On n'est pas des moutons

Coup de gueule

Macron ou Le Pen ? Entre deux maux, il faut choisir le moindre 

Par Serge Bourguignon, simple citoyen
onreflechit@yahoo.fr

Je suis effa­ré par tous ces gens, y com­pris des gens que j’aime et j’estime, qui croient dur comme fer que Macron et Le Pen, c’est pareil. Et je suis encore plus effa­ré par ceux pour qui Macron, c’est pire que Le Pen ! Aurait-on atteint le degré zéro de la conscience poli­tique ?

La soupe néo­li­bé­rale, je ne la goûte guère. Elle détraque tou­jours plus notre bonne vieille Terre et ses habi­tants, en par­ti­cu­lier nous autres les z’humains. Il n’est pas inutile de le rap­pe­ler. Mais j’aime encore moins la soupe FHaine, qui me fait vomir et qui hélas ! ren­contre tel­le­ment d’écho aujourd’hui dans notre France : la can­di­date néo­fas­ciste (j’ai bien dit néo) a obte­nu bien plus de voix que son père en 2002. Si la façade a été réno­vée pour être plus « pré­sen­table », la réa­li­té empi­ri­que­ment obser­vable n’est pas belle à voir. Ce par­ti reste un ramas­sis de pétai­nistes et le soi-disant gaul­liste Phi­lip­pot y est mino­ri­taire. La ges­tion des muni­ci­pa­li­tés FN est inquié­tante, il y a beau­coup de témoi­gnages à ce sujet pour qui veut savoir. Et n’oublions pas que l’amère Le Pen a par­ti­ci­pé au bal de l’extrême droite euro­péenne le 27 jan­vier 2012, jour du 67e anni­ver­saire de la libé­ra­tion du camp de concen­tra­tion d’Auschwitz !...

m-le-pen

© Ph. Reu­ters. Cli­quer pour agran­dir

Le Monde –28.01.2012
C’était son premier bal à Vienne, mais aussi l’occasion de resserrer ses contacts avec d’autres dirigeants de l’extrême droite européenne. La candidate du Front national à l’élection présidentielle française, Marine Le Pen, était l’hôte de marque, vendredi 27 janvier dans l’ancien palais impérial de la Hofburg, du fringant Heinz-Christian Strache, chef du Parti de la liberté (FPÖ), qui affiche son ambition de devenir chancelier d’Autriche. Avant de valser avec les étudiants  « combattants », adeptes de duels virils au sabre, la présidente du FN, en longue robe noire, a dû attendre que les forces de police aient éloigné des milliers de manifestants décidés à perturber la soirée. […]
Le bal des corporations estudiantines à Vienne est toujours un événement controversé. Principal réservoir de cadres du FPÖ, les Burschenschaften (de Bursch, jeune homme) comptent environ 4 000 membres, engagés leur vie durant dans des fraternités dont les noms – Aldania, Vandalia, Gothia, Silesia – cultivent une germanité mythique. L’une d’entre elles, Olympia, est considérée comme proche du néonazisme. […]
Cette année, les polémiques étaient d’autant plus vives que l’organisation du bal coïncidait avec le 67e anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz.

Le FN aujourd’hui se pré­sente comme le défen­seur du peuple fran­çais contre la tech­no­cra­tique Union euro­péenne. Ce qui plaît dans ce dis­cours anti-UE, c’est qu’il offre un bouc-émis­saire facile aux élec­teurs, leur évi­tant par là-même la fatigue de pen­ser à des pro­blèmes com­plexes qui ne peuvent se résoudre d’un coup de baguette magique.  Il y a plein d’inconvénients à être dans l’UE, mais il y a aus­si quelques avan­tages. Et si l’on en sor­tait, il y aurait certes quelques avan­tages, mais quand même pas mal d’inconvénients. Mais pour séduire le bon peuple, on sim­pli­fie les choses, on lui fait miroi­ter des solu­tions miracles.

Ce que ne font jamais  les idéo­logues (qu’ils soient anti- ou pro-UE, d’ailleurs), et ceux qui boivent leurs paroles, c’est la part des choses. Or la réa­li­té est tou­jours mul­tiple et contra­dic­toire : la contra­dic­tion est l’essence même du vivant. Mais nous vivons à l’époque de l’ordinateur roi et de la pen­sée binaire, et dans le cirque élec­to­ral la réa­li­té est très sou­vent gom­mée d’un effet de manche, sans jamais être appré­hen­dée dans sa com­plexi­té.

Com­ment ne pas voir qu’il sera plus facile de s’opposer à Macron pré­sident qu’à Le Pen ? C’est la soi-disant proche du peuple Le Pen qui deman­dait l’interdiction des manifs pen­dant le mou­ve­ment d’opposition à la loi tra­vail, et non pas le ban­quier Macron. Il serait donc sage de choi­sir le moins nocif.

Citoyennes, citoyens, encore un effort pour être réel­le­ment répu­bli­cains !

Rap­pel : Res publi­ca signi­fie la chose publique, qui appar­tient à tous.

S.B. (29 avril 2017)
onreflechit@yahoo.fr


Mélenchon, l’homme qui ne plantait rien (ou qui plantait tout)

Jean-Luc-Melenchon

[Ph. Gerhard Valck, 2015, domaine public]

De la mélasse pré­si­den­tielle, que pour­rait-il sor­tir de bon ? Qu’ajouter à cette triste ques­tion ? « C’est pour dire » n’avait donc rien à dire sur ce cha­pitre. Sauf  à le consi­dé­rer sous la plume ins­pi­rée d’Eugène Pot­tier écri­vant L’Internationale : « Il n’est pas de sau­veurs suprêmes / Ni Dieu, ni César, ni Tri­bun ». L’air est aujourd’hui plu­tôt éven­té, mais le mes­sage reste d’une navrante actua­li­té. Ain­si m’est-il reve­nu l’autre soir (23/2/17) à la télé en regar­dant le spec­tacle mon­té autour de Jean-Luc Mélen­chon. 1

Mélen­chon, ce soir-là, n’a pas craint de se pré­sen­ter comme « un tri­bun » et même comme « le tri­bun du peuple ». Oui : « Je suis le tri­bun du peuple », a-t-il ren­ché­ri, modeste… On sait l’homme por­té à l’admiration de lui-même, qu’il clone à l’occasion par holo­gramme inter­po­sé, réus­sis­sant ain­si l’admirable syn­thèse du Spec­tacle à la fois poli­ti­cien & tech­no­lo­gique. « Miroir, mon beau miroir… », cette si vieille fas­ci­na­tion égo­cen­trique… De nos jours – à l’ère du tout média­tique – la conquête et l’exercice du pou­voir passent par la mise en spec­tacle du geste et de la parole, sur­tout de la parole. Il est signi­fi­ca­tif et cocasse que cette émis­sion de France 2 s’intitule Des Paroles et des Actes

Tan­dis que la poli­tique se résume au Verbe, à l’effet de tri­bune (pour tri­buns…), un gou­ver­ne­ment peut se res­treindre à un seul minis­tère, celui de la Parole. Cette pra­tique est, elle aus­si, vieille comme le monde poli­tique ; elle remonte même à la rhé­to­rique des Anciens, qui l’avaient éle­vée au rang du dis­cours phi­lo­so­phique. Disons qu’aujourd’hui, seul le dis­cours a sub­sis­té. Enfin, sur­tout le dis­cours, par­fois quelques idées. Aucun poli­ti­cien n’y échappe, sur­tout pas les can­di­dats à la pré­si­dence. Il peut être inté­res­sant, voire dis­trayant, de lire entre les lignes des ver­biages élec­to­raux, d’en décryp­ter aus­si les non-dits, à l’occasion expri­més par le corps – atti­tudes, gestes, tona­li­tés.

