On n'est pas des moutons

Écologie

Mélenchon, l’homme qui ne plantait rien (ou qui plantait tout)

Jean-Luc-Melenchon

[Ph. Gerhard Val­ck, 2015, domai­ne public]

De la mélas­se pré­si­den­tiel­le, que pour­rait-il sor­tir de bon ? Qu’ajouter à cet­te tris­te ques­tion ? « C’est pour dire » n’avait donc rien à dire sur ce cha­pi­tre. Sauf  à le consi­dé­rer sous la plu­me ins­pi­rée d’Eugène Pot­tier écri­vant L’Internationale : « Il n’est pas de sau­veurs suprê­mes / Ni Dieu, ni César, ni Tri­bun ». L’air est aujourd’hui plu­tôt éven­té, mais le mes­sa­ge res­te d’une navran­te actua­li­té. Ain­si m’est-il reve­nu l’autre soir (23/2/17) à la télé en regar­dant le spec­ta­cle mon­té autour de Jean-Luc Mélen­chon. 1

Mélen­chon, ce soir-là, n’a pas craint de se pré­sen­ter com­me « un tri­bun » et même com­me « le tri­bun du peu­ple ». Oui : « Je suis le tri­bun du peu­ple », a-t-il ren­ché­ri, modes­te… On sait l’homme por­té à l’admiration de lui-même, qu’il clo­ne à l’occasion par holo­gram­me inter­po­sé, réus­sis­sant ain­si l’admirable syn­thè­se du Spec­ta­cle à la fois poli­ti­cien & tech­no­lo­gi­que. « Miroir, mon beau miroir… », cet­te si vieille fas­ci­na­tion égo­cen­tri­que… De nos jours – à l’ère du tout média­ti­que – la conquê­te et l’exercice du pou­voir pas­sent par la mise en spec­ta­cle du ges­te et de la paro­le, sur­tout de la paro­le. Il est signi­fi­ca­tif et cocas­se que cet­te émis­sion de Fran­ce 2 s’intitule Des Paro­les et des Actes

Tan­dis que la poli­ti­que se résu­me au Ver­be, à l’effet de tri­bu­ne (pour tri­buns…), un gou­ver­ne­ment peut se res­trein­dre à un seul minis­tè­re, celui de la Paro­le. Cet­te pra­ti­que est, elle aus­si, vieille com­me le mon­de poli­ti­que ; elle remon­te même à la rhé­to­ri­que des Anciens, qui l’avaient éle­vée au rang du dis­cours phi­lo­so­phi­que. Disons qu’aujourd’hui, seul le dis­cours a sub­sis­té. Enfin, sur­tout le dis­cours, par­fois quel­ques idées. Aucun poli­ti­cien n’y échap­pe, sur­tout pas les can­di­dats à la pré­si­den­ce. Il peut être inté­res­sant, voi­re dis­trayant, de lire entre les lignes des ver­bia­ges élec­to­raux, d’en décryp­ter aus­si les non-dits, à l’occasion expri­més par le corps – atti­tu­des, ges­tes, tona­li­tés.

À cet égard, la par­lu­re de Hol­lan­de ponc­tuée, et même truf­fée de « euh… », s’avère tout à fait révé­la­tri­ce de sa gou­ver­nan­ce à base d’hésitations, de dou­tes peut-être et de renon­ce­ments. 2 Cel­le de Mélen­chon, elle, si elle ne man­que pas de souf­fle, res­pi­re peu et ne s’autorise aucun silen­ce. Pas de pla­ce pour le dou­te ou le ques­tion­ne­ment dans cet­te paro­le péremp­toi­re, défi­ni­ti­ve. Un pro­pos sou­vent abrupt, cas­sant, dont son auteur prend par­fois conscien­ce ; alors, il ten­te de se repren­dre par une pirouet­te, com­me dans l’émission de jeu­di : « Eh, on peut plai­san­ter, je suis méri­dio­nal… il y a du Pagnol en moi ! » Ouais… Et du Gio­no aus­si ?

Car Mélen­chon doit se prou­ver en huma­nis­te  3, ce qui ne lui sem­ble donc pas si natu­rel… Voi­là qu’arrive l”« invi­té sur­pri­se » – tou­jours dans la même émis­sion –, le comé­dien Phi­lip­pe Tor­re­ton  4 Or, il a appor­té, pour l’offrir à Mélen­chon, le livre de Jean Gio­no, L’Homme qui plan­tait des arbres. « [Un livre] fon­da­men­ta­le­ment immo­ral ! », lan­ce tout aus­si­tôt Mélen­chon. Éton­ne­ment du comé­dien, qui s’explique néan­moins sur le sens de ce choix lié à l’urgence éco­lo­gi­que, en lit un pas­sa­ge et se lève pour l’offrir au poli­ti­cien du jour, que l’on relan­ce : alors, quel­le immo­ra­li­té ? « L’immoralité, lan­ce Mélen­chon, vient du fait que cet­te his­toi­re est écri­te pen­dant la guer­re, et que quand on lut­te contre le nazis­me on plan­te pas des arbres, on prend une arme et on va se bat­tre ! »

