On n'est pas des moutons

Archive for février, 2012


Sarkozy. De « La France forte » à la France libre

Ça, c’est de mon pote Faber

Le reste pro­vient de la paro­die déchaî­née sur le net.

C’est beau et salutaire

le génie populaire

!

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Ma pré­fé­rée, signée Pea­chy Carnehan

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La plus radi­cale (et confiante)


Antoine Hervé : « Le jazzman, c’est un griot et un danseur dans sa tête »

Jazz et clas­sique, Antoine Hervé est un des plus grands pia­nistes du moment. Mais il joue aussi du « péda­gogue », cet ins­tru­ment pas si cou­rant, sinon rare, qui per­met le miracle entre un art – ou une science – et le public. Si vous vou­lez en lire davan­tage à pro­pos de sa Leçon de piano sur Bill Evans, pas­sez un moment avec lui dans l’interview qu’il m’a accor­dée pour Citi­zen Jazz. Cli­quer ici même.


« Toutes les civilisations se valent (surtout la nôtre) »

Extrait du Lotus bleu de Hergé

« Si l’on fait, pour la beauté du geste, l’hypothèse que la bonne foi n’était pas tota­le­ment absente du concert de pro­tes­ta­tions qui a suivi la petite phrase de Claude Guéant, la polé­mique est révé­la­trice d’un pro­fond malaise. Il paraît aussi dif­fi­cile de sous­crire sans états d’âme à la for­mule du Ministre de l’Intérieur, que d’adhérer aux ripostes qu’elle a sus­ci­tées. D’un côté, nous nous sen­tons tenus de pro­fes­ser un uni­ver­sa­lisme accueillant à la diver­sité des cultures. Nous refu­sons que la com­pa­rai­son débouche sur la déva­lua­tion, que la dif­fé­rence recon­nue signi­fie qu’une civi­li­sa­tion soit intrin­sè­que­ment « supé­rieure » à une autre : cela revien­drait peu ou prou à repro­duire le schéma typique des Lumières fran­çaises – la civi­li­sa­tion, c’est nous, les autres sont des bar­bares, des sau­vages qui attendent d’être civi­li­sés. Mais d’un autre côté, nous voyons mal com­ment évi­ter de pen­ser que nos ins­ti­tu­tions et nos valeurs sont tout de même pré­fé­rables, que les droits de l’homme valent mieux que le racisme et l’intolérance, que l’égalité des sexes est mora­le­ment supé­rieure à un sys­tème patriar­cal, et le suf­frage uni­ver­sel plus digne de l’homme que la tyrannie. »

On pour­sui­vra la lec­ture de ce texte pro­met­teur sur le blog de son auteur, réfu­gié comme la concierge de l’esprit au Pied de l’escalier. Une bonne et char­pen­tée réflexion pour ne pas res­ter en rade dans la confu­sion géné­rée par la trop fameuse sor­tie de Guéant, elle-même fai­san­dée par les réac­tions pav­lo­viennes de la gauche trop peu pensante.

Merci à tous pour les enri­chis­sants com­men­taires appor­tés à mon pré­cé­dent papier. On n’est pas trop de beau­coup pour affron­ter la com­plexité du monde et des affaires humaines !

Et merci à Daniel D. pour avoir signalé ce bon endroit : http://lescalier.wordpress.com/2012/02/11/toutes-les-civilisations-se-valent-surtout-la-notre/


Civilisations. Pourquoi Guéant n’a pas dit que des conneries

Aboyer avec, ou aboyer contre les loups, c’est tou­jours aboyer. S’agissant de civi­li­sa­tion, il devrait y avoir mieux à faire et sur­tout à dire. Soit donc le pro­pos de Guéant, exer­çant le minis­tère de l’intérieur de qui on sait et s’exprimant ce 4 février en ces termes :

 « Contrai­re­ment à ce que dit l’idéologie rela­ti­viste de gauche, pour nous, toutes les civi­li­sa­tions ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avan­cées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fra­ter­nité, nous paraissent supé­rieures à celles qui acceptent la tyran­nie, la mino­rité des femmes, la haine sociale ou eth­nique ». « En tout état de cause, nous devons pro­té­ger notre civilisation ».

 

Voilà donc le pro­pos qui a enflammé le lan­der­neau politico-médiatique selon le mode de la meute, donc selon la forme aboyante. Essayons de dépa­touiller l’affaire qui, en ces enfié­vrées périodes élec­to­rales, a vite pris l’allure d’une cabale.

 

Pré­ci­sion préa­lable : je ne sau­rais voler au secours de Guéant. Qu’il se démerde ! Sur­tout mon pro­pos se veut, comme son auteur, réso­lu­ment de gauche. Or, en l’occurrence, je trouve que l’idéologie gau­chienne – comme on dit désor­mais sou­chienne – se met à patau­ger dans les fanges qu’elle pré­tend dénoncer.

