Fal­zone l’ont fait, sur scène et en public. Lequel a été emballé. C’était ce samedi 11 décembre au Mou­lin à Jazz de Vitrolles. Suite du rendu de concert sur Citi­zen Jazz.

Ils se parlent aussi en jouant…

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Carla Bley Trio à Aix-en-Provence. Casque d’or et ses deux princes

Carla et moi, je dois dire, c’est toute une his­toire… Nous par­lons bien de celle-là : une reine, pas la loca­taire ély­séenne de pas­sage. Carla Bley jouait hier [29/11/10] à Aix, au Grand théâtre de Pro­vence, avec ses deux com­plices de fond, Steve Swal­low (basse) et Andy Shep­pard (saxos). Une sorte de pur dia­mant à trois pointes, vous voyez la rareté… L’histoire, donc, veut que je les piste sans réel­le­ment le vou­loir, mais quand même un peu. A chaque fois dans des confi­gu­ra­tions musi­cales par­ti­cu­lières. [Suite là, sur Citi­zen Jazz]

En dérive dans le cosmo-jazz…


Mon Œil. Un plein de sexisme (ordinaire ou super), svp !

Encore deux bonnes pubs à réveiller ce qu’il reste de fémi­nistes des deux sexes (seraient-elles et ils vaincus ?).

Pub du jour (2010, XXe siècle)) dans la presse natio­nale. Il fau­dra encore bien de l’énergie !

Ici c’est la Total(e) : la ques­tion du genre y est, on le voit, magni­fiée dans les plus belles repré­sen­ta­tions sexistes. Pour l’une le sou­rire, le ser­vice, la doci­lité sur fond de sta­tion dépri­mante – l’éternel « sois belle et tais-toi ! ». Pour l’autre, l’avenir, la mise au point, la tech­nique triom­phante, la gloire des cir­cuits de course. Elle regarde vers le bas, rési­gnée sur son sort. Il lève les yeux au ciel, vers l’avenir radieux. Alle­luia les mecs !

Poi­trine à l’Air (France), les nou­velles combattantes…

Là, vul­gai­re­ment exprimé, c’est la récu­pé­ra­tion des luttes fémi­nistes anciennes. Seins en avant (sous chan­dail quand même, on est smart à Air France), main sur la hanche mais tresse bien sage (un peu délu­rée et très hôtesse de l’air), la jeune et jolie nana à l’air décidé part en guerre contre les « low cost », ces radins qui feraient même payer mes « sup­plé­ments », sui­vez mon regard.

Comme disait le regretté Pro­fes­seur Cho­ron : « La pub nous prend pour des cons, la pub nous rend cons ! »


WikiLeaks. Le plaisir trouble du voyeur devant la « transparence »


Je dois au com­men­taire de « Tur­lu­tutu » [
voir dans Le Monde et Wiki­Leaks. Info ou bruits de chiottes ?]  de m’amener à plus de nuances sur l’ « affaire Wiki­Leaks ». Ayant picoré ça et là dans la pel­le­tée déver­sée par Le Monde, je dois recon­naître l’intérêt de cer­tains pas­sages; pas tant sur le fond, non, que sur la forme (qu’en termes diplo­ma­tiques ces choses là, etc.) et sur­tout sur l’origine, ce qui donne à ces infos le plai­sir du voyeur der­rière son trou de ser­rure. Ce qui se passe der­rière la porte, on s’en dou­tait bien. Voilà main­te­nant qu’on nous le met sous le nez. Est-ce que ça sent plus ou mains mau­vais ?, voilà ce dont on peut discutailler…