L’ancien mili­tai­re – non : mili­tant trots­kys­te, diri­geant de l’OCI (Orga­ni­sa­tion com­mu­nis­te inter­na­tio­na­lis­te) de Besan­çon (1972-79 selon Wiki­pé­dia), a lâché sa leçon de mora­le, cel­le du poli­ti­cien pro­fes­sion­nel qu’il n’a ces­sé d’être – puis­que c’est un « métier ». Et ain­si de repren­dre, en les sous-enten­dant, les accu­sa­tions vichys­tes et col­la­bo­ra­tion­nis­tes à l’encontre de Gio­no. Lequel avait pris le fusil à baïon­net­te, enfin celui qu’on lui avait mis d’office dans les mains, dès jan­vier 1915, pour ses vingt ans, direc­tion la Som­me, Ver­dun, le Che­min des dames, où il n’est « que » gazé alors qu’il y perd son meilleur ami et tant d’autres. Cho­qué par l’horreur de la guer­re, les mas­sa­cres, la bar­ba­rie, l’atrocité de ce qu’il a vécu dans cet enfer, il devient un paci­fis­te convain­cu. Jus­ques et y com­pris la secon­de gran­de bar­ba­rie. En 1939, s’étant pré­sen­té au cen­tre de mobi­li­sa­tion, il est arrê­té et déte­nu deux mois pour cau­se de paci­fis­me (Il avait signé le tract « Paix immé­dia­te » lan­cé par l’anarchiste Louis Lecoin). Durant la guer­re, il conti­nue à écri­re et publie des arti­cles dans des jour­naux liés au régi­me de Vichy. A la Libé­ra­tion, il est arrê­té, mais relâ­ché cinq mois plus tard sans avoir été incul­pé. 5

J’en reviens à notre sujet, sans m’en être vrai­ment éloi­gné, je crois. En refu­sant de consi­dé­rer pour ce qu’il est, le mes­sa­ge pro­fond – éco­lo­gis­te avant la let­tre, huma­nis­te et uni­ver­sel – de L’Homme qui plan­tait des arbres, pour pla­cer sa paro­le mora­li­sa­tri­ce, le patron de La Fran­ce insou­mise s’érige en Fou­quier-Tin­vil­le du Tri­bu­nal révo­lu­tion­nai­re. Il tran­che. Il se pose en garant du « pur et dur », lui que les guer­res ont heu­reu­se­ment épar­gné, qui n’a pas eu à résis­ter – l’arme à la main –, ni même à s’insoumettre. Lui qui, cer­tes, connut les tran­chées du Par­ti socia­lis­te durant 32 ans (1976-2008) et, tour à tour, les affres du conseiller géné­ral de Mas­sy (1998-2004), du séna­teur de l’Essonne (2004-2010), du minis­tre sous Chi­rac-Jos­pin (2000-2002), du pré­si­dent du Par­ti de gau­che (2009-2014), du dépu­té euro­péen depuis 2009. Que de com­bats héroï­ques, à mains nues cet­te fois ! (Quel­le bel­le retrai­te en pers­pec­ti­ve aus­si, non ?)

Il en a usé de la dia­lec­ti­que, de la stra­té­gie, de la tac­ti­que ! Il en a mâché de la paro­le ver­ba­le ! Tout ça pour rabais­ser le débat poli­ti­que à un cal­cul poli­ti­cien mina­ble. Pour­tant, il l’assure :

– « À mon âge, je fais pas une car­riè­re ; je veux pas gâcher, détrui­re ; j’ai de la hai­ne pour per­son­ne ; il faut convain­cre ! J’ai jamais été mélen­cho­nis­te ! [sic]

– Alors vous seriez prêt à vous reti­rer devant Benoît Hamon ?

Pour­quoi pas lui ? J’ai 65 ans, je veux pas dila­pi­der ! [re-sic]»

Alors Tor­re­ton, deve­nu pâle, sem­ble jeter l’éponge. Non pas tant qu’il se soit dégon­flé, com­me il a été dit, de lui poser LA ques­tion pour laquel­le il avait été l’« invi­té sur­pri­se ». Non, on dirait plu­tôt qu’il com­prend alors que c’est cuit, que Mélen­chon ne démor­dra pas, que sa « voca­tion », son « métier » c’est de s’opposer, de bai­gner dans ce mari­got où il se com­plaît, où son égo enfle avec déli­ce. Un demi-siè­cle de « métier » n’empêche pas, à l’évidence, de s’agripper à une pué­ri­le dia­lec­ti­que de cour d’école.

