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Islamisme. Une insulte contre la foi et tout bascule dans le fanatisme

Article republié. 1re publication le 17 septembre 2012

En juillet 2012, un extrait de 14 minutes d’une vidéo anti-islam titrée L’Innocence des musulmans était postée sur YouTube, mettant le feu aux poudres islamistes. Dès le 11 septembre, des attaques furent menées, notamment, contre des missions diplomatiques états-uniennes. Furent ainsi prises d’assaut l'ambassade des États-Unis en Égypte et le consulat à Benghazi (Libye) où l’on déplora quatre morts, dont l'ambassadeur.

Innocence of Muslims, produite en 2012, fut alors attribuée à un certain Nakoula Basseley Nakoula, un copte égyptien résidant en Californie, sous le pseudonyme de « Sam Bacile ». Selon lui, il s’agissait de dénoncer les hypocrisies de l'islam en mettant en scène des passages de la vie de Mahomet…

À cette occasion, une de plus, j’avais publié un article sur lequel je viens de retomber et qui me semble toujours assez actuel, hélas, pour le publier à nouveau.

Hier une vidéo, aujourd’hui un habillement. Et toujours les déchaînements fanatiques, des affrontements, des violences, des morts.

[dropcap]Il[/dropcap] a donc suffi d’une vidéo de dix minutes pour ranimer la flamme du fanatisme islamiste. Cette actualité atterrante et celle des vingt ans passés le montrent : des trois religions révélées, l’islam est aujourd’hui la plus controversée, voire rejetée[ref]En dehors du monde musulman, évidemment… Bien que des oppositions plus ou moins déclarées apparaissent ça et là dans l'islam.[/ref]. Tandis que la judaïque et la chrétienne, tapies dans l’ombre tapageuse de leur concurrente, font en quelque sorte le dos rond – ce n’est pas leur tour. En ce sens, elles peuvent se donner à voir comme les « meilleures », alors qu’elles n’ont pas manqué d’être les pires dans leurs époques historiques flamboyantes, et qu’elles ne sont toujours pas en reste pour ce qui est de leurs dogmes, les plus rétrogrades et répressifs.[ref]Même si on met un peu à part le judaïsme : cette religion sans visée planétaire directe retrouve toutefois le christianisme – ne dit-on pas le judéo-christianisme ? – et l’islamisme dans cette même volonté de pénétrer jusque dans les têtes et les ventres de chacun. En ce sens, celles qui se présentent comme les « meilleures » parviennent bien à être les pires dans leurs manœuvres permanentes d’aliénation. De même que leur « modération » demeure relative à leur stratégie hégémonique.[/ref]

Préalable : parler « religions » ici c’est considérer les appareils, et non pas leurs adeptes, ni leurs victimes plus ou moins consentantes. C’est donc parler des clergés, des dogmes et des cohortes activistes et prosélytes. On en dirait autant des idéologies, dont les pires – fascistes et nazies –, construites comme des religions, ont entaché l’Histoire selon des schémas similaires. Donc, distinguer les « humbles pécheurs » consentants, ou mystifiés par leurs « libérateurs », tout comme on ne confondra pas ces militants aux grands cœurs abusés par les Staline, Hitler et autres tyrans de tous les temps.

Parlons donc de l’islam politique, mis en exhibition dramatique sur la scène planétaire, voulant en quelque sorte se prouver aux yeux du monde. Aussi recourt-il à la violence spectaculaire, celle-là même qui le rend chaque jour plus haïssable et le renforce du même coup dans sa propre et vindicative désespérance. Et ainsi apparaît-il à la fois comme cause et conséquence de son propre enfermement dans ce cercle vicieux.

Que recouvre l’islamisme, sinon peut-être la souffrance de cette fraction de l’humanité qui se trouve marginalisée, par la faute de cet « Occident » corrompu et « infidèle » ? C’est en tout cas le message que tente de faire passer auprès du milliard et plus de musulmans répartis sur la planète, les plus activistes et djihadistes de leurs meneurs, trop heureux de décharger ainsi sur ce bouc émissaire leur propre part de responsabilité quant à leur mise en marge de la « modernité ». Modernité à laquelle ils aspirent cependant en partie – ou tout au moins une part importante de la jeunesse musulmane. D’où cette puissante tension interne entre intégrisme mortifère et désir d’affranchissement des contraintes obscurantistes, entre gérontocrates intégristes et jeunesses revendicatives. D’où cette pression de « cocotte minute » et ces manifestations collectives sans lesquelles les sociétés musulmanes risqueraient l’implosion. D’où, plus avant, les « printemps arabes » et leurs normalisations politiques successives – à l’exception notable de la Tunisie.

