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« Organisation rationnelle et cynique de la misère ». Bon sang, mais c’est bien sûr ! En écoutant aujourd’hui [24/6/11] le journal d’Antoine Mercier, à 12h.30 sur France-Culture, j’ai bondi en entendant cette formule de Marie-José Mondzain*. Je me suis demandé pourquoi aucun journaliste, éditorialiste, chroniqueur, grand reporter, observateur averti, ne l’a employée jusqu’alors. Elle commentait deux infos chaudes: la fermeture du refuge pour femmes du Samu social à Paris — faute de crédits — et les plans d’austérité en Grèce, mais elle avait évidemment en tête bien d’autres symptomes du merdier ambiant. Comme je pense que ton blog est un lieu de partage de qualité, je livre une transcription de ce commentaire à ceux qui le fréquentent. c’est bien sûr une improvisation orale que Mme Mondzain aurait sans doute amendée si elle devait la publier, mais la force de l’idée demeure bien présente: au-delà de notre indignation il faut voir l’indignité d’une humanité mise en coupe réglée. Une indignité que nous partageons tous.
Dominique Dréan
Marie-José Mondzain : « J’ai l’impression d’une organisation rationnelle et cynique de plus en plus grande de la misère de ceux qui vivent et qui n’arrivent plus à vivre, que ce soit près de nous ou plus loin, mais la Grèce, ça n’est pas si loin.
« Cette organisation rationnelle et cynique de la misère provoque ces rassemblements de ceux qu’on appelle « les indignés » et je sais que ce mot fait fureur, d’une certaine façon, dans la mesure ou le grand et admirable Stéphane Hessel, sous le titre de l’indignation rassemblait le plus grand nombre, au-delà des frontières, pour dire quelque chose du caractère intolérable de la situation.
« Alors, je voudrais, malgré tout, au sujet des indignés comme de l’indignation, dire que [cela…] me semble aujourd’hui une expérience relativement limitée dans la mesure où cette indignation est un régime d’expression affectif et moral qui apaise d’une certaine façon la conscience des citoyens qui, partageant une indignation, croient qu’ils sont déjà dans une mobilisation politique.
« Je pense que cette indignation est un voile pudique, comme expérience morale et affective, de quelque chose qui me paraît beaucoup plus radical et qui est l’indignité. Nous ne partageons pas seulement l’indignation, nous devons savoir que nous partageons aussi l’indignité, c’est-à-dire la perte du droit au respect, à la parole et à la liberté. Donc ce n’est pas en tant qu’indignée que je parle là : c’est pour dire que je partage l’indignité et pour dire surtout qu’on se rende compte de l’indignité silencieuse, sans bruit, sans possibilité expressive, de ceux qui sont sans voix, sans abri, sans parole, coupés de leur langue, de leur pays…
© faber
« Donc il y a là quelque chose de radical qui est la seule façon, face à l’indignité, de se dire que ce que l’on attend n’est pas un réveil des consciences mais un réveil de l’action politique. L’indignation ne suffit pas à mobiliser politiquement. […] La mobilisation politique ne peut pas se contenter de l’apaisement d’une indignation partagée. Il faut partager une indignité.
Antoine Mercier : « Vous parlez d’organisation rationnelle et cynique de la misère. On peut imaginer qu’elle est cynique, mais rationnelle… »
Marie-José Mondzain : « Elle est rationnelle, oui, parce qu’elle a ses justifications comptables, elle a ses justifications financières, elle a ses experts économiques et elle a la rationalité des profits. Il y a une légitimité qui s’établit dans la rationalité-même du capital et du capitalisme néo libéral et sa violence, et qui est soutenu par une science économique, des experts économiques, des soucis d’équilibre comptable et là on est dans une rationalité.
Non pas que l’indignité soit irrationnelle, mais c’est une autre rationalité. »
* Marie-José Mondzain est philosophe et écrivain, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de l’image.
Fontblanche à Vitrolles, comme une découverte a priori inattendue – gaffe aux a priori ! Peut-on en effet rêver plus idyllique lieu que ce parc et ses platanes monumentaux pour écouter du jazz ? C’est bien dans ce joyau de verdure bordé de sa rivière , près d’Aix et Marseille, que se tiendra le quatorzième Charlie Jazz Festival. Trois soirées pour changer de monde – et peut-être un peu changer le monde aussi. Même si ça ne dépend pas que de la musique, vue la cacophonie terrestre… Raison de plus pour en profiter. Voici le programme, que vous pouvez aussi télécharger ici.
Vous pouvez également le découvrir et écouter des extraits musicaux à partir des liens ci-dessous :
Vendredi 1er Juillet
19h00 - Haïdouti Orkestar
21h00 - MEANDRES invite Bart MARIS [Création]
< 22h15 - Charles LLOYD New Quartet (Retransmis sur France Musique)
Samedi 2 Juillet
18h00 - Rétroviseur
19h30 - Haïdouti Orkestar
< 21h00 - Joachim KÜHN, Majid BEKKAS, Ramon LOPEZ (Retransmis sur France Musique)
22h15 - Majid BEKKAS Sextet « Makenba »
Dimanche 3 Juillet
18h00 - Sidony Box
19h30 - Banda du Dock
21h00 - Musica Nuda
< 22h15 - Orchestre National de Jazz « Shut Up and Dance »

« Eco Festival » avec restauration sur place et expos photos. Le parcours d’accès est fléché.
Site du festival : http://charliejazzfestival.com/
[Photos Gérard Tissier]
Par Michèle Rivasi, députée européenne Europe Ecologie-les Verts, fondatrice de la CRIIRA
17 juin 2011 – De retour du Japon, Michèle Rivasi a pu constater l’impact de la catastrophe nucléaire sur le quotidien et la mentalité des Japonais. Invitée par le puissant Seikatsu Club, union des consommateurs forte de 22 millions de membres, et les Verts japonais elle est notamment allée à la rencontre des familles de paysans affectés par la catastrophe.Elle revient effarée et révoltée par ce qu’elle a pu constater dans les territoires contaminés où la population continue de vivre exposée à des fortes doses d’irradiation. Trois mois après la catastrophe, le cauchemar ne fait malheureusement que commencer.
« Je reste de plus en plus convaincue que là où commence le nucléaire s’arrête la démocratie. Quand les autorités ne font pas de la désinformation, elles pêchent tout simplement par manque d’information: aucune précaution n’est prise pour protéger la santé des populations vivant en zone contaminée qui continuent de consommer les aliments contaminés, au péril de leur santé et de leur vie. J’ai appris que lors de la catastrophe, la distribution de pastilles d’iodure de potassium n’avait même pas été effectuée: on peut donc s’attendre à une forte hausse du nombre de cancers, surtout chez les enfants.
« Qui plus est, aucune solution n’est apportée aux réfugiés de la radioactivité, ces populations exclues du périmètre des 20 kilomètres entourant la centrale. La plupart d’entre eux trouvent refuge auprès de proches, dans le périmètre de la zone d’évacuation volontaire. Aucune indemnité n’ayant encore été versée et aucun relogement n’ayant été effectué, les femmes et les enfants sont envoyés ailleurs pendant que les hommes continuent d’exercer leurs activités agricoles dans des zones contaminées. Les villageois n’arrivent pas à croire que la nature qui fleurit et bourgeonne est une nature morte: ils tentent d’éviter ainsi ce que l’on appelle communément le ‘stress radiologique’ qui peut mener à des troubles psychologiques sérieux.
« Cet état de fait est facilité par la culture japonaise, une culture de soumission qui pousse les gens à contenir leurs émotions: ils s’interdisent d’exprimer leur désarroi publiquement, terrassés par la fatalité. Leur colère interne se manifeste sous la forme d’une résignation totale. En conséquence, les autorités profitent de cette faiblesse culturelle pour imposer une omerta inquiétante facilitée par l’absence de contre-pouvoirs.
« Heureusement, des groupes aidés par la CRIIRAD viennent d’être créés et visent à contrôler le niveau de radioactivité de aliments consommés: c’est un premier pas salutaire dans la lutte contre la désinformation. Pourtant la catastrophe reste permanente: l’irradiation reste tellement forte que les travaux dans la centrale peinent à évoluer et le risque d’explosion par hydrogène dans les réacteurs endommagés reste important. Le pire peut toujours subvenir. »
Site de Michèle Rivasi : http://www.michele-rivasi.eu/
Ainsi que je le précise en post scriptum de l’article précédent sur la nouvelle explosion enregistrée à la centrale en ruines de Fukushima, c’est le réacteur IV et non le III qui serait concerné. La différence est importante puisqu’elle porte sur le chargement en MOX du réacteur III, et le risque de rejet de plutonium particulièrement toxique. Le problème – qui remonte aux origines mêmes de la catastrophe – tient au blocage de l’information officielle, et même aux omissions et mensonges émanant de ces sources officielles, tant le gouvernement japonais que l’exploitant Tepco.
