On n'est pas des moutons

Coup de gueule

Mélenchon, l’homme qui ne plantait rien (ou qui plantait tout)

Jean-Luc-Melenchon

[Ph. Gerhard Val­ck, 2015, domai­ne public]

De la mélas­se pré­si­den­tiel­le, que pour­rait-il sor­tir de bon ? Qu’ajouter à cet­te tris­te ques­tion ? « C’est pour dire » n’avait donc rien à dire sur ce cha­pi­tre. Sauf  à le consi­dé­rer sous la plu­me ins­pi­rée d’Eugène Pot­tier écri­vant L’Internationale : « Il n’est pas de sau­veurs suprê­mes / Ni Dieu, ni César, ni Tri­bun ». L’air est aujourd’hui plu­tôt éven­té, mais le mes­sa­ge res­te d’une navran­te actua­li­té. Ain­si m’est-il reve­nu l’autre soir (23/2/17) à la télé en regar­dant le spec­ta­cle mon­té autour de Jean-Luc Mélen­chon. 1

Mélen­chon, ce soir-là, n’a pas craint de se pré­sen­ter com­me « un tri­bun » et même com­me « le tri­bun du peu­ple ». Oui : « Je suis le tri­bun du peu­ple », a-t-il ren­ché­ri, modes­te… On sait l’homme por­té à l’admiration de lui-même, qu’il clo­ne à l’occasion par holo­gram­me inter­po­sé, réus­sis­sant ain­si l’admirable syn­thè­se du Spec­ta­cle à la fois poli­ti­cien & tech­no­lo­gi­que. « Miroir, mon beau miroir… », cet­te si vieille fas­ci­na­tion égo­cen­tri­que… De nos jours – à l’ère du tout média­ti­que – la conquê­te et l’exercice du pou­voir pas­sent par la mise en spec­ta­cle du ges­te et de la paro­le, sur­tout de la paro­le. Il est signi­fi­ca­tif et cocas­se que cet­te émis­sion de Fran­ce 2 s’intitule Des Paro­les et des Actes

Tan­dis que la poli­ti­que se résu­me au Ver­be, à l’effet de tri­bu­ne (pour tri­buns…), un gou­ver­ne­ment peut se res­trein­dre à un seul minis­tè­re, celui de la Paro­le. Cet­te pra­ti­que est, elle aus­si, vieille com­me le mon­de poli­ti­que ; elle remon­te même à la rhé­to­ri­que des Anciens, qui l’avaient éle­vée au rang du dis­cours phi­lo­so­phi­que. Disons qu’aujourd’hui, seul le dis­cours a sub­sis­té. Enfin, sur­tout le dis­cours, par­fois quel­ques idées. Aucun poli­ti­cien n’y échap­pe, sur­tout pas les can­di­dats à la pré­si­den­ce. Il peut être inté­res­sant, voi­re dis­trayant, de lire entre les lignes des ver­bia­ges élec­to­raux, d’en décryp­ter aus­si les non-dits, à l’occasion expri­més par le corps – atti­tu­des, ges­tes, tona­li­tés.

À cet égard, la par­lu­re de Hol­lan­de ponc­tuée, et même truf­fée de « euh… », s’avère tout à fait révé­la­tri­ce de sa gou­ver­nan­ce à base d’hésitations, de dou­tes peut-être et de renon­ce­ments. 2 Cel­le de Mélen­chon, elle, si elle ne man­que pas de souf­fle, res­pi­re peu et ne s’autorise aucun silen­ce. Pas de pla­ce pour le dou­te ou le ques­tion­ne­ment dans cet­te paro­le péremp­toi­re, défi­ni­ti­ve. Un pro­pos sou­vent abrupt, cas­sant, dont son auteur prend par­fois conscien­ce ; alors, il ten­te de se repren­dre par une pirouet­te, com­me dans l’émission de jeu­di : « Eh, on peut plai­san­ter, je suis méri­dio­nal… il y a du Pagnol en moi ! » Ouais… Et du Gio­no aus­si ?

Car Mélen­chon doit se prou­ver en huma­nis­te  3, ce qui ne lui sem­ble donc pas si natu­rel… Voi­là qu’arrive l”« invi­té sur­pri­se » – tou­jours dans la même émis­sion –, le comé­dien Phi­lip­pe Tor­re­ton  4 Or, il a appor­té, pour l’offrir à Mélen­chon, le livre de Jean Gio­no, L’Homme qui plan­tait des arbres. « [Un livre] fon­da­men­ta­le­ment immo­ral ! », lan­ce tout aus­si­tôt Mélen­chon. Éton­ne­ment du comé­dien, qui s’explique néan­moins sur le sens de ce choix lié à l’urgence éco­lo­gi­que, en lit un pas­sa­ge et se lève pour l’offrir au poli­ti­cien du jour, que l’on relan­ce : alors, quel­le immo­ra­li­té ? « L’immoralité, lan­ce Mélen­chon, vient du fait que cet­te his­toi­re est écri­te pen­dant la guer­re, et que quand on lut­te contre le nazis­me on plan­te pas des arbres, on prend une arme et on va se bat­tre ! »

L’ancien mili­tai­re – non : mili­tant trots­kys­te, diri­geant de l’OCI (Orga­ni­sa­tion com­mu­nis­te inter­na­tio­na­lis­te) de Besan­çon (1972-79 selon Wiki­pé­dia), a lâché sa leçon de mora­le, cel­le du poli­ti­cien pro­fes­sion­nel qu’il n’a ces­sé d’être – puis­que c’est un « métier ». Et ain­si de repren­dre, en les sous-enten­dant, les accu­sa­tions vichys­tes et col­la­bo­ra­tion­nis­tes à l’encontre de Gio­no. Lequel avait pris le fusil à baïon­net­te, enfin celui qu’on lui avait mis d’office dans les mains, dès jan­vier 1915, pour ses vingt ans, direc­tion la Som­me, Ver­dun, le Che­min des dames, où il n’est « que » gazé alors qu’il y perd son meilleur ami et tant d’autres. Cho­qué par l’horreur de la guer­re, les mas­sa­cres, la bar­ba­rie, l’atrocité de ce qu’il a vécu dans cet enfer, il devient un paci­fis­te convain­cu. Jus­ques et y com­pris la secon­de gran­de bar­ba­rie. En 1939, s’étant pré­sen­té au cen­tre de mobi­li­sa­tion, il est arrê­té et déte­nu deux mois pour cau­se de paci­fis­me (Il avait signé le tract « Paix immé­dia­te » lan­cé par l’anarchiste Louis Lecoin). Durant la guer­re, il conti­nue à écri­re et publie des arti­cles dans des jour­naux liés au régi­me de Vichy. A la Libé­ra­tion, il est arrê­té, mais relâ­ché cinq mois plus tard sans avoir été incul­pé. 5

J’en reviens à notre sujet, sans m’en être vrai­ment éloi­gné, je crois. En refu­sant de consi­dé­rer pour ce qu’il est, le mes­sa­ge pro­fond – éco­lo­gis­te avant la let­tre, huma­nis­te et uni­ver­sel – de L’Homme qui plan­tait des arbres, pour pla­cer sa paro­le mora­li­sa­tri­ce, le patron de La Fran­ce insou­mise s’érige en Fou­quier-Tin­vil­le du Tri­bu­nal révo­lu­tion­nai­re. Il tran­che. Il se pose en garant du « pur et dur », lui que les guer­res ont heu­reu­se­ment épar­gné, qui n’a pas eu à résis­ter – l’arme à la main –, ni même à s’insoumettre. Lui qui, cer­tes, connut les tran­chées du Par­ti socia­lis­te durant 32 ans (1976-2008) et, tour à tour, les affres du conseiller géné­ral de Mas­sy (1998-2004), du séna­teur de l’Essonne (2004-2010), du minis­tre sous Chi­rac-Jos­pin (2000-2002), du pré­si­dent du Par­ti de gau­che (2009-2014), du dépu­té euro­péen depuis 2009. Que de com­bats héroï­ques, à mains nues cet­te fois ! (Quel­le bel­le retrai­te en pers­pec­ti­ve aus­si, non ?)

