On n'est pas des moutons

Archive for juin, 2011


Marie-José Mondzain : « Une organisation rationnelle et cynique de la misère »

«  Orga­ni­sa­tion ration­nelle et cynique de la misère  ». Bon sang, mais c’est bien sûr ! En écou­tant aujourd’hui [24/6/11] le jour­nal d’Antoine Mer­cier, à 12h.30 sur France-Culture, j’ai bondi en enten­dant cette for­mule de Marie-José Mond­zain*. Je me suis demandé pour­quoi aucun jour­na­liste, édi­to­ria­liste, chro­ni­queur, grand repor­ter, obser­va­teur averti, ne l’a employée jusqu’alors. Elle com­men­tait deux infos chaudes: la fer­me­ture du refuge pour femmes du Samu social à Paris — faute de cré­dits — et les plans d’austérité en Grèce, mais elle avait évi­dem­ment en tête bien d’autres symp­tomes du mer­dier ambiant. Comme je pense que ton blog est un lieu de par­tage de qua­lité, je livre une trans­crip­tion de ce com­men­taire à ceux qui le fré­quentent. c’est bien sûr une impro­vi­sa­tion orale que Mme Mond­zain aurait sans doute amen­dée si elle devait la publier, mais la force de l’idée demeure bien pré­sente: au-delà de notre indi­gna­tion il faut voir l’indignité d’une huma­nité mise en coupe réglée. Une indi­gnité que nous par­ta­geons tous.

Domi­nique Dréan

Marie-José Mond­zain : « J’ai l’impression d’une orga­ni­sa­tion ration­nelle et cynique de plus en plus grande de la misère de ceux qui vivent et qui n’arrivent plus à vivre, que ce soit près de nous ou plus loin, mais la Grèce, ça n’est pas si loin.

« Cette orga­ni­sa­tion ration­nelle et cynique de la misère pro­voque ces ras­sem­ble­ments de ceux qu’on appelle « les indi­gnés » et je sais que ce mot fait fureur, d’une cer­taine façon, dans la mesure ou le grand et admi­rable Sté­phane Hes­sel, sous le titre de l’indignation ras­sem­blait le plus grand nombre, au-delà des fron­tières, pour dire quelque chose du carac­tère into­lé­rable de la situation.

« Alors, je vou­drais, mal­gré tout, au sujet des indi­gnés comme de l’indignation, dire que [cela…] me semble aujourd’hui une expé­rience rela­ti­ve­ment limi­tée dans la mesure où cette indi­gna­tion est un régime d’expression affec­tif et moral qui apaise d’une cer­taine façon la conscience des citoyens qui, par­ta­geant une indi­gna­tion, croient qu’ils sont déjà dans une mobi­li­sa­tion politique.

« Je pense que cette indi­gna­tion est un voile pudique, comme expé­rience morale et affec­tive, de quelque chose qui me paraît beau­coup plus radi­cal et qui est l’indignité. Nous ne par­ta­geons pas seule­ment l’indignation, nous devons savoir que nous par­ta­geons aussi l’indignité, c’est-à-dire la perte du droit au res­pect, à la parole et à la liberté. Donc ce n’est pas en tant qu’indignée que je parle là : c’est pour dire que je par­tage l’indignité et pour dire sur­tout qu’on se rende compte de l’indignité silen­cieuse, sans bruit, sans pos­si­bi­lité expres­sive, de ceux qui sont sans voix, sans abri, sans parole, cou­pés de leur langue, de leur pays…

© faber

« Donc il y a là quelque chose de radi­cal qui est la seule façon, face à l’indignité, de se dire que ce que l’on attend n’est pas un réveil des consciences mais un réveil de l’action poli­tique. L’indignation ne suf­fit pas à mobi­li­ser poli­ti­que­ment. […] La mobi­li­sa­tion poli­tique ne peut pas se conten­ter de l’apaisement d’une indi­gna­tion par­ta­gée. Il faut par­ta­ger une indignité.

Antoine Mer­cier : « Vous par­lez d’organisation ration­nelle et cynique de la misère. On peut ima­gi­ner qu’elle est cynique, mais rationnelle… »

Marie-José Mond­zain : «  Elle est ration­nelle, oui, parce qu’elle a ses jus­ti­fi­ca­tions comp­tables, elle a ses jus­ti­fi­ca­tions finan­cières, elle a ses experts éco­no­miques et elle a la ratio­na­lité des pro­fits. Il y a une légi­ti­mité qui s’établit dans la rationalité-même du capi­tal et du capi­ta­lisme néo libé­ral et sa vio­lence, et qui est sou­tenu par une science éco­no­mique, des experts éco­no­miques, des sou­cis d’équilibre comp­table et là on est dans une rationalité.