À cet égard, la par­lure de Hol­lande ponc­tuée, et même truf­fée de « euh… », s’avère tout à fait révé­la­trice de sa gou­ver­nance à base d’hésitations, de doutes peut-être et de renon­ce­ments. 2 Celle de Mélen­chon, elle, si elle ne manque pas de souffle, res­pire peu et ne s’autorise aucun silence. Pas de place pour le doute ou le ques­tion­ne­ment dans cette parole péremp­toire, défi­ni­tive. Un pro­pos sou­vent abrupt, cas­sant, dont son auteur prend par­fois conscience ; alors, il tente de se reprendre par une pirouette, comme dans l’émission de jeu­di : « Eh, on peut plai­san­ter, je suis méri­dio­nal… il y a du Pagnol en moi ! » Ouais… Et du Gio­no aus­si ?

Car Mélen­chon doit se prou­ver en huma­niste  3, ce qui ne lui semble donc pas si natu­rel… Voi­là qu’arrive l”« invi­té sur­prise » – tou­jours dans la même émis­sion –, le comé­dien Phi­lippe Tor­re­ton  4 Or, il a appor­té, pour l’offrir à Mélen­chon, le livre de Jean Gio­no, L’Homme qui plan­tait des arbres. « [Un livre] fon­da­men­ta­le­ment immo­ral ! », lance tout aus­si­tôt Mélen­chon. Éton­ne­ment du comé­dien, qui s’explique néan­moins sur le sens de ce choix lié à l’urgence éco­lo­gique, en lit un pas­sage et se lève pour l’offrir au poli­ti­cien du jour, que l’on relance : alors, quelle immo­ra­li­té ? « L’immoralité, lance Mélen­chon, vient du fait que cette his­toire est écrite pen­dant la guerre, et que quand on lutte contre le nazisme on plante pas des arbres, on prend une arme et on va se battre ! »

L’ancien mili­taire – non : mili­tant trots­kyste, diri­geant de l’OCI (Orga­ni­sa­tion com­mu­niste inter­na­tio­na­liste) de Besan­çon (1972-79 selon Wiki­pé­dia), a lâché sa leçon de morale, celle du poli­ti­cien pro­fes­sion­nel qu’il n’a ces­sé d’être – puisque c’est un « métier ». Et ain­si de reprendre, en les sous-enten­dant, les accu­sa­tions vichystes et col­la­bo­ra­tion­nistes à l’encontre de Gio­no. Lequel avait pris le fusil à baïon­nette, enfin celui qu’on lui avait mis d’office dans les mains, dès jan­vier 1915, pour ses vingt ans, direc­tion la Somme, Ver­dun, le Che­min des dames, où il n’est « que » gazé alors qu’il y perd son meilleur ami et tant d’autres. Cho­qué par l’horreur de la guerre, les mas­sacres, la bar­ba­rie, l’atrocité de ce qu’il a vécu dans cet enfer, il devient un paci­fiste convain­cu. Jusques et y com­pris la seconde grande bar­ba­rie. En 1939, s’étant pré­sen­té au centre de mobi­li­sa­tion, il est arrê­té et déte­nu deux mois pour cause de paci­fisme (Il avait signé le tract « Paix immé­diate » lan­cé par l’anarchiste Louis Lecoin). Durant la guerre, il conti­nue à écrire et publie des articles dans des jour­naux liés au régime de Vichy. A la Libé­ra­tion, il est arrê­té, mais relâ­ché cinq mois plus tard sans avoir été incul­pé. 5

J’en reviens à notre sujet, sans m’en être vrai­ment éloi­gné, je crois. En refu­sant de consi­dé­rer pour ce qu’il est, le mes­sage pro­fond – éco­lo­giste avant la lettre, huma­niste et uni­ver­sel – de L’Homme qui plan­tait des arbres, pour pla­cer sa parole mora­li­sa­trice, le patron de La France insou­mise s’érige en Fou­quier-Tin­ville du Tri­bu­nal révo­lu­tion­naire. Il tranche. Il se pose en garant du « pur et dur », lui que les guerres ont heu­reu­se­ment épar­gné, qui n’a pas eu à résis­ter – l’arme à la main –, ni même à s’insoumettre. Lui qui, certes, connut les tran­chées du Par­ti socia­liste durant 32 ans (1976-2008) et, tour à tour, les affres du conseiller géné­ral de Mas­sy (1998-2004), du séna­teur de l’Essonne (2004-2010), du ministre sous Chi­rac-Jos­pin (2000-2002), du pré­sident du Par­ti de gauche (2009-2014), du dépu­té euro­péen depuis 2009. Que de com­bats héroïques, à mains nues cette fois ! (Quelle belle retraite en pers­pec­tive aus­si, non ?)

Il en a usé de la dia­lec­tique, de la stra­té­gie, de la tac­tique ! Il en a mâché de la parole ver­bale ! Tout ça pour rabais­ser le débat poli­tique à un cal­cul poli­ti­cien minable. Pour­tant, il l’assure :

– « À mon âge, je fais pas une car­rière ; je veux pas gâcher, détruire ; j’ai de la haine pour per­sonne ; il faut convaincre ! J’ai jamais été mélen­cho­niste ! [sic]

– Alors vous seriez prêt à vous reti­rer devant Benoît Hamon ?

Pour­quoi pas lui ? J’ai 65 ans, je veux pas dila­pi­der ! [re-sic]»

Alors Tor­re­ton, deve­nu pâle, semble jeter l’éponge. Non pas tant qu’il se soit dégon­flé, comme il a été dit, de lui poser LA ques­tion pour laquelle il avait été l’« invi­té sur­prise ». Non, on dirait plu­tôt qu’il com­prend alors que c’est cuit, que Mélen­chon ne démor­dra pas, que sa « voca­tion », son « métier » c’est de s’opposer, de bai­gner dans ce mari­got où il se com­plaît, où son égo enfle avec délice. Un demi-siècle de « métier » n’empêche pas, à l’évidence, de s’agripper à une pué­rile dia­lec­tique de cour d’école.

Et dès le len­de­main de l’émission, il pré­ten­dait sans ambages ne pas se sou­ve­nir d’avoir par­lé de rap­pro­che­ment avec le can­di­dat socia­liste. « J’ai dit ça hier soir ? Je ne m’en rap­pelle pas ! » a-t-il assu­ré. À la sor­tie d’un déjeu­ner avec le secré­taire natio­nal du PCF, Pierre Laurent, il a reje­té l’idée d’un ras­sem­ble­ment : « Ça n’a pas de sens aujourd’hui. De quoi parle-t-on ? Benoît Hamon dit qu’il pro­pose sa can­di­da­ture. Moi aus­si. Si vous vou­lez que le pro­gramme s’applique, la meilleure des garan­ties, c’est moi ! » Ain­si, pour lui, la ques­tion d’un ral­lie­ment ne se pose même pas. « Non, faut pas rêver, ça n’aura pas lieu. D’ailleurs, per­sonne ne le pro­po­sait », a-t-il assé­né.