Il en a usé de la dia­lec­ti­que, de la stra­té­gie, de la tac­ti­que ! Il en a mâché de la paro­le ver­ba­le ! Tout ça pour rabais­ser le débat poli­ti­que à un cal­cul poli­ti­cien mina­ble. Pour­tant, il l’assure :

– « À mon âge, je fais pas une car­riè­re ; je veux pas gâcher, détrui­re ; j’ai de la hai­ne pour per­son­ne ; il faut convain­cre ! J’ai jamais été mélen­cho­nis­te ! [sic]

– Alors vous seriez prêt à vous reti­rer devant Benoît Hamon ?

Pour­quoi pas lui ? J’ai 65 ans, je veux pas dila­pi­der ! [re-sic]»

Alors Tor­re­ton, deve­nu pâle, sem­ble jeter l’éponge. Non pas tant qu’il se soit dégon­flé, com­me il a été dit, de lui poser LA ques­tion pour laquel­le il avait été l’« invi­té sur­pri­se ». Non, on dirait plu­tôt qu’il com­prend alors que c’est cuit, que Mélen­chon ne démor­dra pas, que sa « voca­tion », son « métier » c’est de s’opposer, de bai­gner dans ce mari­got où il se com­plaît, où son égo enfle avec déli­ce. Un demi-siè­cle de « métier » n’empêche pas, à l’évidence, de s’agripper à une pué­ri­le dia­lec­ti­que de cour d’école.

Et dès le len­de­main de l’émission, il pré­ten­dait sans amba­ges ne pas se sou­ve­nir d’avoir par­lé de rap­pro­che­ment avec le can­di­dat socia­lis­te. « J’ai dit ça hier soir ? Je ne m’en rap­pel­le pas ! » a-t-il assu­ré. À la sor­tie d’un déjeu­ner avec le secré­tai­re natio­nal du PCF, Pier­re Lau­rent, il a reje­té l’idée d’un ras­sem­ble­ment : « Ça n’a pas de sens aujourd’hui. De quoi par­le-t-on ? Benoît Hamon dit qu’il pro­po­se sa can­di­da­tu­re. Moi aus­si. Si vous vou­lez que le pro­gram­me s’applique, la meilleu­re des garan­ties, c’est moi ! » Ain­si, pour lui, la ques­tion d’un ral­lie­ment ne se pose même pas. « Non, faut pas rêver, ça n’aura pas lieu. D’ailleurs, per­son­ne ne le pro­po­sait », a-t-il assé­né.

Le trots­kys­te est reve­nu au galop : « Faut pas comp­ter sur nous pour aller fai­re l’appoint d’une for­ce poli­ti­que qui a du mal à remon­ter sur le che­val ». Aurait-il donc choi­si « objec­ti­ve­ment » l’option Mari­ne Le Pen ? 6 Ira-t-il ain­si jusqu’à refu­ser tou­te col­la­bo­ra­tion avec ce qui res­te de la social-démo­cra­tie, sous enten­du avec Benoît Hamon, puisqu’investi par le Par­ti socia­lis­te ? Ou enco­re, esti­me-t-il que Macron va l’emporter, que l’affaire est pliée et que sa plan­che de salut, par consé­quent, rési­de enco­re et tou­jours dans les déli­ces de l’éternelle oppo­si­tion, dans un hors-sol en quel­que sor­te, à l’abri de tou­te impu­re­té, de tout com­pro­mis.

Com­me si la démo­cra­tie ce n’était pas l’art sub­til des arran­ge­ments accep­ta­bles par le plus grand nom­bre – jamais par tous, évi­dem­ment. Com­me si la vie même ne rele­vait pas en per­ma­nen­ce de ses com­bi­nai­sons com­plexes, ni blan­ches ni noi­res. La pre­miè­re – la démo­cra­tie – se comp­te en siè­cles, par­fois seule­ment en années ; quel­ques semai­nes peu­vent suf­fi­re à l’anéantir. La vie, elle, remon­te à des mil­lions d’années ; elle res­te à la mer­ci de la bêti­se des humains.

Si je vote, ce sera pour Elzéard Bouf­fier, qui plan­tait des arbres.


En pri­me, le très beau film d’animation d’après le récit de Jean Gio­no, dit par Phi­lip­pe Noi­ret, réa­li­sé par Fré­dé­ric Back (1924-2013), Cana­da 1987. L’Homme qui plan­tait des arbres a rem­por­té l’Oscar du meilleur court métra­ge décer­né par l’Academy of Motion Pic­tu­re Arts and Scien­ces de Los Ange­les, aux États-Unis, le 11 avril 1988.

Notes:

  1. Je dis bien spec­ta­cle, au sens de Guy Debord et sa Socié­té du spec­ta­cle (1967); c’est-à-dire au sens de la sépa­ra­tion entre réa­li­té et idéo­lo­gie, entre la vie et sa repré­sen­ta­tion. Dans ce sens la socié­té est deve­nue « une immen­se accu­mu­la­tion de spec­ta­cles », pro­lon­ge­ment de l’« immen­se accu­mu­la­tion de mar­chan­di­ses » énon­cée par Marx dans Le Capi­tal. Au « féti­chis­me de la mar­chan­di­se » (et des finan­ces), puis à celui du Spec­ta­cle, il y aurait lieu aujourd’hui d’ajouter, à la façon d’un Jac­ques Ellul, le féti­chis­me tech­no­lo­gi­que.
  2. Sur cet­te adé­qua­tion idéa­le « paroles/actes », voir ici mon arti­cle de 2014 sur Jau­rès.
  3. « Droit-de-l’hommiste », il est sans dou­te, car cela relè­ve enco­re de la paro­le poli­ti­que, dif­fé­ren­te du sens de l’humain. Je me gar­de d’aborder ici le cha­pi­tre de ses tro­pis­mes lati­nos envers Cha­vez et les Cas­tro – sans par­ler de Pou­ti­ne.
  4. De gau­che, éco­lo­gis­te, il tient actuel­le­ment le rôle-titre dans La résis­ti­ble Ascen­sion d’Arturo Ui, de Brecht – que j’ai vue et appré­ciée il y a peu à Mar­seille ; piè­ce ô com­bien actuel­le sur le fas­cis­me pré­sen­té en l’occurrence com­me « résis­ti­ble »… espé­rons !
  5. Dès 1934, Gio­no avait affir­mé un paci­fis­me inté­gral ancré en pro­fon­deur dans ses sou­ve­nirs d’atrocités de la Gran­de Guer­re. Le titre de son arti­cle paci­fis­te publié dans la revue Euro­pe en novem­bre 1934 « Je ne peux pas oublier » attes­te de cet­te emprein­te indé­lé­bi­le de la guer­re dont il refu­se tou­te légi­ti­ma­tion, même au nom de l’antifascisme. Il affir­me dans « Refus d’obéissance », en 1937, que si un conflit écla­te, il n’obéira pas à l’ordre de mobi­li­sa­tion.
  6. Rap­pel : Jusqu’à l’avènement d’Hitler, l’objectif prin­ci­pal du Par­ti com­mu­nis­te alle­mand demeu­rait la des­truc­tion du Par­ti social-démo­cra­te. Voir à ce sujet Sans patrie ni fron­tiè­res, de Jan Val­tin, impla­ca­ble témoi­gna­ge d’un marin alle­mand sur le sta­li­nis­me en action. Ed. J-C Lat­tès, 1975.