Non pas que l’indignité soit irra­tion­nelle, mais c’est une autre ratio­na­lité. »

Cli­quer ici pour entendre l’émission de radio et son inter­ven­tion [pla­cer le cur­seur un peu avant la moitié].

* Marie-José Mond­zain est phi­lo­sophe et écri­vain, direc­trice de recherche au CNRS et spé­cia­liste de l’image.


Choc de faits divers. Ouest-France n’y a vu que du feu

Affi­chette « Ouest-France ». Sans com­men­taire. Mais les vôtres sont bienvenus.


1, 2 et 3 juillet à Vitrolles (13). Le jazz rêvé de Charlie


Font­blanche à Vitrolles, comme une décou­verte a priori inat­ten­due – gaffe aux a priori ! Peut-on en effet rêver plus idyl­lique lieu que ce parc et ses pla­tanes monu­men­taux pour écou­ter du jazz ? C’est bien dans ce joyau de ver­dure bordé de sa rivière , près d’Aix et Mar­seille, que  se tien­dra le qua­tor­zième Char­lie Jazz Fes­ti­val. Trois soi­rées pour chan­ger de monde – et peut-être un peu chan­ger le monde aussi. Même si ça ne dépend pas que de la musique, vue la caco­pho­nie ter­restre… Rai­son de plus pour en pro­fi­ter. Voici le pro­gramme, que vous pou­vez aussi télé­char­ger ici.

Vous pou­vez éga­le­ment le décou­vrir et écou­ter des extraits musi­caux à par­tir des liens ci-dessous :

Ven­dredi 1er Juillet
19h00 - Haï­douti Orkes­tar
21h00 - MEANDRES invite Bart MARIS [Créa­tion]
< 22h15 - Charles LLOYD New Quar­tet (Retrans­mis sur France Musique)

Samedi 2 Juillet
18h00 - Rétro­vi­seur
19h30 - Haï­douti Orkes­tar
< 21h00 - Joa­chim KÜHN, Majid BEKKAS, Ramon LOPEZ (Retrans­mis sur France Musique)
22h15 - Majid BEKKAS Sex­tet « Makenba »

Dimanche 3 Juillet
18h00 - Sidony Box
19h30 - Banda du Dock
21h00 - Musica Nuda
< 22h15 - Orchestre Natio­nal de Jazz « Shut Up and Dance »

 

« Eco Fes­ti­val » avec res­tau­ra­tion sur place et expos pho­tos. Le par­cours d’accès est fléché.

Deux scènes à la décou­verte du jazz d’aujourd’hui – et même de demain.

Site du fes­ti­val : http://charliejazzfestival.com/

[Pho­tos Gérard Tissier]


Fukushima: Les autorités instrumentalisent la culture japonaise pour maintenir la population dans l’ignorance

Par Michèle Rivasi, dépu­tée euro­péenne Europe Ecologie-les Verts, fon­da­trice de la CRIIRA

17 juin 2011 – De retour du Japon, Michèle Rivasi a pu consta­ter l’impact de la catas­trophe nucléaire sur le quo­ti­dien et la men­ta­lité des Japo­nais. Invi­tée par le puis­sant Sei­katsu Club, union des consom­ma­teurs forte de 22 mil­lions de membres, et les Verts japo­nais elle est notam­ment allée à la ren­contre des familles de pay­sans affec­tés par la catastrophe.Elle revient effa­rée et révol­tée par ce qu’elle a pu consta­ter dans les ter­ri­toires conta­mi­nés où la popu­la­tion conti­nue de vivre expo­sée à des fortes doses d’irradiation. Trois mois après la catas­trophe, le cau­che­mar ne fait mal­heu­reu­se­ment que commencer.

« Je reste de plus en plus convain­cue que là où com­mence le nucléaire s’arrête la démo­cra­tie. Quand les auto­ri­tés ne font pas de la dés­in­for­ma­tion, elles pêchent tout sim­ple­ment par manque d’information: aucune pré­cau­tion n’est prise pour pro­té­ger la santé des popu­la­tions vivant en zone conta­mi­née qui conti­nuent de consom­mer les ali­ments conta­mi­nés, au péril de leur santé et de leur vie. J’ai appris que lors de la catas­trophe, la dis­tri­bu­tion de pas­tilles d’iodure de potas­sium n’avait même pas été effec­tuée: on peut donc s’attendre à une forte hausse du nombre de can­cers, sur­tout chez les enfants.

« Qui plus est, aucune solu­tion n’est appor­tée aux réfu­giés de la radio­ac­ti­vité, ces popu­la­tions exclues du péri­mètre des 20 kilo­mètres entou­rant la cen­trale. La plu­part d’entre eux trouvent refuge auprès de proches, dans le péri­mètre de la zone d’évacuation volon­taire. Aucune indem­nité n’ayant encore été ver­sée et aucun relo­ge­ment n’ayant été effec­tué, les femmes et les enfants sont envoyés ailleurs pen­dant que les hommes conti­nuent d’exercer leurs acti­vi­tés agri­coles dans des zones conta­mi­nées. Les vil­la­geois n’arrivent pas à croire que la nature qui fleu­rit et bour­geonne est une nature morte: ils tentent d’éviter ainsi ce que l’on appelle com­mu­né­ment le ‘stress radio­lo­gique’ qui peut mener à des troubles psy­cho­lo­giques sérieux.

« Cet état de fait est faci­lité par la culture japo­naise, une culture de sou­mis­sion qui pousse les gens à conte­nir leurs émo­tions: ils s’interdisent d’exprimer leur désar­roi publi­que­ment, ter­ras­sés par la fata­lité. Leur colère interne se mani­feste sous la forme d’une rési­gna­tion totale. En consé­quence, les auto­ri­tés pro­fitent de cette fai­blesse cultu­relle pour impo­ser une omerta inquié­tante faci­li­tée par l’absence de contre-pouvoirs.

« Heu­reu­se­ment, des groupes aidés par la CRIIRAD viennent d’être créés et visent à contrô­ler le niveau de radio­ac­ti­vité de ali­ments consom­més: c’est un pre­mier pas salu­taire dans la lutte contre la dés­in­for­ma­tion. Pour­tant la catas­trophe reste per­ma­nente: l’irradiation reste tel­le­ment forte que les tra­vaux dans la cen­trale peinent à évo­luer et le risque d’explosion par hydro­gène dans les réac­teurs endom­ma­gés reste impor­tant. Le pire peut tou­jours sub­ve­nir. »

Site de Michèle Rivasi : http://www.michele-rivasi.eu/


Fukushima. Autres nouvelles, nouvelles inquiétudes

Restes du bâti­ment réac­teur III — 12 mai 2011

Restes du bâti­ment réac­teur IV — 12 mai 2011

Ainsi que je le pré­cise en post scrip­tum de l’article pré­cé­dent sur la nou­velle explo­sion enre­gis­trée à la cen­trale en ruines de Fuku­shima, c’est le réac­teur IV et non le III qui serait concerné. La dif­fé­rence est impor­tante puisqu’elle porte sur le char­ge­ment en MOX du réac­teur III, et le risque de rejet de plu­to­nium par­ti­cu­liè­re­ment toxique. Le pro­blème – qui remonte aux ori­gines mêmes de la catas­trophe – tient au blo­cage de l’information offi­cielle, et même aux omis­sions et men­songes éma­nant de ces sources offi­cielles, tant le gou­ver­ne­ment japo­nais que l’exploitant Tepco.

Une autre vue de l’explosion est visible ici : entre 0:16 et 0:18. (Docu­ment Tepco).

Autres nou­velles, peu rassurantes :

– 6 400 tonnes d’eau radio­ac­tive dans le sous-sol du réac­teur III. Les employés de Tepco ont bravé la très haute conta­mi­na­tion radio­ac­tive du réac­teur III (100 milliseverts/heure) pour explo­rer le sous-sol du bâti­ment dans lequel ils ont confirmé la pré­sence de 6400 tonnes d’eau hau­te­ment radio­ac­tive. (51 milliseverts/heure en sur­face du volume d’eau qui fait près de 6 mètres de profondeur).

– Pas de chance pour Areva (exit sa patronne) et pour Tepco, qui devaient com­men­cer le 15 juin les tra­vaux de décon­ta­mi­na­tion de plus de 100 000 tonnes d’eau conta­mi­née : le sys­tème ne fonc­tionne pas car Tepco vient de décou­vrir 10 fuites dans des valves et autres tuyauteries.

