« Fric, krach et gueule de bois : le roman de la crise ». C’était sur France 2 mardi soir. Cinquante ans de dérives libérales ramassés en une heure et demie, une gageure plutôt réussie, y compris avec ses lacunes inévitables (entre autres, l'optimisme béat d'Orsenna à la fin…). Même si, transposée dans la finance mondialisée, la référence à « Règlement de comptes à OK-Coral » ne saurait tout expliquer de la Crise, elle en illustre tout de même bien la démence irrationnelle.

L'ex-boss de Lehman Brothers, surnommé "le gorille"…

Quelques passages de l’émission télé valaient leurs pesants de cotations boursières. En particulier celui qui montre le président de Lehman Brothers, Dick Fuld, avec son profil de carnassier, la caricature du capitaliste psychopathe qui voit le péril en la demeure et menace : « On va serrer très fort ! Comprenez-moi bien [c’est une vidéo interne, il s’adresse à ses collaborateurs, qui ricanent en choeur], on va coincer tous ceux qui ne peuvent plus rembourser, et on va serrer très fort ! Ce n’est pas que je veux leur faire du mal… Non, je ne suis pas comme ça… je suis quelqu’un de doux et d’aimable… Non, ce que je veux, c’est les attraper, leur arracher le cœur et le bouffer avant qu’ils crèvent ! » Ça fait froid dans le dos. Et on pense à ces milliers, millions même, d’Américains jetés de leurs logements. Sans parler des conséquences subies dans le monde entier.

Voyez ce grand moment illustrant la névrose liée à l’avidité du fric. En comparaison, Dracula fait… pâle figure. Extrait vidéo : 4 mn


La crise, un roman. « Leur arracher le cœur et le bouffer »

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