Une autre vue de l’explosion est visible ici : entre 0:16 et 0:18. (Document Tepco).
Autres nouvelles, peu rassurantes :
– 6 400 tonnes d’eau radioactive dans le sous-sol du réacteur III. Les employés de Tepco ont bravé la très haute contamination radioactive du réacteur III (100 milliseverts/heure) pour explorer le sous-sol du bâtiment dans lequel ils ont confirmé la présence de 6400 tonnes d’eau hautement radioactive. (51 milliseverts/heure en surface du volume d’eau qui fait près de 6 mètres de profondeur).
– Pas de chance pour Areva (exit sa patronne) et pour Tepco, qui devaient commencer le 15 juin les travaux de décontamination de plus de 100 000 tonnes d’eau contaminée : le système ne fonctionne pas car Tepco vient de découvrir 10 fuites dans des valves et autres tuyauteries.

Le Monde du 17/6/11. Comme si l” « emprise » n’était déjà pas économico-politique… Ou comment le spectacle politique prend le pas sur les faits, l’opérette de salon sur le journalisme de terrain.
Soyons positifs et admettons que le système Areva puisse décontaminer à 100 % plus de 100 000 tonnes d’eau, à ce jour, et une autre bordée de 100 000 tonnes d’ici la fin de l’année 2011 et d’autres bordées subséquentes de 100 000 tonnes et plus, tous les six mois, au fil des années. Que faire du concentré toxique généré par ce processus de « décontamination » ? Selon Tepco, ce concentré contiendrait 100 millions de becquerels de substances radioactives par centimètre cube. Tepco estime que ce seront 2 000 mètres cubes de concentré toxique qui seront générés d’ici la fin de l’année 2011. Or, Tepco ne dispose que d’une capacité de 1 200 mètres cubes sur le site de Fukushima. De plus, Areva a concédé qu’ils n’ont aucune expérience dans la gestion de concentrés toxiques issues d’eau radioactives et titrant plus de 1 000 millisieverts/heure.
– Extrême radioactivité dans la partie est de Tokyo. Suite à la pression d’une association de parents (Koto Association to Protect Children), le gouvernement japonais a enfin reconnu ses mensonges quant à la radioactivité de l’air ambiant aux alentours du centre de retraitement des boues d’épuration de Nanbu Ota-ku, Tokyo. Depuis combien de semaines l’incinérateur est-il en train de contaminer cette zone de Tokyo ? Cette association de parents, aidée par un professeur de l’Université de Kobé, a sollicité les services de l’ONG française, Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest, et a mis en valeur des taux extrêmement élevés de radioactivité dans le terrain de sports et dans le parc pour enfants situés tous deux à moyenne proximité du centre de traitement incriminé: par exemple, le parc pour enfants est à 8 km de distance.
Le parc est encore plus contaminé que le terrain de sport avec un taux de césium 137 de 3 050 becquerels/kilo de sol et un taux de césium 134 de 2 850 becquerels/kilo de sol. Le taux de tellurium 129 y est de 580 becquerels/kilo de sol.
– Quelle serait la quantité de combustible à Fukushima-Daichi en attente de dilution dans l’atmosphère, les nappes phréatiques et l’océan? Selon Associated press, 3 400 tonnes de combustible usagé seraient accumulées dans les piscines de stockage et 877 tonnes de fuel actif dans les coeurs des réacteurs, ou ce qu’il en reste. A savoir en tout 4 277 tonnes de combustible. Par comparaison, il y en avait 30 tonnes à Three Miles Island aux USA en 1979 et 180 tonnes à Tchernobyl en 1986.
– Deux baleines ont été découvertes fin avril à 650 km de Fukushima, avec des niveau de radiation de 31 et 24 becquerels de césium par kilo de viande. Le Marine Biological Laboratory, basé à Woods Hall dans le Massachusetts, a commencé à évaluer le niveau de contamination radioactive dans l’Océan Pacifique. Et selon Arnie Gundersen, le MBL a déjà déclaré que la contamination radioactive dans l’Océan Pacifique provenant de Fukushima est dix fois supérieure à celle de la Mer Noire ayant émané de Tchernobyl.
– La centrale nucléaire de Fort Calhoun, à Omaha dans le Nebraska (États-Unis) est assiégée (vidéo ici) par l’eau du Missouri qui monte et qui va encore monter de quelques mètres d’ici l’été. Pas de soucis, l’ingénierie nucléaire a déployé tout son savoir faire pour endiguer les risques radioactifs : des murs de sacs de sable.
![[Image]](http://c-pour-dire.com/wp-content/uploads/2011/06/Image-570x395.jpg)
La centrale nucléaire de Fort Calhoun, photographiée le 14 juin, menacée par la montée régulière des eaux du Missouri. (Ph. Cryptome)
Autres informations suivies : http://www.kokopelli-blog.org/
Une nouvelle explosion s’est produite dans les ruines de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi dans la nuit du 13 à 14 Juin à 00h43. Comme on peut le voir sur un enregistrement vidéo (ci-dessous) de l’opérateur nucléaire Tepco, l’explosion – très impressionnante – a affecté le réacteur III, particulièrement dangereux car il contient du combustible MOX chargé de plutonium.
Selon Greenpeace, c’est un signe patent que le noyau en fusion de combustible MOX est activement dangereux. Vraisemblablement, il y a eu une explosion causée par le contact des matériaux du cœur fondu avec de l’eau. Avec une telle explosion un relâchement de grandes quantités radioactives dans l’environnement est à craindre.
Toujours selon Greenpeace, qui a rendu publique l’information, les niveaux de radioactivité mesurés près des ruines de l’enceinte de confinement du réacteur I atteignent 260 sievert. Selon l’expert Shaun Burnie, de Greenpeace, cela confirme que les parties fondues du cœur ont percé le fond de la cuve du réacteur.
L’événement paraît visible à partir de la 2e minute de l’enregistrement.
D’autre part, les Japonais projettent de recouvrir les ruines des réacteurs par des sarcophages… en plastique – cela afin de limiter les infiltrations d’eau et les rejets de matières radioactives. La maquette de ces sarcophages a été montrée ce 16 juin au JT de 20 heures sur France 2.
[Sources : Collectif antinucléaire 13, Greenpeace; Tepco]
Post scriptum 17/6/11 : Il s’agirait plutôt du réacteur IV. C’est ce qu’indiquent diverses sources telles que :
– le site du journal Hawaï News Daily http://hawaiinewsdaily.com/2011/06/apparent-explosion-and-fire-at-fukushima-4/
– le site de l’association Kokopelli, qui suit de très près la situation à Fukushima : http://www.kokopelli-blog.org/?p=916
La situation reste des plus graves à Fukushima, mais cette précision exclurait le risque de diffusion atmosphérique du plutonium contenu dans le combustible MOX qui alimente le réacteur III.
C’était samedi dernier, dit de Pentecôte, drôle de samedi. Point de vue perso à partir d’emploi du temps de même. Le matin, devant la mairie de mon bled, on était douze, comme des apôtres, à prêcher dans le vide (pas tout à fait) pour une France et un monde débarrassé du péril nucléaire. Le Japon de Fukushima c’est loin, faut croire, et l’humour corrézien a depuis recouvert de son écume médiatique les miasmes radioactifs que continuent de cracher les réacteurs japonais en perdition. Soit.
L’après-midi, passage à la fête d’Attac-13 à Vitrolles. Beau temps, endroit bucolique (Domaine de Fontblanche, c’est là que se tient le festival de jazz Charlie Free). Grosse déprime : une centaine de personnes au rendez-vous…
Soirée dans la colline du JP’estival, rencontre d’amateurs de jazz, rock et compagnie sur les restanques de Jean-Pierre T., au-dessus de la Durance – gardons-le anonyme pour ne pas flinguer son festival entre potes qui ne pourrait supporter l’invasion. Voilà onze ans qu’il s’est jeté dans la petite aventure : se donner un lieu et un moyen de jouer sans passer par les circuits contraignants. Là, c’est le circuit très court, genre directo producteur-consommateur. L’orga se fait à la bonne franquette, sous une bâche, deux enceintes, trois projos, sur fond sonore de crapauds en rut, et senteurs de poulet yassa côté restauration. Musiciens variés aussi, à tout point de vue, y compris artistique. Et alors ? Personne pour s’en plaindre. On est là ensemble, à passer des moments chaleureux « entre soi », les « happy few » comme on dit de nos jours, ces « quelques privilégiés » actionnés par le bouche à oreille et qui finissent par atteindre les cent cinquante ou deux cents, en comptant enfants et chiens.
Rien à voir avec les maigrelettes mobilisations du matin et de l’aprèm. Ici, pas de politique, sinon celle de l’ici & maintenant. Demain est un autre jour – et encore, pas sûr. L’avenir n’est plus ce qu’il était. Justement parce que Tchernobyl et Fukushima. Parce que le monde pourri. Parce que rien ne vaudrait la chaleur des petits mondes, petits certes mais tout de même bien réels.