 

Que le Guéant ait mitonné sa tam­bouille devant un par­terre d’extrême droite et à l’intention déli­bé­rée de l’extrême droite dans le but de la bas­se­ment mais lour­de­ment cour­ti­ser, on ne sau­rait le nier. Mais un type de droite ne dit pas for­cé­ment que des conne­ries. Et vice versa

 

Le vrai sujet du débat, mer­di­que­ment lancé, se pose tout de même sur le fond : ce qu’on entend au juste par « civi­li­sa­tion ». D’où cet enchaî­ne­ment pos­sible de ques­tions dans le but d’éclairer les lan­ternes et sur­tout ceux qui les tiennent :

 

– Qu’est-ce qu’une civilisation ?

– Les civi­li­sa­tions sont-elle comparables ?

– Qu’est-ce qu’une valeur en civilisation ?

– De là : quid du rela­ti­visme ? De l’universalisme ? De leurs places dans l’Histoire, les socié­tés, la morale, etc. ?

 

Des thèses innom­brables se sont affron­tées autour de ces ques­tions et je n’aurais ni l’outrecuidance ni l’intention de ten­ter de les reprendre. Je ne livre donc que mes propres réponses, elles-mêmes ali­men­tées à ma propre his­toire – tout étant donc rela­tif, en ce sens du moins…

 

Une civi­li­sa­tion, je ten­te­rais de la défi­nir ainsi… : l’ensemble des valeurs, croyances, cou­tumes, langues et mœurs aux­quelles un groupe humain se réfère de manière plus ou moins consciente, par les­quelles il s’identifie et qui en même temps le constituent.

 

Ces ensembles mul­tiples varient d’autant selon la situa­tion géo­gra­phique et l’Histoire (période his­to­rique et évé­ne­ments). La civi­li­sa­tion des Indiens d’Amérique pré­co­lom­bienne dif­fère de celle qui l’a sui­vie. Ces varia­tions n’ont cepen­dant pas tota­le­ment éli­miné les struc­tures basiques des socié­tés dans les­quelles on peut obser­ver des inva­riants. Des chan­ge­ments se sont ainsi pro­duits, plu­tôt qu’une évo­lu­tion, qui sup­po­se­rait une pro­gres­si­vité – voire une fina­lité impli­quant, jus­te­ment, une notion dis­cu­table de pro­grès. Ces chan­ge­ments peuvent aller jusqu’à alté­rer la civi­li­sa­tion elle-même. Et l’on sait aujourd’hui que les civi­li­sa­tions sont mor­telles [« Nous autres, civi­li­sa­tions, nous savons main­te­nant que nous sommes mor­telles », Paul Valéry. Au pas­sage, à quoi donc ren­voie cet englo­bant « nous autres » ?] On le sait en par­ti­cu­lier depuis que le mot eth­no­cide désigne ce qui tue non pas les peuples eux-mêmes – géno­cide – mais ce qui les carac­té­rise et les repré­sente. C’est le cas, jus­te­ment, de l’ethnocide des Amé­rin­diens ou encore des Mnong Gar au Sud Viêt Nam, ou des menaces pesant sur les Tibé­tains – sans par­ler des Ber­bères en Afrique du Nord et même des Celtes chez nous…

 

Ainsi dirons-nous que les civi­li­sa­tions existent, se dif­fé­ren­cient, changent et  peuvent dis­pa­raître. En quoi elles sont donc com­pa­rables, d’autant plus qu’elles seront fine­ment obser­vées et ana­ly­sées, si pos­sible en dehors de tout juge­ment de valeur.

 

Pour l’observateur à voca­tion scien­ti­fique les com­por­te­ments humains ne relèvent pas de valeurs trans­cen­dantes. Ils sont obser­vables, ana­ly­sables, com­pa­rables. Ainsi les civi­li­sa­tions aux­quelles ces com­por­te­ments se réfèrent peuvent être pré­sen­tées comme rela­tives – c’est ce qu’on appelle le rela­ti­visme culturel.

Le suc­cès de cette thèse, et le contre­sens qui en a découlé, tient en par­ti­cu­lier à sa réduc­tion vul­gaire et abu­sive selon laquelle « tout se vaut ». Certes, il n’y a pas lieu d’établir des hié­rar­chies de valeurs – sur­tout morales – entre les civi­li­sa­tions. Mais en même temps, peut-on contes­ter l’universalité de cer­taines de ces valeurs ? Ainsi, quand  Guéant déclare : « Celles [les civi­li­sa­tions] qui défendent l’humanité nous paraissent plus avan­cées que celles qui la nient », au nom de quoi – de quelle autre de nos valeurs « occi­den­tales » ? – pourrait-on le déni­grer en réfu­tant son asser­tion ? Asser­tion qu’il entoure d’ailleurs d’une cer­taine rete­nue avec son « nous paraissent », tan­dis que le pro­cès d’intention peut lui être fait de décré­ter la supré­ma­tie abso­lue et défi­ni­tive d’une civi­li­sa­tion (la « nôtre ») sur toutes les autres.

 

Or, pré­ci­sé­ment, selon les lieux et les époques, toute civi­li­sa­tion aura vu naître en son sein ici des réa­li­sa­tions sublimes, là les mas­sacres les plus atroces …  Gare aux généralisations !

 

Non, tout ne se vaut pas, certes ! Même si tout peut plus ou moins s’expliquer et se com­prendre. Mais en même temps, « nous autres » comme disait Valéry, nous tous ajouterai-je, fai­sons par­tie de la même huma­nité, en sa diver­sité de civi­li­sa­tions – pri­mi­tives, sau­vages, bar­bares, déve­lop­pées, civi­li­sées… – pré­ci­sé­ment, selon l’Histoire, l’époque, le lieu.

 

L’autre volet de mon pro­pos concerne les réac­tions mou­ton­nières, sinon pav­lo­viennes, déclen­chées par cette décla­ra­tion de Guéan.

 

Ainsi Har­lem Désir, numéro 2 du PS, y a vu  « la pro­vo­ca­tion pitoyable d’un ministre réduit à rabat­teur de voix FN. Une majo­rité en per­di­tion élec­to­rale et morale ».

 

Sur son compte Twit­ter éga­le­ment , Cécile Duflot (EELV) parle d’un  « Retour en arrière de 3 siècles. Abject »  !

 

Dans un com­mu­ni­qué, le Mou­ve­ment des jeunes socia­listes (MJS) a « condamné les pro­pos » de M. Guéant en lui « deman­dant « ce qu’il cher­chait en s’enfermant dans son dis­cours xéno­phobe et raciste. Le ministre  « se range dans la caté­go­rie de ceux qui dif­fé­ren­cient et hié­rar­chisent les hommes, per­met­tant le bas­cu­le­ment vers un véri­table racisme cultu­rel » , ont-ils ajouté.

 

SOS Racisme dit « espé­rer un démenti urgent » de ces pro­pos.  « Si ces der­niers, très graves, avaient été bel et bien tenus par le ministre de l’Intérieur en fonc­tion, ils mar­que­raient une nou­velle étape dans une dérive vers des extrêmes inac­cep­tables, struc­tu­rés notam­ment par des logiques d’infériorisation de l’Autre ».

 

Ces « EDL » – élé­ments de lan­gage – d’effarouchés, qu’ils soient de droite et sur­tout de gauche, voilà ce que je trouve lamen­table et qui me fait sor­tir de mes gonds de blo­gueur en hiber­na­tion. Je vois là une mas­ca­rade, une déro­bade – soit une occa­sion de plus de fuir ses res­pon­sa­bi­li­tés et de noyer le désar­roi poli­ti­cien. Car la vraie ques­tion, celle qui concerne au pre­mier chef le Parti socia­liste – et avant eux les com­mu­nistes, n’est-elle pas celle-ci ? : D’où vient la désaf­fec­tion du « peuple de gauche » envers ses pôles his­to­riques, par­tis et syn­di­cats ? Ou autre­ment dit : Pour­quoi cette attrac­tion des pro­lé­taires pour le Front natio­nal ? Pro­lé­taires – j’insiste, à pro­pos de ceux qu’on n’ose même plus nom­mer, que les situa­tion­nistes ont si jus­te­ment qua­li­fiés comme « dépos­sé­dés du plein emploi de leur vie », c’est dire leur écra­sante majo­rité dans le monde !

 

Cette fois, c’est la cho­rale des hor­ri­fiés de gauche qui s’égosille, mar­quant ainsi la minable alter­nance de dis­cours et de poli­tiques qui meut le balan­cier entre gauche et droite – et retour. Leurs cris d’orfraie ne rameute que les bobos de très loin concer­nés – par exemple et entre autres, s’agissant de « civi­li­sa­tion » – par l’accroissement des pra­tiques musul­manes osten­sibles. Ils n’habitent pas pour la plu­part à Bar­bès ni dans le 9–3 ou dans les quar­tiers Nord de Mar­seille. Des dés­équi­libres socio­lo­giques et cultu­rels, ils ne connaissent que le spec­tacle média­tisé. Ils ont feuilleté Bour­dieu mais n’ont pas dédai­gné les bour­si­co­tages du social-libéralisme des années Mit­ter­rand. Ce sont des huma­nistes, certes, et je peux bien me recon­naître en eux, puisque je vis aussi à l’abri rela­tif de ces graves tour­ments de nos socié­tés désar­çon­nées. Voilà même pour­quoi je la ferme (ici) depuis plu­sieurs mois, dégoûté et impuis­sant devant l’état de dégra­da­tion de notre monde. Et devant cette course en avant et droit dans le mur de la Crois­sance comme seul hori­zon et seule Sal­va­tion crypto-religieuse  : soit du Tou­jours Plus et tou­jours du Même, dans la course per­due à l’Emploi imploré, tan­dis que pour­rit au fond de l’égoût la belle uto­pie, celle que cares­sait mon père (et bien d’autres avant lui) tout en lisant et reli­sant La Grande relève des hommes par la machine, d’un cer­tain Jacques Duboin dont on recom­mence à par­ler.. Lui qui avait écrit dans les années trente : « Le chô­meur, au lieu d’être la ran­çon de la science, devrait en être la récom­pense. » Alors pourrait-on par­ler de civi­li­sa­tion, et parier sur son universalité.


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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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