On n'est pas des moutons

Raz de marée électromagnétique

Un seul ordi­na­teur vous manque et tout est dépeu­plé *… Comme si l’onde rava­geuse l’avait frap­pée dans son som­meil, cette sale bête a rechi­gné ce matin, refu­sant car­ré­ment de se réveiller. Le coma déli­bé­ré, exprès, la vache ! Et sa rébel­lion en dit long aus­si sur ses capa­ci­tés de domi­na­tion, ses talents à créer de la dépen­dance. Quoi, un bug, un éter­nue­ment viral, une panne de ces sata­nées machines, et nous voi­là tout coi-tout con ? !

Eh les potes, Jo et JFH, vous les  » ado­ra­teurs  » de Jacques Ellul, ce vision­naire, debout ! Par­lez-leur aux tech­nos, dites-leur bien à quel point on se sent par­fois si seul dans le  » peuple  » infor­ma­tique. Aler­tez-les des risques du pro­chain raz de marée élec­tro­ma­gné­tique qui ébranle le monde élec­tro­nique ! Et ain­si pré­ser­vez-nous de l’engloutissement sous la vague fatale qui anéan­ti­ra nos mémoires, les vives comme les mortes.

Une fois de plus, c’est le livre qui nous sau­vra. (Amen !)

* Pro­po­si­tion de jeu : Quelle est la cita­tion que cette phrase évoque ? De quel auteur ? Et on en repar­le­ra.

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FRANCE 2. On allait donner pour la Croix-Rouge… et puis J-F Mattei a surgi

Tout de même, ce raz de marée, qui vient gâcher notre entre-deux fêtes ! J’exagère à peine. Voyons, par exemple, la télé de ce midi. Com­ment envoyer les marrons gla­cés après tant de larmes, de cris, de dou­leurs ?… Eh ben comme ça : France 2, par exemple, avec son repor­tage tota­le­ment in-dé-cent (même par temps «calme») sur les pré­pa­ra­tifs du dîner de cha­ri­té au Ritz, qu’apparemment cette chaîne «spon­so­rise» puisqu’elle semble nous la ser­vir chaque jour au des­sert. Ils en étaient à 280 ins­crits. D’où la ter­rible inter­ro­ga­tion : com­bien de homards à estour­bir pour allé­ger la sup­po­sée mau­vaise conscience des «hap­py few» ? Et com­bien à payer pour un tel sou­la­ge­ment ? Entre 350 et 450 euros, nous a dit le repor­ter, sans pré­ci­ser ce qui jus­ti­fie la « four­chette » – c’est bien le mot.

Autres ques­tions, cette fois direc­te­ment liée au drame de l’Océan indien : Que faire ? Com­ment aider ? Sans doute en envoyant un don…, mais à qui ? À la mai­son, on pen­chait plu­tôt pour la Croix-Rouge, cette ONG de ter­rain, laïque, effi­cace, pas trop de cas­se­roles au cul, etc.

Mattei_89Et puis voi­là que notre chaîne du ser­vice public, vou­lant faire son inté­res­sant, invite le pré­sident (de la Croix-Rouge) : soit Mon­sieur Cani­cule de chez nul, Jean-Fran­çois Mat­tei lui-même, triom­phal comme au bon temps du minis­tère de la san­té, prêt à de nou­velles frasques de «com­mu­ni­ca­tion». On n’avait donc pas su que la chi­ra­quie l’avait ain­si reca­sé pour ses bons et loyaux ser­vices (il faut dire que ça s’est fait ce 19 décembre, comme qui dirait en lou­ce­dé…).

Donc, pro­blème encore ! Quelle idée, fran­che­ment, d’inviter ce type pour repré­sen­ter la Croix-Rouge ?! Dans le métier, le vrai, on dit que c’est de l’info ins­ti­tu­tion­nelle. Pour­quoi, par exemple, ne pas avoir don­né la parole à l’un de ses repré­sen­tants de ter­rain, ils sont si nom­breux, si admi­rables ! Oui mais, le Pré­sident…, certes mais tel­le­ment contre-pro­duc­tif !

