On n'est pas des moutons

Archive for janvier, 2011

Voyager loin et très ailleurs pour pas cher…

Offrez-vous ce fas­ci­nant voyage dans un ailleurs tout proche. Et après, on ouvre un débat sur les frac­tales et, pen­dant qu’on y sera, sur la musique electro-acoustique.


Musi­cians With Guns — Astro­blast
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Normalement, le sommet de Davos ne devrait plus exister…

La grand-messe annuelle  du capi­ta­lisme mon­dia­lisé bat son plein une fois de plus depuis mer­credi. La nou­veauté, cette année, c’est  la crainte mani­feste des explo­sions sociales dans le monde. La révo­lu­tion tuni­sienne est pas­sée par là et la rue gronde ou menace ça et là. Le texte qui suit n’y va pas par quatre che­mins. Il émane de l’association alter­mon­dia­liste Attac, ins­piré en par­tie par… le quo­ti­dien éco­no­mique Les Échos. Les temps chan­ge­raient ? Ce n’est qu’apparence. D’où ce « nor­ma­le­ment » qui en dit long.

© édito-dessin de faber

« Nor­ma­le­ment, Davos ne devrait plus exis­ter. Enfin, pas la tris­tou­nette sta­tion hel­vé­tique de ski, mais le Forum éco­no­mique mon­dial, qui y attire fin jan­vier des cen­taines de patrons, de ministres, d’universitaires et de jour­na­listes. Cette gigan­tesque « busi­ness party » aurait dû s’étioler. Car elle a porté toutes les valeurs, toutes les idées balayées par la crise finan­cière, qui a connu son apo­gée en 2008. Nulle part ailleurs la « sha­re­hol­der value », la valeur action­na­riale, n’aura été prê­chée avec autant de foi. À Davos, on a aussi prôné avec une rare constance la mon­dia­li­sa­tion débri­dée, la finance sou­ve­raine et la déré­gle­men­ta­tion per­ma­nente. On s’y est aussi beau­coup trompé. Une ses­sion a été orga­ni­sée chaque année pour ten­ter de trou­ver « d’où vien­dra le pro­chain choc » sans jamais débus­quer autre chose que les pays émer­gents, l’immobilier chi­nois ou le pétrole.

« En 2007 et 2008, l’économiste Nou­riel Rou­bini avait sérieu­se­ment agacé les par­ti­ci­pants en annon­çant des catas­trophes. Toutes les étoiles déchues de l’entreprise ont brillé à Davos, de Jean-Marie Mes­sier (Vivendi) à Carly Fio­rina (HP) en pas­sant par Ken­neth Lay (Enron), Chuck Prince (Citi­group) ou Dick Fuld (Leh­man Bro­thers), qui affi­chait encore une incroyable morgue début 2008, huit mois avant sa chute [Note de GP : sur ce der­nier per­son­nage et sa morgue, pas­sage recom­mandé ici-même : La crise comme un (mau­vais) roman. « Leur arra­cher le cœur et le bouf­fer avant qu’ils crèvent ! »]. Et en ces temps d’économies tous azi­muts pour pré­ser­ver la tré­so­re­rie des entre­prises voire des États, il peut paraître sur­pre­nant de cla­quer des dizaines ou quelques cen­taines de mil­liers d’euros ou de dol­lars pour aller se faire voir dans un vil­lage perdu des Gri­sons suisses »[1].

Mais Davos existe encore. Car les élites glo­bales n’ont aucu­ne­ment renoncé à impo­ser à leurs socié­tés « la mon­dia­li­sa­tion débri­dée, la finance sou­ve­raine et la déré­gle­men­ta­tion per­ma­nente ». Les plans d’austérité, le chô­mage et la pré­ca­rité déferlent sur l’Europe, les bulles finan­cières gonflent à nou­veau, la spé­cu­la­tion se déchaîne sur les pro­duits agri­coles. Mais les puis­sants vont conti­nuer à dis­ser­ter sur les « risques émer­gents », les « oppor­tu­ni­tés de crois­sance » et  les « normes par­ta­gées pour une nou­velle réa­lité »… Nico­las Sar­kozy osera-t-il tenir demain un dis­cours encore plus « anti-finance » que l’an der­nier ? Les paris sont ouverts…

À l’initiative de mou­ve­ments sociaux – dont Attac Suisse – se tenait du 21 au 23 jan­vier à Bâle « L’Autre Davos  2011 », une ini­tia­tive « des­ti­née à valo­ri­ser toutes les expé­riences révé­lant le carac­tère intel­li­gem­ment sub­ver­sif des luttes popu­laires » contre ce néo­li­bé­ra­lisme dis­cré­dité mais tou­jours aussi arrogant.

Dans quelques jours, s’ouvre à Dakar le Forum social mon­dial, où se ren­con­tre­ront non les maîtres du monde comme à Davos mais les arti­sans d’un autre monde.

