Le gou­ver­ne­ment chi­nois a cen­su­ré jeu­di le site Inter­net du quo­ti­dien Xin Jing Bao (Les Nou­velles de Pékin). Le jour­nal papier avait publié une pho­to (repro­duite ici, au risque de la cen­sure chi­noise…) mon­trant des jeunes bles­sés durant la répres­sion du mou­ve­ment démo­cra­tique de la place Tia­nan­men en 1989. D’autres sanc­tions sont à craindre. Cette affaire illustre le rai­dis­se­ment du gou­ver­ne­ment chi­nois, tan­dis qu’attentats et pol­lu­tion pèsent sur la tenue toute pro­chaine des JO.

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(AP Photo/Liu Heung Shing)

Les médias chi­nois sont tenus de pas­ser sous silence les fameux évé­ne­ments. Le quo­ti­dien a-t-il cru déjouer la cen­sure en publiant la pho­to sans légende ?… pour illus­trer l’interview de Liu Xiang­cheng, un ancien pho­to­graphe d’Associated Press, lau­réat du prix Pulit­zer en 1992 pour son tra­vail sur la chute de l’Union sovié­tique. Ce qui n’a pas trom­pé l’œil des cen­seurs. Les­quels vont cepen­dant devoir s’attaquer à inter­net où l’on retrouve l’image sacri­lège, cette fois avec sa légende indi­quant clai­re­ment que les jeunes gens ensan­glan­tés, allon­gés à l’arrière d’un cyclo­pousse de trans­port, sont des vic­times du 4 juin 1989.

Des exem­plaires du jour­nal-papier ont éga­le­ment été rap­pe­lés des kiosques, rap­porte ven­dre­di le quo­ti­dien hong­kon­gais Ming Pao.

Selon Asso­cia­ted Press et l’AFP, Les Nou­velles de Pékin a la répu­ta­tion d’être une voix libé­rale dans le pay­sage média­tique chi­nois, mais les rai­sons qui ont pous­sé le jour­nal à publier cette pho­to res­tent obs­cures. Fin 2005, le titre avait fait l’objet d’une reprise en main par le dépar­te­ment de la publi­ci­té (ex-pro­pa­gande) du Par­ti com­mu­niste chi­nois. En juin 2007, plu­sieurs res­pon­sables d’un autre jour­nal du sud-ouest de la Chine, le Cheng­du Eve­ning News, avaient été limo­gés après la paru­tion d’une publi­ci­té qui ren­dait un hom­mage dégui­sé aux vic­times de 1989.

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