Et dès le len­de­main de l’émission, il pré­ten­dait sans amba­ges ne pas se sou­ve­nir d’avoir par­lé de rap­pro­che­ment avec le can­di­dat socia­lis­te. « J’ai dit ça hier soir ? Je ne m’en rap­pel­le pas ! » a-t-il assu­ré. À la sor­tie d’un déjeu­ner avec le secré­tai­re natio­nal du PCF, Pier­re Lau­rent, il a reje­té l’idée d’un ras­sem­ble­ment : « Ça n’a pas de sens aujourd’hui. De quoi par­le-t-on ? Benoît Hamon dit qu’il pro­po­se sa can­di­da­tu­re. Moi aus­si. Si vous vou­lez que le pro­gram­me s’applique, la meilleu­re des garan­ties, c’est moi ! » Ain­si, pour lui, la ques­tion d’un ral­lie­ment ne se pose même pas. « Non, faut pas rêver, ça n’aura pas lieu. D’ailleurs, per­son­ne ne le pro­po­sait », a-t-il assé­né.

Le trots­kys­te est reve­nu au galop : « Faut pas comp­ter sur nous pour aller fai­re l’appoint d’une for­ce poli­ti­que qui a du mal à remon­ter sur le che­val ». Aurait-il donc choi­si « objec­ti­ve­ment » l’option Mari­ne Le Pen ? 6 Ira-t-il ain­si jusqu’à refu­ser tou­te col­la­bo­ra­tion avec ce qui res­te de la social-démo­cra­tie, sous enten­du avec Benoît Hamon, puisqu’investi par le Par­ti socia­lis­te ? Ou enco­re, esti­me-t-il que Macron va l’emporter, que l’affaire est pliée et que sa plan­che de salut, par consé­quent, rési­de enco­re et tou­jours dans les déli­ces de l’éternelle oppo­si­tion, dans un hors-sol en quel­que sor­te, à l’abri de tou­te impu­re­té, de tout com­pro­mis.

Com­me si la démo­cra­tie ce n’était pas l’art sub­til des arran­ge­ments accep­ta­bles par le plus grand nom­bre – jamais par tous, évi­dem­ment. Com­me si la vie même ne rele­vait pas en per­ma­nen­ce de ses com­bi­nai­sons com­plexes, ni blan­ches ni noi­res. La pre­miè­re – la démo­cra­tie – se comp­te en siè­cles, par­fois seule­ment en années ; quel­ques semai­nes peu­vent suf­fi­re à l’anéantir. La vie, elle, remon­te à des mil­lions d’années ; elle res­te à la mer­ci de la bêti­se des humains.

Si je vote, ce sera pour Elzéard Bouf­fier, qui plan­tait des arbres.


En pri­me, le très beau film d’animation d’après le récit de Jean Gio­no, dit par Phi­lip­pe Noi­ret, réa­li­sé par Fré­dé­ric Back (1924-2013), Cana­da 1987. L’Homme qui plan­tait des arbres a rem­por­té l’Oscar du meilleur court métra­ge décer­né par l’Academy of Motion Pic­tu­re Arts and Scien­ces de Los Ange­les, aux États-Unis, le 11 avril 1988.

Notes:

  1. Je dis bien spec­ta­cle, au sens de Guy Debord et sa Socié­té du spec­ta­cle (1967); c’est-à-dire au sens de la sépa­ra­tion entre réa­li­té et idéo­lo­gie, entre la vie et sa repré­sen­ta­tion. Dans ce sens la socié­té est deve­nue « une immen­se accu­mu­la­tion de spec­ta­cles », pro­lon­ge­ment de l’« immen­se accu­mu­la­tion de mar­chan­di­ses » énon­cée par Marx dans Le Capi­tal. Au « féti­chis­me de la mar­chan­di­se » (et des finan­ces), puis à celui du Spec­ta­cle, il y aurait lieu aujourd’hui d’ajouter, à la façon d’un Jac­ques Ellul, le féti­chis­me tech­no­lo­gi­que.
  2. Sur cet­te adé­qua­tion idéa­le « paroles/actes », voir ici mon arti­cle de 2014 sur Jau­rès.
  3. « Droit-de-l’hommiste », il est sans dou­te, car cela relè­ve enco­re de la paro­le poli­ti­que, dif­fé­ren­te du sens de l’humain. Je me gar­de d’aborder ici le cha­pi­tre de ses tro­pis­mes lati­nos envers Cha­vez et les Cas­tro – sans par­ler de Pou­ti­ne.
  4. De gau­che, éco­lo­gis­te, il tient actuel­le­ment le rôle-titre dans La résis­ti­ble Ascen­sion d’Arturo Ui, de Brecht – que j’ai vue et appré­ciée il y a peu à Mar­seille ; piè­ce ô com­bien actuel­le sur le fas­cis­me pré­sen­té en l’occurrence com­me « résis­ti­ble »… espé­rons !
  5. Dès 1934, Gio­no avait affir­mé un paci­fis­me inté­gral ancré en pro­fon­deur dans ses sou­ve­nirs d’atrocités de la Gran­de Guer­re. Le titre de son arti­cle paci­fis­te publié dans la revue Euro­pe en novem­bre 1934 « Je ne peux pas oublier » attes­te de cet­te emprein­te indé­lé­bi­le de la guer­re dont il refu­se tou­te légi­ti­ma­tion, même au nom de l’antifascisme. Il affir­me dans « Refus d’obéissance », en 1937, que si un conflit écla­te, il n’obéira pas à l’ordre de mobi­li­sa­tion.
  6. Rap­pel : Jusqu’à l’avènement d’Hitler, l’objectif prin­ci­pal du Par­ti com­mu­nis­te alle­mand demeu­rait la des­truc­tion du Par­ti social-démo­cra­te. Voir à ce sujet Sans patrie ni fron­tiè­res, de Jan Val­tin, impla­ca­ble témoi­gna­ge d’un marin alle­mand sur le sta­li­nis­me en action. Ed. J-C Lat­tès, 1975.

Qui a dit « Je suis Haïti » ? Personne

Ce monde a le tournis. Ce monde donne le tournis. Et on ne sait plus où tourner la tête : la Syrie, l’Irak, la Libye, la Palestine, la Somalie, le Yémen et tous ces lieux de conflits sans fin, incompréhensibles à la plupart d’entre nous, à défaut de pouvoir les expliquer. À ce sinistre tableau géopolitique, il faut désormais ajouter celui des dérèglements climatiques qui risquent d’égaler bientôt ceux de la folie des hommes – d’ailleurs ils en relèvent aussi. C’est sans doute le cas de l’ouragan Matthew qui s’est déchaîné sur une partie des Caraïbes, dévastant en particulier Haïti où il a causé près de 1.000 morts et semé la désolation.

Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique sur les cyclones ?

Fabrice Chauvin, chercheur au Centre national de recherches météorologiques : – Selon les modèles scientifiques les plus précis, le nombre global de cyclones dans le climat futur devrait être stable, voire en légère baisse. Mais dans le même temps, on s’attend à une hausse des cyclones les plus intenses, qui s’explique notamment par l’augmentation des températures des océans. On va aller vers des phénomènes plus puissants, associés à des pluies plus intenses, d’environ 20 % supérieures. [Le Monde, 07/10/2016]

Haïti. Un autre malheur a frappé cette île tant de fois meurtrie – y compris par les dictatures successives –, c’est celui de l’indifférence. Car les « observateurs » n’avaient d’yeux que pour les États-Unis. « Seraient-ils touchés eux aussi par cette même tempête ? » Seule cette question comptait. Rien ou presque pour les victimes haïtiennes. Pas même un « Je suis Haïti »…

C’est pour alerter le monde sur cette solidarité à géométrie variable que Miguel Villalba Sánchez, un artiste espagnol, a réalisé ce dessin :

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« Personne n’est Haïti », en effet.

« Je suis Charlie, je suis Orlando, je suis Paris, je suis Bruxelles »… Mais pas de « Je suis Haïti »… Pourquoi ? Pays trop petit, trop loin, trop noir, trop pauvre, trop…

Ce pays (situé sur la même île que la République Dominicaine), qui a quand même perdu 900 personnes dans l’ouragan Matthew, n’a pas suscité d’émotion en proportion de son drame. Tous les regards médiatiques étaient braqués vers Miami. En chercher les causes revient à questionner l’état du monde, la géo-politique, l'injustice, les conflits, le climat… On en revient au point de départ.

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Cette photo de l’Unicef résume tout. Contre l'indifférence, on peut adresser un donhttps://don.unicef.fr/urgences/ 


Japon. L’élection d’un gouverneur rebat les cartes du nucléaire

En provenance du Japon, la nouvelle n’a pas ému nos médias : la région où se trouve la plus puissante centrale atomique du monde, Kashiwazaki-Kariwa (sept réacteurs), va désormais être dirigée par un gouverneur antinucléaire. Ce qui rebat les cartes de l'énergie atomique – pas seulement au Japon.

Ryuichi Yoneyama, 49 ans, a en effet remporté, hier dimanche, les élections dans la préfecture de Niigata (nord-ouest du Japon). L'autorisation du gouverneur étant requise pour la remise en service des réacteurs arrêtés depuis Fukushima, cette nouvelle donne constitue un coup dur pour Tepco, l’exploitant qui espérait sauver ses finances en relançant ces sept réacteurs, les seuls lui restant après l'arrêt des deux centrales de Fukushima, suite à la catastrophe de mars 2011. Dès ce lundi, le cours de Tepco a dévissé de 8 % à la bourse de Tokyo (la plus forte chute du Nikkei : -7,89% à 385 yens).

La centrale de Kashiwasaki avait été sérieusement bousculée par un important séisme en juillet 2007 qui avait provoqué un incendie et des fuites d’eau radioactive. Depuis, alors que la centrale est toujours à l’arrêt, huit incendies se sont déclarés dans les différentes unités [Source : The Japan Times, 6/3/2009]. Pour autant, les autorités ont donné le feu vert en février 2009 pour le redémarrage (désormais compromis) de l'unité n°7.

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La centrale nucléaire de Kashiwasaki a frôlé le désastre lors du séisme du 16 juillet 2007 qui a provoqué un incendie et des fuites d'eau radioactive préfigurant la catastrophe de Fukushima moins de 4 ans plus tard. [Ph. d.r.]

L’Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) avait alors dépêché une mission dirigée par le Français Philippe Jamet, haut dirigeant de l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN). Le rapport publié s'était contenté de quelques recommandations anodines, assurant que les centrales japonaises pouvaient résister à tout événement sismique ou climatique. La catastrophe de Fukushima a dramatiquement rabaissé le caquet de nos arrogants experts. 1

Aujourd'hui, trois seulement des 54 réacteurs nucléaires japonais sont en service mais le gouvernement de l'ultranationaliste (et ultra pronucléaire) Shinzo Abe use de toutes les pressions pour essayer d'obtenir la redémarrage d'autres réacteurs, malgré l'opposition de la population.

Ces réouvertures sont contrecarrées par des décisions de justice ou par le veto de certains gouverneurs régionaux. Voilà pourquoi l'élection de Ryuichi Yoneyama à la tête de la région de Niigata est un coup terrible porté aux projets fous des pronucléaires (et au cours en bourse de Tepco) : ce courageux nouveau gouverneur va refuser la remise en service des sept réacteurs de Kashiwasaki.

Sous peu, les trois réacteurs japonais en service devront s'arrêter pour maintenance et, comme ce fut déjà le cas pendant près de deux ans en 2014 et 2015, le Japon fonctionnera à nouveau avec 0% de nucléaire. Si 130 millions de Japonais peuvent vivre sans nucléaire, comment prétendre encore que c'est "impossible" pour deux fois moins de Français ? 2

Notons encore que cette élection et ses conséquences constituent une mauvaise nouvelle pour les nucléaristes français – entre autres – et en particulier pour EDF et Areva qui misent sur le retour de la droite au pouvoir pour relancer leur offensive sur le marché mondial de l’énergie, y compris en France, bien entendu !

C’est vraisemblablement pour cette raison de prospective politique (pour ne pas dire de probabilité) qu’EDF s’est engagée, dans un contrat franco-chinois, à livrer à Hinkley Point, sud de l’Angleterre, d’ici à fin 2025 – sans dérapage du calendrier et des coûts – deux réacteurs nucléaires EPR de 1 650 mégawatts chacun pour un devis de près de 22 milliards d’euros. Cela, alors que les chantiers EPR en cours dérapent sur les coûts et les délais, et que les finances de l’entreprise française sont au plus bas.

Notes:

  1. On peut prendre la mesure de cette arrogance lors d’un débat télévisé de « C dans l’air » diffusé sur la Cinq en 2007, peu après le séisme qui avait secoué la centrale de Kashiwasaki. Débat auquel participait Stéphane Lhomme, de l'Observatoire du Nucléaire, préconisant la fermeture d’urgence d’au moins 20 réacteurs au Japon si l'on voulait éviter un nouveau Tchernobyl. Avertissement bien sûr non pris en compte. À peine quatre ans plus tard, c'était Fukushima.
  2. Bien sûr, c'est là qu'on ressort le contre argument de l'effet climatique (tant nié par les mêmes avant son évidence) provoqué par les énergies fossiles. Tandis que le "tout nucléaire" a freiné le développement, en France notamment, des énergies alternatives renouvelables.

Boues rouges en Méditerranée. Déjà Alain Bombard, en 1964 !

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Avant de se jeter dans la mer, la conduite a parcouru 50 km depuis l'usine Alteo de Gardanne.

