par Daniel Cohn-Ben­dit et Alain Geis­mar « Nous sommes cou­pables d’avoir fait souf­fler un vent de liber­té et d’autonomie à la radio-télé­vi­sion d’État d’alors; ce que semble regret­ter Nico­las Sar­ko­zy. Nous sommes cou­pables d’avoir rêvé d’autonomie et de démo­cra­tie dans les écoles, les uni­ver­si­tés et les usines. Cou­pables d’avoir dési­ré la jus­tice et l’égalité au tra­vail comme à la mai­son; ce qui semble déran­ger Nico­las Sar­ko­zy. Nous sommes cou­pables d’avoir taillé une crou­pière à l’autoritarisme gaul­liste, mar­xiste, com­mu­niste, syn­di­cal et patro­nal. Nous sommes cou­pables de cette réa­li­té d’aujourd’hui où les femmes et les hommes décident en toute liber­té de leur corps et, pire, de res­ter ensemble ou de se quit­ter. De cette réa­li­té où les jeunes décident libre­ment de leur contra­cep­tion et où les femmes ont le droit de choi­sir de lais­ser naître un enfant ou pas. Visi­ble­ment cela ne plaît pas non plus à Nico­las Sar­ko­zy. Nous sommes cou­pables d’un tas de conne­ries comme « CRS-SS ». Mais était-ce donc pire que les pro­pos d’un Georges Mar­chais, alors secré­taire géné­ral du Par­ti com­mu­niste fran­çais, pour qui « l’anarchiste alle­mand » venait déran­ger la classe ouvrière fran­çaise ou qu’un  » Cohn-Ben­dit à Dachau!  » qui ser­vait de mot d’ordre à la grande mani­fes­ta­tion gaul­liste?

Nous sommes cou­pables du bêti­sier révo­lu­tion­naire des « Vive Trots­ki”, « Vive Che Gue­va­ra! », » Vive Mao! », autre­ment dit, des « Vive la révo­lu­tion auto­ri­taire ou tota­li­taire »,  » liber­taire ou plé­béienne ».
Cou­pables donc d’avoir béa­ti­fié Marx ou Prou­dhon en igno­rant Han­nah Arendt et Albert Camus mais aus­si de n’avoir pas bien lu Jean-Paul Sartre.

Nous sommes géné­ti­que­ment cou­pables d’un désir d’égalité, de soli­da­ri­té et de liber­té.

Nous sommes géné­ti­que­ment cou­pables de pen­ser que le pou­voir n’est pas la pro­prié­té pri­vée d’un homme ou d’une femme.

Nous sommes géné­ti­que­ment cou­pables de rêver d’une mon­dia­li­sa­tion éco­lo­gi­que­ment et socia­le­ment régu­lée.

Nous sommes géné­ti­que­ment cou­pables de croire que le kar­cher ne résout rien et que la police ne peut pas tout.

C’est pour toutes ces rai­sons que nous déci­dons de créer un cercle des « enra­gés repen­tis fati­gués de la chien­lit » et que nous deman­dons à être réédu­qués par le maître pen­seur de la révo­lu­tion cultu­relle sar­ko­zyste, André Glucks­mann, en pro­met­tant de nous fla­gel­ler publi­que­ment et col­lec­ti­ve­ment devant le siège de l’UMP les jours de prière du ven­dre­di, same­di et dimanche.

Et puisque nous nous décou­vrons aujourd’hui, non sans inté­rêt ni sur­prise, res­pon­sables de la spé­cu­la­tion bour­sière et des para­chutes dorés pour les grands patrons, nous convo­quons, en ver­tu des droits à la pro­prié­té intel­lec­tuelle, une assem­blée géné­rale pour récla­mer col­lec­ti­ve­ment nos divi­dendes qui finan­ce­ront nos séances d’autocritique, de confes­sion publique, de péni­tence et d’humiliation. Nous voi­là prêts à « pas­ser aux aveux » au pro­chain congrès de l’UMP.

Inch’Allah, Mazel-Tov, que Dieu nous bénisse et que la révo­lu­tion sar­ko­zyste nous punisse.

Nous savons que, libé­rés de notre culpa­bi­li­té, nous pour­rons nous épa­nouir à l’ombre du pou­voir de Nico­las Sar­ko­zy. Ensemble, et sans tous ceux qui dérangent. Sous les pavés de notre honte, la plage...

Mer­ci Saint Nico­las.

Share Button