Mais le débat vaut davan­tage sur le thème de la trans­pa­rence, selon que l’on place le cur­seur en deçà ou au delà de «  1984 ″. Je me réfère à George Orwell, bien sûr, dénon­çant la trans­pa­rence tota­li­taire – celle qui va donc très au delà ; la même dont par­lait Panaït Istrati à pro­pos du sys­tème sovié­tique dont il dénon­çait (en 1927 !) «  la main noire enfon­cée dans le ventre de l’homme  ». Comme si les États, qui ont ten­dance à TOUT s’autoriser (ten­ta­tion tota­li­taire), pou­vaient impu­né­ment s’arroger le droit de fouiller jusque dans vos têtes et aussi, oui, vos tripes. Nous n’en sommes pas loin, quand nous n’y sommes pas car­ré­ment plon­gés, avec les pra­tiques innom­brables de son­dages d’opinion, avec les sys­tèmes enva­his­sant de vidéo sur­veillance, avec ces contrôles d’identité vous trans­per­çant jusqu’à la moelle (scan­ner des aéroports).

Jusqu’où trop voir ?

En deçà main­te­nant du cur­seur « 1984 », on pour­rait situer le champ « nor­mal » de l’information, au sens jour­na­lis­tique pré­ci­sé­ment ; celui par lequel même les pré­ten­dues démo­cra­ties se voient sur­veillées par une sorte de contre-pouvoir. C’est là que l’affaire Wiki­Leaks se trouve sur le fil du rasoir. En effet, d’un côté il par­ti­cipe de cette salu­taire levée de l’obscurité éta­tique, tan­dis que de l’autre il en uti­lise méthodes et moyens. Si on exige la trans­pa­rence des États, ou si on les y contraint à leurs « corps » défen­dant, com­ment s’opposer à leurs pra­tiques autre­ment qu’en pro­vo­quant une sorte de sur­en­chère guer­rière sans fin ?

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Tournée générale : Copé offre sa rasade de langue de bois

Le pré­ten­tieux et sa pro­messe d’ivrogne.

Le plus drôle, c’est que Copé ait osé com­mettre un bou­quin sous ce titre-là : Pro­mis, j’arrête la langue de bois (2006). Pro­messe d’ivrogne, on sait ce que ça donne. Ainsi mardi der­nier [30/11/10] sur France Inter le matin, quand un pre­mier audi­teur lui demande des expli­ca­tions sur ce parti d’UMP dont le secré­taire géné­ral est car­ré­ment dési­gné par qui l’on sait. S’ensuivent 7 minutes de bafouillis acro­ba­tiques le long d’une corde à nœuds, soit des : « Y a pas un Fran­çais qui pense que… », « Je vais vous dire [ava­lage d’excès sali­vaire : lan­gage du corps en défense]… », « …Je sais pas com­ment on peut dire… », bzzz-bzzz, « …nos élec­tions internes… mais c’est vrai »…, « …un jour ou l’autre, ce débat devra être ouvert », « …pour tout vous dire… » , « Non non non vous savez on est comme on est… moi j’ai tou­jours dit très clai­re­ment les choses et… [sic] », « …cha­cun sait très bien, cha­cun a son style… voilà… moi je suis quelqu’un qui a tou­jours dit ce qu’il pen­sait, voilà… » [re-sic], « écou­tez, je vais vous dire, comme dans toutes les grandes démocraties… »

Et là, à ce som­met de nul­lité ver­beuse, je pro­pose d’instituer le « Point Copé ». Le Point Copé donc, serait l’équivalent poli­ti­card du Point God­win, déjà pré­senté ici même, signi­fiant qu’un débat ou une conver­sa­tion a atteint sa limite et qu’il vaut mieux y mettre fin. Là, rete­nons l’excellent bou­ton déclen­cheur, indé­pas­sable argu­ment : « Comme dans toutes les grandes démo­cra­ties… »

En fait, Copé n’a plus qu’une idée en tête – ce qui doit blo­quer toutes les autres : deve­nir le pro­chain Sar­kozy en 2012. C’est d’ailleurs pour­quoi il fait tant de lèches à l’actuel, qu’il aime­rait tel­le­ment voir se fra­cas­ser dans la grande lar­geur – mais seule­ment en fin de second man­dat (le der­nier légal), où il appa­raî­trait alors en Zorro de la droite. Quel plan, mazette !

