Je sens bien que les mots, ils saturent les pauvres mots – et leurs lecteurs avec. Alors, pourquoi diantre ne pas aller plus souvent mater à côté si le monde y est plus beau, plus coloré, plus causant aussi finalement. A côté, c’est-à-dire là, en voisinage : http://c-pour-voir.over-blog.com/ Chaque jour sa photo, ou presque, et réciproquement.
Blogs & médias
Bienvenue sur « C’est pour voir » !
Ça faisait bien longtemps que je projetais de partager mon goût pour l’image,
et spécialement pour la photographie – dont je suis un adepte et pratiquant de si longue date.
Que ce soit par profession ou au quotidien, la photo me saisit au vol – et vice versa.
Bref, voici ce blog, tel un album à feuilleter, à commenter au besoin,
et même à enrichir ainsi que le suggère la formule
« & INVITÉS ».
Suite élégiaque et diplomatique. Super-Boillon « fils » de Khadafi !
Boillon défend Kadhafi (C+)
envoyé par LePostfr. - L’info internationale vidéo.
Ça tourne au court-Boillon pour le tonitruant ambassadeur de France à Tunis. Car, ce lundi, le site Le Post a déterré un extrait de novembre 2010 du Grand journal, émission télé de Canal+. On y voit [ci-dessus] Boris Boillon défendre Kadhafi. Dans un premier temps, il faut toute l’insistance de Jean-Michel Aphatie pour que le diplomate reconnaisse le passé terroriste du dictateur libyen, avant d’appeler à ne pas « laisser libre cours aux idées reçues » . Et de conclure, à propos du dirigeant libyen: « Dans la vie, on fait tous des erreurs. »
Rappelons aussi que le même super-Boillon avait été le grand ordonnateur des frasques de Khadafi lors de sa visite officielle en France, en décembre 2007 – y compris donc les défilés du cortège dans Paris et la fameuse tente de « bédouin » montée dans les jardins de l’hôtel Matignon.
Le « colonel » y fut reçu avec tous les honneurs sarkozyens, ainsi qu’on le voit également sur cette vidéo :
Internet et Cie. Du bon usage du nazisme, du professeur Kuing Yamang et de la falsification

Cliquer sur l’image ou aller là : http://www.facebook.com/pages/On-sait-ce-que-lon-veut-quon-sache/143363392375566
Voilà que refleurissent les détournements, à la manière des situationnistes dans les années 60, notamment à partir de films sud-coréens de kung-fu. Celui ci nous est venu par Dominique Dréan (merci !) via un de ses commentaires. Il s’agit d’un passage de « La Chute » (Der Untergang), un film allemand d’Oliver Hirschbiegel (2004). On y voit Hitler dans son piteux déclin, en proie à l’hystérie. Les sous-titres se situent, c’est le cas de le dire, dans la tradition anarchiste, projetant une représentation néo-spartakiste du mouvement de libération du peuple…
Pour un peu on y croirait… Mais aujourd’hui…, c’est l’espérance qui manque le plus. Quand bien même le politique en porterait de manière crédible, il lui faudrait encore vaincre le contre-mouvement de repli individuel et, par delà, recréer les liens distendus, sinon rompus, entre le moi-je et le nous sociétal – ce qu’un bon mien copain dénomme « l’articulation du je-nous »… dont l’arthrose fait pour le moins boiter nos sociétés.
Autre remarque de fond. Il s’agit du recours au nazisme comme « argument » de comparaison. Cette faiblesse par l’outrance manichéenne tendrait à assimiler le sarkozysme au nazisme, ce qui est délirant. Une occasion de plus pour évoquer ce qu’on appelle la « loi de Godwin », du nom de son inventeur, Mike Godwin, chercheur à l’Université Yale aux Etats-Unis. L’énoncé : « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1.» De même, dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin. Et par extension, du fait de la polysémie du mot « point », des « points Godwin » peuvent être attribués à l’unité.
Cette « loi » s’appuie donc sur l’hypothèse selon laquelle une discussion qui dure peut amener à remplacer des arguments par des analogies extrêmes. L’exemple le plus courant consiste à comparer le thème de la discussion avec une opinion nazie ou à traiter son interlocuteur de nazi et de fasciste (« facho »). Si le sujet de la discussion était très éloigné d’un quelconque débat idéologique, une comparaison de ce genre est considérée comme un signe d’échec de la discussion. On estime alors qu’il est temps de clore le débat, dont il ne sortira plus rien de pertinent : on dit que l’on a atteint le « point Godwin » de la discussion. [Voir de multiples prolongements sur le sujet sur internet, et notamment là, avec fournitures d’exemples hexagonaux fameux].