Attac y sera pré­sent  à tra­vers une délé­ga­tion de près de 60 per­sonnes de France, et plus d’une cen­taine de repré­sen­tants des Attac du monde.

Sur le G20, la crise cli­ma­tique, l’accès à l’eau, la sou­ve­rai­neté ali­men­taire, à Dakar nous construi­rons les mobi­li­sa­tions et les conver­gences entre toutes les luttes qui cherchent à faire chu­ter le pou­voir de la finance et aspirent à construire des alter­na­tives éco­lo­giques et solidaires. »

Attac France

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[1] Nous remer­cions Jean-Marc Vit­tori, l’éditorialiste du quo­ti­dien éco­no­mique Les Échos, d’avoir rédigé notre com­mu­ni­qué de presse pour l’ouverture du som­met de Davos. http://www.lesechos.fr/opinions/analyses/0201092173513-l-invraisemblable-survie-du-forum-de-davos.htm


Israël. « Pour les droits des Palestiniens des Territoires occupés, traités comme des esclaves »

par Nurit Peled-Elhanan, mère israé­lienne d’une vic­time d’attentat, pro­fes­seur à l’université hébraïque de Jéru­sa­lem, prix Sakha­rov du Par­le­ment européen


Nurit Peled-Elhanan au Par­le­ment euro­péen — Ph. Wikipedia

La lettre ouverte ci-dessous fait suite à l’interdiction de la confé­rence sur la Pales­tine et Israël qui aurait dû se tenir le 18 jan­vier à l’École nor­male supé­rieure, à Paris. Trans­mise en com­men­taire à l’article pré­cé­dent (merci René !), elle mérite toute son impor­tance et c’est pour­quoi je la publie ici en entier. Impor­tante, elle l’est d’abord par son contenu mais aussi par son auteure. Nurit Peled-Elhanan est à la fois Israé­lienne  et oppo­sante réso­lue à l’actuel régime israé­lien qu’elle ne craint pas de com­pa­rer à celui de l’Afrique du Sud de l’apartheid. De même, en tant que juive,  dénonce-t-elle le CRIF et « ces Juifs fran­çais que rend sourds la pro­pa­gande du régime raciste d’Israël. »

« Cher Mon­sieur Hes­sel, chère Madame Sha­hid, chers participants,

Je suis déso­lée de ne pou­voir assis­ter à cette impor­tante confé­rence. Mais je tiens à expri­mer mon admi­ra­tion à Mon­sieur Hes­sel, et à tous les par­ti­ci­pants et à vous assu­rer que je suis de tout cœur avec vous.

J’ai lu l’éditorial du pré­sident du CRIF se féli­ci­tant de l’interdiction de votre confé­rence et remer­ciant des phi­lo­sophes et écri­vains hypo­crites et igno­rants, qui pérorent sous les ors des salons pari­siens et pensent briller en éta­lant leur prose « poli­ti­que­ment cor­recte » tout en igno­rant de manière éton­nante la vie réelle des gens dans les Ter­ri­toires pales­ti­niens occu­pés et le carac­tère dic­ta­to­rial du gou­ver­ne­ment israé­lien actuel.

L’ignorance et l’hypocrisie de ces gens n’est pas une négli­gence, mais un crime, car ils encou­ragent la ten­dance fas­ciste qui menace de nous noyer tous, en Israël, en Pales­tine et en France.

En 2010, trente lois racistes visant les citoyens pales­ti­niens d’Israël ont été pro­po­sées en Israël et, pour la plu­part, approu­vées. Elles séparent des familles.

Elles per­mettent de confis­quer des mai­sons et des terres, de refu­ser les trai­te­ments médi­caux néces­saires à des inva­lides, de détruire les mai­sons des Bédouins, de dis­cri­mi­ner des écoles quand elles sont druzes ou pales­ti­niennes, d’incarcérer des enfants.

Bien plus, la jus­tice, qui devrait pro­té­ger les gens contre cette ter­reur, obéit aux lois racistes d’un régime d’apartheid.

Comme en Afrique du Sud autre­fois, toutes les dis­cri­mi­na­tions anti-palestiniennes en Israël sont légales : nul n’est jamais puni pour les crimes per­pé­trés contre ces « non-citoyens ».
En revanche, ce gou­ver­ne­ment où un Lie­ber­mann joue un rôle déci­sif consi­dère comme un péché mor­tel la résis­tance non-violente à l’occupation, qui se déve­loppe dans les socié­tés pales­ti­nienne et israé­lienne contre  les crimes et la répres­sion décou­lant de l’occupation.

Ces der­niers temps, la police et l’armée israé­liennes arrêtent des mili­tants des droits humains lorsqu’ils sont juifs, comme Yona­than Polack, et les tuent s’ils sont pales­ti­niens, tels Bas­sem Abu-Rahma et sa sœur, Jawahr. Les orga­ni­sa­tions droits-de-l’hommistes en ques­tion sont désor­mais sou­mises à des enquêtes bru­tales et humi­liantes par…  les cri­mi­nels contre l’Humanité qui nous gou­vernent. De sur­croît, la pau­vreté touche plus l’Israélien que jamais, et ses prin­ci­pales vic­times sont les citoyens arabes.