La trouble casquette de Mehdi Meklat

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Lors de l’émission La Gran­de librai­rie, 17 février.

Il avait l’allure d’un jeu­ne hom­me bien, un rien effron­té sans dou­te, sous sa cas­quet­te « chan­vrée »… Meh­di Mek­lat, 24 ans, s’était construit une cer­tai­ne noto­rié­té avec son com­pè­re Badrou : Bon­dy Blog, Fran­ce Inter, Arte, Les Inrocks. Sym­pas, quoi, ces jeu­nes, por­te-voix des ban­lieues autres que déses­pé­ran­tes. Jeu­di der­nier, on les retrou­ve même, l’Arabe et le Noir, com­me incon­grus dans le décor de La Gran­de librai­rie, émis­sion de Fran­ce 5 pour la sor­tie de leur bou­quin, Minu­te.

La mariée était trop bel­le : entre­temps, des inter­nau­tes exhu­ment des tweets de Mek­lat à base d’injures anti­sé­mi­tes, homo­pho­bes, racis­tes, miso­gy­nes. Sidé­ra­tion. Le jeu­ne hom­me à cas­quet­te fleu­rie s’excuse, invo­que un « per­son­na­ge fic­tif » caché der­riè­re son pseu­do­ny­me (« Mar­ce­lin Des­champs »), his­toi­re de « ques­tion­ner la notion d’excès et de pro­vo­ca­tion »… Mais quand il eut déci­dé de repren­dre sa vraie iden­ti­té de twit­teur, il prit tout de même soin d’intégrer à son comp­te ses déli­res pré­cé­dents. Flo­ri­lè­ge :

 

Quel­ques voix média­ti­ques s’élèvent cepen­dant pour pren­dre la défen­se de l’indéfendable. Pour excu­ser quoi ? Au nom de quoi ? Ce qui est sûr, c’est qu’une tel­le dupli­ci­té va ali­men­ter enco­re davan­ta­ge la lepé­ni­sa­tion en mar­che. Peut-être est-ce même le but recher­ché, celui de Dae­sh en par­ti­cu­lier : cou­per en deux la socié­té fran­çai­se, pous­ser à l’affrontement et, « idéa­le­ment » à la guer­re civi­le.


Aidons Mme Lagarde à aller se rhabiller !

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Cliquez sur l'image, vous n'en croirez pas vos yeux. Il y a deux ans, "Closer", ce magazine de la vulgarité totale, publiait sans barguigner, avec leurs coûts respectifs ("environ"), les élégances vestimentaires de Madame FMI. Cette pauvresse – "au goût très sûr pour les belles choses (et on la comprend)" – ne craignait pas d'étaler ainsi une garde-robe estimée à : 2800 + 1800 + 5900 + 3500 = 14.000 euros. [Merci François Ponthieu pour cette archive hors de prix !]

L’ « affaire Lagarde »… Quelle affaire ? On n’en parle déjà (presque) plus. Ça tourne si vite, le monde, l’actu, l’ordinaire des choses. Et aujourd’hui encore, un autre nouveau tour du monde, un nouveau héros à la voile. Et puis un héros de la chansonnette qu’on retrouve mort. 1 Toutes ces questions fondamentales. Tandis que les négligences, les étourderies de Madame Lagarde, ça c’est de la broutille à 400 millions, juste une insulte au peuple, même pas tancée par la Cour de Justice [sic] de la République – qui prononce en l’occurrence un véritable déni de justice. Sinon, comment justifier à la fois une faute et une non-faute ?

Alors, quelle République ? Voilà comment ils la galvaudent – les Lagarde, les Cahuzac, les Tapie et tant d'autres – la « Chose Publique », Res Publica ; ces escrocs, ces brigands, ces bandits – et j’en passe ! Cette République considérée comme une traînée, sur laquelle on ne se retourne même plus, une gueuse pour maquereaux profiteurs (pléonasmes) prêts à la refiler aux autres proxos du FN déjà en piste, prêts à la recycler au Nom du Peuple, bien sûr, et même de la République !

Une pétition circule pour exiger « un vrai procès pour Christine Lagarde ». Plus de 200.000 signatures ont été recueillies [la signer ici]. C’est encore trop peu compte tenu de l’outrage à ce qu’un George Orwell appelait la décence commune.

Car nous sommes bien en l’occurrence dans l’indécence totale. Des images de plus en plus nombreuses circulent sur la toile, prenant le relais des mots qui s’étouffent dans la colère, comme les miens ici.

Voici un échantillon de ces photos et dessins qui expriment une révolte des esprits, signes peut-être avant coureurs de révoltes « tout court » qu’ils n’auront pas vu venir

Notes:

  1. Thomas Coville et George Michael, selon la Une du Monde. Je n'ai rien contre eux, je souligne juste un ordre des valeurs médiatiques.

Boues rouges dans les calanques de Marseille : Royal rejette la responsabilité sur Valls

Les monticules de boues rouges rejetées par l'usine d'alumine Alteo de Gardanne, qui recouvrent les fonds marins du Parc national des calanques (Bouches-du-Rhône), inquiètent les spécialistes, mais aussi les défenseurs de l’environnement.

boues-rouges-calanques-marseille

Les déchets liés à la fabrication de l'alumine sont rejetés en mer par un tuyau long de 50 km. Des millions de tonnes de "boues rouges" contenant métaux lourds, éléments radioactifs et arsenic sont accumulés au fond de la Méditerranée, dans le Parc national des Calanques. [Thalassa-F3]

La ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, interrogée sur le rejet de ces déchets en mer, a imputé à son Premier ministre l'absence de lutte contre ce fléau : elle assure avoir voulu les interdire, mais que "Manuel Valls a décidé le contraire". "C'est inadmissible", assène la ministre devant la caméra de "Thalassa", diffusé vendredi 2 septembre sur France 3.

Un permis de polluer pour six ans

Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a autorisé en décembre la société Alteo à poursuivre l’exploitation de ses usines sur le site de Gardanne et à rejeter en mer, pendant six ans, les effluents aqueux résultant de la production d’alumine. La décision avait pourtant été aussitôt dénoncée par Ségolène Royal, rappelle Le Monde.

La décision d'interdire ces déchets incombe au chef du gouvernement, affirme Ségolène Royal : "[Manuel Valls] a pris cette décision. Il a donné l'ordre au préfet, donc le préfet a donné l'autorisation. Je ne peux pas donner un contre-ordre", ajoute-t-elle.

[Source : Franceinfo, 30/8/16]


« En ces temps troublés ». Quand le maire d’Argenteuil se fait programmateur-censeur de cinéma

Comme ça, à lui tout seul, d’un trait de plume municipal, Georges Mothron, maire Les Républicains d’Argenteuil, décide si ses concitoyens peuvent ou non aller voir un film au cinéma – et même deux.

Voici l’affaire, résumée par Le Figaro [30/04/2016] :

« Le cinéma Le Figuier blanc a dû annuler il y a quelques jours la projection de deux films en raison d'une demande expresse du maire de la ville du Val-d'Oise, qui craignait que leurs sujets «mettent le feu aux poudres» dans la commune.

