Presse-Médias
Alors, les yeux de Liz : violets, émeraude, bleus ?

Post scriptum. Ah ben, à en croire Libé du jour, ils ne sont pas rouges non plus…
Dans le même « JT » de 20 heures, hier, Liz Taylor a été célébrée pour la beauté de ses yeux successivement qualifiés violets, émeraude, puis bleus. Éblouis, subjugués, aveuglés nos égreneurs de nouvelles ! Une photo en noir et blanc s’impose donc pour trancher ce si délicat et fondamental point d’actualité et même d’Histoire. Celle d’Hollywood comme temple de la mythologie spectaculaire, celle qui brouille la hiérarchie des valeurs en s’imposant comme valeur première : la vedette, la star, l’idole, l’Argent-roi, le sentimentalisme exhibé, l’exhibition « sacralisée », la beauté injuriant la misère – bref, toute l’injustice du monde, la magnificence outrancière du pipole qui gouverne ce monde. Une étoile s’éteint, l’univers vacille.
L’Europe et la Libye. Tripoli, Munich, Guernica…
Cet extrait vidéo ne dure qu’une minute, une minute de trop dans l’horreur des propos de cet innommable despote, prêt à tuer encore et encore pour assouvir sa démence. On s’était presque habitués aux révoltes quasi « normales », sans « trop » de victimes. Ce qui s’est enclenché en Libye suscite les plus grandes craintes. D’autant que les réactions internationales semblent tellement timorées. A commencer par celles de notre gouvernement – mais là, on s’est vraiment habitués. Tant de compromissions passées et si récentes avec tous ces régimes toxiques – pour reprendre un qualificatif financier déjà effacé – ont semé assez de troubles dans les esprits accommodables, à l’éthique si élastique, au manque de droiture et de courage, assez de dérangements pour paralyser la moindre action.
La rébellion verbale d’un groupe de diplomates, publiée dans Le Monde> de ce jour, constitue un signe de plus attestant de la déliquescence de ce régime à vau-l’eau, ballotté par les événements sur lesquels il n’a aucune prise – on appelle d’ailleurs ça la realt-politik, ici elle est élevée au rang des beaux-arts. Ce n’est évidemment pas un Berlusconi qui va relever le niveau européen quant au drame libyen, ni s’agissant de l’histrion d’opérette, ni de la politique de l’ancienne colonie sous perfusion pétrolière libyenne. Merkel y va de son couplet horrifié et Cameron semble porté disparu. Ainsi l’Europe se trouve-t-elle une fois de plus sans voix, attendant sans doute les instructions en provenance d’outre-Atlantique.
Rien ne se répète jamais. S’il faut cependant retenir les leçons de l’Histoire, je pense aux fameux accords de Munich. J’entends aussi la voix tremblant, émouvante certes, et dramatiquement impuissante de Léon Blum renonçant à l’intervention militaire contre l’Espagne franquiste. Je pense à ça et aussi, c’était écrit, à Guernica – à Guernica le village basque martyre , et bien sûr au célèbre tableau de Picasso. Et j’ai peur pour la Libye, pour le peuple libyen livré à la folie meurtrière d’un monstre sans retenue.
Rue89 a mis en ligne les rares témoignages parvenant du pays quasi coupé du monde. Une Suisso-Libyenne vivant à Benghazi, dans l’est de la Libye appelle au secours : « On a filmé ! On a les vidéos ! Mais ils ont coupé Internet. Ils tuent n’importe qui, une petite fille de 7 ans, notre voisine, qui se rendait dans un magasin. A quoi ça sert maintenant d’avoir peur ? On a besoin des journalistes ! Pour que le monde sache ce que fait Mouammar Kadhafi. Les gens disent : « Ou nous, ou lui ! Ou Kadhafi, ou le peuple ! » » .
Denis Robert a définitivement gagné contre Clearstream !