Les opposants au rejet de boues rouges par l'usine Alteo de Gardanne dans le parc national des Calanques se rassemblent ce weekend à Cassis. Une histoire vieille de plus d'un demi-siècle ! Dès 1964, Alain Bombard dénonçait ce scandale lors d'un rassemblement d'opposants à Cassis. Deux ans après, il enfonçait le "clou" dans ce document de l'Ina où il s'en prenait aussi au mépris du principe de précaution. Cinquante deux ans après, moyennant quelques accomodements "cosmétiques", l'industriel Alteo continue à polluer gravement la Méditerranée. Avec la bénédiction du gouvernement et la résignation de la ministre de l'Environnement.

 

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1964. Alain Bombard à Cassis. [Ph. Le Gabian déchaîné]

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26 septembre, 500 opposants devant la préfecture à Marseille [Ph. Felizat]

• Une pétition a déjà recueilli près de 350 000 signatures. On peut la signer ici.


EPR, Bayer-Monsanto, Alteo, Sarko… N’en jetez plus !

Il y a des jours… Des jours où le ciel s’assombrit au plus noir : relance de l’EPR franco-chinois en Grande-Bretagne ;  mariage monstrueux de Bayer et de Monsanto – Monsieur Pesticide avec Madame OGM, bonjour la descendance ! Alteo et ses boues rouges en Méditerranée. Et en prime, le péril Sarko en hausse sondagière, sur les traces de Trump (il avait bien singé son ami Bush) et son négationnisme climatique…

L'affaire Alteo est loin d'être jouée !  L'usine de Gardanne est l'objet d'une mise en demeure de la préfecture des Bouches-du-Rhône, suite à un contrôle inopiné de l'Agence de l'eau. Celle-ci a en effet détecté des effluents hors normes dans les rejets actuels en mer. Un comité de suivi doit trancher ce 26 septembre.

Restons-en à la « Grande nouvelle ! », la «  nouvelle extraordinaire! ». Ils n’en peuvent plus, côté français, d’exulter : la dirigeante britannique, Theresa May, vient de valider « sous conditions » le projet d’EDF de construire deux réacteurs nucléaires EPR à Hinckley Point, dans le sud de la Grande-Bretagne. Reste, il est vrai, à connaître lesdites « conditions » de la « perfide Albion ». On verra plus tard. Ne boudons pas la joie « exultante », donc, du secrétaire d’État à l’industrie qui va jusqu’à évoquer « un nouveau départ » pour la filière nucléaire française ; Hollande n’est pas en reste, et même son de cloche, c’est le mot, du patron d’EDF qui joue là, cependant, l’avenir financier de sa boîte surendettée et accessoirement l’avenir de ses salariés.

Le sujet est claironné sur les télés et radios, sans grand discernement comme d’habitude, c'est-à-dire sans rappeler la question de fond du nucléaire, sous ses multiples aspects :

sa dangerosité extrême, éprouvée lors de deux catastrophes majeures (Tchernobyl et Fukushima)– et plusieurs autres accidents plus ou moins minorés (Threee Miles Island aux Etats-Unis, 1979), ou dissimulés (catastrophe du complexe nucléaire Maïak, une usine de retraitement de combustible en Union soviétique, 1957, l'un des plus graves accidents nucléaires jamais connus).

sa nocivité potentielle liée aux risques technologiques, sismiques, terroristes ; ainsi qu’à la question des déchets radioactifs sans solution acceptable ; sans oublier les risques sanitaires et écologiques liés à l’extraction de l’uranium et au traitement du combustible usagé (La Hague, entre autres) ;

son coût exorbitant, dès lors que sont pris en compte les coûts réels d’exploitation, des incidents et accidents, de la santé des populations, des économies locales ruinées (Ukraine, Biélorussie, préfecture de Fukushima-Daïchi) , du traitement des déchets, du démantèlement si complexe des centrales en fin d’exploitation ;

ses incertitudes technologiques spécifiques aux réacteurs EPR en construction problématique – Finlande, Flamanville et Chine –, toujours retardés, selon des budgets sans cesses réévalués.

Cocorico ! L’annonce est portée sur le ton triomphal, glorifiant l’ « excellence française » et les retombées promises avec des emplois par milliers ! Certes.

Mais les énergies renouvelables, ne devraient-elles pas créer aussi des milliers d’emplois – de la recherche à la production ? Selon des critères autrement écologiques et éthiques que ceux du nucléaire – rappelons en passant que l’extraction et le traitement initial de l’uranium (combustible fossile, limité lui aussi), sont très émetteurs de gaz à effet de serre (engins miniers gigantesques ; transport du minerai jusqu’aux usines lointaines, comme à Pierrelatte dans la Drôme.

Évidemment, la « question de l’emploi » demeure un élément déterminant ; au point de bloquer toute discussion réelle, c'est-à-dire de fond, honnête, qui évite le piège du « chantage à l’emploi ».