Excuse, Youki, le coup de flash qui t’a fait sursauter… N’empêche, t’as de l’oreille – et de la gueule ! (Ph. gp)
Mini entretien avec Jean-Pierre T.
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
C’est une belle aventure débutée à l’automne. Son point d’orgue, si on ose dire : cette printanière soirée du 6 mai 2011, un samedi, dans un quartier d’Aix-en-Provence. Et quand on dit « quartier » on croit avoir assez sous-entendu, ce qui est pire que tout.
Donc ce soir-là, au Jas de Bouffan, nom du quartier péri-urbain, Archie Shepp avait rendez-vous avec une bande de jeunes – à moins que ce ne soit l’inverse -, mais aussi un public, rassemblé dans la salle bondée du Bois de l’Aune : un tiers de spectateurs venus en voisins, supporteurs des leurs, le reste de plus loin, connaisseurs, curieux et bourgeois ordinaires. Tel était l’aboutissement de ce « Jazz-lab 1 », commencé à l’automne avec l’intention de mêler, mixer, mélanger, métisser quelques ingrédients de la culture d’aujourd’hui.
[…] Suite sur Citizen Jazz, là : http://www.citizenjazz.com/Jazzlab-1-a-Aix-en-Provence-avec.html
C’était ce matin sur France Inter. Le « philosophe » s’est pris sa juste et jubilatoire branlée :
Ferme ta gueule, Luc Ferry par franceinter
Merci saltimbanque !

Moulin à jazz, Vitrolles, 21 mai 2011. Jean-Charles Richard s’échauffe au saxo baryton avec la Suite n°1 pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach. Ph. gp
La musique, peut-être plus et autrement que les autres formes d’expression, représente cet exploit de réunir le beau et l’insondable. En d’autres termes, l’harmonie et le cosmos, l’émotion et la raison, l’art et l’intelligence, la poésie et les mathématiques. Le petit film (dans la durée : 4 mn) visible ci-dessous illustre à merveille le génie de Jean-Sébastien Bach, musicien tutoyant le « divin » (les guillemets pour délimiter le champ de la croyance – son chant aussi…). Un film à la fois pédagogique & magique, dans les limites de cette « magie » parcourue par des fourmis sur la bande de Moebius (film suivant).
C’est à partir de ce ruban de Moebius que le chercheur darwinien Patrick Tort (L’effet Darwin, Seuil) construit son concept d’« effet réversif » de l’évolution par lequel il explique « non théologiquement » l’émergence chez l’Homme de la liberté et de la solidarité sociale. Vaste sujet…
Par définition, les clichés ont la peau dure. Surtout s’ils sont en permanence réactivés par des bonnes âmes très intentionnées… Ainsi en est-il spécialement de cette France à l” »électricité la moins chère ». Et grâce à qui, hein ? En ces temps de catastrophe nucléaire au Japon, les promoteurs de l’atome ne cessent de répéter que, « grâce au nucléaire », la France bénéficierait des tarifs d’électricité « les plus bas d’Europe », voire du monde ! D’où l’intérêt de ce détour instructif par l’Observatoire du nucléaire et quelques données édifiantes :
D’abord, on ne voit pas en quoi cela justifierait de vivre avec la perspective d’une catastrophe similaire ou pire que celle en cours à Fukushima. Mais, surtout, cette affirmation est totalement fausse. Il suffit pour s’en convaincre de se reporter aux chiffres officiels publiés par l’Union européenne. Voici les données consultables, portant sur 2007 (qui ne tiennent donc pas compte du fait que, depuis, EDF a entammé une poltique de fortes augmentations du prix de l’électricité vendu en France) :
Étude complète consultable ici : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_OFFPUB/KS-SF-07–080/FR/KS-SF-07–080-FR.PDF
On constate que, dans 12 pays de l’Union européenne, les ménages paient moins cher qu’en France. Dans deux pays, le tarif est comparable, et dans quatorze pays, il est plus élevé qu’en France. Les tarifs en France sont donc à peu près dans la moyenne. La France est en dessous de la moyenne de l’UE car certains pays comme le Danemark ont choisi de taxer très fortement l’électricité pour éliminer les gaspillages (ce qui n’empêche pas de mettre en place des tarifs sociaux pour la consommation de base des ménages modestes).