« C’est une très bonne nouvelle que nous apprend, ce dimanche matin, le comité de soutien à Denis Robert, ce journaliste devenu écrivain, engagé dans une enquête au long cours et à hauts risques qui a dévoilé, dans plusieurs ouvrages successifs, le rôle essentiel, dans le monde des affaires, d’une « banque des banques » sise au Luxembourg et plaisamment connue, par antiphrase sans doute, sous le nom, en anglais, de « Clair courant » …
« Vous avez compris qu’il s’agit de Clearstream, et la bonne nouvelle dit ceci :
« Après 10 ans de procédure, quatre ans de comité de soutien, des centaines de dons, un concert et une vente aux enchères à son bénéfice, plus de 100 000 euros de frais de justice, 500 Journalistes affichant leur carte de presse en signe de soutien ...
Denis Robert a définitivement gagné contre CLEARSTREAM !
« Les hauts magistrats de la Cour de cassation viennent d’annuler trois condamnations à l’encontre de Denis Robert en soulignant « l’intérêt général du sujet traité et le sérieux de l’enquête » et condamnent Clearstream à lui verser 9000 eu devra de plus rembourser Denis Robert des sommes qu’il a versées à la suite de ses condamnations précédentes.
« L’affaire reviendra devant la Cour d’Appel de Lyon pour un ultime procès lors duquel Denis Robert pourra demander des dommages et intérêts ainsi que des publications dans différents journaux.
« Après dix ans de procédure et de harcèlement, c’est une formidable victoire du droit, de la justice et du journalisme. »
« J’ajoute : du courage et de la ténacité de Denis ; et du fidèle soutien de ses amis. »
France inter. Quand Le Pen montre « 13 millions d’étrangers », les journalistes regardent son doigt
Indignation encore. France inter recevait ce matin Jean-Marie Le Pen en fin de parcours à la tête (Pen en breton…) du Front national. Le vieux facho s’en sera encore bien tiré. Avec l’habileté et cet aplomb qu’on lui connaît, il aura une fois de plus roulé les journalistes dans sa farine. Ainsi en fut-il lorsque, entonnant son refrain de prédilection, il affirma que la France compte désormais, « d’après l’Insee, plus de 13 millions d’étrangers qui ne manquent pas de poser de graves problèmes »…
Treize millions, et même plus ! Ce qui représenterait 20% de la population… Mais personne pour relever. Ni le pontifiant Guetta, ni le décapant Legrand, ni enfin le sémillant Cohen n’opposèrent au faussaire la réalité statistique : 3,65 millions de personnes, sur plus de 63 millions, soit 5,8% de la population au dernier recensement de 2006.
S’il n’est qu’une donnée à connaître quand un journaliste rencontre Le Pen, c’est bien celle sur l’immigration, non ? Au lieu de quoi on lui pose d’insipides questions genre « La Tunisie est-elle une dictature ? »* Et l’autre menteur de poursuivre son bonhomme de chemin, et de terminer sa carrière de faussaire « en beauté », comme il l’avait commencée d’ailleurs. Je rappelais ici même, en octobre dernier, comment Le Pen fut propulsé par la télé, en 1984, avec l’émission au titre bien présomptueux : L’Heure de vérité… Il avait pu user et abuser du mensonge sans être le moins du monde inquiété par des journalistes plus suffisants que compétents. Il aurait eu tort de se gêner. Ainsi vient-il de réussir sa sortie selon la même recette éprouvée. Face à la même indolence journalistique.
* Et la dilettante Pascale Clark de poser la même question à Régis Debray. C’était peu avant dans ses « Cinq minutes avec… ». Alors, la Tunisie, au fait ?
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Le Monde et WikiLeaks. Info ou bruits de chiottes ?
Comme d’autres quotidiens occidentaux, Le Monde fait ses gorges chaudes des « révélations » de WikiLeaks… Bof, ce n’est même pas du « gorge profonde » de l’époque Watergate. Jusqu’à maintenant, on n’apprend rien de ces perles « secrètes », sinon des cancanages entre langues de putes et autres petits-grands rapporteurs diplomatiques. Et que je te dégoise sur l’un-l’autre et réciproquement. Rien qu’on ne sache d’instinct, qui ne soit lisible dans les actes et sur les tronches mêmes de ces dirigeants somme toute maîtres ès faux-culs, un savoir-faire sans lequel on ne saurait pénétrer les arcanes du pouvoir.
Que Le Monde s’en amuse avec sérieux, voilà qui dit bien le rapetissement du journalisme jadis « de référence ». Qu’il en fasse son feuilleton de l’hiver, serait-ce pour divertir et reposer ses lecteurs des affaires en rafales qui secouent la société française – pour ne parler que de celle-là ? Quant à rapporter sous couvert d’information des ragots de couloirs – même d’ambassades –, n’est-ce pas les confondre avec des bruits de chiottes ?
Affaire Woerth-Bettencourt. En attendant le film, la télé (suisse)
Joli concentré d’ironie cinglante que ce résumé de l’affaire Woerth-Bettencourt. Et c’est passé à la télé. Enfin à la télél suisse, ne rêvons pas… A savourer donc, ce bijou de la Télévision Suisse Romande (TSR).
Le Pen invité au CFJ devant les futurs journalistes. Tollé syndical et misérable !
Atterrant ! Le SNJ-CGT, Syndicat national des journalistes – CGT, sonne le tocsin à l’encontre du Centre de formation des journalistes, à Paris, qui s’apprête à recevoir ce jeudi Jean-Marie Le Pen pour une rencontre avec les étudiants. Je suis atterré par cette réaction imbécile, tant sur le fond que sur la forme, et je parle en connaissance de cause. Alors responsable pédagogique au CFJ, j’avais moi-même invité le leader du Front national à une semblable confrontation.
C’était il y a …26 ans, en 1984. En tout cas, Le Pen se trouvait en pleine ascension médiatique – donc politique – et pérorait plus que jamais. Entre autres et en particulier, un certain François-Henri de Virieu lui avait bien mis le pied à l’étrier en l’invitant à son émission, L’Heure de vérité. C’était la première fois que Le Pen apparaissait sur une grande chaîne de télévision publique, Antenne 2. Il se voyait ainsi propulsé au rang d’homme politique présentable, sinon honorable. Cette prise de bénéfice subite, je ne l’imputerais pas directement à de Virieu – sinon, comment défendre le CFJ aujourd’hui et le droit du public à l’information ? – qu’à ses acolytes journalistes censés affronter la bête. Il y avait là, donc, Alain Duhamel, Albert Du Roy, Jean-Louis Servan-Schreiber. Et c’est ce dernier surtout qui donna le plus de grain à moudre à Le Pen à cause de son attitude relevant plus de la pétition de principe, sinon de l’inquisition à l’égard de l’invité frontiste. Surtout, il n’avait semblé compter que sur son « talent », négligeant ainsi l’argumentation solide, documentée, caractéristique du journaliste digne de la fonction. Notamment à propos de l’immigration, Le Pen, ne fit qu’une bouchée d’un Servan-Schreiber dépassé et même dépité.
Voilà la « leçon » de l’émission qu’il me semblait important de soumettre aux futurs journalistes. D’où ma décision d’inviter Le Pen quelques semaines plus tard au CFJ pour un « carrefour d’actualité ». Ce qu’il accepta sans hésiter…
Je me souviens d’une certaine effervescence qui avait gagné les étudiants à l’idée de « se faire Le Pen ». Idée contre laquelle je les mettais précisément en garde, fort du précédent créé par Jean-Louis Servan-Schreiber… Il s’agissait de privilégier le questionnement argumenté, solide, plutôt que de jeter des anathèmes. Bref, les bases du métier…
L’affaire se passa à peu près bien, dans un esprit mordant mais, disons « tenu ». Au début pourtant, la tension fut vive, lorsqu’un étudiant d’origine maghrébine (le seul d’ailleurs), fort ému, reprocha à Le Pen son rôle de tortionnaire en Algérie… (Le sujet venait en effet d’être relancé par Le Canard enchaîné). A quoi le chef du Front national répondit en substances : Permettez-moi d’abord, Monsieur, puisque vous ne vous êtes pas présenté, de vous demander votre nom… Tollé dans la salle… « Mais comment, ai-je été ici convoqué à un tribunal ou à un débat normal ?! Auquel cas, il est bien normal, etc. »
Je crois vraiment que le but pédagogique fut bien atteint et valorisé lors d’une séance de débriefing [un enregistrement vidéo se trouve peut-être archivé au CFJ]
Voilà pour le fond de l’affaire qui, alors, ne souleva aucune indignation. Et surtout pas de la part du patron de l’époque du CFJ, Philippe Viannay, que j’avais bien sûr informé de mon initiative et qui m’avait totalement laissé carte blanche. Le lendemain il me confiait : « J’étais inquiet, sans vous le dire. Mais vous avez bien fait [de l’inviter] ».