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L'usine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône) ©alteo

« L’écologie, c’est bien beau, mais ça ne donne pas du boulot ! » : paroles d’un anonyme de Gardanne interrogé par la télé sur l’affaire des boues rouges produites par l’usine Alteo 1. Argument bien compréhensible, qui oppose une nécessité immédiate à une autre, différée dans le temps et autrement essentielle, cependant : celle des déséquilibres biologiques qui menacent la vie marine et, par delà, humaine.

Cette semaine aussi, sur le même registre, on a vu les syndicalistes de Fessenheim manifester pour leur emploi menacé par la fermeture annoncée de la centrale nucléaire. Des cégétistes, en l’occurrence, vont ainsi jusqu’à dénoncer « une incohérence » dans la volonté politique de vouloir maintenir l’emploi chez Alstom à Belfort tout en « détruisant » ceux de Fessenheim. Ce propos passe totalement à la trappe l’enjeu écologique lié à une centrale nucléaire ayant dépassé la limite de sa durée de vie. On compare deux situations incomparables, de même qu’on oppose ainsi une logique locale « court-termiste » à des enjeux portant sur l’avenir de l’espèce humaine. On pointe là un gouffre d’incompréhension fondamentale opposant le temps d’une vie d’homme à celui de l’espèce humaine.

Concernant précisément l’affaire des boues rouges et des effluents toxiques rejetés dans la Méditerranée, il y aurait cependant une solution technique avérée présentée depuis plusieurs mois à Alteo. Mais la « logique » financière semble s’opposer à cette solution. L’élimination totale des déchets toxiques implique en effet un coût que les actionnaires du fond d’investissement étatsunien dont dépend Alteo refusent par principe – c'est-à-dire par intérêt ! Même opposition symétrique, là encore, entre intérêts individuels immédiats et intérêts relevant du bien commun et de la conscience écologique globale.

On se trouve précisément dans l’enjeu exprimé par le « penser global - agir local », selon la formule de Jacques Ellul 2, reprise et portée à son tour par René Dubos 3. C’est là une dualité de tensions, que recouvrent bien nos actuels errements de Terriens mal en point. En fait, on peut affirmer sans trop s’avancer que le « penser global » de la plupart de nos contemporains se limite à l’« agir local ». Autrement dit, de la pensée de lilliputiens ne voyant guère au-delà de leur bout de nez court-termiste. Et encore ! Car il n’y parfois pas de pensée du tout, une preuve :

 

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La non-conscience écologique, ou l'inconscience de l'homo "peu" sapiens menace l'humanité entière. [Ph. gp]

Un tel outrage à la beauté du monde (voir l’arrière plan : Marseille, plage des Goudes) me rend tristement pessimiste sur l’avenir de l’humanité. Ici, ce n’est pourtant qu’un forfait d’allure mineure, ordinaire – cependant à haute portée symbolique – aux côtés des agressions et des pollutions majeures : mers et océans à l’état de poubelles, agriculture chimique, élevages industriels, déforestation, désertification, surconsommation-surdéjections, atmosphère saturée par les gaz à effet de serre ; dérèglement climatique, fonte des glaces et montée des eaux… Un désastre amplement amorcé – sans même parler des folies guerrières et terroristes. Et j’en passe.

Ainsi à Gardanne, ville doublement rouge : rougie par les poussières d’alumine qui la recouvre, et rougie par quarante ans de municipalité communiste et à ce titre asservie à la croissance et à son industrie, fût-elle dévastatrice de l’environnement naturel et de la santé humaine. Il en va de même ici comme à Fessenheim et pour toute l’industrie nucléaire, soutenue depuis toujours par les communistes et la CGT, tout autant que par les socialistes et toute la classe politique et syndicaliste, à l’exception des écologistes, bien entendu, et d’EELV en particulier.

Notes:

  1. L'ancienne usine Pechiney de Gardanne, créée en 1893, appartient depuis 2012 au fonds d'investissement H.I.G Capital basé à Miami. Alteo se présente comme le « premier producteur mondial d’alumines de spécialité ». Alteo Gardanne emploie 400 salariés et 250 sous-traitants
  2. Professeur d'histoire du droit, sociologue, théologien protestant, 1912-1994. Penseur du système technicien, ses idées sont notamment développées en France par l’association Technologos
  3. Agronome, biologiste, 1901-1982 Auteur de nombreux ouvrages, dont Courtisons la terre (1980) et Les Célébrations de la vie (1982)

Boues rouges dans les calanques de Marseille : Royal rejette la responsabilité sur Valls

Les monticules de boues rouges rejetées par l'usine d'alumine Alteo de Gardanne, qui recouvrent les fonds marins du Parc national des calanques (Bouches-du-Rhône), inquiètent les spécialistes, mais aussi les défenseurs de l’environnement.