Et le monde se tait… Et le CRIF soutient.

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République française. Trois cas de censure – et d’indignation – sur fond de Palestine et d’antisémitisme

Allez, je vais encore me faire des copains… Trois faits, trois nou­velles rai­sons de s’indigner – ce sport à la mode. De la faute à ce vieux Hes­sel à la peau blin­dée. Du haut de ses 93 hivers, il était donc là, sous son bon­net phry­gien – avec cocarde aux cou­leurs de la Pales­tine – à affron­ter le froid devant 400 per­sonnes place du Pan­théon. Motif de sa nou­velle indi­gna­tion : l’annulation d’une confé­rence qu’il devait tenir ce 18 jan­vier à l’École nor­male supé­rieure (dont il est issu…) Annu­la­tion ? Inter­dic­tion convien­drait mieux.

Sté­phane Hes­sel en 2002. Peut-on être grand résis­tant et défen­seur de la Pales­tine ? © Ph. gp

En tout cas il s’agit bien d’une cen­sure : celle par laquelle la direc­trice de l’ENS, Monique Canto-Sperber, a répondu en obtem­pé­rant à la ministre de l’enseignement supé­rieur, Valé­rie Pécresse, elle-même for­te­ment conseillée par le pré­sident du Conseil repré­sen­ta­tif des ins­ti­tu­tions juives de France (CRIF) et le Bureau natio­nal de vigi­lance contre l’antisémitisme (BNVCA), dénon­çant ce qui leur appa­rais­sait comme un acte de sou­tien à la cam­pagne de boy­cott de pro­duits israé­liens  »» Boy­cott, dés­in­ves­tis­se­ment et sanc­tions « , cam­pagne qui avait déjà reçu l’appui de Sté­phane Hessel.

Comme le rap­porte Le Monde du 20 jan­vier, « Bernard-Henri Lévy, Alain Fin­kiel­kraut ou encore Claude Cohen-Tannoudji, prix Nobel de phy­sique, ont été féli­ci­tés par Richard Pras­quier, le pré­sident du CRIF, pour avoir  » recom­mandé l’annulation du débat.  «  » Parmi les pro­tes­ta­taires devant le Pan­théon on rele­vait la pré­sence de Cécile Duflot d’Europe Eco­lo­gie, Daniel Gar­rigue, député vil­le­pi­niste, Alain Kri­vine, du NPA, ainsi que… Leïla Sha­hid, délé­guée géné­rale de l’Autorité pales­ti­nienne auprès de l’Union euro­péenne, qui devait prendre part à la confé­rence interdite.

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Tunisie. De la vraie nature du sarkozysme

Si on pou­vait en dou­ter, voilà au moins un point de clarté que nous aura apporté la révo­lu­tion tuni­sienne : la « bourde » de la ministre des affaires étran­gères n’en était pas une. Cette pro-position était bien celle, déci­dée et assu­mée à l’Élysée comme à Mati­gnon : celle de venir en aide directe à un régime et à un pré­sident amis.

Les plus scep­tiques, s’il en res­tait, auront pu être convain­cus ce matin sur France inter à la seule l’écoute des bafouillis aussi pénibles et tor­dus qu’embarrassés du « conseiller Afrique » de Saz­kozy, Henri Guaino. Comme il dit si bien : « C’est trop facile, c’est trop facile… » tout en pen­sant, comme dans les bulles savon­neuses de BD « Quelle mer­dasse, com­ment m’en sor­tir ? »…

Ainsi appa­raît une fois de plus – notam­ment après le trop fameux dis­cours de Dakar – la vraie nature du sar­ko­zysme. A la fois comme poli­tique à dupli­cité per­ma­nente (refrain « droits de l’homme » et cou­plet don­neur de leçon ; ingé­rence et non-ingérence ; bref : gran­deur du bara­tin et déca­dence de l’action) et comme vraie nature : une poli­tique auto­ri­taire sur fond répres­sif dif­fi­ci­le­ment dis­si­mulé. Car ce « savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécu­rité [pour] régler des situa­tions sécu­ri­taires de ce type » [sic Mme Alliot-Marie, 12 jan­vier 2011], ne dou­tons pas, hélas, de sa fonc­tion pre­mière : son uti­li­sa­tion « sécu­ri­taire » hors expor­ta­tion, c’est-à-dire à l’intérieur même de notre oli­gar­chie constitutionnelle.


Henri Guaino
envoyé par fran­cein­ter. — L’info inter­na­tio­nale vidéo.


Ce que nous dit aussi la révolution tunisienne

Comme pour l’avenir, on ne sait pré­dire les révo­lu­tions. Au mieux peut-on les pres­sen­tir par quelques signes avant-coureurs, quelques alertes. La tuni­sienne nous aura bien pris de court. Tel­le­ment qu’elle n’en finit pas de nous inter­ro­ger sur notre aveu­gle­ment géné­ral, ainsi que sur celui des ana­lystes plus ou moins paten­tés. Sa sur­ve­nue nous inter­pelle, comme on dit, en ce sens tout par­ti­cu­lier qu’elle indique la fra­gi­lité de ce qu’on prend faci­le­ment pour des « équi­libres » socio-politiques.

Dessin-édito de faber ©

Un demi-siècle de post-colonialisme – avec ce qui pré­cède donc –, n’aura guère résisté à cet embra­se­ment à domi­nante paci­fique et à si haute déter­mi­na­tion qu’une dic­ta­ture se sera effon­drée en moins d’un mois. Et c’est bien ce carac­tère appa­rem­ment spon­tané, aux causes quasi mys­té­rieuses – vu de cet aveu­gle­ment sourd des « élites » – qui ne cesse d’inquiéter toute la sphère poli­tique, au plan mon­dial d’ailleurs, par­tout où pré­do­minent le néo-impérialisme de la macro-économie et de la finance en folie. Quand « un » direc­teur du FMI, grand oracle à pré­ten­tion pon­ti­fiante, décerne à la Tuni­sie son bre­vet de « bonne santé », c’est bien à cause d’une vision autis­te­ment « macro » (c’est ten­tant : com­ment ne pas pen­ser « maque­reau de la finance » ?).

Quand Domi­nique Strauss-Kahn voit en la Tuni­sie « un modèle pour les pays émer­gents », il ne dis­tingue pas plus loin que son écran d’ordinateur, c’est-à-dire le bout de son nez [à TV7-Tunisie, 18 novembre 2008]. Pas plus que la carte n’est le ter­ri­toire, les sta­tis­tiques ne reflètent la réa­lité vécue du quo­ti­dien des pauvres gens. D’ailleurs les chiffres les ignorent super­be­ment, ne consi­dé­rant sous leurs courbes et tableaux que flux, ten­dances et com­pa­gnie. De ce seul point de vue, la mort par le déses­poir et le feu du jeune Moha­med Boua­zizi n’aurait jamais dû croi­ser la courbe expo­nen­tielle de crois­sance des clans Ben Ali-Trabelsi. C’est ce qu’on appelle un « acci­dent » de l’Histoire – qui en est pleine, de ces accidents…

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Tunisie. De l’inconvénient d’avoir raté le train de la révolution

La révo­lu­tion comme un coup de foudre. Ne pas s’y brû­ler les ailes. S’être pré­muni de ses illu­sions pour en jouir au bon moment. Et puis pas­ser à la durée, au dur désir de durer. Je parle bien sûr de la Tuni­sie qui aura sur­pris tout un cha­cun. Qui en aura dépité quelques autres, certes. Comme notre grand oracle du FMI pré­di­sant le plus bel ave­nir au royaume de Ben Ali tout en rêvant de gou­ver­ner le pays France. Mau­vaise pioche. En quoi il ne suf­fit pas d’avoir des airs ins­pi­rés pour être super ana­lyste. Car ces gens, que savent-ils de la souf­france des peuples ? Rien.

Je pense aussi, bien sûr, à notre petit empe­reur d’opérette, même pas comique, lamen­table, rece­vant les clés de la ville de Tunis et ne taris­sant de facé­ties élo­gieuses à l’adresse de son émir ami.

Je pense à la ci-devant Michèle Alliot-Marie dite « MAM », des affaires si étran­gères, tout emper­ru­quée et si empres­sée de secou­rir – selon le « savoir-faire » des agents de notre Répu­blique – son monarque étran­ger dans la débine. Je pense donc aux Juppé et Fillon condam­nés à sou­te­nir leur bre­bis éga­rée au quai d’Orsay.

Je pense aussi au Mit­ter­rand, l’autre, esti­mant – le 9 jan­vier 2011 – en tou­riste de la culture, que “Dire [de la] Tuni­sie [qu’elle] est une dic­ta­ture uni­voque me paraît tout à fait exagéré“.

Je ne sau­rais oublier le bon Jacques Chi­rac, pré­sident de notre même Répu­blique, man­quant en 2003 d’étouffer son ami Ben, qui il étreint d’une vigou­reuse acco­lade, avant de décla­rer : “Le pre­mier des droits de l’homme est de man­ger, d’être soi­gné et de rece­voir une édu­ca­tion. De ce point de vue, il faut bien recon­naître que la Tuni­sie est très en avance”.

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Tunisie. DSK en prophète de Ben Ali

Por­trait offi­ciel du direc­teur géné­ral et grand oracle du Fonds moné­taire international.

Pom­pon de « La-bas si j’y suis » cet après-midi, tan­dis que la rue gronde au plus fort à Tunis : la pro­phé­tie de « DSK » pré­di­sant le plus bel ave­nir à la Tuni­sie de Ben Ali. Et pour 2012 en France, que nous annonce le car­to­man­cien du FMI ? Ça craint !

En atten­dant, voyons-voir ce grand moment de fine ana­lyse économico-politique… Domi­nique Strauss-Kahn à TV7-Tunisie, 18 novembre 2008 (2 mn 12 s) :


La crise comme un (mauvais) roman. « Leur arracher le cœur et le bouffer avant qu’ils crèvent ! »

« Fric, krach et gueule de bois : le roman de la crise ». C’était sur France 2 mardi soir. Cin­quante ans de dérives libé­rales ramas­sés en une heure et demie, une gageure plu­tôt réus­sie, y com­pris avec ses lacunes inévi­tables (entre autres, l’optimisme béat d’Orsenna à la fin…). Même si, trans­po­sée dans la finance mon­dia­li­sée, la réfé­rence à « Règle­ment de comptes à OK-Coral » ne sau­rait tout expli­quer de la Crise, elle en illustre tout de même bien la démence irrationnelle.

L’ex-boss de Leh­man Bro­thers, sur­nommé « le gorille »…

Quelques pas­sages de l’émission télé valaient leurs pesants de cota­tions bour­sières. En par­ti­cu­lier celui qui montre le pré­sident de Leh­man Bro­thers, Dick Fuld, avec son pro­fil de car­nas­sier, la cari­ca­ture du capi­ta­liste psy­cho­pathe qui voit le péril en la demeure et menace : « On va ser­rer très fort ! Comprenez-moi bien [c’est une vidéo interne, il s’adresse à ses col­la­bo­ra­teurs, qui ricanent en choeur], on va coin­cer tous ceux qui ne peuvent plus rem­bour­ser, et on va ser­rer très fort ! Ce n’est pas que je veux leur faire du mal… Non, je ne suis pas comme ça… je suis quelqu’un de doux et d’aimable… Non, ce que je veux, c’est les attra­per, leur arra­cher le cœur et le bouf­fer avant qu’ils crèvent ! » Ça fait froid dans le dos. Et on pense à ces mil­liers, mil­lions même, d’Américains jetés de leurs loge­ments. Sans par­ler des consé­quences subies dans le monde entier.

Voyez ce grand moment illus­trant la névrose liée à l’avidité du fric. En com­pa­rai­son, Dra­cula fait… pâle figure. Extrait vidéo : 4 mn


La crise, un roman. « Leur arra­cher le cœur et le bouffer »


France inter. Quand Le Pen montre « 13 millions d’étrangers », les journalistes regardent son doigt

Indi­gna­tion encore. France inter rece­vait ce matin Jean-Marie Le Pen en fin de par­cours à la tête (Pen en bre­ton…) du Front natio­nal. Le vieux facho s’en sera encore bien tiré. Avec l’habileté et cet aplomb qu’on lui connaît, il aura une fois de plus roulé les jour­na­listes dans sa farine. Ainsi en fut-il lorsque, enton­nant son refrain de pré­di­lec­tion, il affirma que la France compte désor­mais, « d’après l’Insee, plus de 13 mil­lions d’étrangers qui ne manquent pas de poser de graves problèmes »…

Le faus­saire à plein micro.

Treize mil­lions, et même plus ! Ce qui repré­sen­te­rait 20% de la popu­la­tion… Mais per­sonne pour rele­ver. Ni le pon­ti­fiant Guetta, ni le déca­pant Legrand, ni enfin le sémillant Cohen n’opposèrent au faus­saire la réa­lité sta­tis­tique : 3,65 mil­lions de per­sonnes, sur plus de 63 mil­lions, soit 5,8% de la popu­la­tion au der­nier recen­se­ment de 2006.

S’il n’est qu’une don­née à connaître quand un jour­na­liste ren­contre Le Pen, c’est bien celle sur l’immigration, non ? Au lieu de quoi on lui pose d’insipides ques­tions genre « La Tuni­sie est-elle une dic­ta­ture ? »* Et l’autre men­teur de pour­suivre son bon­homme de che­min, et de ter­mi­ner sa car­rière de faus­saire « en beauté », comme il l’avait com­men­cée d’ailleurs. Je rap­pe­lais ici même, en octobre der­nier, com­ment Le Pen fut pro­pulsé par la télé, en 1984, avec l’émission au titre bien pré­somp­tueux : L’Heure de vérité… Il avait pu user et abu­ser du men­songe sans être le moins du monde inquiété par des jour­na­listes plus suf­fi­sants que com­pé­tents. Il aurait eu tort de se gêner. Ainsi vient-il de réus­sir sa sor­tie selon la même recette éprou­vée. Face à la même indo­lence journalistique.

* Et la dilet­tante Pas­cale Clark de poser la même ques­tion à Régis Debray. C’était peu avant dans ses « Cinq minutes avec… ». Alors, la Tuni­sie, au fait ?