Néanmoins, pour en revenir à la vidéo du départ, c’est à voir là, et ça permet de se régaler du talent de comédien de Bruno Ganz et cet extrait d’un film remarquable.
Autre exemple du même genre qui, celui-là, galope à bride abattue sur la toile. Dominique, le même, me l’a aussi envoyé, comme avant lui plusieurs autres internautes. Ça en devient un hoax, c’est-à-dire une fausse info – souvent accompagnée d’un certificat d’authenticité genre « VÉRIDIQUE ! », en capitales et en gras. (Voir le site hoaxbuster, qui traque ce genre de « nouvelles »).
En l’occurrence, il s’agit d’une émission de télé chinoise dans laquelle le «vénérable professeur Kuing Yamang» analyse doctement le déclin de la France. Le propos est cinglant, argumenté et„ surtout, trouve sa portée du fait de son origine, l’empire du Milieu…
Voici comment Christophe S.-B. présente l’affaire : « En effet, j’ai vu cette vidéo courant juin. Il s’agit d’un canular à la manière des situationnistes (fin des années 50 début des années 70). Je pense à un film situationniste de 1973 moquant le régime maoïste intitulé « La dialectique peut-elle casser des briques », oeuvre de René Vienet - qui reprend des films de Kung Fu en VO , et sous-titre les dialogues par des discussions sur la lutte des classes, et la guerre entre le prolétariat et les bureaucrates. Ce genre de détournement de l’image ne date donc pas d’hier.
« L’auteur de ce petit pétard se veut mettre en scène un supposé professeur chinois dénommé Kuing Yamang (Kouignamann, le gâteau breton ). Le problème ne tient pas seulement au contenu des sous-titres bidonnés qui portent des jugements à l’emporte-pièce sur les Français mais surtout à la personnalité bien réelle qui s’exprime qui n’est autre que l’ancien ambassadeur de Chine en France et ex-porte parole du ministère chinois des affaires étrangères, Wu Jianmin, actuellement membre Bureau international des expositions (BIE) pour Shanghai Expo 2010. Les sous-titres sont faux et les deux hommes parlent de l’Exposition Universelle de Shanghai.
[…] « L’auteur du canulard est un militant libéral, breton « bretonnant » bien de chez nous (de Lorient), Yann Caherec. Pour faire parler de lui, il a plutôt reussi son coup. »
L’auteur de cette vidéo parodique l’avoue lui-même sur la page Youtube de la vidéo. Il ne fallait donc pas aller bien loin pour vérifier, mais c’était tout de même trop pour quelques blogueurs qui sont tombés dans le panneau. Et ainsi de détailler :
Fdesouche.com la publie comme authentique, avant que ses commentateurs ne lui fassent part de la supercherie. Il essaie depuis de faire passer son erreur pour une plaisanterie.
Novopress.info de même, allant jusqu’à qualifier la vidéo de “retentissante” et d’en citer certains passages, avant de se raviser.
L’Observatoire des Subventions publie également cette vidéo truquée. La encore la vérité est rétablie dans les commentaires, parfois peu amènes envers le site.
Sur ExpressionLibre.net, toujours pas de démenti si ce n’est dans les commentaires.
Et la rédaction belge de 7sur7.be, qui à défaut d’appliquer la déontologie, y pense sincèrement: « Cette vidéo est à prendre avec des pincettes: personne ne parlant mandarin à la rédaction, nous ne pouvons assurer nos lecteurs de la véracité des sous-titres. Le “professeur Yamang” n’est pas sérieusement référencé sur le Net. Cependant, la teneur des propos étant de nature à interpeller et à faire réfléchir, nous avons décidé de maintenir l’article en ligne. »
Enfin, et entre autres sans doute, sur BFM TV, Olivier Mazerolle, un vieux de la vieille, gobe l’affaire et la fait gober à Cécicle Duflot (Les Verts), tandis qu’une image de Sarkozy est introduite parmi les autres de manière subliminale. De quoi gloser !
Le mot de la fin à l’auteur du détournement vidéo, qui répond à un commentateur lui reprochant que sa blague soit prise au sérieux par plusieurs personnes: « Les gens sont crédules, ils n’ont qu’à vérifier les sources ou réfléchir un peu au lieu de croire bêtement toutes les conneries qu’on leur balance. Je n’ai pas fait cette vidéo pour parler de la Chine, ce n’est pas le sujet, mais pour exposer une certaine vision de notre société. Lis ou relis les Lettres persanes de Montesquieu : J’aime bien cette idée de faire parler des gens assez extérieurs au problème. »
Belle et « véridique » leçon médiatique, pas vrai ?
L’Élysée face à une (nouvelle) affaire de « trou du cul »
Voici le tout dernier sport à la mode : supposez que l’envie vous prenne, comme ça, pour vous cultiver ou passer le temps, de taper « trou du cul » dans la case Google de votre navigateur… Hein, quoi ? C’est déjà fait, bon j’arrive après la bagarre. Laquelle ne fait pourtant que commencer. Et déjà 1 780 000 résultats en 0,28 seconde ! Trop forts ces gogols !
Quant au rapport entre la requête et les résultats relatifs à un président de la République française, alors là, voyez les politologues et autres troudebalologues qui ne manquent pas de disserter sur le destin du Petit Nicolas et sur ses affres élyséennes. Lui qui aura tant oeuvré au déclin de la fonction présidentielle, à la dévalorisation du « plus haut personnage de l’État »… Grandeur et misères des règnes en déchéance.
Libération.fr explique : « Ce n’est pas la première fois que Nicolas Sarkozy est la cible de ce genre de farce. En 2005, lorsqu’il était ministre de l’intérieur, Google proposait de visiter le site officiel du film Iznogoud, dont la devise est « Je veux être calife à la place du calife ». En juillet 2009, le président de la République avait été une nouvelle fois victime d’un Google Bombing (lire l’article). Son ancien site de campagne présidentielle arrivait alors en tête des recherches Google lorsque l’on tapait « trou du cul du web ».
Google doit travailler dur à une parade qui rétablisse enfin la dignité sarkozienne.
Censure. Les ciseaux d’Anastasie travaillent dans les têtes
Le Monde a publié jeudi [6/5/10] une tribune du journaliste et polémiste André Bercoff, intitulée « La France à la niche - Halte au masochisme ! » Les premières lignes indiquent bien le propos et sa tonalité : « Aujourd’hui, notre pays est occupé doucement, gentiment, insidieusement, par le camp du Bien. La police de la pensée correcte triomphe sur tous les étals médiatico-politiques. »
Je me retrouve aussi assez bien dans la suite : «Semble enfin accomplie la castration de ce peuple français qui, jadis, prenait des bastilles et, il y a encore quelques décennies, faisait mine de défiler pour changer la vie. L’alibi de la crise a bien travaillé : tous à la niche. Et à la censure. » Et vous allez voir, à propos de censure, l’écho que ce qui vient suscite chez l’auteur de ce blog censuré par Le Monde… :
« Désormais, il est interdit de ne pas interdire. Ne fumez plus : cancer du poumon. Ne buvez plus : cirrhose du foie. Ne baisez plus : sida et autres maladies sexuellement transmissibles (MST). Ne mangez plus : pesticides et OGM. Ne sortez plus : attentats. Ne parlez plus des juifs : vous serez condamné pour antisémitisme. Ne caricaturez plus Mahomet : vous serez incendié avant d’être égorgé. N’osez plus une plaisanterie sur les gays : l’homophobie vous guette. Ne racontez pas une histoire sur les Blacks : vous serez vitupéré raciste à part entière. En revanche, vous pouvez vous en donner à coeur joie sur la pédophilie de l’Eglise. Plus besoin de procureur : les ciseaux travaillent dans les têtes. »
Et c’est là que je veux en venir, car à ce niveau de l’article, Le Monde place ce qu’on appelle un exergue, censé mettre en valeur un passage fort de l’article – le voici :
Ainsi, d’un côté, le Monde papier, supporte la dénonciation d’un fait déplorable (faire des juifs un sujet tabou), et de l’autre, lemonde.fr, censure un blog (C’est pour dire) à partir d’un simple commentaire parlant de « lobby juif » ! D’un côté un Bercoff qui s’insurge, de l’autre un blog qu’on exécute. Je ne dis pas qu’il y ait eu concertation entre les deux supports, mais le fait – qui corrobore la dénonciation de Bercoff – est surtout qu’un système automatique d’alerte à partir de deux mots « interdits », lobby-juif, entraîne une censure non moins automatique, aveugle – orwellienne pour tout dire. Anastasie, cette garce castratrice à l’éternelle jeunesse…
« C’est pour dire » vire au rouge (cerise)
On se sent quand même mieux chez soi… Vous avez vu : grand nettoyage de printemps, coup de peinture avec virage au rouge, encore quelques travaux en cours, des raccords de ci-de là. « C’est pour dire » a quitté son sous-pente alloué par Le Monde pour emménager dans ses propres murs, ceux de CINQsurCINQ, mon ancienne agence consacrée à la presse, aujourd’hui délocalisée à 新 华网_传播中国报道世界.
Virage au rouge, car j’ai vu rouge sous le coup d’une fermeture décidée de manière abrupte par les gestionnaires du monde.fr. Ceux-ci ont en même temps conditionné le déblocage du blog à la suppression de mon dernier article où je m’élevais contre cette censure tout en analysant sa perversion. Contraint, j’ai fini par supprimer cet article, préservant ainsi le blog et son contenu, ainsi que la possibilité d ‘y trouver le nouveau lien du « C’est pour dire libéré ». Pour plus d’explicaitons, voyez l’article litigieux ci-dessous.
Bref, voilà donc l’An I du nouveau « C’est pour dire », avec tout son millier d’articles parus sous l’Ancien régime… et qui repart de plus belle, comme en un jour de printemps annonciateur du Temps des cerises.
»> Merci spécial à l’ami Yanic Gornet, grand manitou et déménageur informatique. Et à Anne pour ses fleurs de cerisier.
»> Lors du déménagement, des cartons pleins de commentaires sont tombés du camion; il n’en reste donc qu’environ 600 sur ce blog, tandis que l’ensemble (quelque 3.000) sont restés dans l’ancien logement [http://gponthieu.blog.lemonde.fr] où l’on peut toujours les consulter. Ainsi fluctue la technique.
« Lobby juif » déclenche la censure du Monde.fr sur «C’est pour dire». Au nom des interdits, du refoulement et du penser correct?
J’en viens à mon tour, indirectement, à l’« affaire Zemmour », parce qu’elle me semble intéressante à ma modeste échelle, celle qui met en jeu un acte de censure sur ce blog. Voilà : le 28 mars, je reçois par courriel, selon la procédure habituelle émanant du Monde.fr, un avis de commentaire avec ses options de validation ou de rejet. Ne parlons pas encore du contenu. Donc, je me rends sur le panneau de gestion de mon blog et là, surprise, le commentaire en question n’apparaît pas. J’attends quelques jours, et rien ne se passe. J’en viens donc à interroger lemonde.fr selon la procédure du « ticket » et de manière ainsi formulée :
« Disparition d’un commentaire. Étonnant : un commentaire (copie ci-dessous) parvenu le 28 par courriel n’apparaît pas sur la page de gestion… Merci d’expliquer ce mystère. Gérard Ponthieu »
Et voici ce que je reçois de la part des modérateurs : « Bonjour, Si vous pensez que ce message n’avait pas à être supprimé par les équipes de modérations, veuillez renvoyer le contenu de ce ticket à l’adresse mail suivante : moderation@netino.com Ici, nous ne gérons que les problèmes d’ordre technique, cette équipe dédiée, elle, pourra vous aider et éventuellement voir avec vous si ce message peut être remis en ligne ou pas. Cordialement, L’équipe des modérateurs. »
On doit donc comprendre que lemonde.fr fait sous-traiter l’application de sa censure – appelons un chat un chat – par une officine extérieure, dénommée « netino.com ». C’est donc à cette dernière que j’envoie le courriel suivant :
« Je suis scandalisé ! De quel droit vous arrogez-vous pour supprimer des commentaires ? Il s’agit de censure, ou je ne m’y connais pas. Ou voudriez-vous prétendre que tout message contenant le mot « juif » serait écarté ? Assumez, je vous prie, cette anomalie dont j’exige une explication. Gérard Ponthieu »
J’en viens au contenu dudit commentaire, tel qu’il m’est parvenu :
« Un nouveau commentaire sur l’article n°2678 « Le Proche-Orient pour les nuls » attend votre approbation
Auteur : Nadia Amir (IP: 41.200.98.160, 90.84.49.5, 81.52.160.12 , ) E-mail : fatiaa@hotmail.com Whois : http://ws.arin.net/cgi-bin/whois.pl?queryinput=41.200.98.160, 90.84.49.5, 81.52.160.12
Commentaire : Drucker, Elkabach, Zemmour tous au service du lobby juif. Les médias français subjectifs.
Pour valider ce commentaire, allez ici [etc.] »
Comme je n’ai toujours pas reçu d’explications ni de réponse [à la date du 7/4/10] à cette censure, ni du monde.fr, ni de ses cerbères patentés, je déballe le tout sur la place publique.