 G. Mothron dans ses œuvres

Maire-argenteuil Georges Mothron• Pour «changer l'image de la ville» […] le boulevard Lénine et l'avenue Marcel Cachin sont rebaptisés respectivement boulevard du général Leclerc et avenue Maurice Utrillo.
• Le 6 août 2007, un arrêté municipal interdisant la mendicité dans le centre-ville d'Argenteuil est associé à la consigne aux agents de la voirie de diffuser du malodore, un répulsif nauséabond, dans les lieux fréquentés par les sans-abris. La campagne de presse nationale qui s'ensuit et des controverses sur la rénovation urbaine en cours lui coûtent la mairie qui revient au socialiste Philippe Doucet aux élections 2008. Lors des élections municipales de 2014, il reprend la mairie d'Argenteuil face au maire sortant. [Wikipédia]

« […] La salle, associée à un centre culturel, a eu la curieuse surprise de recevoir la semaine dernière un courrier […] dans lequel l'élu demandait la déprogrammation de deux films : La Sociologue et l'ourson, d'Étienne Chaillou et Mathias Thery, et 3000 nuits, de Mari Masri.

« Le premier, sorti le 6 avril, est un documentaire qui revient sur les débats autour du mariage homosexuel en suivant la sociologue Irène Théry et en mettant en scène, sur un mode pédagogique et ludique, des peluches et des jouets pour évoquer certaines questions et reconstituer des moments familiaux. Le second, diffusé depuis l'an dernier dans plusieurs festivals, raconte l'histoire de Layal, une jeune Palestienne incarcérée dans une prison israélienne, où elle donne naissance à un garçon.

« Des thèmes qui pour le maire de la commune sont sujets à la polémique, d'où leur interdiction. Dans les colonnes du Parisien, il explique que sa décision est «motivée par le fait qu'en ces temps troublés, des sujets tels que ceux-là peuvent rapidement mettre le feu aux poudres dans une ville comme Argenteuil». « Dans un souci d'apaisement [...]la ville a préféré jouer la sécurité en ne diffusant pas ces films, évitant ainsi des réactions éventuellement véhémentes de certains», ajoute-t-il. Mais l'exigence de l'édile a surtout provoqué une volée de bois vers à l'encontre de la mairie d'Argenteuil. »

L'association Argenteuil Solidarité Palestine (ASP), qui programmait 3000 nuits a dénoncé « la censure du maire qui, en octobre dernier, avait déjà interdit une exposition sur l'immigration.»

L'Association pour la défense du cinéma indépendant (ADCI) d'Argenteuil, dénonce « un refus idéologique de réflexion sur des questions qui se posent dans le contexte actuel ».

De son côté, la Scam, Société civile des auteurs multimédia, publie un communiqué sur cet acte de censure. Extraits :

« Les 102.000 habitants d’Argenteuil seraient-ils plus décérébrés, osons le dire, plus cons que la moyenne ?
« Certainement pas, mais c’est ainsi que le maire, Georges Mothron, considère les habitants en les jugeant incapables de regarder sereinement un documentaire de société où les personnages principaux sont des peluches. Un documentaire qui fait réfléchir sur pourquoi la société française s’est déchirée sur le mariage pour tous.
« Si le film sort en DVD, Georges Mothron le fera-t-il saisir dans les rayonnages ? Quand le film sera diffusé à la télévision, Georges Mothron fera-t-il couper les antennes du diffuseur sur sa ville ?
« En ces temps troublés », Georges Mothron a peur que le film « mette le feu aux poudres ». […]
« En ces temps troublés », nous avons bien besoin de films qui nous ouvrent au monde, qui apportent de la pensée dans les réflexes pavloviens de repli sur soi de telle ou telle communauté.
« La Scam soutient la manifestation organisée le 7 mai à 15 heures devant la mairie d’Argenteuil pour exiger la reprogrammation des films et rappeler au maire, Georges Mothron, que le suffrage universel ne lui confie pas pour autant un droit à décider ce que ses concitoyens peuvent choisir d’aller voir au cinéma. »

Pour ma part, me référant à la loi sur le non-cumul des mandats, je rappelle à ce maire qu’il ne peut ni ne doit cumuler sa fonction de magistrat municipal avec celles de programmateur-censeur de cinéma et de directeur des consciences. Non mais.


Enfin de la pub, de la vraie, sur les radios du service public !

hara_kiri_pubSur l’autel de (feue) la gau­che, ce gou­ver­ne­ment ne recu­le devant aucun sacri­fi­ce. Ce matin au réveil, j’apprends dans le pos­te qu’un décret paru aujourd’hui même au Jour­nal offi­ciel auto­ri­se la publi­ci­té sur les ondes de Radio Fran­ce !

Le tout-pognon aura enco­re sévi, empor­tant sur son pas­sa­ge les res­tes d’éthique auquel on croyait enco­re pou­voir s’accrocher. Tu croyais, naïf, que les radios du ser­vi­ce public te met­taient à l’abri des saillies de « pub qui rend con – qui nous prend pour des cons »… Maca­che ! Finies les débi­li­tés limi­tées aux seules « oui qui ? Kiwi ! » et autres « Mat­mut » à en dégueu­ler. On est pas­sé au tout-Macron, mon vieux ! Tu savais pas ? Vive le tout-libé­ral, l’indécence com­mu­ne et la vul­ga­ri­té mar­chan­de ! Les enzy­mes glou­tons sont de retour, et les bagno­les à tout-va, les chaus­sée-au-moi­ne, les jus­tin-bri­doux, les mars-et-ça-repart – autant dire que le bon­heur nous revient en splen­deur, avec ses trou­vailles enchan­te­res­ses, la vie faci­le, enfin !

Man­que tout de même à ce gou­ver­ne­ment qui, lui aus­si, nous prend pour des cons, un minis­tre à la hau­teur. Je ne vois que Ségué­la. Un Ségué­la, sinon rien ! Et au com­plet, avec sa rolex et sa conne­rie.

Nous res­te­ra à fer­mer le pos­te. On mour­ra moins con (« oui mais, on mour­ra quand même ! »).

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« Pas de ça chez nous ! » Quand les bourgeois du XVIe parisien puent du bec

En sou­le­vant le cou­ver­cle de la sou­piè­re de por­ce­lai­ne, on a décou­vert un pot de cham­bre et ses relents. C’était lun­di 14 mars au soir, la mai­rie de Paris orga­ni­sait une réunion publi­que d’information sur le cen­tre d’hébergement d’urgence devant être ins­tal­lé d’ici l’été en lisiè­re du bois de Bou­lo­gne, – “à deux pas de l’hippodrome d’Auteuil, du musée Mar­mot­tan et des jar­dins du Rane­lagh”, pré­ci­se judi­cieu­se­ment Le Figa­ro.

Alors que les débats auraient dû se tenir pen­dant deux heu­res entre les habi­tants mécon­tents et les repré­sen­tants de la vil­le de Paris, ils ont dû être écour­tés au bout de 15 minu­tes pour cau­se de débor­de­ments. Quand la bour­geoi­sie du XVIe sort de ses gonds, elle se révè­le dans sa nue cru­di­té.

C’est d’abord au pré­fet de Paris, Sophie Bro­cas, que les “révol­tés” s’en pren­nent. Et en ter­mes par­ti­cu­liè­re­ment châ­tiés. Échan­tillons : “Escroc”, ”fils de pute”, “men­teur”, “col­la­bo”, “sta­li­nien”, ”ven­du”, “salo­pard”, “salo­pe”, “Sophie Bro­cas caca ! » …

Accla­mé par la fou­le en furie, Clau­de Goas­guen, mai­re d’arrondissement LR et prin­ci­pal élu local oppo­sé au pro­jet, a rehaus­sé le niveau sur le mode sédi­tieux, encou­ra­geant ses par­ti­sans à “dyna­mi­ter” la pis­ci­ne ins­tal­lée à proxi­mi­té du futur cen­tre d’hébergement, pré­ci­sant Ne vous gênez pas, mais ne vous fai­tes pas repé­rer ».

Pour com­men­ter pareil évé­ne­ment, Fran­ce Inter a invi­té à son micro la « socio­lo­gue des riches », Moni­que Pin­çon-Char­lot, qui a assis­té à cet­te réunion et n’en revient pas, elle qui en a pour­tant remué du beau lin­ge. Cet­te fois, pour l’effet camé­léon, elle avait même revê­tu un petit man­teau de four­ru­re… syn­thé­ti­que… Voi­ci son récit, gran­dio­se !

Petit flo­ri­lè­ge com­plé­men­tai­re ici.


Corruption et politique. L’exemplarité ordinaire de la Norvège

On peut tou­jours y aller de prê­chi-prê­cha, de pom­peu­ses décla­ra­tions de len­de­mains de cui­tes, rien ne vau­dra l’exemple en action. Ain­si ce repor­ta­ge de 2007 tour­né en Nor­vè­ge pour Com­plé­ments d’enquête, Fran­ce 2. On est loin de la lita­nie du « Moi, pré­si­dent » ou du « Pré­si­dent nor­mal ». Le train de vie de l’Élysée aurait nota­ble­ment dimi­nué sous ce quin­quen­nat – on dira que, vu le pré­cé­dent, ça n’a pas dû être bien dif­fi­ci­le. Soit. Mais il en faut plus sur le regis­tre de l’exemplarité, et pas seule­ment chas­ser du tem­ple poli­ti­que ses Cahu­zac et autres Thé­ve­noud. Plus, afin de n’avoir pas à oppo­ser de la mora­le à qua­tre sous aux autres exac­tions ordi­nai­res écla­bous­sant la « clas­se » poli­ti­cien­ne et déses­pé­rant Billan­court – enfin, ce qu’il en res­te. On n’en fini­rait pas sur ce cha­pi­tre, d’énumérer ce qu’on nom­me pudi­que­ment « les affai­res »pour ne pas dire « scan­da­les ». Égre­nons le cha­pe­let des récen­tes années :

Hip­po­dro­me de Com­piè­gne ; finan­ce­ment occul­te du Par­ti répu­bli­cain ; tram­way de Bor­deaux ; Gué­ri­ni, Syl­vie Andrieu (Mar­seille) ; Kara­chi ; Tak­kied­di­ne ; Total ; Woer­th-Bet­ten­court ; Sar­ko­zy-Kadha­fi ; Byg­ma­lion ; Tapie-Lagar­de ; son­da­ges de l’Élysée (pré­si­den­ce Sar­ko­zy)…

J’allais oublier, cham­pions tou­tes caté­go­ries, les exploits finan­ciers des époux Bal­ka­ny à Leval­lois-Per­ret ! Et aujourd’hui, atten­tion, éplu­cha­ge des patri­moi­nes des Le Pen, père et fille…

Et il n’est ques­tion ici que d’affaires poli­ti­cien­nes, en Fran­ce, hors milieux spor­tifs…

D’après l’Institut de la Ban­que mon­dia­le, le coût de la cor­rup­tion inter­na­tio­na­le s’élève à plus de mil­le mil­liards de dol­lars. De quoi éra­di­quer la misè­re, ou l’attaquer sérieu­se­ment.


Poli­ti­que. Si on com­men­çait par là ? par gerard-pon­thieu-9


Élections. Xavier Bertrand, salaud sartrien (article de 2010, pour l’Histoire…)

Xavier Ber­trand, futur pré­si­dent de la région Nord-Pas-de-Calais-Picar­die, ce poli­ti­cien de bas éta­ge – je main­tiens –, se refait donc une sor­te de vir­gi­ni­té sur l’air du “front répu­bli­cain”. Le poli­ti­cien, on le recon­naît à ça, lui aus­si, tout com­me l’autre : il ose tout. Et, com­me tel, il par­vient à fai­re accroi­re au bon peu­ple si abu­sa­ble qu’il vient de ter­ras­ser le Dra­gon. Lui qui l’a engrais­sé, tout com­me tant de ses congé­nè­res de la bas­se poli­ti­que. Voi­ci donc, pour mémoi­re et pour l’Histoire (avec sa gran­de hache…), ce moment télé­vi­sé de février 2010, il y a cinq ans. Pour illus­trer une bel­le salo­pe­rie.


 

J’écris « salaud sar­trien » par pré­cau­tion judi­ciai­re, vu que c’est une caté­go­rie estam­pillée phi­lo. Bon. Mais nor­ma­le­ment, si j’écrivais à un pote, je m’en pas­se­rais et par­le­rais plu­tôt de la digni­té selon Camus. Car ce type est igno­ble (contrai­re de noble, ça oui !), abject (qu’on a envie de jeter), mépri­sa­ble, etc. Si vous vou­lez le voir en action, y a qu’à cli­quer sur l’image et vous allez assis­ter à la repré­sen­ta­tion la plus vile de ce qu’un poli­ti­cien peut don­ner à voir. Ce lamen­ta­ble spec­ta­cle mon­tre un Xavier Ber­trand et non­obs­tant secré­tai­re géné­ral de l’UMP pra­ti­quer une dan­se du scalp, voi­re une mise à mort, autour d’un jour­na­lis­te du Cour­rier picard. Un tel mépris de la per­son­ne, affi­ché avec tant de mor­gue, ça fait plus que froid dans le dos.

Cela se pas­se le 19 jan­vier, sur le pla­teau de l’émission « Ter­rain poli­ti­que » de la chaî­ne Public Sénat. Xavier Ber­trand, par ailleurs adjoint au mai­re de Saint-Quen­tin (Ais­ne), est ques­tion­né par Nico­las Totet, res­pon­sa­ble de l’édition loca­le du Cour­rier picard à Saint-Quen­tin. Le jour­na­lis­te n’est pas à l’aise, ce n’est pas son truc la télé. L’autre le toi­se de son œil noir com­me un ban­dit au coin du bois. Pas besoin d’en dire plus puis­que le docu­ment fait foi. Ce mor­ceau déso­lant va s’ajouter à la vas­te antho­lo­gie cou­vrant la caté­go­rie vul­ga­ri­té et bas­ses­se poli­ti­cien­nes.

Extrait des réac­tions des lec­teurs du monde.fr :

Sou­tien le plus total au jour­na­lis­te du Cour­rier Picard. Tout le mon­de ne peut pas être à l’aise à la télé­vi­sion, et pro­fi­ter des fai­bles­ses de son contra­dic­teur pour l’humilier, c’est vrai­ment pitoya­ble. Ne vous en fai­tes pas Mon­sieur Totet, ce n’est pas vous qui sor­tez rabais­sé de cet­te vidéo, mais bien le balourd d’en face.

Vrai qu’il fal­lait lui ren­trer dans le lard à l’ex assu­reur trop assu­ré, mais là nib ! Un jour­na­lis­te en for­me de feuille mor­te trem­blan­te à la moin­dre chi­que­nau­de de l’engraissé Ber­trand. Le Cour­rier Picard... ça doit venir du cli­mat, le froid ça fait per­dre ses moyens.

Je vous trou­ve dur avec le pau­vre Xavier. Sou­ve­nez-vous, il était sym­pa dans le lip­dub de l’ump... Pen­sez à son déhan­che­ment, sa peti­te main au bout de son bras des­si­nant des vagues. Avouez, de sui­te, on res­sent bien la bêti­se pro­fon­de, gras­se, du per­son­na­ge...