Alors, qu’est-ce qu’on fait ? Ima­gi­ner que ce Mat­tei palpe ses… j’ sais pas, met­tons 10.000 euros men­suels pour pré­si­der cette orga­ni­sa­tion… Non, pas pen­sable de contri­buer à « ça » ! Alors qu’ils en ont besoin, sans doute. Ah, putain, que la poli­tique est une belle emmer­deuse !

• Des­sin © faber (andre.faber@wanadoo.fr)

 

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RADIOS des petits matins : chagrin

Lun­di, six heures et demie. Petit déj” bru­meux. Le poste a été déré­glé. Je cherche à tâtons ma sta­tion pré­fé­rée. Je me tape la bande FM… Encore bien­veillant, je me dis que c’est pour bien faire que les pro­gram­meurs de radio choi­sissent leur musaque mas­sa­crante. Ils doivent vou­loir aider le pro­lé­taire à mettre le pied à l’étrier. J’ose croire qu’ils se blousent total. Que ce sont de petits gom­meux incultes qui méprisent leurs contem­po­rains – enfin sur­tout moi, que leurs goûts musi­caux de chiottes m’incitent car­ré­ment à leur cla­quer le cla­pet. Qui n’a jamais « zap­pé » sur les radios du petit matin ignore la pro­fon­deur de la détresse humaine s’infligeant de tels outrages matu­ti­naux (excu­sez le mot, pas pu m’empêcher). Tout y est vul­gaire : les voix, sur­tout, les pro­pos, sur­tout, les « blagues », sur­tout, les rires, sur­tout les rires bêtes à cre­ver. Le pire, sur­tout, c’est que ces radios-là trouvent des audi­teurs !

Bon, mais pour­quoi se faire du mal ? Je trouve donc refuge chez France Inter, mon pâté d’alouette du matin (déjà épin­glé ici : cf 16 décembre). 15 000 morts et plus, les vagues de 10 mètres et plus, l’échelle de Rich­ter à 9 et plus. Pao­li en vacances, la relève à la traîne. Celui-là chan­tonne l’ «info». Il la joue moderne, presque « sta­tion FM pour d’jeunes ». Heu­reu­se­ment une femme sauve la mise par son huma­ni­té, et plus de matu­ri­té aus­si – qui fait vrai­ment le métier d’informer. Du coup, sa com­pas­sion sonne plus juste. Mais, comme les « tsu­na­mis », elle finit quand même par se fra­cas­ser sur les vieux cli­che­tons : le retour des pre­miers tou­ristes à Rois­sy, le micro-trot­toir obli­gé et l’inévitable « cel­lule psy­cho­lo­gique mise en place ».

Puis « sans tran­si­tion », comme dit l’autre – d’ailleurs on ne ménage plus de tran­si­tion dans l’info, ça ferait rin­gard; la règle, c’est le coq à l’âne –, on passe à l’Ukraine, une explo­sion de gaz à Mul­house, ah là là, les pauv’ gens !, la spor­tive de l’année, la météo. Et hop !, l’affaire est pliée. Reste à espé­rer que son jour­nal-papier sera, lui, à la bonne hau­teur.

Et encore cette lan­ci­nante ques­tion : qu’est-ce qu’informer ? Et aus­si : qu’est-ce qu’être infor­mé, quand estime-t-on l’être ? Je ne le sais trop. Ou le plus sou­vent en creux. Comme un manque après la sur­dose. Tout ce bruit appelle la musique du silence.

PS et mora­li­té : pour­quoi se lever si tôt ?

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Il suffisait d’y penser : une assurance spéciale média

Voi­là une idée qui devrait bien plaire à la maire d’Aix-en-Provence*… : une assu­rance spé­ciale média. C’est le cor­res­pon­dant de Libé­ra­tion à Stock­holm, Oli­vier Truc, qui rap­porte l’info (20/12/04). L’ « abo­mi­nable » trou­vaille émane des sociaux-démo­crates sué­dois, dont la direc­tion du par­ti a sous­crit un tel contrat pour le compte de ses prin­ci­paux ténors du gou­ver­ne­ment et de tous ses dépu­tés.