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Les déchets liés à la fabrication de l'alumine sont rejetés en mer par un tuyau long de 50 km. Des millions de tonnes de "boues rouges" contenant métaux lourds, éléments radioactifs et arsenic sont accumulés au fond de la Méditerranée, dans le Parc national des Calanques. [Thalassa-F3]

La ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, interrogée sur le rejet de ces déchets en mer, a imputé à son Premier ministre l'absence de lutte contre ce fléau : elle assure avoir voulu les interdire, mais que "Manuel Valls a décidé le contraire". "C'est inadmissible", assène la ministre devant la caméra de "Thalassa", diffusé vendredi 2 septembre sur France 3.

Un permis de polluer pour six ans

Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a autorisé en décembre la société Alteo à poursuivre l’exploitation de ses usines sur le site de Gardanne et à rejeter en mer, pendant six ans, les effluents aqueux résultant de la production d’alumine. La décision avait pourtant été aussitôt dénoncée par Ségolène Royal, rappelle Le Monde.

La décision d'interdire ces déchets incombe au chef du gouvernement, affirme Ségolène Royal : "[Manuel Valls] a pris cette décision. Il a donné l'ordre au préfet, donc le préfet a donné l'autorisation. Je ne peux pas donner un contre-ordre", ajoute-t-elle.

[Source : Franceinfo, 30/8/16]


L’Alberta en flammes. Fracture hydraulique, fracture écologique

Les catas­tro­phes suc­cè­dent aux catas­tro­phes. On s’y « fait », on s’habitue à tout. Voyez l’Alberta, au Cana­da. Ça fait de bel­les ima­ges avec des flam­mes « gran­des com­me des immeu­bles ». Voyez cet exo­de, 100 000 per­son­nes, com­me en 40. Des armées de pom­piers recu­lant devant l’ennemi. Et ces forêts par­ties en fumée, quin­ze, vingt fois plus gran­des que Paris ! La télé se lamen­te, les com­men­ta­teurs déplo­rent, les bras bal­lants, à cours de super­la­tifs. La fata­li­té.

On implo­re la pluie. On brû­le­rait… des cier­ges. Et que nous dit-on de plus, sinon des pro­pos pétai­nis­tes : pac­ti­ser pour ne pas capi­tu­ler. Le Feu com­me le Dia­ble. Ah oui, un dia­ble ex machi­na, sur­gi de nul­le part ou des élé­ments déchaî­nés, des folies de Dame Natu­re ?

L’Alberta, région de la ruée vers l’or noir, ver­sion schis­tes bitu­meux. On y vient trai­re cet­te vieille vache érein­tée, sur­nom­mée Ter­re, qui gar­de de beaux res­tes, si on détour­ne les yeux de cer­tains lieux com­me ceux-là. À pei­ne recon­naît-on que « c’est la fau­te au cli­mat », com­me si les humains avi­des n’y étaient pour rien. Et la « frac­tu­ra­tion hydrau­li­que », c’est jus­te une fan­tai­sie esthé­ti­que, une aima­ble chi­rur­gie béné­fi­que… Oui, béné­fi­que, tout est là, en dol­lars « verts », en pro­fits insa­tia­bles, à engrais­ser l’obèse Dow Jones.

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Nan­cy Hus­ton : « Fort McMur­ray est une vil­le ter­ri­fian­te par­ce qu’elle est là pour l’argent. C’est com­me la ruée vers l’or à la fin du XIXe ou au début du XXe siè­cle. »

Tan­dis que s’assèchent les nap­pes phréa­ti­ques pom­pées à mort sous tout un État grand com­me la Fran­ce ; que la ter­re aus­si s’assoiffe, devient brû­lan­te et s’enflamme. Tan­dis que les com­pa­gnies pétro­liè­res, en exploi­tant les immen­ses réser­ves de sables bitu­mi­neux, rasent les forêts, pol­luent les sols, détrui­sent la fau­ne et la flo­re. C’est un ter­ri­toi­re gou­ver­né par le pétro­le et l’argent au mépris de la natu­re, des peu­ples. Au mépris de l’humanité.

Un témoi­gna­ge à ne pas man­quer, celui de l’écrivaine cana­dien­ne Nan­cy Hus­ton que publie l’excellent site Repor­ter­re : En Alber­ta, « l’avènement d’une huma­ni­té... inhu­mai­ne »

À lire aus­si :

• Brut. La ruée vers l’or noir, David Dufres­ne, Nan­cy Hus­ton, Nao­mi Klein, Meli­na Labou­can-Mas­si­mo, Rudy Wie­be, Lux Edi­teur, 112 pages, 12,00 €

• L’incendie de l’Alberta, para­bo­le de l’époque, édi­to de Her­vé Kempf.


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

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    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

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