Un nouvel épisode de poussées cléricales d’intégrisme se produit donc aujourd’hui avec la promotion d’une vidéo dénigrant l'islam diffusée sur la toile mondiale et attribuée à un auteur israélo-américain – ou à des sources indéfinies[ref]Sources qui demeurent encore floues quatre ans après.[/ref]. Prétexte à ranimer – si tant est qu’elle se soit assoupie – la flamme des fanatiques toujours à l’affût.

On pourrait épiloguer sur ces conditionnements reptiliens (je parle des cerveaux, pas des personnes…) qui se déchaînent avec la plus extrême violence à la moindre provocation du genre. De tout récents ouvrages et articles ont ravivé le débat, notamment depuis la nouvelle fièvre éruptive qui a saisi les systèmes monothéistes à partir de son foyer le plus sensible, à savoir le Moyen Orient. De là et, partant, de la sous-région, depuis des siècles et des siècles, au nom de leur Dieu, juifs, chrétiens, musulmans – et leurs sous-divisions prophétiques et sectaires – ont essaimé sur l’ensemble de la planète, installé des comptoirs et des états-majors, lancé escouades et armées entières, torturé et massacré des êtres humains par millions, au mépris de la vie hic et nunc, maintenant et ici-bas sur cette Terre, elle aussi martyrisée. Et le tout au nom d’un Au-delà hypothétique, proscrivant à chacun sa libre conscience et l’art d’arranger au mieux la vie brève et, de surcroît, pour le bien de l’entière humanité.

Va pour les croyances, qu’on ne discutera pas ici… Mais qu’en est-il de ces systèmes séculiers proliférant sur les plus noirs obscurantismes ? On parle aujourd’hui de l’islam parce que les guerres religieuses l’ont replacé en leur centre ; ce qui permet aux deux autres de se revirginiser sur l’air de la modération. Parce que l’islamisme « modéré » – voir en Tunisie, Libye, Égypte ; en Iran, Iraq, Afghanistan, Pakistan, etc. – n’est jamais qu’un oxymore auquel judaïsme et christianisme adhèrent obséquieusement, par « charité bien comprise » en direction de leur propre « modération », une sorte d’investissement sur l’avenir autant que sur le passé lourd d’atrocités. Passé sur lequel il s’agit de jeter un voile noir, afin de nier l’Histoire au profit des mythologies monothéistes, les affabulations entretenues autour des messies et prophètes, dont les « biographies » incertaines, polies par le temps autant que manipulées, permettent, en effet, de jeter pour le moins des doutes non seulement sur leur réalité existentielle, mais surtout sur les interprétations dont ces figures ont pu être l’objet. Quid, en effet, d’un Mahomet tel que dépeint ici ou là – c’est selon évidemment – comme ignare, voleur, manipulateur, cupide et amateur de fillettes ? Pas plus réel que sa divinisation, ni celle de Moïse et de Jésus construits hors de leur propre réalité, selon des contes infantiles psalmodiés et faisant appel à la plus totale crédulité.

Mais, admettons que les hommes aient créé leurs dieux par nécessité, celle de combler leurs angoisses existentielles, de panser leurs misères, leurs vertiges face à l’univers et devant l’inconnu des lendemains et d’après la mort. Admettons cela et regardons l’humanité dans la perspective de son devenir et de son évolution – dans le fait de se lever sur ses deux jambes et même de se monter sur la pointe des pieds pour tenter de voir « par dessus » ce qui abaisse, s’élever dans la condition d’humains désirant, parlant, connaissant, comprenant, aimant.

Alors, ces religions d’ « amour », ont-elles apporté la paix, la vie libre et joyeuse, la justice, la connaissance ? Et la tolérance ? Ou ont-elles aliéné hommes et femmes – surtout les femmes… –, maltraité les enfants, méprisé les animaux ; inculqué la culpabilité et la soumission ; attaqué la philosophie et la science ; colonisé la culture et imprégné jusqu’au langage ; jeté des interdits sur la sexualité et les mœurs (contraception, avortement, mariage et même l’alimentation) ; commandé à la politique et aux puissants…

Torah, Bible, Évangiles, Coran – comment admettre que ces écrits, et a fortiori un seul, puisse contenir et exprimer LA vérité ? Par quels renoncements l’humain a-t-il cheminé pour finalement dissoudre sa rationalité et son jugement ? Mystère de la croyance… Soit ! encore une fois passons sur ce chapitre de l’insondable ! Mais, tout de même, la religion comme système séculier, comme ordre ecclésial, avec ses cohortes, ses palais, ses forteresses spirituelles et temporelles… Son histoire marquée en profondeur par la violence : croisades, Inquisition (je voyais l’autre soir sur Arte, Les Fantômes de Goya, de Milos Forman… ; une histoire de tout juste deux siècles !), guerres religieuses, Saint-Barthélemy, les bûchers, et aussi les colonisations, ethnocides, soutiens aux fascismes… Ça c’est pour le judéo-christianisme.

Côté islamisme, qui dit se dispenser de clergé, son emprise ne s’en trouve que plus entièrement diluée dans les sociétés, d’où l’impossible laïcisme des islamistes, se voudraient-ils « modérés ». Et que penser de cette violence endémique devenue synonyme d’islam, jusque dans nos contrées d’immigration où d’autres extrémismes en nourrissent leurs fonds de commerce nationalistes ? Sans doute un héritage du Coran lui-même et de Mahomet présenté dans son histoire comme le « Maître de la vengeance » et celui qui anéantit les mécréants… Voir sur ce chapitre les nombreuses sourates invoquant l’anéantissement des juifs, chrétiens et infidèles – tandis que, plus loin, d’autres versets promulguent une « sentence d’amitié » – contradiction ou signe opportuniste de « tolérance » ? Voir en réponse les fatwas de condamnation à mort – dont celles de Salman Rushdie par Khomeiny (avec mise à prix rehaussée des jours-ci ![ref]2012[/ref]) et de Taslima Nasreen qui a dû s’exiler de son pays, le Bengladesh. Voir l’assassinat de Théo van Gogh à Amsterdam, poignardé puis achevé de huit balles et égorgé en pleine rue ; dans un documentaire, il venait de dénoncer le traitement réservé aux femmes dans l’islam.[Le voir ci-dessous.][ref]Dans ma version de septembre 2012, j’avais manqué, à tort, d’évoquer le cas de Ayaan Hirsi Ali, femme politique et écrivaine néerlando-somalienne connue pour son militantisme contre l'excision et ses prises de position sur la religion musulmane. Elle fut menacée de mort par Mohammed Bouyeri, assassin du cinéaste Theo van Gogh, notamment à la suite de sa participation au court-métrage du réalisateur qui dénonçait les violences faites aux femmes dans les pays musulmans.[/ref]

Même double langage chez le dieu juif Yahvé pour justifier…l’extermination de certains peuples de Palestine (dont les Cananéens…) Cela en vertu du fait que les juifs seraient "le peuple élu de Dieu", dont le premier commandement est « Tu ne tueras pas » ! Ce fantasme juif alimente en les légitimant le colonialisme et ce qui s’ensuit en Palestine et l’affrontement des théocraties. Affrontement également par affidés interposés et leurs États ou organisations terroristes : Bush contre Al Quaïda, Tsahal contre le Hezbollah, "kamikazes" contre population civile. Violences innommables, guerres sans fin.

Quant au film « blasphématoire » qui agite de plus belle les fanatiques islamistes, il est curieux que nos médias de masse, radios et télés, semblent en contester la légitimité du fait qu’il serait bricolé, mal ficelé, « pas pro »… Comme s’il s’agissait d’une question d’esthétique ! Quoi qu’il soit et quels que soient ses commanditaires, il fait bien apparaître par les répliques qu’il provoque le niveau de fanatisme imprégnant les pays musulmans. Ce qui s’était déjà produit avec les caricatures danoises de Mahomet, dont certains avaient, de même, contesté la qualité artistique ! Et Goya, au fait, lorsqu’il représentait les visages de l’Inquisition, était-ce bien esthétique ? [ref]Le Guernica de Picasso n’est pas non plus une œuvre esthétique ![/ref]

La question ne porte aucunement sur la nature du « sacrilège » mais sur la disproportion de la réplique engendrée, allant jusqu’à mort d’hommes – l’ambassadeur états-unien et de ses collaborateurs en Libye, victimes sacrificielles et à ce titre totalement inscrites dans un processus d’expiation religieuse !

Et plus près de nous, que dire des provocations menées à Paris devant l’ambassade américaine ? Et aussi à La Courneuve, lors de la fête de l’Huma où Caroline Fourest a été chahutée, menacée, insultée et empêchée de débattre – entre autres sur ces questions d’intégrisme qui font les choux gras du Front national !

Comme quoi, pour résumer, une insulte contre la foi – ou ce qui en tient lieu –constitue un crime plus grave que de s’en prendre à un être vivant.

17 septembre 2012

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Gerard Ponthieu

Journaliste, écrivain. Retraité mais pas inactif. Blogueur depuis 2004.

Une réflexion sur “Islamisme. Une insulte contre la foi et tout bascule dans le fanatisme

  • capys

    Il s’a­git de « reli­gio­si­ser » ou non, en plus ou davan­tage, la socié­té. Il ne s’a­git que ce cela : l’is­lam (reli­gion) veut s’im­po­ser publi­que­ment dans la vie publique, comme une reli­gion DE PLUS et qui n’est pas des plus ouverte qui plus est. On oublie que si les sou­tanes et autres colo­rettes ont dis­pa­rues de la rue, c’est bien parce que les gens de la rue on agit pour cela. On avait même (avant le retour des ter­ro­ri­sants) réus­si à don­ner la honte aux per­sonnes qui se trim­bal­laient en uni­forme mili­taire de sorte que, eux aus­si, avaient dis­pa­ru de la rue.

    Revoir sur­gir sur la place publique des éten­dards têtus et emmi­tou­flant en plein été, des cui­ras­se­ment de tis­sus ves­ti­men­taires, l’en­fer­me­ment des femmes dans les locaux matri­mo­niaux, et le reste, ça fout les boules. Et c’est de cela qu’il s’a­git. (https://​fr​.scribd​.com/​d​o​c​u​m​e​n​t​/​318917208​/​L​e​-​C​o​r​a​n​-​e​t​-​s​e​s​-​F​e​m​mes)

    Mais on voit des jeunes gens qui défendent ces alié­na­tions, comme sujet à la tolé­rance, parce que le sens de l’his­toire du vécu de la rue a dis­pa­ru der­rière les walk­mans et autre ipo­de­ries, et ces jeunes gens se veulent pro­tec­teurs de cette « oppres­sion » de l’anti-clérical.

    Les gens, dans leur propre souf­france d’i­so­le­ment social (dont le péri­mètre de socia­li­té se résume à un degré de plus que la famille, c’est-à-dire l’es­pace du « tra­vail ») et l’i­so­le­ment de his­toire du vécu de leur parents dont ils ne savent plus par­ler (dire de mots com­pré­hen­sibles) que par le silence de leur vécu (de la même manière qu’il est deve­nu hon­teux aujourd’­hui de faire la grève pour défendre ses acquis sociaux, alors que nous fêtions cela à coups de gros rouge !) ne veulent plus avoir qu’à se recon­naître dans cette oppres­sion. cette contra­dic­tion les obligent à la « reli­gio­si­té », c’est à dire ce que leur parents consi­dé­raient comme une alié­na­tion contre laquelle ils se sont bat­tu pour se défaire.

    De sorte que l’é­vi­dence (on se découvre lors­qu’on rentre dans un res­tau­rant, pour ne pas man­ger la pous­sière de la rue – j’ai connu l’é­poque où même les poli­ciers se décou­vraient lors­qu’ils pas­saient le pas d’une biblio­thèque, par res­pect pour le savoir) –, qui qu’on soit ; on ne peut pas com­pa­rer la cour­tesse des jupons d’une époque qui veut se libé­rer des car­cans de la pudi­bon­de­rie à la pudi­bon­de­rie d’une autre actuelle qui veut se la mon­trer, etc.) disparait.

    Et l’é­vi­dence de la poli­tesse (de ne pas trop en faire pour res­pec­ter les autres qui ne sont pas comme vous pour quelque rai­son que ce soit et ce qui, mal­gré tout per­met encore bien de l’ex­pres­sion per­son­nelle !!!), la poli­tesse, tout cela se dis­si­mule der­rière le droit à la reli­gion, à être alié­né par une idéo­lo­gie qui est même deve­nue intouchable.

    Il ne s’a­git donc pas (ou plus) d’un retour au colo­nia­lisme contes­ta­taire, mais bien à une recon­quête du ter­ri­toire reli­gieux dans la vie publique ; recon­quête où l’en­semble du monde reli­gieux (catho, pro­tes­to, jui­fo, isla­mo) joue de concert. Et cela est très contestable.

    Car ce reli­gieux, comme par contraste, me dit que, moi, j’ai tord de lui faire du tord quand il m’en fait. Je devrais avoir honte d’être en biki­ni, de ne pas me cou­vrir le chef, de ne pas me raser la mous­tache, je devrais avoir honte à l’ef­froi de me ser­vir de ma four­chette de la main gauche, d’ai­mer la musique, de jouir de la vie avec mon amie, sexuel­le­ment et d’u­ser pour cela de moyens contra­cep­tifs, de vou­loir pro­té­ger mon enfant mâle de la cir­con­ci­sion (dont on arrive à dire qu’elle pro­tège du sida, sans prendre en consi­dé­ra­tion la défi­cience locale de l’hy­giène intime qui est une rela­tion à soi et aux autres), de ne pas me sen­tir sous la cou­pelle irri­table d’un dieu mâle, et le reste. De tout cela, plus rien n’est cri­ti­quable, je dois res­ter muet ! Disons-nous bien que ce SEUL fait de ne pou­voir rien dire est atten­ta­toire à la liber­té, car alors le reli­gieux marche la tête haute sur cette liberté.

    Faisons atten­tion que tout cela ne vienne s’af­fir­mer comme les armes d’une Guerre Sainte, pas la mienne ni pour moi, ni la mienne, bien sûr… mais contre moi.

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