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Mais vingt dieux, comment ne pas s’indigner ?!

Treize pages d’« Indignez-vous ! ». Heu­reu­se­ment que l’auteur s’appelle Sté­phane Hes­sel, qu’il a 93 ans, qu’il a connu De Gaulle, Cas­sin, la Résis­tance, Buchen­wald et co-rédigé la Décla­ra­tion uni­ver­selle des Droits de l’homme. Sinon, ça ferait « short » côté indi­gna­tion. Pour ma part, j’en déverse chaque jour de pleins tom­be­reaux. Ma question-exclamation, juste celle de « c’est pour dire », serait plu­tôt : « Mais vingt dieux, com­ment ne pas s’indigner ?! » Alors que le JT déverse à jet continu les misères du monde spec­ta­cu­laire. Et je res­te­rais inerte, sans gueu­ler ? Tout de même, il me semble bien que cette der­nière décen­nie aura été la plus hor­rible : celle de la démo­li­tion géné­ra­li­sée de notre édi­fice social, éco­no­mique, cultu­rel, poli­tique, éco­lo­gique – humain !

Tenez, der­nières nou­velles du front : je rentre de la poste où j’avais l’intention d’acheter des timbres – ça se fait encore. Je fais la queue entouré d’un bazar de came­lotes diverses, jeux, livres de cui­sine, babioles… Soit. Dix minutes plus tard, le gui­che­tier m’apprend qu’il ne vend pas (plus) de timbres, « que c’est l’Automate, là der­rière vous, qui s’en charge désor­mais ; que si vous n’avez pas de mon­naie, je peux vous en faire… » J’échange donc mon billet de dix – merci m’sieur – et me tourne vers l’Automate (majus­cule de rigueur pour les Idoles modernes) pour en com­prendre le fonc­tion­ne­ment (pas trop dif­fi­cile à mon niveau ;-) et lui deman­der mal­gré moi, en le gavant de pièces, de piquer le bou­lot de l’aimable gui­che­tier non-indigné, quoique mes remarques ne l’aient pas laissé de marbre.

Cette machine, certes, a été inven­tée par les hommes. Pas pour les hommes, au contraire. Elle est là, face au gui­che­tier, pour lui dire t’es condamné mon vieux, compte vite tes abat­tis et tes pauvres points de retraite res­treinte et t’en fais pas pour autant, tu fini­ras non même pas à l’hospice, y en a plus à por­tée de ta bourse ; et, t’as vu, le nou­veau « grand chan­tier pré­si­den­tiel » autour de la ques­tion pipée à pro­pos de la dépen­dance : « soli­da­rité natio­nale ou assu­rances pri­vées ? » Réponse dans six mois, qu’ils disent. C’est des auto­mates qui vien­dront te don­ner la bec­quée et te tor­cher, pépé ?

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Entretien avec Richard Galliano. Bach entre le jazz et la baloche

Bri­sons le cli­ché d’un Richard Gal­liano accor­déo­neux enca­naillé au jazz et enno­bli au clas­sique. C’est tout le contraire ! S’il fête ses soixante ans avec un disque et des concerts  consa­crés à Bach*, l’accordéoniste a dès son plus jeune âge étu­dié et joué le grand maître du baroque. Aujourd’hui il trans­cende les genres au nom de la musique uni­ver­selle. Pro­pos d’autant plus témé­raire pour lui que l’accordéon demeure, peu ou prou, pri­son­nier de ses car­cans his­to­riques, entre l’orgue por­ta­tif et le « piano du pauvre ».  Comme son ami argen­tin, feu Astor Piaz­zola, ainsi que quelques autres dans l’histoire de la musique, il libère l’étrange ins­tru­ment qui embrasse tout le champ musi­cal, de la tra­di­tion à la plus actuelle des avant-gardes – là où Richard Gal­liano, il est vrai, ne va pas jusqu’à s’aventurer. **

Au GTP, Aix-en-Provence 14/12/2010 © Ph. Gérard Tissier

Com­ment un accor­déo­niste comme vous, qui a « viré » au jazz depuis très long­temps, peut-il aujourd’hui s’intéresser à Bach ?

– J’ai tou­jours joué la musique de Bach, et on joue Bach à l’accordéon depuis plus d’un siècle. Pen­dant long­temps aussi les spé­cia­listes ont été des accor­déo­nistes russes qui ont joué sur­tout le réper­toire d’orgue. Moi-même j’ai joué, lorsque j’étais jeune, des pièces comme la Fugue en la mineur, le Cla­ve­cin bien tem­péré, le Concerto ita­lien aussi, qui marchent très bien à l’accordéon. Sur­tout parce que l’accordéon c’est un orgue en minia­ture. L’instrument n’avait pour­tant ni sa place dans le jazz, ni dans le clas­sique – sur­tout à mon époque. C’était vrai­ment la face cachée… très peu de monde était au cou­rant de ce qui se pra­ti­quait à l’accordéon en dehors du musette. Par exemple, dans les années soixante, il y avait un accor­déo­niste qui avait par­ti­cipé à l’émission de Ber­nard Gavoty, Les Grands inter­prètes, c’était Freddy Balta. Il avait joué du Mes­siaen, entre autres… Mais pour le grand public, la seule dimen­sion de l’accordéon – d’ailleurs très belle – c’était le bal, la fête, qu’on retrouve dans beau­coup de musiques tra­di­tion­nelles. Au Bré­sil, par exemple, c’est le forro ; en Pologne, c’est la polka ; en Hon­grie, les csar­das… Et en France, la valse musette qui colle le mieux, je dois dire, à la peau de l’accordéon… La valse musette c’est aussi très proche des valses de Chopin…

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Journalisme. Petite leçon entre la pêche au ton et le ton qui pèche

Déjà à la radio… À la télé c’est encore pire : ce for­ma­tage jour­na­lis­tique qui ravage grand nombre de com­men­taires et de repor­tages. Il fut un temps où je m’échinais à les poin­ter du pied (de bronze, d’argent et d’or, mes fameuses Pan­toufles connurent leur gloire – tapez aussi  « pan­toufles » dans la case de recherche.). Et ils ont fini par me fati­guer et m’avoir à l’usure.

« Ils », ces jour­na­listes de la faci­lité : vite-fait mal-fait, pas d’élan et encore moins de mise en pers­pec­tive; ver­nis cultu­rel qui cra­quèle au pre­mier ques­tion­ne­ment évité; voca­bu­laire ché­tif, ortho­graphe racho, syn­taxe à l’agonie. Et puis il y a le ton, la fameuse pêche au ton… «  Le ton Coco ! Appuie sur les mots, mets du rythme, ponc­tue, vingt guieux, comme dans la pub !  » Et c’est le ton qui pèche. D’autant qu’il vient « ser­vir » le récit, le fameux scé­nar de l’info-spectacle : « Ce soir là, Chan­tal Lan­vin rentre dans sa loin­taine ban­lieue après une dure jour­née. Infir­mière à l’hôpital de la Pitié… » Sa bou­lan­gère : « Une femme sans his­toire, jamais on aurait pu pen­ser que… » Et cae­tera, avec ce qu’il faut de bour­don­ne­ment musi­cal (le bruit de fond…) qui appuie sur le drame mon­tant et que ren­force tou­jours le fameux « ton »… Sans oublier, défense de rire, les encore plus fameux micro-trottoirs – ce niveau zéro du « jour­na­lisme » – par les­quels pros­père la mys­té­rieuse « opi­nion ». Ainsi se pour­suit le for­ma­tage, au fil des géné­ra­tions de for­ma­tés dans les centres et écoles de for­ma­tion. For­ma­tage conjoint des jour­na­listes et de leurs publics, construc­tion lente et solide des modes de pen­sée et de com­por­te­ment, jusqu’au lan­gage même, ses cli­chés, ses mots à la mode – son prêt-à-penser. Et vogue la démocratie…

Une « évo­lu­tion » jour­na­lis­tique qui tient à plu­sieurs fac­teurs, causes et consé­quences d’une dégra­da­tion tou­chant nos socié­tés. Parmi ces fac­teurs, l’un des prin­ci­paux, à mes yeux, réside dans le concu­bi­nage très avancé entre infor­ma­tion et com” – je dis­tingue bien la com­mu­ni­ca­tion, branche de la psy­cho­lo­gie, pour dire vite, de sa vul­gate enta­chée de pub” et de stra­té­gie poli­tique autant que mar­chande. C’est un tour­nant dans l’histoire de la presse, une sorte de virage en épingle à che­veux avec sor­tie de route annoncée.

Ils ne mour­ront pas tous, mais la plu­part sont atteints – sur­tout dans l’audio-visuel, pour ce qui est de l’affadissement jour­na­lis­tique. Non pas tant dans les choix de sujets (pas tou­jours) que dans leur trai­te­ment, cette mise en forme par laquelle un fait devient in-formation et nous autres in-formés. Le fond et la forme s’étant rejoints dans un tout alors satis­fai­sant. Quand ce n’est pas le cas, eh bien, ça clau­dique, c’est ban­cal. Illus­tra­tion inté­res­sante avec ce mon­tage réa­lisé par deux jour­na­listes de Télérama.


Le ton jour­na­lis­tique : petite leçon de for­ma­tage
envoyé par tele­rama. — L’info video en direct.


Cosmodiversité. Un message de l’infinie banlieue…

Salut les Ter­riens ! Voilà : le 30 décembre der­nier, en l’an MMX donc, j’ai reçu un mes­sage d’un site astro­no­mique. Il annon­çait que cinq nou­velles exo­pla­nètes venaient d’être décou­vertes grâce au téles­cope Kepler et que ce serait les der­nières de l’année. J’en dédui­sais inci­dem­ment que les astro­nomes devaient être des gens comme vous et moi et qu’ils ne tra­vaille­raient pas le der­nier jour de l’année. Ce qui ne chan­ge­rait rien à la valse magis­trale des astres, ni à la nôtre, nous les pous­sières d’étoiles. Quoique.

Car n’avons-nous pas, dès les pre­mières décou­vertes astro­no­miques, changé notre rap­port au monde et, avec lui, notre regard sur l’univers, les dieux et les hommes ? En fait, les vraies pre­mières décou­vertes de ce type, ce sont celles que connaît tout humain levant les yeux au ciel. « Ma théo­rie à moi » sur la ques­tion (je me la valide tout seul… même si elle a été émise des mil­lions de fois depuis la nuit des temps…), c’est de situer là l’origine de l’humanité pen­sante. C’est là, oui, que je vois sur­gir la conscience chez l’animal humain pei­nant à se tenir debout et à lever le nez vers l’inconnu astral.

Je pense aussi (donc je suis ;-) ) que les ani­maux qui tentent un regard vers le ciel, au-dessus d’eux, pas seule­ment devant et au loin, che­minent insen­si­ble­ment vers la prise de conscience. Comme Dar­win, je pense que les ani­maux domes­ti­qués par l’Homme, ont pro­fité de ce rap­pro­che­ment « péda­go­gique » et que, peu à peu, leur regard se lève vers le ciel, ne serait-ce que par brefs ins­tants. Voilà pour­quoi aussi nous com­mu­ni­quons avec eux, ayant cela en par­tage : ce sen­ti­ment dif­fus d’appartenir à l’immensité, à l’inconnu magistral.

Mon­sieur L’Homme, lui aussi, veut tout com­prendre. Des­sin de Faber, un autre Lorrain…

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Côte-d’Ivoire. On recompte les voix ou on refait le match ?

par Ber­nard Nantet

Alors que les mânes de Jean Hélène, de Guy-André Kief­fer et  d’Albert Zongo planent encore sur les palais pré­si­den­tiels de Laurent Gbagbo à Abid­jan et du men­tor d’Alassane Oua­tara à Oua­ga­dou­gou, les clans locaux et les inté­rêts supra­na­tio­naux qui font le mal­heur de la Côte-d’Ivoire depuis une décen­nie en remettent une couche. Qu’auraient pensé ces trois jour­na­listes, aujourd’hui dis­pa­rus pour avoir voulu lor­gner de trop près les allées nau­séa­bondes des pou­voirs en place, du manque de dis­tance pris par nombre de leurs confrères dans le trai­te­ment des infor­ma­tions sur le sujet ?

Parions que le temps, les évé­ne­ments, les polé­miques fai­sant leurs œuvre, la Côte d’Ivoire  ne devienne, comme le Rwanda, un de ces sujets sur les­quels, à trop se pas­sion­ner et à s’investir, on ne puisse plus reve­nir sur des enga­ge­ments trop lapi­daires…  ou un fonds de com­merce trop ren­table. (Où sont pas­sés les thu­ri­fé­raires et les com­mu­ni­cants de Kagamé face aux quatre mil­lions de morts du Kivu ? ).

Laurent Gbagbo, en 2007. Ph. Wikipedia

Un una­ni­misme éton­nant fai­sant de Gbagbo un hor­rible dic­ta­teur refu­sant de lais­ser la place à un vain­queur démo­cra­ti­que­ment élu a de quoi cho­quer, mais pose un pro­blème élé­men­taire. Pour­quoi ce ver­tueux pru­rit démo­cra­tique de Washing­ton, Paris, Bruxelles, de l’ONU, alors que des élec­tions récentes (Égypte, Bur­kina, Tuni­sie, etc) ont porté au pou­voir des majo­ri­tés attei­gnant des scores à la sovié­tique ou qu’ailleurs, des réformes consti­tu­tion­nelles per­mettent de faire per­du­rer indé­fi­ni­ment des pré­si­dents inamovibles ?

Alas­sane Ouat­tara en 2002. Ph. Wikipedia

Comme Kagamé, qui a fait ses classes à Fort Lea­ven­worth (USA), centre doc­tri­naire de l’armée amé­ri­caine, Ouat­tara, enfant chéri du FMI à l’anagramme (« ADO » pour Alas­sane Dra­mane Ouat­tara) qui ne s’invente pas, fait par­tie de cette nou­velle stra­té­gie d’après guerre froide visant à s’appuyer sur de nou­veaux diri­geants déta­chés des colo­ni­sa­teurs du passé. (Hou ! la vilaine Fran­ça­frique, tarte à la crème ser­vie à grandes lou­chées et des­ti­née à faire oublier ces nou­veaux arri­vants et leurs maîtres à pen­ser de la finance mondialisée !)

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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • iceberg

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
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    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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