Sage, l’image ?
Hubris, alias « FLG-437 »
Attention les oreilles et les yeux ! Fan de Viens poupoule ou du Chanteur de Mexico, vade retro ! D’ailleurs tu ne serais pas là, et donc pas tenté d’aller voir-entendre cet Hubris, selon FLG, alias Frank Lovisolo-Guillard pour une plongée de 4’37″. Plongée dans quoi, vers quoi, au-delà de quoi„ quand, où ? Ça, mon gars, ma belle, à toi de voir-entendre, je te le redis. Branche ta châine, sans la briser… Et pars. Avec pour seul viatique, cette sorte d’énigme de l’auteur, un peu sphinx à ses heures, pour un message très actuel :
« Pour les anciens Grecs il s’agit de la démesure ou de l’outrance dans le comportement.
« C’est aussi un sentiment violent né de l’orgueil qui allait jusqu’au dépassement des limites : l’offense envers les dieux. Dans les tragédies Grecques c’est la déesse vengeresse Némésis qui punit l’hubris*. Elle est apparentée à Até et aux Érinyes.
« Selon Aldous Huxley, « Les Grecs savaient parfaitement que l’hubris, qui s’oppose à l’ordre divin de la nature, entraîne un juste retour des choses. »
HUBRIS, par Frank Lovisolo mai, 2011
L’affaire DSK remporte la palme du Spectacle mondialisé
Si on en doutait encore, l’affaire DSK nous y replonge : notre monde est bien celui de l’empire visuel, du règne absolu – absolutiste – de l’image. L’image sacralisée comme valeur de tout, du bien comme du mal, de la gloire comme de la déchéance, aux deux extrémités du visible – lequel recèle tellement d’invisible.
Et nous sommes là, ballottés dans ce champ à haute tension, le jugement pris entre croyances, convictions, incrédulité, scepticisme, rejet… Qu’on s’en tienne à ces seules dernières semaines : on est alors passés, en termes de célébrations visuelles ultra-spectaculaires, par des phases les plus extrêmes : révoltes arabes ; drame japonais (séisme, tsunami, explosions à la centrale nucléaire de Fukushima) ; guerre civile en Côte d’ivoire ; canonisation de pape ; mariage princier ; mort de Ben Laden ; chute de Strauss-Kahn…
Étrange « film », au montage saccadé, de ce qu’on appelle l’actualité, dont la hiérarchie est portée par le monde du Spectacle considéré comme une sorte de sur-virtualité, un état intermédiaire entre une certaine réalité et ses représentations visuelles surtout médiatiques. Film qui remporte la palme universelle, bien au-delà de Cannes au festival plus que jamais « empailletté ».
Notre monde en devient dingue, ça on le savait, mais ses habitants – du moins une frange d’entre eux – s’en trouvent littéralement drogués, rendus addicts à une drogue très dure qui rend dépendants dealers et consommateurs dans un même trafic mondialisé. Une addiction si forte que le fait même de l’évoquer ou encore de l’analyser oblige à consommer encore et encore ces fameuses images.
C’est aussi le cas de cette analyse menée ici par Christian Salmon, grand (d)énonciateur du « storytelling », lorsqu’il démonte la machine à l’ouvrage dans l’affaire DSK. Car son analyse est tenue autant qu’elle tient par l’image, qu’à notre tour nous sommes menés à consommer, voire à savourer…
Histoire de basse-cour
L’hypocrite: « Allez savoir ce qui, aujourd’hui, m’a fait penser à La Fontaine »… Mais c’est une fable…
La Perdrix et les Coqs
La Fontaine, Livre X - Fable 7
Parmi de certains coqs incivils, peu galants,
Toujours en noise, et turbulents,
Une perdrix était nourrie.
Son sexe et l’hospitalité,
De la part de ces coqs, peuple à l’amour porté,
Lui faisaient espérer beaucoup d’honnêteté:
Ils feraient les honneurs de la ménagerie.
Ce peuple cependant, fort souvent en furie,
Pour la dame étrangère ayant peu de respect,
Lui donnait fort souvent d’horribles coups de bec.
D’abord elle en fut affligée ;
Mais, sitôt qu’elle eût vu cette troupe enragée
S’entre-battre elle même et se percer les flancs ;
Elle se consola. « Ce sont leurs moeurs, dit-elle ;
Ne les accusons point, plaignons plutôt ces gens :
Jupiter sur un seul modèle
N’a pas formé tous les esprits ;
Il est des naturels de coqs et de perdrix.
S’il dépendait de moi, je passerais ma vie
En plus honnête compagnie.