Le com­por­te­ment de Xavier Ber­trand est celui d’un 4x4 face à une 2 che­vaux : gros, puis­sant et vul­gai­re. Pro­pre­ment scan­da­leux, non pas fel­li­nien, mais ber­lus­co­nien!


Paru icihttp://c-pour-dire.com/xavier-bertrand-salaud-sartrien/  Et sous l’article voir aus­si le per­ti­nent com­men­tai­re de l’époque.


Des tas d’urgences

Le hasard m’a fait tom­ber, hier, sur l’article que j’ai consa­cré au jour­na­lis­te polo­nais Richard Kapus­cinski lors de sa mort en 2007. Dans un de ses bou­quins fameux, Impe­rium – sur l’empire sovié­ti­que finis­sant, une sui­te de repor­ta­ges à sa façon –, j’y rele­vais ça :

« Trois fléaux mena­cent le mon­de. Pri­mo, la plaie du natio­na­lisme. Secun­do, la plaie du racis­me. Ter­tio, la plaie du fon­da­men­ta­lisme reli­gieux. Trois pes­tes unies par la même carac­té­ris­tique, le même com­mun déno­mi­na­teur, la plus tota­le, agres­sive et tou­te-puis­san­te irra­tio­na­lité. Impos­sible de péné­trer dans un esprit conta­miné par un de ces maux. »

Dans le der­nier numé­ro du men­suel L’Histoire (thè­me : New­ton, les Lumiè­res et la révo­lu­tion scien­ti­fi­que : excel­lent autant qu’actuel), un lec­teur revient sur le pré­cé­dent numé­ro (novem­bre) consa­cré aux com­mu­nis­tes et titré « Pour­quoi il y ont cru », sans point d’interrogation. En effet, bien des répon­ses peu­vent être avan­cées. Mais ce lec­teur conti­nue à s’interroger : « Si je ne m’étonne pas du nom­bre d’intellectuels séduits, je n’arrive tou­jours pas à com­pren­dre pour­quoi ils sont res­té com­mu­nis­tes ». Et d’égrener le cha­pe­let des hor­reurs sta­li­nien­nes qui « auraient dû leur ouvrir les yeux ». Oui, mais non ! Confè­re le troi­siè­me fléau selon Kapus­cinski : la plaie du fon­da­men­ta­lis­me reli­gieux.

Même si les cau­ses et les effets dif­fé­rent dans les nuan­ces, nazis­me, sta­li­nis­me et dji­ha­dis­me relè­vent du tronc com­mun de « la plus tota­le, agres­sive et tou­te-puis­san­te irra­tio­na­lité. » Les consé­quen­ces aus­si conver­gent dans la vio­len­ce la plus mor­ti­fè­re condui­sant les peu­ples cré­du­les aux pires hor­reurs.

Notons qu’en ces « champs d’horreur » s’illustrent bien d’autres fana­ti­ques para-reli­gieux. Ain­si les fon­da­men­ta­lis­tes du libé­ra­lis­me ultra, les ado­ra­teurs du Mar­ché et de sa Main invi­si­ble, cel­le qui agit « en dou­ce », par délé­ga­tion, sans se mon­trer au grand jour, et n’en conduit pas moins à son lot d’atrocités, dénom­mées injus­ti­ces, guer­res, misè­re.

Ain­si les néga­tion­nis­tes de la dégra­da­tion du cli­mat qui, à l’instar de leurs illus­tres pré­dé­ces­seurs face aux géno­ci­des nazis, choi­sis­sent la catas­tro­phe plu­tôt que de renon­cer à leurs cultes consom­ma­toi­res. Cultes innom­bra­bles aux­quels d’ajoutent la plus cras­se imbé­cil­li­té tel­le que mon­trée ce jeu­di soir [3/12/15] dans Envoyé spé­cial (Fran­ce 2) exhi­bant de fameux spé­ci­mens du gen­re : ceux qui, aux Etats-Unis, tra­fi­quent leurs die­sel mons­trueux pour qu’il éruc­tent les plus épais­ses fumées noi­res… (J’avais publié une vidéo sur ces éner­gu­mè­nes, mais elle a été désac­ti­vée, je ne sais pour­quoi… Des dizai­nes de vidéos para­dent sur la toi­le – taper « coal rol­ling » et déses­pé­rer du gen­re humain…)

Après eux le délu­ge. Sur le même mode, en som­me, par lequel un tiers des élec­teurs du « pays des Droits de l’Homme » – et pata­ti et pata­ta – seraient prêts à tâter du fas­cis­me pré­sen­ta­ble, jus­te « pour essayer », puis­que les autres leur parais­sent usés – ce qui n’est pas faux, cer­tes !

Mais enfin, quel­le défai­te annon­cée ! Défai­te de la pen­sée, des convic­tions, des valeurs. De sou­bre­sauts en cahots, en culbu­tes et en sur­sauts, l’Histoire n’en finit pas de bégayer, on le sait. Au bord du vide, des haut-le-cœur nous sai­sis­sent.

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Où allons-nous ? « Ça débor­de » de par­tout ; de gau­che et de droi­te„ extrê­me­ment. [Ph. d.r.]


Herr Diesel, das diktat

TPH_i7N6PWCix-RMQokNYwufEIALe Mon­de de ce 29/10/15 

Die­sel : l’Europe recu­le face aux lob­bys

Après le scan­da­le Volks­wa­gen, la Com­mis­sion euro­péen­ne vou­lait impo­ser des tests d’émissions de gaz pol­luants plus contrai­gnants. Les construc­teurs auto­mo­bi­les, sou­te­nus par les Etats, ont obte­nu de pou­voir émet­tre 2,1 fois le pla­fond d’oxydes d’azote auto­ri­sé, jusqu’en 2019.

L’Europe, l’écologie, la COP21… Du pipeau. Un déni démo­cra­ti­que. Tirons l’échelle !

Nous serons les der­niers, voi­là.


L’abattoir, lieu insoutenable, limite de l’humanité

Accrochez-vous ! Les images ci-dessous sont du genre insoutenable. Par delà, ce qui l’est encore plus, insoutenable, c’est le calvaire subi en permanence, dans le monde, par des milliards d’animaux. L’hominidé s’étant décrété comme « supérieur » – probablement depuis qu’il a prétendu « penser », ce qui est somme toute bien récent à l’échelle de l’évolution –, il n’a eu de cesse d’exploiter les animaux. Et cela, d’ailleurs, dans un sens si large, qu’il s’est aussi autorisé à exploiter ses semblables, jusqu’à les torturer, dans le travail notamment et, tant qu’à faire, jusqu’à les exterminer.

logo-L214-100pxLa vidéo ci-dessus est due à l’association de défense des animaux L214 

L’abattoir d’Alès (Gard) fait l’objet d’une enquête et a été provisoirement fermé. 20 000 porcs, 40 000 ovins et 6 000 bovins y sont mal-traités chaque année. À multiplier par le nombre de mouroirs semblables en France, en Europe, partout dans le monde.

L’homme, donc, considéré comme espèce supérieure, même si, trop souvent, il ne vole pas bien haut. De là, ce qu’on appelle le spécisme. Ce concept inclut aussi le fait que, même parmi les animaux, certains sont plus respectables que d’autres. C’est évidemment le cas des animaux de compagnie et des animaux domestiques ; parmi ces derniers, les animaux d’élevage font l’objet de traitements plus ou moins dégradants, selon le niveau de « rendement » qu’ils représentent : force motrice, marchandise de loisirs (chevaux),  ou/et de consommation, cobayes de laboratoires, objet sacrificiel. Reste, de toutes façons, la question de leur mort et de leur élimination, question qui rejoint trop souvent la « solution finale ».

Car « tout se tient » ici encore. Cause ou conséquence de l’éhontée domination humaine – variante du colonialisme –, le spécisme se décline en racisme tout autant qu’en sexisme. Supériorité d’une « race » sur une autre, d’un sexe sur l’autre.

Cette affaire des abattoirs dépasse celle du végétarisme ou du végétalisme. Ne pas manger de viande, ou pas même aucun produit ou sous-produit d’origine animale, cela peut se discuter sous de multiples aspects (moraux, religieux, économiques, écologiques, biologiques, sanitaires, etc.) Mais, quoi qu’il en soit, la manière dont l’animal humain (je reprends cette expression due à Wilhelm Reich ; elle renvoie l’homme à sa double composante et le remet à sa juste place) traite les autres animaux, notamment dans la mort, m’apparaît comme fondamentale dans le processus d’humanisation.

De ce point de vue, on peut considérer qu’il y a continuité – sans exclure des variations historiques dans l’ordre du progrès ou de la régression – entre l’hominidé chasseur-pêcheur, carnivore ; le chasseur viandard actuel ; l’aficionado des corridas ; le violent social ou criminel ; le guerrier sanguinaire ; le bourreau nazi ; l’halluciné fanatique. Liste non exclusive !


Air France. Sans-chemises et sans-culottes

Une che­mi­se déchi­rée, et même deux. Une agres­sion contre des per­son­nes – fus­sent-elles des « patrons ». Cer­tes, le ges­te est moche. Ou plu­tôt « non esthé­ti­que ». C’est le ges­te du déses­poir, le der­nier ges­te du condam­né avant l’exécution. Il n’est ren­du beau qu’au ciné­ma. Per­dre son emploi de nos jours, c’est une exé­cu­tion. C’est pas­ser du sta­tut de « chan­ceux », pour ne pas dire pri­vi­lé­gié – du pri­vi­lè­ge d’avoir un tra­vail, qui est sou­vent une tor­tu­re… – à celui de déclas­sé, de déchu.
Alors, quand la direc­tion d’Air Fran­ce annon­ce la sup­pres­sion de 2.900 emplois, cela signi­fie 2.900 vies déchi­rées (bien davan­ta­ge, en fait). À côté des­quel­les deux che­mi­ses déchi­rées, même blan­ches et bien repas­sées, c’est une vio­len­ce très modé­rée !


Une vidéo révè­le les négo­cia­tions chez Air Fran­ce par Buzz­Vid

La vidéo ci-des­sus a été pri­se quel­ques minu­tes avant les inci­dents qui for­ce­ront les diri­geants Xavier Bro­se­ta et Pier­re Plis­son­nier à s’échapper du siè­ge d’Air Fran­ce. Des employés ten­tent d’interpeller et d’ouvrir le dia­lo­gue.
Cet­te vidéo est poi­gnan­te, mon­trant le cou­ra­ge et le déses­poir d’une fem­me affron­tant la mor­gue des cols blancs, mains dans les poches ou bras croi­sés, tri­po­tant leurs por­ta­bles, touillant leur café, l’air gogue­nard pour ne pas dire niais, et fina­le­ment muets com­me des tom­bes. « On nous a deman­dé de fai­re des efforts, on les a faits ! » lan­ce cet­te fem­me au bord du san­glot dans un mono­lo­gue pathé­ti­que.

Face à elle, l’indifférence, le mépris. Les cadres regrou­pés dis­cu­tent entre eux, fei­gnant d’ignorer l’interpellation. L’un d’eux lâche enfin : « On n’est pas habi­li­tés, on n’est pas habi­li­tés ».

Ils n’ont rien à répon­dre au réqui­si­toi­re. Car ils ne sont même pas res­pon­sa­bles et ne peu­vent répon­dre de rien… Mina­bles pan­tins cra­va­tés du capi­ta­lis­me plan­qué, sans visa­ge, sui­te de chif­fres et de pour cents, jouant dans les casi­nos finan­ciers  à l’ombre des para­dis fis­caux, fixant de loin, « off sho­re », les taux de ren­de­ment de leur sale pognon dont ils se goin­frent jusqu’à l’intoxication.

Des vio­len­ces autre­ment plus radi­ca­les, la dégra­da­tion géné­ra­le des condi­tions socio-éco­no­mi­ques nous en pro­met ! Les « voyous » et la « chien­lit » se sou­vien­dront peut-être des sans-culot­tes et ne s’en pren­dront plus seule­ment aux che­mi­ses.
Sur son blog, le mili­tant enco­re socia­lis­te Gérard Filo­che a res­sor­ti pour la cir­cons­tan­ce un dis­cours de Jean Jau­rès devant la Cham­bre des dépu­tés le 19 juin 1906. Ces paro­les sont d’une actua­li­té brû­lan­te :

« Le patro­nat n’a pas besoin, lui, pour exer­cer une action vio­len­te, de ges­tes désor­don­nés et de paro­les tumul­tueu­ses ! Quel­ques hom­mes se ras­sem­blent, à huis clos, dans la sécu­ri­té, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quel­ques-uns, sans vio­len­ce, sans ges­tes désor­don­nés, sans éclats de voix, com­me des diplo­ma­tes cau­sant autour du tapis vert, ils déci­dent que le salai­re rai­son­na­ble sera refu­sé aux ouvriers ; ils déci­dent que les ouvriers qui conti­nuent la lut­te seront exclus, seront chas­sés, seront dési­gnés par des mar­ques imper­cep­ti­bles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vin­dic­te patro­na­le. […] Ain­si, tan­dis que l’acte de vio­len­ce de l’ouvrier appa­raît tou­jours, est tou­jours défi­ni, tou­jours aisé­ment frap­pé, la res­pon­sa­bi­li­té pro­fon­de et meur­triè­re des grands patrons, des grands capi­ta­lis­tes, elle se déro­be, elle s’évanouit dans une sor­te d’obscurité. »

Et Filo­che de com­men­ter : « Mal­heu­reu­se­ment, Manuel Valls trai­te les sala­riés de « voyous » et prend fait et cau­se pour la direc­tion d’Air Fran­ce. Il est vrai qu’il se réfè­re plus sou­vent à Clé­men­ceau, le bri­seur de grè­ves, qu’à Jau­rès… »


Le climat, peut-être… Mais la connerie ?

Suite, som­me tou­te assez logi­que, de l’article pré­cé­dent (il y était ques­tion de la fin de l’humanité…), cet exem­ple pathé­ti­que, pris sur le « vif » de l’humanité débi­le. En l’occurrence, ça vient des Etats-Unis, dans l’État de Vir­gi­nie de l’Ouest (houille et gaz de schis­te…) qui comp­te le plus de cli­ma­to-scep­ti­ques (deux tiers des habi­tants). Mais il n’y aurait qu’à se bais­ser pour en ramas­ser à la pel­le tout autour de nous. Où l’on voit dans tou­te sa dimen­sion, l’alliance fusion­nel­le de l’ignorance et des croyan­ces (sur­tout reli­gieu­ses), à quoi vient s’amalgamer, de façon « natu­rel­le » en quel­que sor­te, la soif mala­di­ve du pro­fit. Inépui­sa­ble sujet de médi­ta­tion. C’était ce 28 sep­tem­bre 2015 dans le JT de 20 heu­res de Fran­ce 2.

Modi­fier l’évolution du cli­mat, ça peut enco­re se conce­voir… Mais que fai­re de la conne­rie ?