Aussi suis-je atterré de voir le SNJ-CGT, pour appeler à manifester ce jeudi devant le CFJ, invoquer le même Philippe Viannay au titre de son passé de grand résistant. Il fut en effet le dirigeant principal de Défense de la France, mouvement clandestin dont le journal du même nom est à l’origine directe de France-Soir. On le retrouve aussi à l’origine du Centre de formation des journalistes en 1946, de l’école de voile Les Glénans et du Nouvel Observateur.
« On cauchemarde : le conducator éructant serait rangé désormais dans la liste des invités fréquentables, qui plus est face à de futurs journalistes, profession qu’il ne cesse d’insulter », écrit le syndicat de journalistes dans un communiqué, tout en appelant à manifester « en mémoire des fondateurs » de l’école.
Faire mentir les morts pour ne pas voir le diable. Est-ce ça la « leçon de journalisme » du SNJ-CGT ? Misère que ce syndicalisme !
Internet et Cie. Du bon usage du nazisme, du professeur Kuing Yamang et de la falsification

Cliquer sur l’image ou aller là : http://www.facebook.com/pages/On-sait-ce-que-lon-veut-quon-sache/143363392375566
Voilà que refleurissent les détournements, à la manière des situationnistes dans les années 60, notamment à partir de films sud-coréens de kung-fu. Celui ci nous est venu par Dominique Dréan (merci !) via un de ses commentaires. Il s’agit d’un passage de « La Chute » (Der Untergang), un film allemand d’Oliver Hirschbiegel (2004). On y voit Hitler dans son piteux déclin, en proie à l’hystérie. Les sous-titres se situent, c’est le cas de le dire, dans la tradition anarchiste, projetant une représentation néo-spartakiste du mouvement de libération du peuple…
Pour un peu on y croirait… Mais aujourd’hui…, c’est l’espérance qui manque le plus. Quand bien même le politique en porterait de manière crédible, il lui faudrait encore vaincre le contre-mouvement de repli individuel et, par delà, recréer les liens distendus, sinon rompus, entre le moi-je et le nous sociétal – ce qu’un bon mien copain dénomme « l’articulation du je-nous »… dont l’arthrose fait pour le moins boiter nos sociétés.
Autre remarque de fond. Il s’agit du recours au nazisme comme « argument » de comparaison. Cette faiblesse par l’outrance manichéenne tendrait à assimiler le sarkozysme au nazisme, ce qui est délirant. Une occasion de plus pour évoquer ce qu’on appelle la « loi de Godwin », du nom de son inventeur, Mike Godwin, chercheur à l’Université Yale aux Etats-Unis. L’énoncé : « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1.» De même, dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin. Et par extension, du fait de la polysémie du mot « point », des « points Godwin » peuvent être attribués à l’unité.