Le maître de ces lieux en ordonne autrement ;
Il nous prend avec des tonnelles,
Nous loge avec des coqs, et nous coupe les ailes :
C’est de l’homme qu’il faut se plaindre seulement. »
– – –
Parmi de certains coqs : parmi certains coqs. Il n’est plus possible aujourd’hui d’employer le « de » devant un adjectif indéfini.
Incivils : qui manquent de courtoisie.
Noise : bagarre, querelle. Ne s’emploie plus guère que dans les expressions « chercher noise à quelqu’un » ou « chercher des noises à quelqu ’un ».
Honnêteté : respect, avantages.
Tonnelles: Les chasseurs roulaient devant eux de grands tonneaux munis de filets dans lesquels venaient se prendre les perdrix.
[Notes de http://www.lafontaine.net ]
Un Ben Laden sans paroles
© faber
Avec tout son talent, et comme il le dit lui-même, mon camarade Faber renoue avec « cette tradition du dessin muet qui donne toute la parole au lecteur ». Même si on reste bouche bée…
Dessin publié dans Le Jeudi (Luxembourg) et La Semaine (Metz et Nancy).
Mort de Ben Laden : Chat ne changera rien
Éditorial par l’image. Minette est formelle : chat ne changera rien. Surtout pas ses habitudes de regarder le 20 heures à distance dans le reflet de la fenêtre. Y compris et surtout un soir comme celui-ci où le monde (infantile) festoie après l’assassinat d’un assassin. Pardonnons aux violents qui gouvernent, ils ne savent pas ce qu’ils font…
« Fête du travail », et quoi encore ?
Déjà, fêter le travail c’est plus que discutable. Oui, on pourrait en effet discuter du travail en question : quel travail ? Quelle créativité ? Quel épanouissement ? Quelle libération ? Ou, dans l’autre sens : Quel non-travail ? (sans-emplois, exclus en tous genres). Quel abrutissement, quel épuisement physique, quelle exploitation, quelle aliénation ? Voir Orange et mourir… Ou plutôt relire l’irremplaçable Droit à la paresse (téléchargeable), de Paul Lafargue, (1883) – et par ailleurs gendre de Marx… Sous le titre « Un dogme désastreux », son pamphlet démarre ainsi, je m’en régale toujours :
« Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie trame à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail. Hommes aveugles et bornés, ils ont voulu être plus sages que leur Dieu ; hommes faibles et méprisables, ils ont voulu réhabiliter ce que leur Dieu avait maudit. Moi, qui ne professe d’être chrétien, économe et moral, j’en appelle de leur jugement à celui de leur Dieu ; des prédications de leur morale religieuse, économique, libre-penseuse, aux épouvantables conséquences du travail dans la société capitaliste. »
Bon, ne gâchons pas totalement la « fête »… Mais tout de même, tomber un dimanche cette année, c’est une provocation ! Ce « joli mai » s’annonce donc pourri. Déjà qu’avril a affolé les météos : la grêle a ravagé le vignoble de Sauternes, t’as qu’à voir !, ainsi que les pommiers en floraison dans la vallée du Rhône et les Alpes de Haute-Provence. Les fraises aussi en ont pris un coup. Même le muguet a subi les affres du réchauffement ! Les muguettistes s’en sont plaint ; ils ont dû planquer les clochettes prématurées dans des frigos. Au fait, saluons au passage, le grand homme par qui cette aimable tradition a pu être réactivée et en somme naturalisée : Pétain lui-même, le jour de sa fête, la saint-Philippe, en 1941. On a vu à quel point ça nous a porté bonheur. Bref, à y regarder de plus près„ ce muguet est tout de même bien chargé : symbolique du renouveau printanier, tradition plus ou moins odorante remontant à Charles IX, superstition des temps reptiliens, fascisme pétainiste, capitulation de l’églantine rouge qui annonçait le Temps des cerises… Ainsi se forgent les cultures. En offrande ici : mon muguet virtuel qui se fait lutiner par une anarchiste coccinelle… Renversant, non ? [ Cliquer dessus gentiment].
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur. Le Temps des cerises,
“C’est pour voir”, c’est pas que pour les chiens !
Je sens bien que les mots, ils saturent les pauvres mots – et leurs lecteurs avec. Alors, pourquoi diantre ne pas aller plus souvent mater à côté si le monde y est plus beau, plus coloré, plus causant aussi finalement. A côté, c’est-à-dire là, en voisinage : http://c-pour-voir.over-blog.com/ Chaque jour sa photo, ou presque, et réciproquement.












« C’est pour dire », par Gerard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification

