L’ancien minis­tre Clau­de Allè­gre s’estime dif­fa­mé par une tri­bu­ne parue dans Poli­tis le 18 juin 2009. Le tex­te por­tait les signa­tu­res de huit per­son­na­li­tés du mon­de uni­ver­si­tai­re, scien­ti­fi­que ou asso­cia­tif. L’hebdo lan­ce une péti­tion de sou­tien.

Les auteurs de la tri­bu­ne qui déran­ge Allè­gre, ain­si que le direc­teur de la publi­ca­tion, ont été mis en exa­men pour « dif­fa­ma­tion publi­que envers un fonc­tion­nai­re public ». Ledit fonc­tion­nai­re n’est autre que Clau­de Allè­gre, dont Patri­ck Piro bros­se le por­trait dans le numé­ro en cours.

«Nous n’aimons guè­re l’adjectif « contro­ver­sé », écrit Denis Sief­fert, le rédac­teur en chef, Mais s’il s’applique à quelqu’un, c’est bien à Clau­de Allè­gre. L’homme est de nou­veau, aujourd’hui, au cœur d’une contro­ver­se qu’il a lui-même pro­vo­quée en contes­tant vio­lem­ment les tra­vaux des cli­ma­to­lo­gues qui nous met­tent en gar­de contre les consé­quen­ces de cer­tai­nes acti­vi­tés humai­nes sur l’avenir de la pla­nè­te. Il est entré dans ce débat com­me tou­jours, sans être trop regar­dant sur les moyens ni les argu­ments. Com­me un mau­vais rug­by­man dans la mêlée : en pié­ti­nant ses adver­sai­res. Contrai­re­ment à la pré­sen­ta­tion que l’on fait de lui dans cer­tains médias com­plai­sants, il n’est pas un « scep­ti­que ». Le scep­ti­cis­me ne peut pas plus s’appliquer aujourd’hui aux conclu­sions des cli­ma­to­lo­gues du mon­de entier qu’à la roton­di­té de la ter­re. Ce que M. Allè­gre appel­le impro­pre­ment scep­ti­cis­me, c’est l’incrédulité de l’ignorance. Et pire enco­re : l’exploitation de cet­te incré­du­li­té par quelqu’un qui sait.

«Mais, en juin 2009, lorsqu’est paru sous le titre « Clau­de Allè­gre : ques­tion d’éthique » le tex­te de Poli­tis, l’important per­son­na­ge avait une autre actua­li­té. On par­lait de lui com­me minis­tra­ble dans le gou­ver­ne­ment Fillon. Il s’apprêtait à deve­nir dans le domai­ne des scien­ces et de l’éducation ce qu’Éric Bes­son, ancien socia­lis­te com­me lui, est à la soli­da­ri­té et aux droits de l’homme. Aurions-nous, mal­en­con­treu­se­ment, inter­fé­ré dans ce calen­drier ? Serait-ce la cau­se de la colè­re de Clau­de Allè­gre à notre égard ? Quoi qu’il en soit, nous vou­lons dire ici que, ce tex­te, nous som­mes fiers de l’avoir publié et nous l’assumons plei­ne­ment aux côtés de nos sept amis – sept, hélas, et non pas huit, puis­que Jean-Yves Bar­rè­re, empor­té par la mala­die, nous a quit­tés depuis. Ce tex­te, il peut se lire com­me un bilan cri­ti­que de tou­te une car­riè­re. Mais aus­si com­me pré­mo­ni­toi­re de la polé­mi­que sur le cli­mat. Preu­ve de sa dou­ble actua­li­té.»

»> Voir aus­si : Allè­gre, GIEC, curés pédo­phi­les. Scien­ce et reli­gion dans le plus obs­cur cli­mat

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