Cette « loi » s’appuie donc sur l’hypothèse selon laquelle une discussion qui dure peut amener à remplacer des arguments par des analogies extrêmes. L’exemple le plus courant consiste à comparer le thème de la discussion avec une opinion nazie ou à traiter son interlocuteur de nazi et de fasciste (« facho »). Si le sujet de la discussion était très éloigné d’un quelconque débat idéologique, une comparaison de ce genre est considérée comme un signe d’échec de la discussion. On estime alors qu’il est temps de clore le débat, dont il ne sortira plus rien de pertinent : on dit que l’on a atteint le « point Godwin » de la discussion. [Voir de multiples prolongements sur le sujet sur internet, et notamment là, avec fournitures d’exemples hexagonaux fameux].
Néanmoins, pour en revenir à la vidéo du départ, c’est à voir là, et ça permet de se régaler du talent de comédien de Bruno Ganz et cet extrait d’un film remarquable.
Autre exemple du même genre qui, celui-là, galope à bride abattue sur la toile. Dominique, le même, me l’a aussi envoyé, comme avant lui plusieurs autres internautes. Ça en devient un hoax, c’est-à-dire une fausse info – souvent accompagnée d’un certificat d’authenticité genre « VÉRIDIQUE ! », en capitales et en gras. (Voir le site hoaxbuster, qui traque ce genre de « nouvelles »).
En l’occurrence, il s’agit d’une émission de télé chinoise dans laquelle le «vénérable professeur Kuing Yamang» analyse doctement le déclin de la France. Le propos est cinglant, argumenté et„ surtout, trouve sa portée du fait de son origine, l’empire du Milieu…
Voici comment Christophe S.-B. présente l’affaire : « En effet, j’ai vu cette vidéo courant juin. Il s’agit d’un canular à la manière des situationnistes (fin des années 50 début des années 70). Je pense à un film situationniste de 1973 moquant le régime maoïste intitulé « La dialectique peut-elle casser des briques », oeuvre de René Vienet - qui reprend des films de Kung Fu en VO , et sous-titre les dialogues par des discussions sur la lutte des classes, et la guerre entre le prolétariat et les bureaucrates. Ce genre de détournement de l’image ne date donc pas d’hier.
« L’auteur de ce petit pétard se veut mettre en scène un supposé professeur chinois dénommé Kuing Yamang (Kouignamann, le gâteau breton ). Le problème ne tient pas seulement au contenu des sous-titres bidonnés qui portent des jugements à l’emporte-pièce sur les Français mais surtout à la personnalité bien réelle qui s’exprime qui n’est autre que l’ancien ambassadeur de Chine en France et ex-porte parole du ministère chinois des affaires étrangères, Wu Jianmin, actuellement membre Bureau international des expositions (BIE) pour Shanghai Expo 2010. Les sous-titres sont faux et les deux hommes parlent de l’Exposition Universelle de Shanghai.
[…] « L’auteur du canulard est un militant libéral, breton « bretonnant » bien de chez nous (de Lorient), Yann Caherec. Pour faire parler de lui, il a plutôt reussi son coup. »
L’auteur de cette vidéo parodique l’avoue lui-même sur la page Youtube de la vidéo. Il ne fallait donc pas aller bien loin pour vérifier, mais c’était tout de même trop pour quelques blogueurs qui sont tombés dans le panneau. Et ainsi de détailler :
Fdesouche.com la publie comme authentique, avant que ses commentateurs ne lui fassent part de la supercherie. Il essaie depuis de faire passer son erreur pour une plaisanterie.
Novopress.info de même, allant jusqu’à qualifier la vidéo de “retentissante” et d’en citer certains passages, avant de se raviser.
L’Observatoire des Subventions publie également cette vidéo truquée. La encore la vérité est rétablie dans les commentaires, parfois peu amènes envers le site.
Sur ExpressionLibre.net, toujours pas de démenti si ce n’est dans les commentaires.
Et la rédaction belge de 7sur7.be, qui à défaut d’appliquer la déontologie, y pense sincèrement: « Cette vidéo est à prendre avec des pincettes: personne ne parlant mandarin à la rédaction, nous ne pouvons assurer nos lecteurs de la véracité des sous-titres. Le “professeur Yamang” n’est pas sérieusement référencé sur le Net. Cependant, la teneur des propos étant de nature à interpeller et à faire réfléchir, nous avons décidé de maintenir l’article en ligne. »
Enfin, et entre autres sans doute, sur BFM TV, Olivier Mazerolle, un vieux de la vieille, gobe l’affaire et la fait gober à Cécicle Duflot (Les Verts), tandis qu’une image de Sarkozy est introduite parmi les autres de manière subliminale. De quoi gloser !
