On n'est pas des moutons

Notules & Griffures


Monde cruel. Sarkozy fait ses adieux au Colonel Muammar « Qaddafi »

Vous avez vu comme il a vite dégainé, notre Shé­rif agité : plus vite que son ombre. Même que Juppé, en mis­sion euro­péenne, en a été esto­ma­qué – fal­lait encais­ser ça, pour le super-​ministre tout neuf, se faire à ce point squee­zer. L’était pas au cou­rant, dis ; avait l’air tota­le­ment dans les choux (de Bruxelles). Le conseil spé­cial euro­péen, pareil : sur le cul tout autant que Cathe­rine (Ash­ton) et Angela (Mer­kel) qui, pour­tant, en ont déjà soupé des caprices de l’époux de Mme Bruni.

Ainsi vient-​Il, sans crier gare, de se ran­ger auprès du Conseil natio­nal de tran­si­tion (repré­senté par l’ancien ministre de la jus­tice de Kadhafi !) et de se clai­ron­ner prêt à en découdre avec le maître en sur­sis de Tri­poli. Trois jours avant, fal­lait sur­tout pas par­ler d’intervention ou quoi que ce soit ! Le tout sous la ban­nière va-​t-​en guerre de BHL, qui se fai­sait si rare ces temps-​ci. La géo-​politique est vrai­ment un monde de brutes et de traîtres.

Car la Libye, c’est pas cette Tuni­sie tout juste bonne à épon­ger du tou­riste et de la ministre en goguette. La Libye, c’est y a bon pétrole et affaires miro­bo­lantes (7 mil­liards de com­mandes, ouais…). Certes, ça pue encore pas mal le Kadhafi ava­rié mais notre zébu­lon n’a pas hésité davan­tage pour chan­ger de camp et mar­quer ses nou­veaux ter­ri­toires d’intérêts.

L’autre allumé des sables était encore fré­quen­table en 2007, mais cette fois, non, on le jette, trop moisi. À pro­pos, j’ai véri­fié sur le site www​.ely​see​.fr – essayez voir –, a pu’ Kadhafi en photo avec son hôte ély­séen, pas davan­tage de « Qad­dafi », ainsi qu’il avait été ortho­gra­phié, à l’arabe, et qu’il appa­rais­sait encore il y a peu, his­toire de brouiller les pistes… Mais là, non, plus rien du Guide de la Révo­lu­tion sinon le pro­gramme de la visite en juillet 2007 de la délé­ga­tion (Kouch­ner en tête) qui pré­para la venue pari­sienne du Bédouin en décembre et encore dans les mémoires… Mais j’ai mes archives perso.

Enfin, bon, voilà qui augure bien-​mal des pro­chains som­mets euro­péens et de la marche des vingt-​sept vers la diplo­ma­tie à une voix. A pro­pos de voix, c’est bien le cas, autant ratis­ser de ce côté-​là pour faire oublier les fias­cos diplo­ma­tiques des der­niers mois et ten­ter de reprendre quelques points dans l’opinion lepe­ni­sée. Ça sent tout de même les car­touches foireuses…


Juppé, le cumulard qui s’égalomane à lui-​même

Sarko n°2 menacé du dedans : le « Droit dans ses bottes » risque en effet de ne plus pou­voir les reti­rer pour cause d’enflures déme­su­rées des che­villes. Comme dirait l’humoriste qué­bé­cois Sol« je méga­lo­mane à moi-​même  ». Bref, le Monde entier n’a qu’à bien se tenir ! Et nous autres, apai­sés, rou­piller sous nos épaisses couettes.


Il y a 30 ans, l’Espagne échappait à une nouvelle tentative fasciste

Il y a trente ans aujourd’hui, le 23 février 1981, une ten­ta­tive de coup d’État faillit faire replon­ger l’Espagne dans les affres du franquisme.

A 18h30 ce jour-​là, le colo­nel de la Garde civile, Anto­nio Tejero Molina, fait irrup­tion à la tri­bune du Palais du congrès où sont réunis les dépu­tés espa­gnols pour élire le nou­veau chef du gou­ver­ne­ment. Tejero menace le pré­sident de l’Assemblée avec un revol­ver posé sur sa tempe. La scène est retrans­mise en direct à la télé­vi­sion. Les put­schistes veulent tout bon­ne­ment mettre fin à la démo­cra­tie. A Valence, le capi­taine Milans del Bossch a déjà sorti les tanks. A 1h15 du matin, le roi Juan Car­los ras­sure les Espa­gnols dans un dis­cours télé­visé. Il désap­prouve le coup d’État et en réfère à la consti­tu­tion. Un cabi­net de crise se met en contact avec les rebelles et obtient leur red­di­tion le 24 à midi.