Le Monde du 17/6/11. Comme si l” « emprise » n’était déjà pas économico-politique… Ou com­ment le spec­tacle poli­tique prend le pas sur les faits, l’opérette de salon sur le jour­na­lisme de terrain.

Soyons posi­tifs et admet­tons que le sys­tème Areva puisse décon­ta­mi­ner à 100 % plus de 100 000 tonnes d’eau, à ce jour, et une autre bor­dée de 100 000 tonnes d’ici la fin de l’année 2011 et d’autres bor­dées sub­sé­quentes de 100 000 tonnes et plus, tous les six mois, au fil des années. Que faire du concen­tré toxique généré par ce pro­ces­sus de « décon­ta­mi­na­tion » ? Selon Tepco, ce concen­tré contien­drait 100 mil­lions de bec­que­rels de sub­stances radio­ac­tives par cen­ti­mètre cube. Tepco estime que ce seront 2 000 mètres cubes de concen­tré toxique qui seront géné­rés d’ici la fin de l’année 2011. Or, Tepco ne dis­pose que d’une capa­cité de 1 200 mètres cubes sur le site de Fuku­shima. De plus, Areva a concédé qu’ils n’ont aucune expé­rience dans la ges­tion de concen­trés toxiques issues d’eau radio­ac­tives et titrant plus de 1 000 millisieverts/heure.

– Extrême radio­ac­ti­vité dans la par­tie est de Tokyo. Suite à la pres­sion d’une asso­cia­tion de parents (Koto Asso­cia­tion to Pro­tect Chil­dren), le gou­ver­ne­ment japo­nais a enfin reconnu ses men­songes quant à la radio­ac­ti­vité de l’air ambiant aux alen­tours du centre de retrai­te­ment des boues d’épuration de Nanbu Ota-ku, Tokyo. Depuis com­bien de semaines l’incinérateur est-il en train de conta­mi­ner cette zone de Tokyo ? Cette asso­cia­tion de parents, aidée par un pro­fes­seur de l’Université de Kobé, a sol­li­cité les ser­vices de l’ONG fran­çaise, Asso­cia­tion pour le Contrôle de la Radio­ac­ti­vité dans l’Ouest, et a mis en valeur des taux extrê­me­ment éle­vés de radio­ac­ti­vité dans le ter­rain de sports et dans le parc pour enfants situés tous deux à moyenne proxi­mité du centre de trai­te­ment incri­miné: par exemple, le parc pour enfants est à 8 km de distance.

Le parc est encore plus conta­miné que le ter­rain de sport avec un taux de césium 137 de 3 050 becquerels/kilo de sol et un taux de césium 134 de 2 850 becquerels/kilo de sol. Le taux de tel­lu­rium 129 y est de 580 becquerels/kilo de sol.

– Quelle serait la quan­tité de com­bus­tible à Fukushima-Daichi en attente de dilu­tion dans l’atmosphère, les nappes phréa­tiques et l’océan? Selon Asso­cia­ted press, 3 400 tonnes de com­bus­tible usagé seraient accu­mu­lées dans les pis­cines de sto­ckage et 877 tonnes de fuel actif dans les coeurs des réac­teurs, ou ce qu’il en reste. A savoir en tout 4 277 tonnes de com­bus­tible. Par com­pa­rai­son, il y en avait 30 tonnes à Three Miles Island aux USA en 1979 et 180 tonnes à Tcher­no­byl en 1986.

– Deux baleines ont été décou­vertes fin avril à 650 km de Fuku­shima, avec des niveau de radia­tion de 31 et 24 bec­que­rels de césium par kilo de viande. Le Marine Bio­lo­gi­cal Labo­ra­tory, basé à Woods Hall dans le Mas­sa­chu­setts, a com­mencé à éva­luer le niveau de conta­mi­na­tion radio­ac­tive dans l’Océan Paci­fique. Et selon Arnie Gun­der­sen, le MBL a déjà déclaré que la conta­mi­na­tion radio­ac­tive dans l’Océan Paci­fique pro­ve­nant de Fuku­shima est dix fois supé­rieure à celle de la Mer Noire ayant émané de Tchernobyl.