En atten­dant, on peut se réga­ler (dans le genre) avec ces quatre minutes d’extrait radio (plus serait vrai­ment saoûlant) :

Clip audio : Le lec­teur Adobe Flash (ver­sion 9 ou plus) est néces­saire pour la lec­ture de ce clip audio. Télé­char­gez la der­nière ver­sion ici. Vous devez aussi avoir JavaS­cript activé dans votre navigateur.


La Côte d’Ivoire en proie à la guerre civile

Voilà la Côte d’Ivoire à nou­veau entraî­née dans le gouffre. En pro­cla­mant aujourd’hui [3/12/10] « la vic­toire de Laurent Gbagbo » à l’élection pré­si­den­tielle du 28 novembre, le conseil consti­tu­tion­nel à la botte du pré­sident sor­tant vient d’enclencher le pire. C’est-à-dire, pro­ba­ble­ment et hélas, le début (ou la reprise) d’une guerre civile et peut-être aussi la par­ti­tion du pays.

Ces résul­tats du conseil consti­tu­tion­nel (51,45 % des voix à Gbagbo) contre­disent, et inva­lident, les résul­tats pro­vi­soires annon­cés jeudi par la com­mis­sion élec­to­rale indé­pen­dante (CEI), qui ont donné le can­di­dat de l’opposition et ex-premier ministre, Alas­sane Ouat­tara, gagnant du scru­tin avec 54,1 % des voix contre 45,9 % au sortant.

Laurent Gbagbo, cet ancien prof d’histoire mar­xi­sant, ancien oppo­sant au dic­ta­teur « éclairé » Félix Houphouët-Boigny dans les pas duquel il s’est empressé de mettre les siens, aggra­vant ainsi le schisme entre le sud et le nord du pays. De ce nord érigé en for­te­resse anti-Gbagbo, autour d’Alassa, ex-directeur géné­ral adjoint du FMI et chantre d’un moder­nisme africano-libéral.

Ce n’est là, en quelques mots, qu’une image réduc­trice face à une réa­lité des plus com­plexes dans laquelle s’entremêlent l’histoire colo­niale et, par delà, les luttes tri­bales et même confes­sion­nelles – le concept d’ « ivoi­rité » mar­quant cette fron­tière sca­breuse entre un nord tourné vers l’influence musul­mane et un sud « de la forêt », plus ani­miste et aussi christianisé.

> > Articles sur « C’est pour dire » en tapant « Côte d’Ivoire » dans la case Recherche. Et aussi un repor­tage de février 2008, « Jour tran­quille à Petit– Danané « , un trop rare moment de paix.


Le Monde et WikiLeaks. Info ou bruits de chiottes ?

Comme d’autres quo­ti­diens occi­den­taux, Le Monde fait ses gorges chaudes des « révé­la­tions » de Wiki­Leaks… Bof, ce n’est même pas du « gorge pro­fonde » de l’époque Water­gate. Jusqu’à main­te­nant, on n’apprend rien de ces perles « secrètes », sinon des can­ca­nages entre langues de putes et autres petits-grands rap­por­teurs diplo­ma­tiques. Et que je te dégoise sur l’un-l’autre et réci­pro­que­ment. Rien qu’on ne sache d’instinct, qui ne soit lisible dans les actes et sur les tronches mêmes de ces diri­geants somme toute maîtres ès faux-culs, un savoir-faire sans lequel on ne sau­rait péné­trer les arcanes du pouvoir.

Que Le Monde s’en amuse avec sérieux, voilà qui dit bien le rape­tis­se­ment du jour­na­lisme jadis « de réfé­rence ».  Qu’il en fasse son feuille­ton de l’hiver, serait-ce pour diver­tir et repo­ser ses lec­teurs des  affaires en rafales qui secouent la société fran­çaise – pour ne par­ler que de celle-là ? Quant à rap­por­ter sous cou­vert d’information des ragots de cou­loirs – même d’ambassades –, n’est-ce pas les confondre avec des bruits de chiottes ?


  • Twitter — Gazouiller

  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
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    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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