Les tarifs étaient plus avantageux en France pour les entreprises mais, depuis, de fortes augmentations ont eu lieu. Qui plus est, EDF a annoncé de très fortes augmentations (au moins 30% !) tant pour les ménages que les entreprises, et ce pour financer la prolongation de la durée de vie des réacteurs nucléaires.
Il est donc temps que les citoyens de France comprennent qu’ils sont abusés depuis des années par une communication trompeuse : non, la France n’a pas les tarifs d’électricité les plus bas d’Europe, et elle sera bientôt parmi les pays où l’électricité est la plus chère…
Mais il y a encore pire : si le tarif de l’électricité est resté moyennement modéré pendant deux décennies, c’est du fait d’un véritable dumping, un report dans le temps des véritables coûts de l’électricité nucléaire : bientôt, il faudra acquitter des factures incommensurables pour démantèler les installations nucléaires et pour s’occuper (pendant des millénaires !) des déchets radioactifs.
Les Français ont donc mangé leur pain blanc (ou consommé leur « électricité blanche » !), l’heure des comptes approche.
Sur la base du constat des accidents majeurs survenus dans l’industrie nucléaire ces trente dernières années, on devrait statistiquement connaître un accident de ce type dans l’Union européenne au cours de la vie du parc actuel, avec une probabilité de 50% de voir cet accident majeur se produire en France. C’est en tout cas ce que démontrent Bernard Laponche, physicien nucléaire, expert en politiques de l’énergie, et Benjamin Dessus, ingénieur et économiste, dans un article publié sur le site de Global Chance. Cette association regroupe des scientifiques et des experts convaincus qu’un développement mondial plus équilibré peut et doit résulter de la prise de conscience croissante des menaces qui pèsent sur l’environnement global. Ce texte a déjà été publié dans Libération et dans Politis. Il est assez important pour mériter une large diffusion.
Le risque d’accident majeur dans une centrale nucléaire a été considéré comme la combinaison d’un événement d’une gravité extrême et d’une très faible probabilité d’occurrence. Certes, la multiplication de zéro par l’infini pose quelques problèmes mais les promoteurs du nucléaire, mettant en avant cette très faible probabilité, affirmaient qu’il n’y avait aucun danger. Si la gravité des conséquences d’un tel accident a bien été confirmée par Tchernobyl et Fukushima, que peut-on dire aujourd’hui de la probabilité de son occurrence ?
Il y a deux méthodes pour estimer la probabilité d’un accident : la méthode théorique, qui consiste à la calculer sur la base de scénarios de simulation d’accidents prenant en compte les systèmes de défense et les risques de dysfonctionnement, et la méthode expérimentale, qui consiste à prendre en compte les accidents survenus, ce que l’on fait par exemple pour les accidents de voiture. Les résultats de l’approche théorique, issus des travaux des experts de la sûreté nucléaire, distinguent, pour les centrales actuellement en fonctionnement dans le monde, deux types d’accidents : « l’accident grave » avec fusion du cœur du réacteur, dont la probabilité serait de moins de un pour 100 000 « années-réacteur » (un réacteur fonctionnant pendant un an) et « l’accident majeur », accident grave non maîtrisé et conduisant à d’importants relâchements de radioactivité, dont la probabilité serait de moins de un pour un million d’années-réacteur.
Printemps pourri : Ricet Barrier a cassé sa pipe de (faux) pèquenot de la (vraie) chanson. Ce mâtiné des Frères Jacques, de Vassiliu et de Bobby Lapointe, Maurice-Pierre Barrier a succombé au cancer à 86 ans, le 21 mai, à Sainte-Cécile, Puy-de-Dôme. On n’en a pas fait un foin. Normal, entre sécheresse et orages, et avec tout ce qui se passe dans le vaste monde… Alors, eul’ bourrin « Bijou » de Eh, la Marie !, eul’ t’lacteu… sur fond d’enclume d’Isabelle, v’là l’printemps, le blues éjaculatoire des Spermatozoïdes, le swing de Dolly 25, tout ça est passé à la trappe de l’Actu. Pourtant, avec La Servante du Château on bordure le « troussage de domestique », tiens :
« Pour m’consoler j’ai été trinquer
« Avec Nicolas l’riche meunier
« On a dansé sous les lampions
« Le v’là qui tripote mon jupon
« Pour voir si c’est pas du coton »…
Le reste est assez différent, vu que ça se passe pas exactement à Manhattan. Allez, un p’tit coup d’Eh ! la Marie pour la route finale du chansonnier.
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