– La cen­trale nucléaire de Fort Cal­houn, à Omaha dans le Nebraska (États-Unis) est assié­gée (vidéo ici) par l’eau du Mis­souri qui monte et qui va encore mon­ter de quelques mètres d’ici l’été. Pas de sou­cis, l’ingénierie nucléaire a déployé tout son savoir faire pour endi­guer les risques radio­ac­tifs : des murs de sacs de sable.

La cen­trale nucléaire de Fort Cal­houn, pho­to­gra­phiée le 14 juin, mena­cée par la mon­tée régu­lière des eaux du Mis­souri. (Ph. Cryptome)

Voir d’autres photos.

 

 

 

Autres infor­ma­tions sui­vies : http://www.kokopelli-blog.org/


Fukushima. Nouvelle explosion sur un réacteur

Une nou­velle explo­sion s’est pro­duite dans les ruines de la cen­trale nucléaire de Fuku­shima Daii­chi dans la nuit du 13 à 14 Juin à 00h43. Comme on peut le voir sur un enre­gis­tre­ment vidéo (ci-dessous) de l’opérateur nucléaire Tepco, l’explosion – très impres­sion­nante – a affecté le réac­teur III, par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reux car il contient du com­bus­tible MOX chargé de plu­to­nium.

Selon Green­peace, c’est un signe patent que le noyau en fusion de com­bus­tible MOX est acti­ve­ment dan­ge­reux. Vrai­sem­bla­ble­ment, il y a eu une explo­sion cau­sée par le contact des maté­riaux du cœur fondu avec de l’eau. Avec une telle explo­sion un relâ­che­ment de grandes quan­ti­tés radio­ac­tives dans l’environnement est à craindre.

Tou­jours selon Green­peace, qui a rendu publique l’information, les niveaux de radio­ac­ti­vité mesu­rés près des ruines de l’enceinte de confi­ne­ment du réac­teur I atteignent 260 sie­vert. Selon l’expert Shaun Bur­nie, de Green­peace, cela confirme que les par­ties fon­dues du cœur ont percé le fond de la cuve du réacteur.

L’événement paraît visible à par­tir de la 2e minute de l’enregistrement.

D’autre part, les Japo­nais pro­jettent de recou­vrir les ruines des réac­teurs par des sar­co­phages… en plas­tique – cela afin de limi­ter les infil­tra­tions d’eau et les rejets de matières radio­ac­tives. La maquette de ces sar­co­phages a été mon­trée ce 16 juin au JT de 20 heures sur France 2.

[Sources : Col­lec­tif anti­nu­cléaire 13, Green­peace; Tepco]

Post scrip­tum 17/6/11 : Il s’agirait plu­tôt du réac­teur IV. C’est ce qu’indiquent diverses sources telles que :
– le site du jour­nal Hawaï News Daily http://hawaiinewsdaily.com/2011/06/apparent-explosion-and-fire-at-fukushima-4/
– le site de l’association Koko­pelli, qui suit de très près la situa­tion à Fuku­shima : http://www.kokopelli-blog.org/?p=916
La situa­tion reste des plus graves à Fuku­shima, mais cette pré­ci­sion exclu­rait le risque de dif­fu­sion atmo­sphé­rique du plu­to­nium contenu dans le com­bus­tible MOX qui ali­mente le réac­teur III.


Jazz chez Jean-Pierre. Quand les « happy few » font le nombre

C’était samedi der­nier, dit de Pen­te­côte, drôle de samedi. Point de vue perso à par­tir d’emploi du temps de même. Le matin, devant la mai­rie de mon bled, on était douze, comme des apôtres, à prê­cher dans le vide (pas tout à fait) pour une France et un monde débar­rassé du péril nucléaire. Le Japon de Fuku­shima c’est loin, faut croire, et l’humour cor­ré­zien a depuis recou­vert de son écume média­tique les miasmes radio­ac­tifs que conti­nuent de cra­cher les réac­teurs japo­nais en per­di­tion. Soit.

L’après-midi, pas­sage à la fête d’Attac-13 à Vitrolles. Beau temps, endroit buco­lique (Domaine de Font­blanche, c’est là que se tient le fes­ti­val de jazz Char­lie Free). Grosse déprime : une cen­taine de per­sonnes au rendez-vous…

Soi­rée dans la col­line du JP’estival, ren­contre d’amateurs de jazz, rock et com­pa­gnie sur les res­tanques de Jean-Pierre T., au-dessus de la Durance – gardons-le ano­nyme pour ne pas flin­guer son fes­ti­val entre potes qui ne pour­rait sup­por­ter l’invasion. Voilà onze ans qu’il s’est jeté dans la petite aven­ture : se don­ner un lieu et un moyen de jouer sans pas­ser par les cir­cuits contrai­gnants. Là, c’est le cir­cuit très court, genre directo producteur-consommateur. L’orga se fait à la bonne fran­quette, sous une bâche, deux enceintes, trois pro­jos, sur fond sonore de cra­pauds en rut, et sen­teurs de pou­let yassa côté res­tau­ra­tion. Musi­ciens variés aussi, à tout point de vue, y com­pris artis­tique. Et alors ? Per­sonne pour s’en plaindre. On est là ensemble, à pas­ser des moments cha­leu­reux « entre soi », les « happy few » comme on dit de nos jours, ces « quelques pri­vi­lé­giés » action­nés par le bouche à oreille et qui finissent par atteindre les cent cin­quante ou deux cents, en comp­tant enfants et chiens.

Rien à voir avec les mai­gre­lettes mobi­li­sa­tions du matin et de l’aprèm. Ici, pas de poli­tique, sinon celle de l’ici & main­te­nant. Demain est un autre jour – et encore, pas sûr. L’avenir n’est plus ce qu’il était. Jus­te­ment parce que Tcher­no­byl et Fuku­shima. Parce que le monde pourri. Parce que rien ne vau­drait la cha­leur des petits mondes, petits certes mais tout de même bien réels.

 

Excuse, Youki, le coup de flash qui t’a fait sur­sau­ter… N’empêche, t’as de l’oreille – et de la gueule ! (Ph. gp)

 
Mini entre­tien avec Jean-Pierre T.

Clip audio : Le lec­teur Adobe Flash (ver­sion 9 ou plus) est néces­saire pour la lec­ture de ce clip audio. Télé­char­gez la der­nière ver­sion ici. Vous devez aussi avoir JavaS­cript activé dans votre navigateur.


Archie Shepp en « Maradona du jazz » chez des rappeurs d’Aix-en-Provence

 

© Ph. Gérard Tissier

C’est une belle aven­ture débu­tée à l’automne. Son point d’orgue, si on ose dire : cette prin­ta­nière soi­rée du 6 mai 2011, un samedi, dans un quar­tier d’Aix-en-Provence. Et quand on dit « quar­tier » on croit avoir assez sous-entendu, ce qui est pire que tout.

Donc ce soir-là, au Jas de Bouf­fan, nom du quar­tier péri-urbain, Archie Shepp avait rendez-vous avec une bande de jeunes – à moins que ce ne soit l’inverse -, mais aussi un public, ras­sem­blé dans la salle bon­dée du Bois de l’Aune : un tiers de spec­ta­teurs venus en voi­sins, sup­por­teurs des leurs, le reste de plus loin, connais­seurs, curieux et bour­geois ordi­naires. Tel était l’aboutissement de ce « Jazz-lab 1 », com­mencé à l’automne avec l’intention de mêler, mixer, mélan­ger, métis­ser quelques ingré­dients de la culture d’aujourd’hui.

[…] Suite sur Citi­zen Jazz, làhttp://www.citizenjazz.com/Jazzlab-1-a-Aix-en-Provence-avec.html

 


François Morel, rien à ajouter : « Luc Ferry, ferme ta gueule ! »

C’était ce matin sur France Inter. Le « phi­lo­sophe » s’est pris sa juste et jubi­la­toire bran­lée :


Ferme ta gueule, Luc Ferry par fran­cein­ter

Merci sal­tim­banque !


J.-S. Bach, Moebius et sa bande

Mou­lin à jazz, Vitrolles, 21 mai 2011. Jean-Charles Richard s’échauffe au saxo bary­ton avec la Suite n°1 pour vio­lon­celle de Jean-Sébastien Bach. Ph. gp

La musique, peut-être plus et autre­ment que les autres formes d’expression, repré­sente cet exploit de réunir le beau et l’insondable. En d’autres termes, l’harmonie et le cos­mos, l’émotion et la rai­son, l’art et l’intelligence, la poé­sie et les mathé­ma­tiques. Le petit film (dans la durée : 4 mn) visible ci-dessous illustre à mer­veille le génie de Jean-Sébastien Bach, musi­cien tutoyant le « divin » (les guille­mets pour déli­mi­ter le champ de la croyance – son chant aussi…). Un film à la fois péda­go­gique & magique, dans les limites de cette « magie » par­cou­rue par des four­mis sur la bande de Moe­bius (film sui­vant).

 

C’est à par­tir de ce ruban de Moe­bius que le cher­cheur dar­wi­nien Patrick Tort (L’effet Dar­win, Seuil)  construit son concept d’« effet réver­sif » de l’évolution par lequel il explique « non théo­lo­gi­que­ment » l’émergence chez l’Homme de la liberté et de la soli­da­rité sociale. Vaste sujet…


Samedi 11 juin, « Carton rouge au nucléaire » sur toute la France

 

© faber

Mani­fes­ta­tions et débats sont annon­cés ce samedi 11 juin devant les mai­ries de France et de Navarre. Qu’on ne nous fasse plus prendre des cen­trales nucléaires pour des lanternes !

 


Nucléaire. La France n’a pas « l’électricité la moins chère d’Europe »

Par défi­ni­tion, les cli­chés ont la peau dure. Sur­tout s’ils sont en per­ma­nence réac­ti­vés par des bonnes âmes très inten­tion­nées…  Ainsi en est-il spé­cia­le­ment de cette France à l” »élec­tri­cité la moins chère ». Et grâce à qui, hein ? En ces temps de catas­trophe nucléaire au Japon, les pro­mo­teurs de l’atome ne cessent de répé­ter que, « grâce au nucléaire », la France béné­fi­cie­rait des tarifs d’électricité « les plus bas d’Europe », voire du monde ! D’où l’intérêt de ce détour ins­truc­tif par l’Obser­va­toire du nucléaire et quelques don­nées édifiantes :

 

D’abord, on ne voit pas en quoi cela jus­ti­fie­rait de vivre avec la pers­pec­tive d’une catas­trophe simi­laire ou pire que celle en cours à Fuku­shima. Mais, sur­tout, cette affir­ma­tion est tota­le­ment fausse. Il suf­fit pour s’en convaincre de se repor­ter aux chiffres offi­ciels publiés par l’Union euro­péenne. Voici les don­nées consul­tables, por­tant sur 2007 (qui ne tiennent donc pas compte du fait que, depuis, EDF a entammé une pol­tique de fortes aug­men­ta­tions du prix de l’électricité vendu en France) :

Étude com­plète consul­table ici : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_OFFPUB/KS-SF-07–080/FR/KS-SF-07–080-FR.PDF

On constate que, dans 12 pays de l’Union euro­péenne, les ménages paient moins cher qu’en France. Dans deux pays, le tarif est com­pa­rable, et dans qua­torze pays, il est plus élevé qu’en France. Les tarifs en France sont donc à peu près dans la moyenne. La France est en des­sous de la moyenne de l’UE car cer­tains pays comme le Dane­mark ont choisi de taxer très for­te­ment l’électricité pour éli­mi­ner les gas­pillages (ce qui n’empêche pas de mettre en place des tarifs sociaux pour la consom­ma­tion de base des ménages modestes).

Les tarifs étaient plus avan­ta­geux en France pour les entre­prises mais, depuis, de fortes aug­men­ta­tions ont eu lieu. Qui plus est, EDF a annoncé de très fortes aug­men­ta­tions (au moins 30% !) tant pour les ménages que les entre­prises, et ce pour finan­cer la pro­lon­ga­tion de la durée de vie des réac­teurs nucléaires.

Il est donc temps que les citoyens de France com­prennent qu’ils sont abu­sés depuis des années par une com­mu­ni­ca­tion trom­peuse : non, la France n’a pas les tarifs d’électricité les plus bas d’Europe, et elle sera bien­tôt parmi les pays où l’électricité est la plus chère…

Mais il y a encore pire : si le tarif de l’électricité est resté moyen­ne­ment modéré pen­dant deux décen­nies, c’est du fait d’un véri­table dum­ping, un report dans le temps des véri­tables coûts de l’électricité nucléaire : bien­tôt, il fau­dra acquit­ter des fac­tures incom­men­su­rables pour déman­tè­ler les ins­tal­la­tions nucléaires et pour s’occuper (pen­dant des mil­lé­naires !) des déchets radioactifs.

Les Fran­çais ont donc mangé leur pain blanc (ou consommé leur « élec­tri­cité  blanche » !), l’heure des comptes approche.


 


Nucléaire. La probabilité d’un accident en France serait de 50% pour le parc actuel

Sur la base du constat des acci­dents majeurs sur­ve­nus dans l’industrie nucléaire ces trente der­nières années, on devrait sta­tis­ti­que­ment connaître un acci­dent de ce type dans l’Union euro­péenne au cours de la vie du parc actuel, avec une pro­ba­bi­lité de 50% de voir cet acci­dent majeur se pro­duire en France. C’est en tout cas ce que démontrent Ber­nard Laponche, phy­si­cien nucléaire, expert en poli­tiques de l’énergie, et Ben­ja­min Des­sus, ingé­nieur et éco­no­miste, dans un article publié sur le site de Glo­bal Chance. Cette asso­cia­tion regroupe des scien­ti­fiques et des experts convain­cus qu’un déve­lop­pe­ment mon­dial plus équi­li­bré peut et doit résul­ter de la prise de conscience crois­sante des menaces qui pèsent sur l’environnement glo­bal. Ce texte a déjà été publié dans Libé­ra­tion et dans Poli­tis. Il est assez impor­tant pour méri­ter une large diffusion.

Acci­dent nucléaire : une cer­ti­tude statistique

Le risque d’accident majeur dans une cen­trale nucléaire a été consi­déré comme la com­bi­nai­son d’un évé­ne­ment d’une gra­vité extrême et d’une très faible pro­ba­bi­lité d’occurrence. Certes, la mul­ti­pli­ca­tion de zéro par l’infini pose quelques pro­blèmes mais les pro­mo­teurs du nucléaire, met­tant en avant cette très faible pro­ba­bi­lité, affir­maient qu’il n’y avait aucun dan­ger. Si la gra­vité des consé­quences d’un tel acci­dent a bien été confir­mée par Tcher­no­byl et Fuku­shima, que peut-on dire aujourd’hui de la pro­ba­bi­lité de son occurrence ?

Il y a deux méthodes pour esti­mer la pro­ba­bi­lité d’un acci­dent : la méthode théo­rique, qui consiste à la cal­cu­ler sur la base de scé­na­rios de simu­la­tion d’accidents pre­nant en compte les sys­tèmes de défense et les risques de dys­fonc­tion­ne­ment, et la méthode expé­ri­men­tale, qui consiste à prendre en compte les acci­dents sur­ve­nus, ce que l’on fait par exemple pour les acci­dents de voi­ture. Les résul­tats de l’approche théo­rique, issus des tra­vaux des experts de la sûreté nucléaire, dis­tinguent, pour les cen­trales actuel­le­ment en fonc­tion­ne­ment dans le monde, deux types d’accidents : « l’accident grave » avec fusion du cœur du réac­teur, dont la pro­ba­bi­lité serait de moins de un pour 100 000 « années-réacteur » (un réac­teur fonc­tion­nant pen­dant un an) et « l’accident majeur », acci­dent grave non maî­trisé et condui­sant à d’importants relâ­che­ments de radio­ac­ti­vité, dont la pro­ba­bi­lité serait de moins de un pour un mil­lion d’années-réacteur.

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Mort de Ricet Barrier. V’là l” printemps pourri…

Prin­temps pourri : Ricet Bar­rier a cassé sa pipe de (faux) pèque­not de la (vraie) chan­son.  Ce mâtiné des Frères Jacques, de Vas­si­liu et de Bobby Lapointe, Maurice-Pierre Bar­rier a suc­combé au can­cer à 86 ans, le 21 mai, à Sainte-Cécile, Puy-de-Dôme. On n’en a pas fait un foin. Nor­mal, entre séche­resse et orages, et avec tout ce qui se passe dans le vaste monde… Alors, eul’ bour­rin « Bijou » de Eh, la Marie !, eul’ t’lacteu… sur fond d’enclume d’Isa­belle, v’là l’printemps, le blues éja­cu­la­toire des Sper­ma­to­zoïdes, le swing de Dolly 25, tout ça est passé à la trappe de l’Actu. Pour­tant, avec La Ser­vante du Châ­teau on bor­dure le « trous­sage de domes­tique », tiens :

« Pour m’consoler j’ai été trinquer

« Avec Nico­las l’riche meunier

« On a dansé sous les lampions

« Le v’là qui tri­pote mon jupon

« Pour voir si c’est pas du coton »…

 

Le reste est assez dif­fé­rent, vu que ça se passe pas exac­te­ment à Man­hat­tan.  Allez, un p’tit coup d’Eh ! la Marie pour la route finale du chansonnier.

 

 

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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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