Coup de gueule

Cousteau, salaud, le peuple de l’eau aura ta peau ! (pcc Gérard Mordillat)

Encore une idole qui se fait dézinguer. Cette fois, ce n'est pas Onfray qui cogne, mais Gérard Mordillat qui se tape le "commandant Cousteau" en revisitant son film tourné avec Louis Malle, Le Monde du silence.

Palme d'or à Cannes en 1956 et Oscar du meilleur film documentaire l'année suivante aux Etats-Unis le film a consacré un nouvel héros des profondeurs, bientôt élevé au rang d'idole de la Nature océane. Des centaines de milliers de spectateurs auront gardé en mémoire la beauté des fonds marins et la… profondeur du propos. Soixante ans après la sortie, le romancier et cinéaste Gérard Mordillat reconsidère l'unanimisme béat qui avait accueilli le film et s'interroge sur ce qui lui apparaît aujourd’hui  comme l'œuvre d'« une bande d'abrutis satisfaits ». Et de détailler les scènes d'horreur : tuerie de requins à coups de pelle, cachalot déchiqueté par l'hélice de la Calypso et achevé au fusil, dynamitage de poissons pour raison "scientifique", etc.

Comment se fait-il qu'on n'ait alors rien vu ? s'étrangle Mordillat. C'était début juillet, sur le site de Là-bas si j’y suis (l’émission de Daniel Mermet, ex-France Inter). La vidéo ci-dessous illustre cette affaire post mortem.

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Gerard Ponthieu

Journaliste, écrivain. Retraité mais pas inactif. Blogueur depuis 2004.

11 réflexions sur “Cousteau, salaud, le peuple de l’eau aura ta peau ! (pcc Gérard Mordillat)

  • Toujours aus­si couillu notre Mordillat natio­nal. Lui ai envoyé un mot suite à l’é­mis­sion. Ne pas res­ter silen­cieux devant ce monde du silence – il y en a d’autres – vla le message.

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  • Comment se fait-il qu’on n’ait rien vu, com­pris, SENTI ? Comment se fait-il qu’on puisse applau­dir quand le toro, écu­mant et pis­sant le sang, hale­tant d’in­com­pré­hen­sion, va obli­ga­toi­re­ment cre­ver tru­ci­dé de part en part ? Si l’in­sen­si­bi­li­té pour le vivant qui ne demande qu’à vivre, sans emmer­der per­sonne, est ins­crit dans le patri­moiine géné­tique, il n’y a rien à faire : si ce n’est pas le cas, il y a encore pas mal de bou­lot ! 4 août, abo­li­tion des pri­vi­lèges, dont celui de la conne­rie pestiférée ?

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    • Se dis­tan­ciant péni­ble­ment de Descartes et son « ani­mal-machine », l’a­ni­mal humain n’en reste pas moins imbu de son essence supé­rieure, d’ordre divin bien sou­vent. S’étant vite remis de sa bles­sure nar­cis­sique infli­gée par Darwin et l’é­vo­lu­tion­nisme, il s’est empres­sé de renier sa part ani­male et, plus encore, bio­lo­gique. C’est peut-être bien cette part de lui-même qu’il com­bat à mort chez le toro des cor­ri­das. À cet égard, Cousteau serait un mata­dor des mers dra­pé dans un ver­nis scien­ti­fique, pro­dui­sant fina­le­ment du spec­tacle de paco­tille. On ne l’a pas vu sous cet angle. Soixante ans après, ça n’ap­pa­raît pas à l’é­vi­dence ; il y a tout de même un pro­grès mais, comme tu dis, il reste du boulot !