« Cette assu­rance, explique l’article, per­met aux poli­ti­ciens [cou­verts] d’obtenir une aide juri­dique s’ils s’estiment calom­niés dans l’exercice de leur fonc­tion et veulent por­ter plainte contre les jour­naux. »

«La loi sué­doise sur la liber­té d’expression est très géné­reuse pour les jour­na­listes, constate Håkan Olan­der, atta­ché de presse du Par­ti social-démo­crate. Il est très dur de gagner un pro­cès contre un jour­nal. Per­sonne ne pense que cette assu­rance chan­ge­ra le rap­port de force entre le pou­voir et les médias, mais ce qui est vrai, c’est que les poli­ti­ciens se sentent de plus en plus mena­cés, et le ton des jour­naux s’est dur­ci ces der­nières années.»

Ce sys­tème est en place depuis un an, mais n’a pas encore été éprou­vé. Les jour­na­listes sué­dois ne semblent pas pour autant impres­sion­nés. Au nom de la Fédé­ra­tion des jour­na­listes, Lot­ta Till­ström se contente de trou­ver les poli­ti­ciens «naïfs».

* Voir la note ci-des­sous.

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La maire d’Aix-en-Provence contre le Nouvel Obs’ « Il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté de la presse ». Alors où est le problème ?

Les pro­cès inten­tés à la presse sont tou­jours à double tran­chant. Même et sur­tout s’agissant d’un pro­cès d’intention. La maire d’ Aix-en-Pro­vence, Mme Maryse Jois­sains-Masi­ni, semble igno­rer cette réa­li­té ; et si elle fut jadis avo­cate, elle paraît aujourd’hui bien cava­lière au regard du droit de la presse. Ain­si veut-elle traî­ner le Nou­vel Obser­va­teur en jus­tice, du moins si elle n’obtient pas répa­ra­tion par un droit de réponse équi­valent à l’outrage – d’ailleurs non encore juri­di­que­ment qua­li­fié.

Et quel est diantre cet outrage ? Le sup­plé­ment régio­nal de l’hebdomadaire consa­cré à sa ges­tion muni­ci­pale et titré (cou­ver­ture ci-contre) : «Maryse Jois­sains-Masi­ni est-elle à la hau­teur ?» Certes, éma­nant d’un heb­do de centre gauche, la ques­tion implique une réponse pré­vi­sible. Mais celle-ci s’avère tout à fait argu­men­tée, fon­dée sur un tra­vail jour­na­lis­tique sérieux, mesu­ré, et même équi­li­bré. Du vrai bon bou­lot comme on aime­rait que bien des jour­na­listes s’en ins­pi­rassent ( ;-), et qui pour­ra ser­vir aus­si bien aux étu­diants aixois du mas­tère de jour­na­lisme juri­dique de la facul­té de droit, y com­pris avec ses pos­sibles pro­lon­ge­ments au pré­toire…

Or donc, quand Mme Jois­sains-Masi­ni n’est pas contente, elle ne sait jamais se rete­nir de le toni­truer, dans son style inimi­table, entre gouaille et vul­ga­ri­té. Si bien qu’on ne trou­vait plus un Nou­vel Obs qui vive sur la place d’Aix et envi­rons. Bonne affaire pour le jour­nal. Son ser­vice des ventes n’a pas man­qué les réas­sorts, et le « brû­lot » encore chaud se négo­ciait de plus belle, en deuxième et troi­sième semaines après paru­tion, jusques et y com­pris au kiosque devant la mai­rie. Bra­vo la pro­mo !

Comme le rap­porte La Pro­vence au len­de­main du conseil muni­ci­pal en par­tie consa­cré à l’ «affaire», Mme Jois­sains-Masi­ni s’estime « traî­née dans la boue » par le dos­sier «qui met en cause la cré­di­bi­li­té des élec­teurs […], l’honorabilité et la com­pé­tence du maire» et de son équipe. Bien sûr, a-t-elle ajou­té, «Il ne s’agit pas là de remettre en cause la liber­té de la presse ni sa capa­ci­té d’interpréter les faits. Mais là, l’exercice vise à désta­bi­li­ser l’équipe muni­ci­pale en uti­li­sant des moyens sou­ter­rains et indignes». Moyens ain­si qua­li­fiés dans un docu­ment aux élus : […]«la dés­in­for­ma­tion, la calom­nie, la rumeur, le men­songe et l’injure». Bigre ! Atten­dons voir ce que peut bien recou­vrir cha­cun de ces termes dans l’esprit de la maire d’Aix-en-Provence. On en en sau­ra alors plus sur la légis­la­tion de la presse. A l’avocate, cette fois, de se mon­trer à la hau­teur.