Le mot de la fin à l’auteur du détournement vidéo, qui répond à un commentateur lui reprochant que sa blague soit prise au sérieux par plusieurs personnes: « Les gens sont crédules, ils n’ont qu’à vérifier les sources ou réfléchir un peu au lieu de croire bêtement toutes les conneries qu’on leur balance. Je n’ai pas fait cette vidéo pour parler de la Chine, ce n’est pas le sujet, mais pour exposer une certaine vision de notre société. Lis ou relis les Lettres persanes de Montesquieu : J’aime bien cette idée de faire parler des gens assez extérieurs au problème. »
Belle et « véridique » leçon médiatique, pas vrai ?
France Inter. Ruade de Morel, dérobade de Val
L’humour, ah l’humour ! Y a qu’ça d’vrai, pas vrai ? A ce propos, un ami m’adresse un emil la semaine dernière pour me signaler ça : « J’ai eu peut être l’occasion de le dire sur ton blog, je n’écoute plus France Inter. Je ne sais pas par quel enchainement de clics je suis arrivé hier à cela: http://www.dailymotion.com/video/xexqt0_message-pour-nicolas-sarkozy_fun
C’est avec ravissement que j’ai constaté que Val n’est pas tiré d’affaire et que son « actionnaire » chéri est toujours cerné par les nez rouges: François Morel a repris le lambeau avec beaucoup de talent. »
Message pour Nicolas Sarkozy
envoyé par franceinter. - Gag, sketch et parodie humouristique en video.
Je viens d’écouter la chose. Si ce n’est déjà fait, ne la loupez pas, c’est un chef d’oeuvre de finesse vache. Cliquer sur le lien ou sur l’image, ça devrait démarrer. Et merci Dominique D., tu as bien mérité, toi aussi, de la patrie !
PS : France Inter, le matin, est devenu particulièrement ronron. On se veut léger, sinon joyeux; on parvient tout juste à faire propre. Le remplaçant de Demorand, Patrick Cohen, passe les plats à ses invités successifs. Il a le bagout convenable, sait se tenir à table. Ne pète jamais. Un vrai gendre comme il faut. Val, son patron, doit jubiler. D’ailleurs il montre sa satisfaction dans un entretien à Télérama [25/9/10]. Je recopie la fin :
« Il y a quelque temps vous avez dit « L’actionnaire est maltraité sur cette chaîne. » Le rediriez-vous ?
Philippe Val : D’abord, cette phrase a été tronquée, donc déformée. Je disais que l’actionnaire, ce n’était pas seulement l’auditeur d’Inter…
Télérama : …en parlant de l’actionnaire, vous ne parliez pas de l’État ?
Val : Absolument. Je parlais de ceux qui paient la redevance.
Télérama : Vraiment ?
Val : Oui, l’actionnaire, c’est le peuple. »
Voir sur C’est pour dire l’original de la déclaration : Selon Val, France inter « coûte cher à l’actionnaire » Sarkozy Le dirlo d’Inter avait déclaré : « France Inter est une radio qui coûte cher à l’actionnaire, qui n’est pour tant pas très bien traité par la station. » Pas question de « peuple » là-dedans ! Emmerdé, le lendemain Val rectifie ainsi le tir : » Il est évident pour moi que l’actionnaire d’Inter n’est pas le président de la République, mais les auditeurs »
Il y a une sorte de justice immanente pour les traitres et autres faux-culs : elle leur saute à la tronche. Et on ne voit plus qu’un hideux faux-nez – cerné par les nez-rouges des humoristes.










« C’est pour dire », par Gerard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification
