orlando_zapata_cuba.1267113374.jpgOrlan­do Zapa­ta Tamayo, est mort, mar­di 23 février, dans un hôpi­tal de La Hava­ne. Il menait une grè­ve de la faim de plus de deux mois pour pro­tes­ter contre ses condi­tions de déten­tion. Mem­bre d’une orga­ni­sa­tion de défen­se civi­que illé­ga­le, le Direc­toi­re démo­cra­ti­que cubain, il avait été condam­né en 2003 à dix-huit ans de pri­son pour « désor­dre public ».

Il s’agit du pre­mier déte­nu poli­ti­que « à mou­rir en déten­tion depuis le début des années 1970 à Cuba », affir­me la Com­mis­sion pour les droits de l’homme et la récon­ci­lia­tion natio­na­le, une orga­ni­sa­tion illé­ga­le mais tolé­rée par le pou­voir cubain. Selon son pré­si­dent, Eli­zar­do San­chez, « Il s’agit d’un assas­si­nat vir­tuel, pré­mé­di­té », accu­sant les auto­ri­tés d’avoir trop tar­dé à offrir des soins au dis­si­dent trans­fé­ré la semai­ne der­niè­re seule­ment de Camagüey, dans le cen­tre du pays, où il était incar­cé­ré, dans un hôpi­tal de La Hava­ne.

Prix Sakha­rov 2002 du Par­le­ment euro­péen, le dis­si­dent chré­tien Oswal­do Paya a accu­sé les auto­ri­tés cubai­nes d’avoir « assas­si­né len­te­ment » ce maçon de pro­fes­sion et noir de peau, vic­ti­me, selon lui, de coups et de vio­len­ces racis­tes lors de sa déten­tion. L’économiste dis­si­dent Oscar Espi­no­sa Che­pe, arrê­té en 2003 et libé­ré pour des rai­sons de san­té, esti­me que cet­te affai­re pour­rait se repro­dui­re en rai­son du « très mau­vais état » des pri­sons cubai­nes, où aucu­ne orga­ni­sa­tion inter­na­tio­na­le n’est admi­se. C’est le cas d’Amnes­ty Inter­na­tio­nal, qui esti­me à 65 le nom­bre des « pri­son­niers de conscien­ce » cubains. La plu­part des obser­va­teurs inter­na­tio­naux éva­luent cepen­dant à envi­ron 200 le nom­bre de pri­son­niers poli­ti­ques à Cuba.

Les pré­si­dents bré­si­lien Luiz Inacio Lula da Sil­va et véné­zué­lien Hugo Cha­vez sont arri­vés mar­di soir à La Hava­ne, sans fai­re de com­men­tai­res, après un som­met dit de « l’Unité » au Mexi­que des 32 pays de la région. De son côté, le pré­si­dent cubain, Raul Cas­tro, n’a pas craint de « regret­ter » la mort d’Orlando Zapa­ta. Depuis tou­jours, les auto­ri­tés cubai­nes accu­sent les dis­si­dents d’être des « agents » ou des « mer­ce­nai­res » à la sol­de des Etats-Unis.

La popu­la­tion et l’économie cubai­nes se trou­vent à bout de souf­fle. La cri­se s’est aggra­vée ces der­niers temps, à tel point que le pays est pla­cé au bord d’une ces­sa­tion de paie­ment.

[Sour­ces AFP, Le Mon­de, Yoa­ni Sán­chez – Gene­ra­cion Y]

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