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Réponse à la ques­tion  » Qui a dit ? » [24/02/05]

Robert Her­sant, en 1983, au Nou­vel Obser­va­teur.

Hersant

1920-1996. Celui qu’on appe­lait « le papi­vore », ou « Citi­zen Her­sant », avait consti­tué le pre­mier empire de presse fran­çais, en dépit de ses acti­vi­tés sous l’Occupation. Son ascen­sion est liée à la réus­site de l’Auto-Journal (1950) à par­tir duquel, rachat après rachat, il consti­tue ce qui deviendre la Soc­presse – aujourd’hui pro­prié­té de Das­sault (87%) et de Aude Ruet­tard, petite-fille de Robert Her­sant (13%).

En vrac et entre autres, l’empire Her­sant a contrô­lé en tota­li­té ou en par­tie: L’Auto-Journal, France-Antilles, Centre Presse, Nord-Matin, Paris-Nor­man­die, Le Figa­ro, Nord-Eclair, France-Soir, L’Aurore, Le Figa­ro Maga­zine, La Voix du Nord, Le Pro­grès de Lyon, Le Dau­phi­né libé­ré, L’Union, etc., ain­si que des dizaines de socié­tés annexes.

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OTAGES. Du journalisme autoglorifié, à la « Star Academy » de la communication

Nuages de cri­quets, pin­gouins ali­gnés, bai­gneurs amas­sés, stades en délire, foules mena­çantes, tar­mac enva­hi. Non, j’aime pas bien, et même vrai­ment pas. Rap­port à l’individu, cet atome d’humanité insé­cable, en prin­cipe. Méfiance. Ne jamais se nier, se fondre, se perdre. Ne pas renon­cer à sa liber­té. A com­men­cer par sa liber­té de juge­ment, la seule qu’on ne puisse vrai­ment enfer­mer. Ni prendre en otage donc. J’y reviens : cet una­ni­misme autour de la « joie natio­nale », même ça je le trouve sus­pect, ça me gêne. Sur­tout parce que c’est une construc­tion. Et une construc­tion dont les méca­nos sont encore les médias. Avec, en l’occurrence, un embal­le­ment dû à un phé­no­mène d’autocélébration, voire d’autoglorification que je trouve indé­cent. Il fau­drait ana­ly­ser ça de plus près – Régis Debray, comme médio­logue, serait inté­res­sant à entendre à ce sujet. Ici, c’est un tei­gneux qui avance quelques idées.

Sur le cou­rage dont « on » pare Ches­not et Mal­bru­not. Le cou­rage du jour­na­liste, c’est en effet d’oser aller en Irak, entre autres lieux explo­sifs. Mais pas d’être pris en otage, qui est un acci­dent – certes gra­vis­sime. Dès lors, ce qu’il faut c’est de la résis­tance, de la confiance, de l’énergie indi­vi­duelle ou/et de la foi : ils priaient trois fois par jour, a racon­té Chris­tian Ches­not ce matin sur France Inter. Le cou­rage du jour­na­liste c’est, en per­ma­nence, là-bas ou ici sur son « ter­rain », de résis­ter à l’intox, c’est savoir ne pas s’en lais­ser conter. Le cou­rage de cha­cun, c’est de vivre en humain. Le mot vient de cœur. L’action vient du cœur. C’est la bra­voure du cœur, c’est celle de Mère Cou­rage, cet emblé­ma­tique per­son­nage de Brecht.

Sur la confré­rie jour­na­lis­tique.
Elle m’agace comme toutes les autres, et plus encore puisque j’en suis objec­ti­ve­ment. Mais je la refuse en tant qu’expression cor­po­ra­tiste. Or, c’est trop ce que je retrouve dans l’auto­cé­lé­bra­tion de cette libé­ra­tion et ce qui s’ensuit : ren­for­ce­ment du mythe roma­nesque d’un métier tel­le­ment sur­va­lo­ri­sé ! A l’Aventurier-justicier, il fau­drait tout de même oppo­ser tous ces renon­ce­ments pro­fes­sion­nels étouf­fés au fin fond des rédac­tions, toutes ces grandes manœuvres finan­cières autour des médias, ces miroirs aux alouettes. Faute de quoi, les can­di­dats jour­na­listes se bous­culent par mil­liers aux entrées des lieux de for­ma­tion, les­quels se mul­ti­plient en pro­por­tion inverse d’un « mar­ché » de l’emploi deve­nu la « Star Aca­de­my » de la com­mu­ni­ca­tion.

Enfin (pour aujourd’hui) sur l’unanimisme natio­nal. Un écran de fumée pour mas­quer le vrai de la « patrie en dan­ger » : misère, chô­mage, pol­lu­tions phy­siques et men­tales. Là où le cou­rage, le vrai, s’avère le plus défaillant.

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OTAGES. Retenez-moi, ou je fais un titre !

Rude métier d’informer… Au len­de­main de la libé­ra­tion des otages fran­çais, entre pathos et rien à dire, La Pro­vence du 23/12/04 ose un juste milieu.

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« Mon grand-père et l’intox médiatique »

Par Chris­tian Le Meut 
Mon grand-père Julien a pas­sé sa vie à Crac’h, près d’Auray, dans le Mor­bi­han, étant né à huit kilo­mètres de là, à Ploe­mel en 1911. Il est décé­dé voi­ci quelques années.

Un jour qu’il était, comme d’habitude, à boire un coup au “Crac’h bar”, alors tenu par mon oncle, son fils, et ma tante, voi­la qu’entre une jour­na­liste... Il faut vous pré­ci­ser qu’à ce moment là, nous sommes en novembre 1991, la com­mune est enva­hie par une nuée de jour­na­listes venus attendre là l’arrivée d’un « Crac’hois » célèbre : Gérard d’Aboville. Celui-ci ter­mi­nait sa tra­ver­sée du Paci­fique à la rame mais n’était pas encore arri­vé à bon port aux Etats-Unis. Télés (TF1, F2, F3) et radios natio­nales n’avaient donc rien d’autres à se mettre sous la dent que la com­mune d’origine du rameur, même s’il n’y habi­tait pas et si très peu d’habitants l’avaient ren­con­tré en vrai. Plu­sieurs per­sonnes ont ain­si par­lé à la télé d’une per­sonne qu’elles n’avaient jamais vue ailleurs qu’à la télé... Le fac­teur, mon oncle, ma tante... Ces deux der­niers tenaient alors le « Crac’h bar ». Ain­si, j’ai appris sur France Inter un matin à 7h30 que mon oncle tenait un cahier où il col­lait les articles sur Gérard d’Aboville. Dingue non ? Et ma tante de répondre à un jour­na­liste qui lui deman­dait ce qu’elle atten­dait de l’exploit du rameur : « J’espère que ça va mettre de l’ambiance dans le café » ! Le fac­teur n’a pas dit mieux, mais il a été fil­mé en exté­rieur sur une des places du bourg...

Et voi­ci donc mon grand-père face à la jour­na­liste d’un grand quo­ti­dien régio­nal de l’Ouest de la France. Et lui, tou­jours far­ceur, de dire : “Tous les jours, ces der­niers temps, j’ai été faire une prière à Sainte-Anne, pour que Gérard réus­sisse sont exploit”. C’était une blague, un canu­lard, mais, le len­de­main, c’était impri­mé noir sur blanc sur le jour­nal !

Et nous, sa famille, étions un peu gênés, comme lui-même d’ailleurs. Je lui ai deman­dé : “C’est vrai que tu es allé à Sainte-Anne tous les jours ?”. Il m’a répon­du : “J’y suis allé au moins une fois”... Et même ça, ce n’était pas sûr car mon grand-père ne condui­sait plus à cette époque, et ne pou­vait aller à Sainte-Anne tout seul. Y aller à pied, pas ques­tion. il avait beau être tou­jours valide, il fal­lait le trans­por­ter en voi­ture pour faire 200 mètres !