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  • Gérard Bérilley

    J’ai décou­vert votre site il y a plu­sieurs mois déjà, en cher­chant ce qu’é­taient deve­nus les anciens de La Gueule Ouverte et de Sexpol, dont j’é­tais lec­teur, et depuis je l’ouvre quo­ti­dien­ne­ment et vous appré­cie tou­jours, et tout spé­cia­le­ment dans vos réfé­rences à Montaigne. Quand on a du flair l’on se trompe peu, il faut le flair d’un Nietzsche pour cela. Je n’ai jamais aimé le Commandant Cousteau, ni Louis Malle d’ailleurs (je me rap­pelle de lui un film tota­le­ment inces­tueux, catas­tro­phique, abso­lu­ment non cri­ti­qué à l’é­poque et peut-être encore depuis). Si le Commandant Cousteau avait été véri­ta­ble­ment éco­lo­giste, vu sa noto­rié­té, il aurait pu avoir un impact posi­tif consi­dé­rable. Il ne l’a jamais fait. Un contem­po­rain de Cousteau, un véri­table amou­reux et défen­seur de la Vie sau­vage, a lui été com­plè­te­ment omis, comme la socié­té bour­geoise sait le faire, il s’a­git du gra­veur, sculp­teur « ani­ma­lier » suisse, Robert Hainard (1906 – 1999), pré­cur­seur de la pen­sée éco­lo­gique, auteur de plu­sieurs livres de la pre­mière impor­tance dont « Mammifères Sauvages d’Europe » et « Expansion et Nature » l’un des plus beaux livres que j’ai pu lire. L’on peut décou­vrir Robert Hainard en cher­chant sur Google : Fondation Hainard. Continuant à vous lire, et mer­ci pour vos écrits.

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    • Merci vive­ment pour la bonne cha­leur de ces lignes !
      Le film de Malle, ça doit être Le Souffle au coeur, très auto­bio­gra­phique à ce qu’on en a dit. Je ne serais pas aus­si sévère au sujet de Louis Malle. Bien qu’is­su de la grande bour­geoi­sie indus­trielle du Nord (le sucre Béghin-Say), son oeuvre ciné reflète une vraie pro­fon­deur : Lacombe Lucien, par exemple, brise le mani­chéisme moral sur l’en­ga­ge­ment, ou non, dans la Résistance ; il montre la part du hasard dans les des­ti­nées humaines. Le Voleur est aus­si un film inté­res­sant, tiré du bou­quin de Georges Darien qui s’est lui-même ins­pi­ré de la vie de l’a­nar­chiste Marius Jacob. Il a éga­le­ment tour­né Milou en mai et Au revoir les enfants… Et aus­si Fatale qui, alors là, m’a vrai­ment mis mal à l’aise… Bref, je pense que son alliance avec Cousteau fut celle du débu­tant qu’il était (assis­tant sor­ti de l’IDHEC ; d’ailleurs, il n’a pas replongé !
      Robert Hainard, non, c’est la pre­mière fois que j’en entends par­ler. À voir donc. Et encore merci !

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  • J’ai tou­jours du mal avec cet éner­gu­mène qui, soi-disant près de la nature, se fait appe­ler Commandant…

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  • Raymond L

    C’est bien de réveiller tout ça, qu’on avait dû enfouir dans notre incons­cience de l’é­poque, ce qui en effet pose ques­tion… On ne sera pas les seuls à faire cette consta­ta­tion, comme quoi on est bien déter­mi­nés : selon les époques, les lieux et sans doute ce qu’on appelle l’i­déo­lo­gie domi­nante— elle existe bien ! Finalement, Cousteau, c’é­tait un bour­geois qui avait trou­vé un filon pour pas­ser sa vie dans l’ai­sance et l’a­du­la­tion popu­laire, au même titre que les stars de ciné, ce qu’il était aus­si. Qu’on me cite un bout d’exemple de la por­tée « scien­ti­fique » de son action !

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  • la pie

    Je n’ai jamais aimé ce mon­sieur tout gon­flé d’importance.
    Il se fai­sait un joli bas de laine avec ses expé­di­tions « scien­ti­fiques ». Il a pris beau­coup de naïfs dans ses filets. Merci de le remettre à sa place.

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  • Bonnet Rouge

    La façon que vous avez d’a­bon­der à une chro­nique de Mordillat aus­si bâclée et super­fi­cielle a quelque chose de stupéfiant.
    Mais enfin ! Ouvrez les yeux ! Ce n’est qu’une chro­nique pour le faire le buzz, sans aucune pro­fon­deur ni per­ti­nence. Il a bien réus­sit son coup sur ce point le Mordillat.
    A moins d’a­voir hiber­né au cours des années 1970 à 2000, auquel cas vous êtes par­don­né, vous ne pou­vez pas laver d’un revers de main l’œuvre d’une vie : Cousteau a ouvert le monde aux pro­blèmes de l’en­vi­ron­ne­ment et des menaces qui planent sur la pla­nète. Ce n’est pas « Le Monde du Silence qui est res­pon­sable de la dis­pa­ri­tion des pois­sons de nos océans !
    Le mani­chéisme sim­plet qui vous gagne a quelque chose de glaçant.

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