"Quel bordel !". François Morel, ce matin sur Inter

« Ambiance de merde à France Inter ». C’est le thème de la chronique de François Morel sur ladite radio ce matin. Fini de rire, dit-il. L’écouter ou la réécouter, c’est de la dentelle fine et solide. Survivant (provisoire ?) de l’actuel vent de purge qui secoue la radio publique, Morel compare Hees à Domenech, en dépit du fait que le Pdg de Radio France s’en défendait crânement la veille. Morel tape juste en ce sens qu’on ne peut bien jouer au foot dans une ambiance de merde – preuve par le Mondial. Ce qui vaut pour toute autre activité, comme de faire vivre une radio, ou un journal pour de la bonne info, une boulangerie pour du bon pain. Ou un gouvernement pour de la bonne justice sociale, entre autres.

Mais si on peut envisager de changer de gouvernement  ou de régime (ne pas être impatient), c’est plus risqué pour son boulanger et quasi impossible pour sa radio. Ainsi hier, que c’était grève, fallait boire la tasse pubagère et limite putassière de ce qui se promène sur les ondes libérales et commerciales, ça va ensemble. Y avait même pas France Culture pour compenser, c’est dire le désert.

Que les dirigeants actuels de la radio publique, Hees et Val, s’en prennent à l’humour et à la satire au nom de la qualité de l’info (deux domaines séparés), c’est vraiment le signe. Signe d’un despotisme chopé comme une sale grippe, par contagion de pensée, si on ose dire, ou plutôt intégré, comme naturalisé par connivence et par soumission plus générale avec les puissants du moment. Non pas que ceux-ci donnent nécessairement leurs ordres, non, pas la peine, ça se fait tout seul, par imprégnation lente, surtout s’agissant d’esprits doués pour ça : l’art de baisser la tête dès le matin, pour n’avoir pas à se voir dans la glace.

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