Mais l’histoire n’est pas finie : l’anecdote a plu à un jour­na­liste célèbre et, le ven­dre­di sui­vant, voi­la que nous enten­dons sur France 3, dans la bouche de Georges Per­noud, le pré­sen­ta­teur de Tha­las­sa, l’histoire d’un grand père qui est allé chaque jour de Crac’h à Sainte-Anne, prier pour Gérard d’Aboville... Ain­si, le canu­lard racon­té par un grand-père à une table de bis­trot est deve­nu une his­toire vraie pour des mil­lions de gens, car accré­di­tée par des jour­na­listes qui n’avaient pas véri­fié la véra­ci­té des faits. Sans bou­ger de sa chaise, en ne fai­sant rien que boire un coup et répondre à des ques­tions, mon grand-père a réus­si une véri­table intoxi­ca­tion média­tique...

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OTAGES. Du journalisme en général, du panurgisme en particulier

J’ai enten­du la nou­velle, hier mar­di vers 18 heures, à la radio. Qui pour­rait ne pas se réjouir de la libé­ra­tion des deux jour­na­listes otages ? Je ne sau­rais donc jouer les rabat-joie. Tout juste la rame­ner avec mon grain de sel. Rap­port à la « confré­rie jour­na­lis­tique ». Il est 11 heures, ce mer­cre­di, len­de­main de l’annonce de la bonne nou­velle. Et jusque là, je ne fais qu’entendre ou voir débi­ter les mêmes infos en boucle (heu­reu­se­ment, c’est une façon de par­ler, je fais aus­si autre chose…). Il me semble que, une fois de plus, c’est la déme­sure qui l’emporte ; que ces médias pro­duc­ti­vistes ne sau­raient ces­ser de pro­duire, de répli­quer du « même » en très grande série, y com­pris lorsque la pudeur le com­man­de­rait, et alors qu’on ne dis­pose pas vrai­ment d’informations dignes de ce nom.

Car, pour le moment, c’est la com­mu­ni­ca­tion qui fonc­tionne. Venue d’Al-Jezi­ra, la télé qata­rie, l’annonce a été don­née en France par Raf­fa­rin, devant les séna­teurs. Et, à ma connais­sance, il n’y a pas eu aucune autre source directe : ni des otages eux-mêmes, ni de l’ambassade de France à Bag­dad. Et c’est encore la com’ (ver­sion vul­gaire de la pré­cé­dente) qui va prendre le relais avec l’objectif, cette fois, d’engranger les divi­dendes poli­ti­ciens : Fal­con minis­té­riel « cali­bré » pour juste avant le 20 heures ; on voit déjà le ban et l’arrière ban gou­ver­ne­men­tal, remake annon­cé de Vil­la­cou­blay 1 avec le retour du Liban de Car­ton, Fon­taine et Kauff­mann – avec Pas­qua en Zor­ro et Mar­chia­ni dans l’ombre.

Ce serait donc un gag (certes du plus mau­vais goût), une mani­pu­la­tion, que l’ensemble de la machine média­tique s’y serait engouf­fré. Enfin quoi, tou­jours ce même engoue­ment naïf à ser­vir les « bonnes causes » sans dis­cer­ne­ment ! Panur­gisme ou pro­fes­sion­na­lisme ? Réponse dans la ques­tion. Comme si ne s’étaient pas pro­duites, pour ne par­ler que des plus récentes, l’affaire Marie L. et son agres­sion fan­tas­mée ou l’annonce pré­ma­tu­rée du départ de Jup­pé sur France 2.