Tejero sera condamné à 30 ans de pri­son. Incar­céré à la pri­son d’Alcalá de Henares, il béné­fi­cia d’un régime ouvert dès 1993, et fut libéré sous le régime de la liberté condi­tion­nelle en 1996. Depuis, il par­tage son temps entre Madrid et sa pro­vince natale de Málaga, où il contri­bue épi­so­di­que­ment à un quo­ti­dien local, Melilla Hoy.

Ce putsch dit du « 23 F. » fut la der­nière ten­ta­tive de coup d’état d’une armée qui en deux siècles avait tenté près de deux cents sou­lè­ve­ments… Le 23 février 1981, vit aussi s’affirmer la figure du roi Juan-​Carlos, plus sub­til et fin poli­tique qu’on pou­vait alors le redou­ter – il avait été adoubé par Franco. C’est en par­tie grâce à lui que la démo­cra­tie espa­gnole, qui avait déjà un cadre ins­ti­tu­tion­nel voté en décembre 1978, fut non seule­ment sau­vée, mais naquit dans sa forme actuelle. Comme quoi la démo­cra­tie demeure tou­jours une idée fra­gile, qui demande les plus grandes attentions.


France-​Égypte. En langue diplo « Casse-​toi, pauvre con ! » = Dégage, le prof’ !

Écran de « BFM-​TV ». Visage flouté par mes soins, même si ce n’est pas le cas ailleurs…

Un citoyen fran­çais ne dit pas de gros mots en public et les écrit encore moins. Sur­tout sur une pan­carte dans une manif, place de la révo­lu­tion au Caire, par exemple. Et que, de sur­croît, le gros mot consti­tue un emprunt – non auto­risé (est-​il déposé, au fait ?) – au pré­sident de la Répu­blique. Pour une telle faute, ce pro­fes­seur du lycée fran­çais du Caire a été rapa­trié par le Quai d’Orsay, vous savez, le minis­tère d’Alliot-Marie qui, elle, sait cau­ser comme il faut, à un dic­ta­teur par exemple, his­toire de lui remon­ter le moral en des temps aussi éprou­vants, de lui pro­po­ser un coup de savoir-​faire bien de chez nous, de le remer­cier pour son sens de l’accueil et l’infinie obli­geance de ses rela­tions.Un fonc­tion­naire, sauf ministre, ne peut que la bou­cler face à un évé­ne­ment his­to­rique dont lui à le sens d’en mesu­rer la portée.

Donc, mardi 1er février, jour de la mani­fes­ta­tion « du mil­lion » en Égypte, ce pro­fes­seur au lycée fran­çais du Caire se pré­pare à aller suivre le ras­sem­ble­ment prévu sur la place Tah­rir. « Alexandre [c’est ainsi que le désigne Télé­rama, qui a révélé l’affaire] est marié à une Égyp­tienne, il a deux enfants, il connaît l’Egypte et le régime liber­ti­cide de Mou­ba­rak comme sa poche.

« Membre de l’Association démo­cra­tique des Fran­çais à l’étranger (ADFE), Alexandre n’est pas insen­sible aux thèses des révo­lu­tion­naires égyp­tiens. Dans les pré­cé­dentes mani­fes­ta­tions, il a vu les slo­gans qui fai­saient réfé­rence à la révo­lu­tion tuni­sienne, les « Dégage Mou­ba­rak ! », en fran­çais dans le texte. Il décide de concoc­ter sa propre pan­carte et écrit sur son pan­neau ces quatre fameux mots pré­si­den­tiels : « Casse-​toi pauvre con ! »

« Dès le ven­dredi qui suit son audace, le pro­fes­seur est convo­qué par l’ambassade. Il doit être puni. Il faut faire un exemple, décou­ra­ger les vel­léi­tés pro-​révolutionnaires des autres expa­triés. Alexandre est rapa­trié à Paris dès le samedi matin, « pour sa sécu­rité ». En France, il est menacé de rétro­gra­da­tion. Il s’en sort avec un blâme.

Le Quai d’Orsay lui a d’abord fait com­prendre qu’il pour­rait ren­trer en Egypte et retrou­ver sa famille l’été pro­chain, après son départ à la retraite. Mou­ba­rak ayant quitté le pou­voir, il pour­rait ren­trer plus tôt. »

Le 2 février, j’apprends en écou­tant France Culture qu’un géo­graphe fran­çais du CNRS a été prié de ne pas cau­ser dans le poste… Il s’agissait d’une émis­sion scien­ti­fique autour du thème : «  Les ter­ri­toires de la révo­lu­tion au Caire et en Egypte ».

J’adore quand on conti­nue à acco­ler au mot France le cli­ché de « pays des droits de l’homme ».


Égypte. Fillon rend hommage au « courage » de Moubarak !

La poli­tique étran­gère de ce gou­ver­ne­ment est déci­dé­ment cala­mi­teuse. A peine dans arrivé dans les eaux de la mer Rouge – sur le « De-​Gaulle » en plus –, Fran­çois Fillon n’a rien trouvé de plus urgent que de rendre hom­mage… à son cher ami Mou­ba­rak – comme quoi vacances et gra­ti­tude obligent:

« Je tiens à rendre hom­mage à cette déci­sion cou­ra­geuse de quit­ter le pou­voir, déci­sion qui répond aux fortes aspi­ra­tions du peuple égyp­tien à la démo­cra­tie, à la liberté, à la dignité », a-​t-​il pré­cisé, repre­nant la posi­tion expri­mée la veille par l’Elysée, avant de rendre un hom­mage à l’action pas­sée du « raïs » : « C’est aux Egyp­tiens qu’il revient d’apprécier l’action d’Hosni Mou­ba­rak et la trace qu’il lais­sera dans l’histoire de son pays, mais per­sonne ne pourra contes­ter la contri­bu­tion qu’il a appor­tée à la cause de la paix dans la région. »

On ne rêve pas. Il est bien ques­tion du cou­rage de quit­ter le pou­voir… Du cou­rage à s’y cram­pon­ner, à la rigueur ! Pas du cou­rage de ces Égyp­tiens à avoir ris­qué leur vie durant trois semaines en affron­tant les sbires dudit « raïs » ; ni du cou­rage quo­ti­dien qu’il aura aussi fallu oppo­ser à ces trente années d’oppression, sans par­ler du demi-​siècle de sys­tème post-​colonial. Non, le peuple, lui, n’avait que de « fortes aspi­ra­tions  »…

Le pre­mier ministre est en visite offi­cielle en Ara­bie saou­dite et aux Émi­rats arabes unis – des régimes cou­ra­geux… Mais il a un mot d’excuse, il est en mis­sion de VRP : vendre du TGV et du Rafale. Et pour­quoi pas aussi du « savoir faire » poli­cier ou mili­taire fran­çais, vu le vent mau­vais qui agite le monde arabe ?…

aaaaaaaaaaaaa
PS 1. Ah, M. Fillon, si vous pas­sez par Riyad, n’ayez pas l’ingratitude de ne pas saluer Ben Ali. L’ami de la France et de MAM serait réfu­gié avec sa famille dans la capi­tale saoudienne.

PS 2. ÉGYPTE : Un mili­taire chasse l’autre. Il faut donc veiller au plus près à la suite. D’autant plus quand c’est aussi l’armée qui dégage les bar­ri­cades et net­toie la place de la Libération…


Ça plane – deux fois, sais-​tu – pour Sarkozy : deux avions pour un Paris-​Bruxelles…

On en est à comp­ter les tours d’avion de la ministre des affaires étran­gères du temps de la dic­ta­ture tuni­sienne de Ben Ali. Soit, il faut comp­ter. Et comp­ter aussi, tant qu’affaires étranges, les autres tours d’avion de notre ver­tueux (pour les autres) et tou­jours aussi bling-​bling de président.

La presse belge a ainsi épin­glé, ce samedi 5 février, le dépla­ce­ment effec­tué la veille par le pré­sident fran­çais. Celui-​ci, selon les quo­ti­diens belges, a choisi de faire les 300 kilo­mètres qui séparent les deux capi­tales avec... deux avions. Outre l’avion pré­si­den­tiel, le fameux A330, en ser­vice depuis 2010 et rebap­tisé «  Air Sarko One  » par ses détrac­teurs, la pré­si­dence fran­çaise avait éga­le­ment affrété un Fal­con Tx, plus petit. La télé­vi­sion belge a filmé les deux appa­reils qu’on peut voir ici :

L’achat et la mise en ser­vice de l’A330 pré­si­den­tiel avaient déjà donné lieu à une polé­mique sur le coût de l’appareil et de sa trans­for­ma­tion pour répondre aux besoins du chef de l’Etat : 176 mil­lions d’euros au total. Celui-​ci com­mu­nique depuis sur l’économie réa­li­sée en ven­dant les deux appa­reils pré­cé­dents. Il a éga­le­ment pré­cisé à quelques reprises que cet avion serait moins pol­luants que les deux A 319 uti­li­sés pré­cé­dem­ment. L’argument fait flop pour le voyage en ques­tion. De Paris à Bruxelles, le TGV Tha­lys met en moyenne une heure vingt. Une heure de vol de l’A330 pré­si­den­tiel revient envi­ron à 20 000 euros ; celle d’un Fal­con TX revient à 7700 euros. Le billet de train, lui, coûte 141 euros en pre­mière… A vos calculettes !

Le men­suel Terra Eco avait déjà asti­coté la pré­si­dence sur cette ques­tion, esti­mant, en novembre 2010, que Nico­las Sar­kozy était le 6e plus grand émet­teur de CO2 parmi les chefs d’Etat et de gou­ver­ne­ment. « S’il avait voyagé avec Air Sarko One dès cette année (2010), ajoute le maga­zine, il aurait mul­ti­plié par 2,5 ses émis­sions de CO2. Ce qui l’aurait ramené en deuxième posi­tion de ce clas­se­ment », juste après Obama. Allez, encore un effort !

À l’été 2010, Sar­kozy avait fait vali­der par Mati­gnon une note deman­dant aux ministres d’éviter autant que pos­sible les dépla­ce­ments en avion s’ils pou­vaient les rem­pla­cer par le train. [Source : LeMonde​.fr]

» Désolé pour cette sata­née pub col­lante que je ne par­viens pas à reti­rer de la vidéo…


Censure au Caire et à France Culture. L’ambassadeur impose ses frontières au géographe

La Terre n’est pas ronde et le Soleil tourne autour d’elle. Je viens d’entendre ça, ou presque, à l’écoute de la radio. Plus sérieu­se­ment : Pla­nète Terre, l’émission scien­ti­fique de France Culture consa­crée le mer­credi à la géo­gra­phie, s’intéressait aujourd’hui à l’Egypte. Sous le titre «  Les ter­ri­toires de la révo­lu­tion au Caire et en Egypte  », l’émission de Syl­vain Kahn avait ainsi défini sa thé­ma­tique aussi per­ti­nente qu’actuelle : « La révo­lu­tion égyp­tienne a d’ores et déjà ses lieux et ses ter­ri­toires. Les villes et quar­tiers où vivent les révol­tés comme ceux qu’ils inves­tissent des­sinent une géo­gra­phie fine et dif­fé­ren­ciée de la révo­lu­tion et de son « peuple ». » Et parmi les invi­tés devait se trou­ver, par télé­phone, Marc Lavergne, géo­graphe du CNRS et déta­ché au Caire depuis 2008. Eh bien non ! Pas ques­tion ! a dit l’ambassadeur de France en inti­mant l’ordre au cher­cheur de la bou­cler, au nom du « devoir de réserve » de tout fonctionnaire !

On croit rêver. On se dit qu’il s’agit sûre­ment d’une méprise, qu’on s’est mélangé les crayons avec un cher­cheur tuni­sien ou égyp­tien empê­ché de par­ler à Radio France – rien que de très attendu alors – par un ambas­sa­deur de Ben Ali ou de Mou­ba­rak, que ça ne concerne pas la Phrance, pays des DDDroits de quoi ? et autres fan­fa­ron­nades ver­beuses pour ministre des affaires étran­gères, etc.

Qu’est-ce donc alors qu’un tel ambas­sa­deur, sinon un pitoyable lar­bin saisi de trouille devant un pré­sident et un gou­ver­ne­ment incon­sis­tants face à des évé­ne­ments historiques ?

A peine venait-​on d’éprouver le flair poli­tique de « notre » ambas­sa­deur à Tunis – éjecté pour n’avoir rien vu venir – que celui-​ci emboîte le pas, main sur la cou­ture du pan­ta­lon diplo­ma­tique. Devoir de réserve contre abus de pou­voir, on aime­rait connaître ses expli­ca­tions, sa concep­tion de la géo­gra­phie et de l’agitation géo­po­li­tique… Et savoir en pas­sant où il se situe entre science et con-​science…

Mais, dira-​t-​on à leur décharge, ils ont des excuses les ambas­sa­deurs : le gou­ver­ne­ment qu’ils repré­sentent n’a plus de « poli­tique arabe ». A-​t-​il d’ailleurs une poli­tique étran­gère ? Ou seule­ment quelques inté­rêts exo­tiques plus ou moins bien compris ?