»> Vidéo cou­pée : Des dizai­nes d’autres films para­dent sur la toi­le – taper « coal rol­ling » et déses­pé­rer du gen­re humain…

Post scrip­tum : Dans la même vei­ne et en tout cas sur les mêmes sujets, j’ai failli oublier, cet excel­lent (com­me tou­jours) billet de Sophia Aram sur Fran­ce Inter, ce même 28 sep­tem­bre, au matin cet­te fois et inti­tu­lé Donald, Nadi­ne et Dar­win :


La COP-21 et la voiture qui mène les peuples en bateau (fable moderne sur la fin de l’humanité)

Pépè­re va régu­liè­re­ment fai­re ses dévo­tions éco­lo­gi­ques en dépo­sant son obo­le ordu­riè­re dans des taber­na­cles moche­tin­gues pla­cés sur le trot­toir. Un jour une bou­tan­che, un autre quel­ques poi­gnées de papier jour­nal, de celui qu’il prend enco­re en fin de semai­ne, pour les pro­gram­mes télé. Par­fois, il croi­se Mémè­re et son teckel en man­teau, venus aus­si célé­brer à leurs maniè­res – elle ses mai­gres déchets, lui sa modes­te crot­te – cet­te mes­se à peu près géné­ra­li­sée à for­ce d’arguments culpa­bi­li­sants.

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Une civi­li­sa­tion des déchets en quê­te de sur­vie. © gp

Mais hier a écla­té le scan­da­le VW, « Das Auto ». Et la COP-21 qui nous attend, cet­te vingt et uniè­me « confé­ren­ces des par­ties », va désor­mais nous appa­raî­tre com­me un aima­ble concert spon­so­ri­sé par Volks­wa­gen. Au pro­gram­me, des airs de vio­lon et pas mal de pipeau, des œuvres rin­gar­des cata­lo­guées à la façon des piè­ces de Bach, cet­te fois sous le pré­fixe VW.

La catas­tro­phe n’est pas tant pour VW, mais bien plu­tôt, bien plus rude­ment pour le cli­mat pla­né­tai­re et ses consé­quen­ces humai­nes. Com­ment, en effet, par­ve­nir doré­na­vant à per­sua­der « les peu­ples » de l’urgence extrê­me de la dimi­nu­tion – impé­rieu­se, dras­ti­que – des gaz à effet de ser­re ? Com­ment ne pas ren­dre déri­soi­res nos « petits ges­tes » de pré­ten­dus « sau­ve­teurs de la pla­nè­te » (mer­ci pour elle, qui se démer­de­ra, fût-ce au bout de mil­liers d’années, voi­re de mil­lions), tan­dis que les prin­ci­paux fau­teurs de l’asphyxie cli­ma­ti­que – les fabri­cants de bagno­les abu­sant leurs uti­li­sa­teurs – ajou­tent de la frau­de au poi­son ?!

Les consé­quen­ces de cet­te affai­re de logi­ciel men­teur sont dou­ble­ment gra­ves : d’abord en tant qu’escroquerie (éthi­que mais aus­si mar­chan­de et tré­bu­chan­te), ensui­te par­ce qu’elles vont détour­ner les « usa­gers » de la Ter­re – ses habi­tants, nous autres pau­vres Ter­riens – des réels enjeux cli­ma­ti­ques et catas­tro­phi­ques. À quoi bon mes ges­tes pieux quand d’autres se gaus­sent et se goin­frent sans ver­go­gne !

Je viens de finir un bou­quin for­mi­da­ble ; il date de 2006 et m’avait alors échap­pé. Par un coup du hasard, chez un bou­qui­nis­te, il m’a ten­du les bras et son titre un rien pro­vo­cant : L’Humanité dis­pa­raî­tra, bon débar­ras ! C’est un pam­phlet aus­si impla­ca­ble que docu­men­té et sacré­ment envoyé. Yves Pac­ca­let, son auteur, est phi­lo­so­phe et natu­ra­lis­te – bel allia­ge – et a fait par­tie de l’équipe sous-mari­ne de Cous­teau (ce qui ne garan­tit rien… Voir ici…) Tout est bon là-dedans, rien à jeter. Flo­ri­lè­ge :

Paccalet« L’homme est une espè­ce jeta­ble, à l’image de la civi­li­sa­tion qu’il a inven­tée. » À l’origine du Mal­heur : la démo­gra­phie galo­pan­te, sui­ci­dai­re. De 1945 à 2025, en qua­tre-vingts ans, la popu­la­tion de la Ter­re aura dou­blé, pas­sant de qua­tre à huit mil­liards d’habitants. « Pour le méde­cin, une popu­la­tion exces­si­ve de cel­lu­les prend le nom de “tumeur”. Si le pro­ces­sus de mul­ti­pli­ca­tion s’emballe, la tumeur devient mali­gne : on a affai­re à un can­cer. » […] « Nous enva­his­sons, nous dévas­tons, nous salis­sons l’air, l’eau, l’humus fer­ti­le, les mers, les prai­ries, les forêts, les marais, les mon­ta­gnes, les déserts et les pôles ; demain la Lune et la pla­nè­te Mars.… Nous pro­dui­sons des quan­ti­tés phé­no­mé­na­les de déchets. Nous menons à l’agonie Gaïa, le super orga­nis­me qui nous inclut. Du même coup, nous nous pré­ci­pi­tons dans le néant. » […] « L’homme est le can­cer de la Ter­re. Cet­te for­mu­le cho­que­ra les âmes sen­si­bles ; mais peu me chaut d’offusquer les “huma­nis­tes” qui ont des yeux pour ne pas voir et un cer­veau pour ima­gi­ner que Dieu les a conçus afin qu’ils pas­sent leur éter­ni­té à chan­ter des can­ti­ques au para­dis ou à cui­re en enfer. Si Dieu exis­te, il nous a faits pour s’amuser, com­me nous fabri­quons nos pro­gram­mes de télé­vi­sion, nos OGM et nos armes de des­truc­tion mas­si­ve. À la fin, c’est tou­jours la catas­tro­phe. »

Je sau­te quel­ques pages pour arri­ver à cet­te saillie (Ô Wil­helm Rei­ch et sa Psy­cho­lo­gie de mas­se du fas­cis­me !) : « L’espèce humai­ne est affreu­se, bête et méchan­te. Nous avons tous en nous quel­que cho­se d’un peu nazi. […] Je cher­che l’humanité au fond de l’homme : je n’y vois que la mous­ta­che d’Hitler. »[*] Pro­vo­ca­teur ? Oui, néces­sai­re­ment. Et je pas­se ici sur l’argumentaire, je ne vais pas reco­pier tout le bou­quin. Tâchez de vous le pro­cu­rer, il est salu­tai­re et clair­voyant, dix ans avant la COP-21 qu’il devan­ce lar­ge­ment avec ses conclu­sions radi­ca­les sous la for­me de Trei­ze bon­nes rai­sons de mou­rir, car « la péda­go­gie de l’environnement n’existe pas ou ne sert à rien : l’humanité est condam­née. »

L’énumération des Trei­ze catas­tro­phes qui nous guet­tent (notez le fati­di­que « 13 ») sem­ble impla­ca­ble. Je crois aus­si qu’elle l’est. Mais on est tout de même ten­té de repren­dre à notre comp­te le mot de la com­tes­se du Bar­ry sous le tran­chant de la guillo­ti­ne :  «Enco­re un moment, mon­sieur le bour­reau ! » 

  • Yves Pac­ca­let, L’Humanité dis­pa­raî­tra, bon débar­ras !, 191 p. Essai. J’ai lu.
  • [*] His­toi­re d’atteindre le Point God­win, je rap­pel­le que Das Auto, la Voi­tu­re du peu­ple, a vu le jour dans les années tren­te, en Alle­ma­gne nazie, selon les sou­haits d’Hitler.

  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

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    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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