« Jour­na­lis­me spor­tif » : un oxy­mo­re. C’est-à-dire l’alliance incon­grue de deux élé­ments aus­si oppo­sés que l’huile et l’eau. Sum­mum du gen­re atteint par L’Équipe qui, au len­de­main du mat­ch PSG-OM, n’a pas craint d’accommoder son lec­to­rat en ména­geant la chè­vre PSG et le chou OM (c’est une ima­ge, hein !). Et voi­là le tableau, selon l’édition, pari­sien­ne ou mar­seillai­se :

Imaginons L'Huma publiant une édition de droite…

Ima­gi­nons L’Huma publiant une édi­tion de droi­te…

Com­me le note Daniel Schnei­der­man (Arrêt sur ima­ges), les heb­dos aus­si « sont cou­tu­miers des cou­ver­tu­res régio­na­li­sées. « Le vrai pou­voir à Mont­pel­lier », « Stras­bourg demain », « les dix qui font Le Havre », « ceux qui comp­tent à Vier­zon »: en cou­ver­tu­re du Point ou de L’Express, ça en jet­te au lec­to­rat local, sup­po­sé flat­té que la pres­se pari­sien­ne, du haut de Sa Pari­sia­ni­tu­de, s’intéresse à lui. »

Le méri­te de L’Équipe, si on peut dire, c’est de met­tre car­ré­ment les pieds dans le plat de la déma­go­gie clien­té­lis­te ou, vul­gai­re­ment par­lant, du lécha­ge-de-cul.

On dira qu’après tout, ce n’est jamais là que l’application à la pres­se spor­ti­ve d’un bon prin­ci­pe de mar­chan­di­sa­ge : plai­re au client, qui est Roi.

Où l’on voit bien aus­si qu’il y a lieu de dis­tin­guer entre cri­se des médias et cri­se du jour­na­lis­me, et ne pas rédui­re la réflexion à l’opposition toi­le contre papier.

 

Post scrip­tum, dans la fou­lée et en ver­sion « cou­vrez ces épau­les que je ne sau­rais voir » :

Oscars: Une agence de presse iranienne recouvre les épaules de Michelle Obama

 

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