Tunisie. De l’inconvénient d’avoir raté le train de la révolution

La révo­lu­tion comme un coup de foudre. Ne pas s’y brû­ler les ailes. S’être pré­muni de ses illu­sions pour en jouir au bon moment. Et puis pas­ser à la durée, au dur désir de durer. Je parle bien sûr de la Tuni­sie qui aura sur­pris tout un cha­cun. Qui en aura dépité quelques autres, certes. Comme notre grand oracle du FMI pré­di­sant le plus bel ave­nir au royaume de Ben Ali tout en rêvant de gou­ver­ner le pays France. Mau­vaise pioche. En quoi il ne suf­fit pas d’avoir des airs ins­pi­rés pour être super ana­lyste. Car ces gens, que savent-​ils de la souf­france des peuples ? Rien.

Je pense aussi, bien sûr, à notre petit empe­reur d’opérette, même pas comique, lamen­table, rece­vant les clés de la ville de Tunis et ne taris­sant de facé­ties élo­gieuses à l’adresse de son émir ami.

Je pense à la ci-​devant Michèle Alliot-​Marie dite « MAM », des affaires si étran­gères, tout emper­ru­quée et si empres­sée de secou­rir – selon le « savoir-​faire » des agents de notre Répu­blique – son monarque étran­ger dans la débine. Je pense donc aux Juppé et Fillon condam­nés à sou­te­nir leur bre­bis éga­rée au quai d’Orsay.

Je pense aussi au Mit­ter­rand, l’autre, esti­mant – le 9 jan­vier 2011 – en tou­riste de la culture, que “Dire [de la] Tuni­sie [qu’elle] est une dic­ta­ture uni­voque me paraît tout à fait exagéré“.

Je ne sau­rais oublier le bon Jacques Chi­rac, pré­sident de notre même Répu­blique, man­quant en 2003 d’étouffer son ami Ben, qui il étreint d’une vigou­reuse acco­lade, avant de décla­rer : “Le pre­mier des droits de l’homme est de man­ger, d’être soi­gné et de rece­voir une édu­ca­tion. De ce point de vue, il faut bien recon­naître que la Tuni­sie est très en avance”.

(Lire la suite…)


La crise comme un (mauvais) roman. « Leur arracher le cœur et le bouffer avant qu’ils crèvent ! »

« Fric, krach et gueule de bois : le roman de la crise ». C’était sur France 2 mardi soir. Cin­quante ans de dérives libé­rales ramas­sés en une heure et demie, une gageure plu­tôt réus­sie, y com­pris avec ses lacunes inévi­tables (entre autres, l’optimisme béat d’Orsenna à la fin…). Même si, trans­po­sée dans la finance mon­dia­li­sée, la réfé­rence à « Règle­ment de comptes à OK-​Coral » ne sau­rait tout expli­quer de la Crise, elle en illustre tout de même bien la démence irrationnelle.

L’ex-boss de Leh­man Bro­thers, sur­nommé « le gorille »…

Quelques pas­sages de l’émission télé valaient leurs pesants de cota­tions bour­sières. En par­ti­cu­lier celui qui montre le pré­sident de Leh­man Bro­thers, Dick Fuld, avec son pro­fil de car­nas­sier, la cari­ca­ture du capi­ta­liste psy­cho­pathe qui voit le péril en la demeure et menace : « On va ser­rer très fort ! Comprenez-​moi bien [c’est une vidéo interne, il s’adresse à ses col­la­bo­ra­teurs, qui ricanent en choeur], on va coin­cer tous ceux qui ne peuvent plus rem­bour­ser, et on va ser­rer très fort ! Ce n’est pas que je veux leur faire du mal… Non, je ne suis pas comme ça… je suis quelqu’un de doux et d’aimable… Non, ce que je veux, c’est les attra­per, leur arra­cher le cœur et le bouf­fer avant qu’ils crèvent ! » Ça fait froid dans le dos. Et on pense à ces mil­liers, mil­lions même, d’Américains jetés de leurs loge­ments. Sans par­ler des consé­quences subies dans le monde entier.

Voyez ce grand moment illus­trant la névrose liée à l’avidité du fric. En com­pa­rai­son, Dra­cula fait… pâle figure. Extrait vidéo : 4 mn


La crise, un roman. « Leur arra­cher le cœur et le bouffer »


  • Mai 2012, en rouge et bleu…

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    Mou­tons, orangs-​outangs, canards… Dans mon bes­tiaire, on devrait aussi croi­ser la cohorte des humains cré­dules cou­rant après leurs propres sor­nettes… Suf­fit de regar­der autour de soi. Et de se regarder…

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