Le trots­kyste est reve­nu au galop : « Faut pas comp­ter sur nous pour aller faire l’appoint d’une force poli­tique qui a du mal à remon­ter sur le che­val ». Aurait-il donc choi­si « objec­ti­ve­ment » l’option Marine Le Pen ? 6 Ira-t-il ain­si jusqu’à refu­ser toute col­la­bo­ra­tion avec ce qui reste de la social-démo­cra­tie, sous enten­du avec Benoît Hamon, puisqu’investi par le Par­ti socia­liste ? Ou encore, estime-t-il que Macron va l’emporter, que l’affaire est pliée et que sa planche de salut, par consé­quent, réside encore et tou­jours dans les délices de l’éternelle oppo­si­tion, dans un hors-sol en quelque sorte, à l’abri de toute impu­re­té, de tout com­pro­mis.

Comme si la démo­cra­tie ce n’était pas l’art sub­til des arran­ge­ments accep­tables par le plus grand nombre – jamais par tous, évi­dem­ment. Comme si la vie même ne rele­vait pas en per­ma­nence de ses com­bi­nai­sons com­plexes, ni blanches ni noires. La pre­mière – la démo­cra­tie – se compte en siècles, par­fois seule­ment en années ; quelques semaines peuvent suf­fire à l’anéantir. La vie, elle, remonte à des mil­lions d’années ; elle reste à la mer­ci de la bêtise des humains.

Si je vote, ce sera pour Elzéard Bouf­fier, qui plan­tait des arbres.


En prime, le très beau film d’animation d’après le récit de Jean Gio­no, dit par Phi­lippe Noi­ret, réa­li­sé par Fré­dé­ric Back (1924-2013), Cana­da 1987. L’Homme qui plan­tait des arbres a rem­por­té l’Oscar du meilleur court métrage décer­né par l’Academy of Motion Pic­ture Arts and Sciences de Los Angeles, aux États-Unis, le 11 avril 1988.

Notes:

  1. Je dis bien spec­tacle, au sens de Guy Debord et sa Socié­té du spec­tacle (1967); c’est-à-dire au sens de la sépa­ra­tion entre réa­li­té et idéo­lo­gie, entre la vie et sa repré­sen­ta­tion. Dans ce sens la socié­té est deve­nue « une immense accu­mu­la­tion de spec­tacles », pro­lon­ge­ment de l’« immense accu­mu­la­tion de mar­chan­dises » énon­cée par Marx dans Le Capi­tal. Au « féti­chisme de la mar­chan­dise » (et des finances), puis à celui du Spec­tacle, il y aurait lieu aujourd’hui d’ajouter, à la façon d’un Jacques Ellul, le féti­chisme tech­no­lo­gique.
  2. Sur cette adé­qua­tion idéale « paroles/actes », voir ici mon article de 2014 sur Jau­rès.
  3. « Droit-de-l’hommiste », il est sans doute, car cela relève encore de la parole poli­tique, dif­fé­rente du sens de l’humain. Je me garde d’aborder ici le cha­pitre de ses tro­pismes lati­nos envers Cha­vez et les Cas­tro – sans par­ler de Pou­tine.
  4. De gauche, éco­lo­giste, il tient actuel­le­ment le rôle-titre dans La résis­tible Ascen­sion d’Arturo Ui, de Brecht – que j’ai vue et appré­ciée il y a peu à Mar­seille ; pièce ô com­bien actuelle sur le fas­cisme pré­sen­té en l’occurrence comme « résis­tible »… espé­rons !
  5. Dès 1934, Gio­no avait affir­mé un paci­fisme inté­gral ancré en pro­fon­deur dans ses sou­ve­nirs d’atrocités de la Grande Guerre. Le titre de son article paci­fiste publié dans la revue Europe en novembre 1934 « Je ne peux pas oublier » atteste de cette empreinte indé­lé­bile de la guerre dont il refuse toute légi­ti­ma­tion, même au nom de l’antifascisme. Il affirme dans « Refus d’obéissance », en 1937, que si un conflit éclate, il n’obéira pas à l’ordre de mobi­li­sa­tion.
  6. Rap­pel : Jusqu’à l’avènement d’Hitler, l’objectif prin­ci­pal du Par­ti com­mu­niste alle­mand demeu­rait la des­truc­tion du Par­ti social-démo­crate. Voir à ce sujet Sans patrie ni fron­tières, de Jan Val­tin, impla­cable témoi­gnage d’un marin alle­mand sur le sta­li­nisme en action. Ed. J-C Lat­tès, 1975.

La trouble casquette de Mehdi Meklat

mehdi-meklat

Lors de l’émission La Grande librai­rie, 17 février.

Il avait l’allure d’un jeune homme bien, un rien effron­té sans doute, sous sa cas­quette « chan­vrée »… Meh­di Mek­lat, 24 ans, s’était construit une cer­taine noto­rié­té avec son com­père Badrou : Bon­dy Blog, France Inter, Arte, Les Inrocks. Sym­pas, quoi, ces jeunes, porte-voix des ban­lieues autres que déses­pé­rantes. Jeu­di der­nier, on les retrouve même, l’Arabe et le Noir, comme incon­grus dans le décor de La Grande librai­rie, émis­sion de France 5 pour la sor­tie de leur bou­quin, Minute.

La mariée était trop belle : entre­temps, des inter­nautes exhument des tweets de Mek­lat à base d’injures anti­sé­mites, homo­phobes, racistes, miso­gynes. Sidé­ra­tion. Le jeune homme à cas­quette fleu­rie s’excuse, invoque un « per­son­nage fic­tif » caché der­rière son pseu­do­nyme (« Mar­ce­lin Des­champs »), his­toire de « ques­tion­ner la notion d’excès et de pro­vo­ca­tion »… Mais quand il eut déci­dé de reprendre sa vraie iden­ti­té de twit­teur, il prit tout de même soin d’intégrer à son compte ses délires pré­cé­dents. Flo­ri­lège :

 

Quelques voix média­tiques s’élèvent cepen­dant pour prendre la défense de l’indéfendable. Pour excu­ser quoi ? Au nom de quoi ? Ce qui est sûr, c’est qu’une telle dupli­ci­té va ali­men­ter encore davan­tage la lepé­ni­sa­tion en marche. Peut-être est-ce même le but recher­ché, celui de Daesh en par­ti­cu­lier : cou­per en deux la socié­té fran­çaise, pous­ser à l’affrontement et, « idéa­le­ment » à la guerre civile.


Aidons Mme Lagarde à aller se rhabiller !

christine-lagarde-fmi

Cli­quez sur l’image, vous n’en croi­rez pas vos yeux. Il y a deux ans, « Clo­ser  », ce maga­zine de la vul­ga­ri­té totale, publiait sans bar­gui­gner, avec leurs coûts res­pec­tifs (« envi­ron »), les élé­gances ves­ti­men­taires de Madame FMI. Cette pau­vresse – « au goût très sûr pour les belles choses (et on la com­prend) » – ne crai­gnait pas d’étaler ain­si une garde-robe esti­mée à : 2800 + 1800 + 5900 + 3500 = 14.000 euros. [Mer­ci Fran­çois Pon­thieu pour cette archive hors de prix !]

L’ « affaire Lagarde »… Quelle affaire ? On n’en parle déjà (presque) plus. Ça tourne si vite, le monde, l’actu, l’ordinaire des choses. Et aujourd’hui encore, un autre nou­veau tour du monde, un nou­veau héros à la voile. Et puis un héros de la chan­son­nette qu’on retrouve mort. 1 Toutes ces ques­tions fon­da­men­tales. Tan­dis que les négli­gences, les étour­de­ries de Madame Lagarde, ça c’est de la brou­tille à 400 mil­lions, juste une insulte au peuple, même pas tan­cée par la Cour de Jus­tice [sic] de la Répu­blique – qui pro­nonce en l’occurrence un véri­table déni de jus­tice. Sinon, com­ment jus­ti­fier à la fois une faute et une non-faute ?

Alors, quelle Répu­blique ? Voi­là com­ment ils la gal­vaudent – les Lagarde, les Cahu­zac, les Tapie et tant d’autres – la « Chose Publique », Res Publi­ca ; ces escrocs, ces bri­gands, ces ban­dits – et j’en passe ! Cette Répu­blique consi­dé­rée comme une traî­née, sur laquelle on ne se retourne même plus, une gueuse pour maque­reaux pro­fi­teurs (pléo­nasmes) prêts à la refi­ler aux autres proxos du FN déjà en piste, prêts à la recy­cler au Nom du Peuple, bien sûr, et même de la Répu­blique !

Une péti­tion cir­cule pour exi­ger « un vrai pro­cès pour Chris­tine Lagarde ». Plus de 200.000 signa­tures ont été recueillies [la signer ici]. C’est encore trop peu compte tenu de l’outrage à ce qu’un George Orwell appe­lait la décence com­mune.

Car nous sommes bien en l’occurrence dans l’indé­cence totale. Des images de plus en plus nom­breuses cir­culent sur la toile, pre­nant le relais des mots qui s’étouffent dans la colère, comme les miens ici.

Voi­ci un échan­tillon de ces pho­tos et des­sins qui expriment une révolte des esprits, signes peut-être avant cou­reurs de révoltes « tout court » qu’ils n’auront pas vu venir

Notes:

  1. Tho­mas Coville et George Michael, selon la Une du Monde. Je n’ai rien contre eux, je sou­ligne juste un ordre des valeurs média­tiques.

Boues rouges dans les calanques de Marseille : Royal rejette la responsabilité sur Valls

Les mon­ti­cules de boues rouges reje­tées par l’usine d’alumine Alteo de Gar­danne, qui recouvrent les fonds marins du Parc natio­nal des calanques (Bouches-du-Rhône), inquiètent les spé­cia­listes, mais aus­si les défen­seurs de l’environnement.

boues-rouges-calanques-marseille

Les déchets liés à la fabri­ca­tion de l’alumine sont reje­tés en mer par un tuyau long de 50 km. Des mil­lions de tonnes de « boues rouges » conte­nant métaux lourds, élé­ments radio­ac­tifs et arse­nic sont accu­mu­lés au fond de la Médi­ter­ra­née, dans le Parc natio­nal des Calanques. [Tha­las­sa-F3]

La ministre de l’Environnement, Ségo­lène Royal, inter­ro­gée sur le rejet de ces déchets en mer, a impu­té à son Pre­mier ministre l’absence de lutte contre ce fléau : elle assure avoir vou­lu les inter­dire, mais que  « Manuel Valls a déci­dé le contraire » .  « C’est inad­mis­sible », assène la ministre devant la camé­ra de « Tha­las­sa » , dif­fu­sé ven­dre­di 2 sep­tembre sur France 3.

Un permis de polluer pour six ans

Le pré­fet de la région Pro­vence-Alpes-Côte d’Azur a auto­ri­sé en décembre la socié­té Alteo à pour­suivre l’exploitation de ses usines sur le site de Gar­danne et à reje­ter en mer, pen­dant six ans, les effluents aqueux résul­tant de la pro­duc­tion d’alumine. La déci­sion avait pour­tant été aus­si­tôt dénon­cée par Ségo­lène Royal, rap­pelle Le Monde.

La déci­sion d’interdire ces déchets incombe au chef du gou­ver­ne­ment, affirme Ségo­lène Royal :   »[Manuel Valls] a pris cette déci­sion. Il a don­né l’ordre au pré­fet, donc le pré­fet a don­né l’autorisation. Je ne peux pas don­ner un contre-ordre », ajoute-t-elle.

[Source : Fran­cein­fo, 30/8/16]


« En ces temps troublés ». Quand le maire d’Argenteuil se fait programmateur-censeur de cinéma

Comme ça, à lui tout seul, d’un trait de plume muni­ci­pal, Georges Mothron, maire Les Répu­bli­cains d’Argenteuil, décide si ses conci­toyens peuvent ou non aller voir un film au ciné­ma – et même deux.

Voici l’affaire, résu­mée par Le Figa­ro [30/04/2016] :

« Le ciné­ma Le Figuier blanc a dû annu­ler il y a quelques jours la pro­jec­tion de deux films en rai­son d’une demande expresse du maire de la ville du Val-d’Oise, qui crai­gnait que leurs sujets «mettent le feu aux poudres» dans la com­mune.

 G. Mothron dans ses œuvres

Maire-argenteuil Georges Mothron• Pour «chan­ger l’image de la ville» […] le bou­le­vard Lénine et l’avenue Mar­cel Cachin sont rebap­ti­sés res­pec­ti­ve­ment bou­le­vard du géné­ral Leclerc et ave­nue Mau­rice Utrillo.
• Le 6 août 2007, un arrê­té muni­ci­pal inter­di­sant la men­di­ci­té dans le centre-ville d’Argenteuil est asso­cié à la consigne aux agents de la voi­rie de dif­fu­ser du mal­odore, un répul­sif nau­séa­bond, dans les lieux fré­quen­tés par les sans-abris. La cam­pagne de presse natio­nale qui s’ensuit et des contro­verses sur la réno­va­tion urbaine en cours lui coûtent la mai­rie qui revient au socia­liste Phi­lippe Dou­cet aux élec­tions 2008. Lors des élec­tions muni­ci­pales de 2014, il reprend la mai­rie d’Argenteuil face au maire sor­tant. [Wiki­pé­dia]

« […] La salle, asso­ciée à un centre cultu­rel, a eu la curieuse sur­prise de rece­voir la semaine der­nière un cour­rier […] dans lequel l’élu deman­dait la dépro­gram­ma­tion de deux films : La Socio­logue et l’ourson, d’Étienne Chaillou et Mathias The­ry, et 3000 nuits, de Mari Mas­ri.

« Le pre­mier, sor­ti le 6 avril, est un docu­men­taire qui revient sur les débats autour du mariage homo­sexuel en sui­vant la socio­logue Irène Thé­ry et en met­tant en scène, sur un mode péda­go­gique et ludique, des peluches et des jouets pour évo­quer cer­taines ques­tions et recons­ti­tuer des moments fami­liaux. Le second, dif­fu­sé depuis l’an der­nier dans plu­sieurs fes­ti­vals, raconte l’histoire de Layal, une jeune Pales­tienne incar­cé­rée dans une pri­son israé­lienne, où elle donne nais­sance à un gar­çon.

« Des thèmes qui pour le maire de la com­mune sont sujets à la polé­mique, d’où leur inter­dic­tion. Dans les colonnes du Pari­sien, il explique que sa déci­sion est «moti­vée par le fait qu’en ces temps trou­blés, des sujets tels que ceux-là peuvent rapi­de­ment mettre le feu aux poudres dans une ville comme Argen­teuil». « Dans un sou­ci d’apaisement [...]la ville a pré­fé­ré jouer la sécu­ri­té en ne dif­fu­sant pas ces films, évi­tant ain­si des réac­tions éven­tuel­le­ment véhé­mentes de cer­tains», ajoute-t-il. Mais l’exigence de l’édile a sur­tout pro­vo­qué une volée de bois vers à l’encontre de la mai­rie d’Argenteuil. »

L’association Argen­teuil Soli­da­ri­té Pales­tine (ASP), qui pro­gram­mait 3000 nuits a dénon­cé « la cen­sure du maire qui, en octobre der­nier, avait déjà inter­dit une expo­si­tion sur l’immigration.»

L’Association pour la défense du ciné­ma indé­pen­dant (ADCI) d’Argenteuil, dénonce « un refus idéo­lo­gique de réflexion sur des ques­tions qui se posent dans le contexte actuel ».

De son côté, la Scam, Socié­té civile des auteurs mul­ti­mé­dia, publie un com­mu­ni­qué sur cet acte de cen­sure. Extraits :

« Les 102.000 habi­tants d’Argenteuil seraient-ils plus décé­ré­brés, osons le dire, plus cons que la moyenne ?
« Cer­tai­ne­ment pas, mais c’est ain­si que le maire, Georges Mothron, consi­dère les habi­tants en les jugeant inca­pables de regar­der serei­ne­ment un docu­men­taire de socié­té où les per­son­nages prin­ci­paux sont des peluches. Un docu­men­taire qui fait réflé­chir sur pour­quoi la socié­té fran­çaise s’est déchi­rée sur le mariage pour tous.
« Si le film sort en DVD, Georges Mothron le fera-t-il sai­sir dans les rayon­nages ? Quand le film sera dif­fu­sé à la télé­vi­sion, Georges Mothron fera-t-il cou­per les antennes du dif­fu­seur sur sa ville ?
« En ces temps trou­blés », Georges Mothron a peur que le film « mette le feu aux poudres ». […]
« En ces temps trou­blés », nous avons bien besoin de films qui nous ouvrent au monde, qui apportent de la pen­sée dans les réflexes pav­lo­viens de repli sur soi de telle ou telle com­mu­nau­té.
« La Scam sou­tient la mani­fes­ta­tion orga­ni­sée le 7 mai à 15 heures devant la mai­rie d’Argenteuil pour exi­ger la repro­gram­ma­tion des films et rap­pe­ler au maire, Georges Mothron, que le suf­frage uni­ver­sel ne lui confie pas pour autant un droit à déci­der ce que ses conci­toyens peuvent choi­sir d’aller voir au ciné­ma. »

Pour ma part, me réfé­rant à la loi sur le non-cumul des man­dats, je rap­pelle à ce maire qu’il ne peut ni ne doit cumu­ler sa fonc­tion de magis­trat muni­ci­pal avec celles de pro­gram­ma­teur-cen­seur de ciné­ma et de direc­teur des consciences. Non mais.


Enfin de la pub, de la vraie, sur les radios du service public !

hara_kiri_pubSur l’autel de (feue) la gauche, ce gou­ver­ne­ment ne recule devant aucun sacri­fice. Ce matin au réveil, j’apprends dans le poste qu’un décret paru aujourd’hui même au Jour­nal offi­ciel auto­rise la publi­ci­té sur les ondes de Radio France !

Le tout-pognon aura encore sévi, empor­tant sur son pas­sage les restes d’éthique auquel on croyait encore pou­voir s’accrocher. Tu croyais, naïf, que les radios du ser­vice public te met­taient à l’abri des saillies de « pub qui rend con – qui nous prend pour des cons »… Macache ! Finies les débi­li­tés limi­tées aux seules « oui qui ? Kiwi ! » et autres « Mat­mut » à en dégueu­ler. On est pas­sé au tout-Macron, mon vieux ! Tu savais pas ? Vive le tout-libé­ral, l’indécence com­mune et la vul­ga­ri­té mar­chande ! Les enzymes glou­tons sont de retour, et les bagnoles à tout-va, les chaus­sée-au-moine, les jus­tin-bri­doux, les mars-et-ça-repart – autant dire que le bon­heur nous revient en splen­deur, avec ses trou­vailles enchan­te­resses, la vie facile, enfin !

Manque tout de même à ce gou­ver­ne­ment qui, lui aus­si, nous prend pour des cons, un ministre à la hau­teur. Je ne vois que Ségué­la. Un Ségué­la, sinon rien ! Et au com­plet, avec sa rolex et sa conne­rie.

Nous res­te­ra à fer­mer le poste. On mour­ra moins con (« oui mais, on mour­ra quand même ! »).

imgres-1 imgres imgres-3


« Pas de ça chez nous ! » Quand les bourgeois du XVIe parisien puent du bec

En sou­le­vant le cou­vercle de la sou­pière de por­ce­laine, on a décou­vert un pot de chambre et ses relents. C’était lun­di 14 mars au soir, la mai­rie de Paris orga­ni­sait une réunion publique d’information sur le centre d’hébergement d’urgence devant être ins­tal­lé d’ici l’été en lisière du bois de Bou­logne, – “à deux pas de l’hippodrome d’Auteuil, du musée Mar­mot­tan et des jar­dins du Rane­lagh”, pré­cise judi­cieu­se­ment Le Figa­ro.

Alors que les débats auraient dû se tenir pen­dant deux heures entre les habi­tants mécon­tents et les repré­sen­tants de la ville de Paris, ils ont dû être écour­tés au bout de 15 minutes pour cause de débor­de­ments. Quand la bour­geoi­sie du XVIe sort de ses gonds, elle se révèle dans sa nue cru­di­té.

C’est d’abord au pré­fet de Paris, Sophie Bro­cas, que les “révol­tés” s’en prennent. Et en termes par­ti­cu­liè­re­ment châ­tiés. Échan­tillons : “Escroc”, ”fils de pute”, “men­teur”, “col­la­bo”, “sta­li­nien”, ”ven­du”, “salo­pard”, “salope”, “Sophie Bro­cas caca ! » …

Accla­mé par la foule en furie, Claude Goas­guen, maire d’arrondissement LR et prin­ci­pal élu local oppo­sé au pro­jet, a rehaus­sé le niveau sur le mode sédi­tieux, encou­ra­geant ses par­ti­sans à “dyna­mi­ter” la pis­cine ins­tal­lée à proxi­mi­té du futur centre d’hébergement, pré­ci­sant Ne vous gênez pas, mais ne vous faites pas repé­rer ».

Pour com­men­ter pareil évé­ne­ment, France Inter a invi­té à son micro la « socio­logue des riches », Monique Pin­çon-Char­lot, qui a assis­té à cette réunion et n’en revient pas, elle qui en a pour­tant remué du beau linge. Cette fois, pour l’effet camé­léon, elle avait même revê­tu un petit man­teau de four­rure… syn­thé­tique… Voi­ci son récit, gran­diose !

Petit flo­ri­lège com­plé­men­taire ici.


Corruption et politique. L’exemplarité ordinaire de la Norvège

On peut tou­jours y aller de prê­chi-prê­cha, de pom­peuses décla­ra­tions de len­de­mains de cuites, rien ne vau­dra l’exemple en action. Ain­si ce repor­tage de 2007 tour­né en Nor­vège pour Com­plé­ments d’enquête, France 2. On est loin de la lita­nie du « Moi, pré­sident » ou du « Pré­sident nor­mal ». Le train de vie de l’Élysée aurait nota­ble­ment dimi­nué sous ce quin­quen­nat – on dira que, vu le pré­cé­dent, ça n’a pas dû être bien dif­fi­cile. Soit. Mais il en faut plus sur le registre de l’exemplarité, et pas seule­ment chas­ser du temple poli­tique ses Cahu­zac et autres Thé­ve­noud. Plus, afin de n’avoir pas à oppo­ser de la morale à quatre sous aux autres exac­tions ordi­naires écla­bous­sant la « classe » poli­ti­cienne et déses­pé­rant Billan­court – enfin, ce qu’il en reste. On n’en fini­rait pas sur ce cha­pitre, d’énumérer ce qu’on nomme pudi­que­ment « les affaires »pour ne pas dire « scan­dales ». Égre­nons le cha­pe­let des récentes années :

Hip­po­drome de Com­piègne ; finan­ce­ment occulte du Par­ti répu­bli­cain ; tram­way de Bor­deaux ; Gué­ri­ni, Syl­vie Andrieu (Mar­seille) ; Kara­chi ; Tak­kied­dine ; Total ; Woerth-Bet­ten­court ; Sar­ko­zy-Kadha­fi ; Byg­ma­lion ; Tapie-Lagarde ; son­dages de l’Élysée (pré­si­dence Sar­ko­zy)…

J’allais oublier, cham­pions toutes caté­go­ries, les exploits finan­ciers des époux Bal­ka­ny à Leval­lois-Per­ret ! Et aujourd’hui, atten­tion, éplu­chage des patri­moines des Le Pen, père et fille…

Et il n’est ques­tion ici que d’affaires poli­ti­ciennes, en France, hors milieux spor­tifs…

D’après l’Institut de la Banque mon­diale, le coût de la cor­rup­tion inter­na­tio­nale s’élève à plus de mille mil­liards de dol­lars. De quoi éra­di­quer la misère, ou l’attaquer sérieu­se­ment.


Poli­tique. Si on com­men­çait par là ? par gerard-pon­thieu-9


Élections. Xavier Bertrand, salaud sartrien (article de 2010, pour l’Histoire…)

Xavier Ber­trand, futur pré­sident de la région Nord-Pas-de-Calais-Picar­die, ce poli­ti­cien de bas étage – je main­tiens –, se refait donc une sorte de vir­gi­ni­té sur l’air du “front répu­bli­cain”. Le poli­ti­cien, on le recon­naît à ça, lui aus­si, tout comme l’autre : il ose tout. Et, comme tel, il par­vient à faire accroire au bon peuple si abu­sable qu’il vient de ter­ras­ser le Dra­gon. Lui qui l’a engrais­sé, tout comme tant de ses congé­nères de la basse poli­tique. Voi­ci donc, pour mémoire et pour l’Histoire (avec sa grande hache…), ce moment télé­vi­sé de février 2010, il y a cinq ans. Pour illus­trer une belle salo­pe­rie.


 

J’écris « salaud sar­trien » par pré­cau­tion judi­ciaire, vu que c’est une caté­go­rie estam­pillée phi­lo. Bon. Mais nor­ma­le­ment, si j’écrivais à un pote, je m’en pas­se­rais et par­le­rais plu­tôt de la digni­té selon Camus. Car ce type est ignoble (contraire de noble, ça oui !), abject (qu’on a envie de jeter), mépri­sable, etc. Si vous vou­lez le voir en action, y a qu’à cli­quer sur l’image et vous allez assis­ter à la repré­sen­ta­tion la plus vile de ce qu’un poli­ti­cien peut don­ner à voir. Ce lamen­table spec­tacle montre un Xavier Ber­trand et non­obs­tant secré­taire géné­ral de l’UMP pra­ti­quer une danse du scalp, voire une mise à mort, autour d’un jour­na­liste du Cour­rier picard. Un tel mépris de la per­sonne, affi­ché avec tant de morgue, ça fait plus que froid dans le dos.

Cela se passe le 19 jan­vier, sur le pla­teau de l’émission « Ter­rain poli­tique » de la chaîne Public Sénat. Xavier Ber­trand, par ailleurs adjoint au maire de Saint-Quen­tin (Aisne), est ques­tion­né par Nico­las Totet, res­pon­sable de l’édition locale du Cour­rier picard à Saint-Quen­tin. Le jour­na­liste n’est pas à l’aise, ce n’est pas son truc la télé. L’autre le toise de son œil noir comme un ban­dit au coin du bois. Pas besoin d’en dire plus puisque le docu­ment fait foi. Ce mor­ceau déso­lant va s’ajouter à la vaste antho­lo­gie cou­vrant la caté­go­rie vul­ga­ri­té et bas­sesse poli­ti­ciennes.

Extrait des réac­tions des lec­teurs du monde.fr :

Sou­tien le plus total au jour­na­liste du Cour­rier Picard. Tout le monde ne peut pas être à l’aise à la télé­vi­sion, et pro­fi­ter des fai­blesses de son contra­dic­teur pour l’humilier, c’est vrai­ment pitoyable. Ne vous en faites pas Mon­sieur Totet, ce n’est pas vous qui sor­tez rabais­sé de cette vidéo, mais bien le balourd d’en face.

Vrai qu’il fal­lait lui ren­trer dans le lard à l’ex assu­reur trop assu­ré, mais là nib ! Un jour­na­liste en forme de feuille morte trem­blante à la moindre chi­que­naude de l’engraissé Ber­trand. Le Cour­rier Picard... ça doit venir du cli­mat, le froid ça fait perdre ses moyens.

Je vous trouve dur avec le pauvre Xavier. Sou­ve­nez-vous, il était sym­pa dans le lip­dub de l’ump... Pen­sez à son déhan­che­ment, sa petite main au bout de son bras des­si­nant des vagues. Avouez, de suite, on res­sent bien la bêtise pro­fonde, grasse, du per­son­nage...

Le com­por­te­ment de Xavier Ber­trand est celui d’un 4x4 face à une 2 che­vaux : gros, puis­sant et vul­gaire. Pro­pre­ment scan­da­leux, non pas fel­li­nien, mais ber­lus­co­nien!


Paru icihttp://c-pour-dire.com/xavier-bertrand-salaud-sartrien/  Et sous l’article voir aus­si le per­ti­nent com­men­taire de l’époque.


Des tas d’urgences

Le hasard m’a fait tom­ber, hier, sur l’article que j’ai consa­cré au jour­na­liste polo­nais Richard Kapus­cinski lors de sa mort en 2007. Dans un de ses bou­quins fameux, Impe­rium – sur l’empire sovié­tique finis­sant, une suite de repor­tages à sa façon –, j’y rele­vais ça :

« Trois fléaux menacent le monde. Pri­mo, la plaie du natio­na­lisme. Secun­do, la plaie du racisme. Ter­tio, la plaie du fon­da­men­ta­lisme reli­gieux. Trois pestes unies par la même carac­té­ris­tique, le même com­mun déno­mi­na­teur, la plus totale, agres­sive et toute-puis­sante irra­tio­na­lité. Impos­sible de péné­trer dans un esprit conta­miné par un de ces maux. »

Dans le der­nier numé­ro du men­suel L’Histoire (thème : New­ton, les Lumières et la révo­lu­tion scien­ti­fique : excellent autant qu’actuel), un lec­teur revient sur le pré­cé­dent numé­ro (novembre) consa­cré aux com­mu­nistes et titré « Pour­quoi il y ont cru », sans point d’interrogation. En effet, bien des réponses peuvent être avan­cées. Mais ce lec­teur conti­nue à s’interroger : « Si je ne m’étonne pas du nombre d’intellectuels séduits, je n’arrive tou­jours pas à com­prendre pour­quoi ils sont res­té com­mu­nistes ». Et d’égrener le cha­pe­let des hor­reurs sta­li­niennes qui « auraient dû leur ouvrir les yeux ». Oui, mais non ! Confère le troi­sième fléau selon Kapus­cinski : la plaie du fon­da­men­ta­lisme reli­gieux.

Même si les causes et les effets dif­fé­rent dans les nuances, nazisme, sta­li­nisme et dji­ha­disme relèvent du tronc com­mun de « la plus totale, agres­sive et toute-puis­sante irra­tio­na­lité. » Les consé­quences aus­si convergent dans la vio­lence la plus mor­ti­fère condui­sant les peuples cré­dules aux pires hor­reurs.

Notons qu’en ces « champs d’horreur » s’illustrent bien d’autres fana­tiques para-reli­gieux. Ain­si les fon­da­men­ta­listes du libé­ra­lisme ultra, les ado­ra­teurs du Mar­ché et de sa Main invi­sible, celle qui agit « en douce », par délé­ga­tion, sans se mon­trer au grand jour, et n’en conduit pas moins à son lot d’atrocités, dénom­mées injus­tices, guerres, misère.

Ain­si les néga­tion­nistes de la dégra­da­tion du cli­mat qui, à l’instar de leurs illustres pré­dé­ces­seurs face aux géno­cides nazis, choi­sissent la catas­trophe plu­tôt que de renon­cer à leurs cultes consom­ma­toires. Cultes innom­brables aux­quels d’ajoutent la plus crasse imbé­cil­li­té telle que mon­trée ce jeu­di soir [3/12/15] dans Envoyé spé­cial (France 2) exhi­bant de fameux spé­ci­mens du genre : ceux qui, aux Etats-Unis, tra­fiquent leurs die­sel mons­trueux pour qu’il éructent les plus épaisses fumées noires… (J’avais publié une vidéo sur ces éner­gu­mènes, mais elle a été désac­ti­vée, je ne sais pour­quoi… Des dizaines de vidéos paradent sur la toile – taper « coal rol­ling » et déses­pé­rer du genre humain…)

Après eux le déluge. Sur le même mode, en somme, par lequel un tiers des élec­teurs du « pays des Droits de l’Homme » – et pata­ti et pata­ta – seraient prêts à tâter du fas­cisme pré­sen­table, juste « pour essayer », puisque les autres leur paraissent usés – ce qui n’est pas faux, certes !

Mais enfin, quelle défaite annon­cée ! Défaite de la pen­sée, des convic­tions, des valeurs. De sou­bre­sauts en cahots, en culbutes et en sur­sauts, l’Histoire n’en finit pas de bégayer, on le sait. Au bord du vide, des haut-le-cœur nous sai­sissent.

tas-urgences

Où allons-nous ? « Ça déborde » de par­tout ; de gauche et de droite„ extrê­me­ment. [Ph. d.r.]


Herr Diesel, das diktat

TPH_i7N6PWCix-RMQokNYwufEIALe Monde de ce 29/10/15 

Die­sel : l’Europe recule face aux lob­bys

Après le scan­dale Volks­wa­gen, la Com­mis­sion euro­péenne vou­lait impo­ser des tests d’émissions de gaz pol­luants plus contrai­gnants. Les construc­teurs auto­mo­biles, sou­te­nus par les Etats, ont obte­nu de pou­voir émettre 2,1 fois le pla­fond d’oxydes d’azote auto­ri­sé, jusqu’en 2019.

L’Europe, l’écologie, la COP21… Du pipeau. Un déni démo­cra­tique. Tirons l’échelle !

Nous serons les der­niers, voi­là.


L’abattoir, lieu insoutenable, limite de l’humanité

Accro­chez-vous ! Les images ci-des­sous sont du genre insou­te­nable. Par delà, ce qui l’est encore plus, insou­te­nable, c’est le cal­vaire subi en per­ma­nence, dans le monde, par des mil­liards d’animaux. L’hominidé s’étant décré­té comme « supé­rieur » – pro­ba­ble­ment depuis qu’il a pré­ten­du « pen­ser », ce qui est somme toute bien récent à l’échelle de l’évolution –, il n’a eu de cesse d’exploiter les ani­maux. Et cela, d’ailleurs, dans un sens si large, qu’il s’est aus­si auto­ri­sé à exploi­ter ses sem­blables, jusqu’à les tor­tu­rer, dans le tra­vail notam­ment et, tant qu’à faire, jusqu’à les exter­mi­ner.

logo-L214-100pxLa vidéo ci-des­sus est due à l’asso­cia­tion de défense des ani­maux L214 

L’abattoir d’Alès (Gard) fait l’objet d’une enquête et a été pro­vi­soi­re­ment fer­mé. 20 000 porcs, 40 000 ovins et 6 000 bovins y sont mal-trai­tés chaque année. À mul­ti­plier par le nombre de mou­roirs sem­blables en France, en Europe, par­tout dans le monde.

L’homme, donc, consi­dé­ré comme espèce supé­rieure, même si, trop sou­vent, il ne vole pas bien haut. De là, ce qu’on appelle le spé­cisme. Ce concept inclut aus­si le fait que, même par­mi les ani­maux, cer­tains sont plus res­pec­tables que d’autres. C’est évi­dem­ment le cas des ani­maux de com­pa­gnie et des ani­maux domes­tiques ; par­mi ces der­niers, les ani­maux d’élevage font l’objet de trai­te­ments plus ou moins dégra­dants, selon le niveau de « ren­de­ment » qu’ils repré­sentent : force motrice, mar­chan­dise de loi­sirs (che­vaux),  ou/et de consom­ma­tion, cobayes de labo­ra­toires, objet sacri­fi­ciel. Reste, de toutes façons, la ques­tion de leur mort et de leur éli­mi­na­tion, ques­tion qui rejoint trop sou­vent la « solu­tion finale ».

Car « tout se tient » ici encore. Cause ou consé­quence de l’éhontée domi­na­tion humaine – variante du colo­nia­lisme –, le spé­cisme se décline en racisme tout autant qu’en sexisme. Supé­rio­ri­té d’une « race » sur une autre, d’un sexe sur l’autre.

Cette affaire des abat­toirs dépasse celle du végé­ta­risme ou du végé­ta­lisme. Ne pas man­ger de viande, ou pas même aucun pro­duit ou sous-pro­duit d’origine ani­male, cela peut se dis­cu­ter sous de mul­tiples aspects (moraux, reli­gieux, éco­no­miques, éco­lo­giques, bio­lo­giques, sani­taires, etc.) Mais, quoi qu’il en soit, la manière dont l’ani­mal humain (je reprends cette expres­sion due à Wil­helm Reich ; elle ren­voie l’homme à sa double com­po­sante et le remet à sa juste place) traite les autres ani­maux, notam­ment dans la mort, m’apparaît comme fon­da­men­tale dans le pro­ces­sus d’humanisation.

De ce point de vue, on peut consi­dé­rer qu’il y a conti­nui­té – sans exclure des varia­tions his­to­riques dans l’ordre du pro­grès ou de la régres­sion – entre l’hominidé chas­seur-pêcheur, car­ni­vore ; le chas­seur vian­dard actuel ; l’afi­cio­na­do des cor­ri­das ; le violent social ou cri­mi­nel ; le guer­rier san­gui­naire ; le bour­reau nazi ; l’halluciné fana­tique. Liste non exclu­sive !


Air France. Sans-chemises et sans-culottes

Une che­mise déchi­rée, et même deux. Une agres­sion contre des per­sonnes – fussent-elles des « patrons ». Certes, le geste est moche. Ou plu­tôt « non esthé­tique ». C’est le geste du déses­poir, le der­nier geste du condam­né avant l’exécution. Il n’est ren­du beau qu’au ciné­ma. Perdre son emploi de nos jours, c’est une exé­cu­tion. C’est pas­ser du sta­tut de « chan­ceux », pour ne pas dire pri­vi­lé­gié – du pri­vi­lège d’avoir un tra­vail, qui est sou­vent une tor­ture… – à celui de déclas­sé, de déchu.
Alors, quand la direc­tion d’Air France annonce la sup­pres­sion de 2.900 emplois, cela signi­fie 2.900 vies déchi­rées (bien davan­tage, en fait). À côté des­quelles deux che­mises déchi­rées, même blanches et bien repas­sées, c’est une vio­lence très modé­rée !


Une vidéo révèle les négo­cia­tions chez Air France par Buzz­Vid

La vidéo ci-des­sus a été prise quelques minutes avant les inci­dents qui for­ce­ront les diri­geants Xavier Bro­se­ta et Pierre Plis­son­nier à s’échapper du siège d’Air France. Des employés tentent d’interpeller et d’ouvrir le dia­logue.
Cette vidéo est poi­gnante, mon­trant le cou­rage et le déses­poir d’une femme affron­tant la morgue des cols blancs, mains dans les poches ou bras croi­sés, tri­po­tant leurs por­tables, touillant leur café, l’air gogue­nard pour ne pas dire niais, et fina­le­ment muets comme des tombes. « On nous a deman­dé de faire des efforts, on les a faits ! » lance cette femme au bord du san­glot dans un mono­logue pathé­tique.

Face à elle, l’indifférence, le mépris. Les cadres regrou­pés dis­cutent entre eux, fei­gnant d’ignorer l’interpellation. L’un d’eux lâche enfin : « On n’est pas habi­li­tés, on n’est pas habi­li­tés ».

Ils n’ont rien à répondre au réqui­si­toire. Car ils ne sont même pas res­pon­sables et ne peuvent répondre de rien… Minables pan­tins cra­va­tés du capi­ta­lisme plan­qué, sans visage, suite de chiffres et de pour cents, jouant dans les casi­nos finan­ciers  à l’ombre des para­dis fis­caux, fixant de loin, « off shore », les taux de ren­de­ment de leur sale pognon dont ils se goinfrent jusqu’à l’intoxication.

Des vio­lences autre­ment plus radi­cales, la dégra­da­tion géné­rale des condi­tions socio-éco­no­miques nous en pro­met ! Les « voyous » et la « chien­lit » se sou­vien­dront peut-être des sans-culottes et ne s’en pren­dront plus seule­ment aux che­mises.
Sur son blog, le mili­tant encore socia­liste Gérard Filoche a res­sor­ti pour la cir­cons­tance un dis­cours de Jean Jau­rès devant la Chambre des dépu­tés le 19 juin 1906. Ces paroles sont d’une actua­li­té brû­lante :

« Le patro­nat n’a pas besoin, lui, pour exer­cer une action vio­lente, de gestes désor­don­nés et de paroles tumul­tueuses ! Quelques hommes se ras­semblent, à huis clos, dans la sécu­ri­té, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans vio­lence, sans gestes désor­don­nés, sans éclats de voix, comme des diplo­mates cau­sant autour du tapis vert, ils décident que le salaire rai­son­nable sera refu­sé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui conti­nuent la lutte seront exclus, seront chas­sés, seront dési­gnés par des marques imper­cep­tibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vin­dicte patro­nale. […] Ain­si, tan­dis que l’acte de vio­lence de l’ouvrier appa­raît tou­jours, est tou­jours défi­ni, tou­jours aisé­ment frap­pé, la res­pon­sa­bi­li­té pro­fonde et meur­trière des grands patrons, des grands capi­ta­listes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité. »

Et Filoche de com­men­ter : « Mal­heu­reu­se­ment, Manuel Valls traite les sala­riés de « voyous » et prend fait et cause pour la direc­tion d’Air France. Il est vrai qu’il se réfère plus sou­vent à Clé­men­ceau, le bri­seur de grèves, qu’à Jau­rès… »


Le climat, peut-être… Mais la connerie ?

Suite, somme toute assez logique, de l’article pré­cé­dent (il y était ques­tion de la fin de l’humanité…), cet exemple pathé­tique, pris sur le « vif » de l’humanité débile. En l’occurrence, ça vient des Etats-Unis, dans l’État de Vir­gi­nie de l’Ouest (houille et gaz de schiste…) qui compte le plus de cli­ma­to-scep­tiques (deux tiers des habi­tants). Mais il n’y aurait qu’à se bais­ser pour en ramas­ser à la pelle tout autour de nous. Où l’on voit dans toute sa dimen­sion, l’alliance fusion­nelle de l’ignorance et des croyances (sur­tout reli­gieuses), à quoi vient s’amalgamer, de façon « natu­relle » en quelque sorte, la soif mala­dive du pro­fit. Inépui­sable sujet de médi­ta­tion. C’était ce 28 sep­tembre 2015 dans le JT de 20 heures de France 2.

Modi­fier l’évolution du cli­mat, ça peut encore se conce­voir… Mais que faire de la conne­rie ?

»> Vidéo cou­pée : Des dizaines d’autres films paradent sur la toile – taper « coal rol­ling » et déses­pé­rer du genre humain…

Post scrip­tum : Dans la même veine et en tout cas sur les mêmes sujets, j’ai failli oublier, cet excellent (comme tou­jours) billet de Sophia Aram sur France Inter, ce même 28 sep­tembre, au matin cette fois et inti­tu­lé Donald, Nadine et Dar­win :


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

  • Traduire :

  • Abonnez-vous !

    Saisissez votre @dresse pour vous abonner à « C’est pour dire » et recevoir un courriel à chaque nouvel article publié.

  • Twitter - Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
    Licence Creative Commons

  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

  • Catégories d’articles

  • Salut cousin !

    Je doute donc je suis - gp

  • Calendrier

    mai 2017
    lunmarmerjeuvensamdim
    « Avr  
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    293031 
    Copyright © 1996-2017 C’est pour dire. Tous droits réservés – sauf selon la license Creative Commons.
    iDream theme by Templates Next | Turbiné par WordPress