Venons-en au fond, c’est-à-dire au contenu de ce commentaire. Certes, il n’apparaît pas des plus fute-fute et ce n’est pas sa publication qui aurait inversé les pôles terrestres et encore moins réglé le conflit du Proche-Orient ! Je m’apprêtais cependant à le valider pour publication. Pour au moins trois raisons :
– D’abord un principe : le respect envers une expression, même maladroite, sans me prévaloir sur elle d’un droit absolu de vie et de mort. Le propos est discutable (propre à a discussion !) mais nullement diffamatoire, ni incitant à la haine ou injurieux ou raciste – toutes limites prévues par la loi.
– Ensuite en raison même dudit contenu qui, dans sa forme brute et primaire (nullement meurtrière tout de même !) exprime un refoulement global, tellement présent dans notre époque, et en somme confirmé précisément par la censure totale dont il fait l’objet.
– Enfin parce qu’on ne doit séparer ce commentaire du contexte de son expression ; c’est-à-dire, en principe, du lieu et de la personne qui l’a émis, mais on n’en sait rien ou presque : une femme du nom de Nadia Amir, message émis d’un serveur en Afrique… ; et surtout en corrélation, c’est bien le moins, avec l’article (de 2006 !) auquel il se rapporte et qui, précisément, porte sur le (sale) traitement par les médias dominants du conflit au Proche-Orient. C’est là l’occasion de retourner voir cet article – paru sous la signature de Sindibad au nom de la Coordination des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient (CAPJPO) – et les commentaires, nombreux, qu’il a suscités.
Maintenant, je peux développer ces deux points et l’« affaire ».
Comme pour contrer la version chinoise de Google, il y a donc au monde.fr et alentours un cyber-système, type Big-Brother informatique, qui scrute et analyse les contenus de la toile transitant dans ses eaux territoriales. Des détecteurs de gros mots comme « juif » ou « lobby juif ». Parler ou seulement évoquer le lobby juif déclenche donc les alarmes du politiquement correct, ébranle la police des mœurs correspondantes, qui envoie les sbires casqués, bottés, taserisés – pour finir à l’échafaud de la censure. Si bien que « logiquement » cet article même devrait être censuré ! Quoi ? J’exagère ?
Pour certains, il semble qu’on ne doive pas parler de lobby juif. Il n’existe pas. Ou alors il y a longtemps. Avant les lois. Mais aujourd’hui au nom d’un néo-négationnisme (comme il y a un néo-libéralisme). Une sorte d’inversion de la liberté, pour correctement parler, mais qui ressemble bougrement à sa négation. Et au nom d’une prétendue « correction », au nom de nouveaux tabous et au prétexte d’en combattre d’autres, ceux qui ont précédé, marqués de la fureur noire de l’antisémitisme.
Je trouve cela minable, révoltant. Non pas que je fasse une montagne d’une « anecdote » sous prétexte qu’elle piétinerait mes petites platebandes. Ce fait atteint bien une réalité concrète et symbolique, manifestant ainsi une de ces lâchetés par lesquelles les sociétés – la nôtre en particulier – se délitent, prises et déprises entre l’excès laxiste – plus de frontières ni repères, métissage de tout et grande ratatouille insipide – et, à l’inverse, empilage à l’infini de lois, contraintes, pressions, influençages incessants et autres intoxications des esprits et du libre jugement, si ce n’est du libre arbitre.
Mettons-nous à la place de Nadia Amir, cette inconnue qui ose s’exprimer après s’être aventurée dans les allées incertaines de la blogosphère… Elle n’aura toujours pas vu son commentaire publié… [Je vais bien sûr lui écrire]. Qu’aura-t-elle pensé ? Comment ne va-t-elle pas trouver là matière à conforter ce qu’elle tente de dénoncer, timidement, à savoir une connivence réelle, objective, entre les médias dominants et la révoltante injustice qui s’est amoncelée en des décennies d’incompréhensions religieuses, de conflits d’intérêts, d’affrontements politiques, de folie géo-politique de tous bords ?
Cette femme ose un commentaire « au niveau de son vécu ». Mais il est vrai aussi qu’elle reste au milieu du gué. Non pas en dénonçant: « Les médias français subjectifs » – rien de plus juste, comme partout d’ailleurs –, mais en associant trois « pipoles » au « lobby juif » pour en faire une généralisation. Du coup elle accuse trois personnes du fait de leur judéité, ce qui est indéfendable et constitue la faiblesse de cette « analyse » évidemment sommaire. De même en va-t-il de l’expression « au service du lobby juif », écrite au singulier accusateur et totalitaire : « le » lobby juif, comme s’il n’y en avait pas de multiples et d’autres dans tous les domaines des religions, de la politique, du bizness et tout le reste. Elle exprime ainsi, il est vrai, le discours basiquement « antisioniste » et généralement antisémite par lequel se trouve évacuée toute la complexité historique et culturelle attachée à la judéité. Là encore des considérations religieuses primaires aboutissant à des accusations – en fait des croyances, toujours, nourries de propagandes – de « peuple déicide », au rejet des Juifs dans des ghettos et dans des fonctions auxquelles répugnaient les clercs des autres religions, pas seulement chrétienne. Pour en arriver à l’ « or des juifs », vampires de la lumière de Dieu et autres fadaises notamment colportées par la religion catholique jusqu’à des temps historiques récents. Pour en arriver, bien sûr, à l’abomination absolue de la solution finale. L’ignorance constitue la source de l’intolérance : refus de l’autre – juifs, tziganes, homosexuels, par millions ! – et expiatoire « purification » qui, d’ailleurs, a « justifié » bien d’autres génocides, dans l’histoire ancienne et récente !
Mais comment développer toute cette complexité dès lors que la censure « coupe court » au jugement et à l’intelligence, pour ouvrir le boulevard aux fanatismes religieux ?
Ces raccourcis coupables sont aussi ceux que l’on retrouve chez un Zemmour, amuseur médiatique, donc appelé à caricaturer. Il a ainsi été amené à généraliser un fait plutôt admis, sinon vérifié par les statistiques policières. Quand il déclare : « Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est un fait. », il livre comme une évidence une partie seulement d’une réalité et généralise à son tour en laissant entendre que le seul fait d’être noir ou arabe implique l’état de trafiquant. Comme s’il oubliait, lui en tant que juif, de surcroît, la mise en ghettos des banlieues de ces « Français issus de l’immigration », stigmatisés comme une sous-population rejetée de la société, incapables de « vivre normalement », « non civilisés » pour tout dire – cela pouvant expliquer ceci…
Voilà pourquoi je m’insurge tant contre cette censure – car il n’y en a pas de mineure, procédant toute de ce même crime contre la pensée, via le libre jugement librement formé, donc également informé. Faute de quoi on nourrit le refoulement, l’amertume, la haine, la violence, la guerre – tout le contraire de la civilisation.
Alerte générale : Langlois se lance dans la « Panouille » !
Fine plume et même fine lame s’il en est, l’auriez-vous manqué dans son bloc-notes hebdomadaire de Politis que ce ne serait pas pardonnable. Mais grand seigneur aussi, voilà qu’il vous ouvre tout grand les portes de son tout nouveau blog. Ben oui, je parle de Bernard Langlois – comme si vous ne l’aviez pas deviné ! – vieux pote et complice en moult combats et aventures journaleuses. Vingt-trois ans après avoir enfanté Politis, il dit jeter l’éponge tout en montant sur un autre ring qu’il dénomme « Panouille ! ». Hein, quoi ? Drôle de nom, n’est-il pas ? On ne pourrait a priori le décrypter sans avoir vu – ou subi – comme moi, un Langlois en culotte d’étudiant journaleux s’essayer à la comédie… Une vague affaire de légionnaires romains ou de hallebardiers paumés, je ne sais plus bien… dans laquelle il tenait un rôle de figuration, une « panouille » comme disent les gens de théâtre. D’où le blog du même nom, chez Politis.fr. Y a qu’à cliquer sur le panache de Cyrano et vous y êtes, là où il s’annonce en figurant, mon œil !
Siné Hebdo va « chier dans la colle »
Viré de Charlie Hebdo sous prétexte d” « antisémitisme », Siné lance Siné Hebdo, à paraître chaque mercredi dès le 10 septembre.
Ligne éditoriale on ne saurait moins langue de bois : « […] un canard qui ne respectera rien, n’aura aucun tabou, qui chiera tranquillement dans la colle des bégonias sans se soucier des foudres et des inimitiés de tous les emmerdeurs !
« Comptez sur moi, vous n’avez pas misé sur un bourrin… Vous n’allez pas être déçus ! Siné Hebdo va débouler et ça va décoiffer ! Attention les yeux ! »











« C’est pour dire », par Gerard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification