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Congo-Banque mondiale. Ou comment, avec deux euros par mois, rembourser une dette de 10 milliards

CongoSuite de l’incursion d’hier Au cœur de l’Afrique. Il s’agissait du livre de Ber­nard Nan­tet qui, lui-même, évo­quait le Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad, dont l’action se passe au Congo. C’est le pays de Vic­tor Nzu­zi, agri­cul­teur et mili­tant alter­mon­dia­liste, un sacré bon­homme qui, à l’occasion, lâche la houe pour le bâton de pèle­rin. Son espé­rance : faire annu­ler la dette des pays pauvres. Ce qui revient à s’attaquer à quelques for­te­resses, et non des moindres, comme la Banque mon­diale (BM), le Fonds moné­taire inter­na­tio­nal (FMI) et l’Orga­ni­sa­tion mon­diale du com­merce (OMC). En plus de son bâton, il lui faut donc s’armer d’un opti­misme des plus com­ba­tifs. Qu’il n’en manque pas relève d’ailleurs du miracle ; il lui faut en effet inté­grer trois don­nées imbri­quées : le déla­bre­ment géné­ral de la Répu­blique démo­cra­tique du Congo, le rou­leau com­pres­seur de l’économie néo-libé­rale mon­dia­li­sée et, ceci expli­quant cela, l’incessant com­bat pour la sur­vie de la popu­la­tion locale.

Grand comme quatre fois la France, le Congo doit son mal­heur à ses richesses : 40 % de la forêt afri­caine, l’or, les dia­mants, le cobalt, l’uranium, le pétrole et aus­si le col­tan, ce mine­rai (radio­ac­tif) qui sert à pro­duire le tan­tale, un métal pré­cieux entrant dans la fabri­ca­tion des puces des télé­phones. Le bas­sin du Congo, ses fleuves et lacs consti­tuent l’autre grande richesse, l’eau bien sûr et, en la domp­tant à coups de bar­rages gigan­tesques, l’énergie élec­trique. Ces construc­tions repré­sentent la plus grosse part de la dette, soit quelque 10 mil­liards d’euros récla­més à l’un des pays les plus pauvres – 161e rang sur 171 États, selon le PIB/habitant.

Sur des tis­sus en batik appor­tés de son vil­lage, Vic­tor Nzu­zi montre le bar­rage d’Inga, sur le Bas-Congo, d’où partent des pylônes et des lignes à haute ten­sion sur­plom­bant des cases tra­di­tion­nelles éclai­rées… à la lampe à pétrole. On ne peut plus cruel­le­ment résu­mer l’absurdité de ce monde-là. Tan­dis que le cou­rant va ain­si par­cou­rir près de 2 000 km pour ali­men­ter les mines du Katan­ga, des mil­lions de dam­nés doivent endos­ser les délires de gran­deur du dic­ta­teur Mobu­tu, folies qu’ils payèrent de leur tra­vail et de leur vie, et dont jamais ils n’ont pu pro­fi­ter. Et les voi­ci héri­tiers de la dette, pour­sui­vis par les huis­siers de la Banque mon­diale ! Les­quels n’en espèrent rien vrai­ment, mais auto­risent ain­si, de fait, les pilleurs du pays à se payer sur la bête sans la moindre rete­nue.

Une lita­nie de don­nées brutes et de chiffres peut com­plé­ter le tableau : cinq ans de guerre, trois mil­lions et demi de morts ; un pré­sident potiche, des gou­ver­nants cor­rom­pus ; ser­vices publics à l’abandon, plus de routes, ni écoles, ni hôpi­taux dignes de ce nom ; taux d’emploi de 2 %, tous fonc­tion­naires, à deux euros par mois. Oui : par mois ! – soit le prix d’un pou­let arri­vé d’Europe… (dans quelles condi­tions d’hygiène ?…), tout comme désor­mais le jus d’orange en boîtes, œufs et oignons impor­tés de Hol­lande, farine de blé des sur­plus occi­den­taux qui ruinent l’agriculture afri­caine en géné­ral.

Le comble, enfin, c’est cette cama­rilla des ins­ti­tu­tions créan­cières, ces régis­seurs de l’Ordre mon­dia­li­sé avec leur jar­gon infecte comme mépris suprême des valeurs humaines. Voi­ci la BM avec son IPPTE, tra­duc­tion : Ini­tia­tive pour les pays pauvres très endet­tés, dont la ver­sion « péda­go­gique », par­fai­te­ment incom­pré­hen­sible ! – s’appelle DRSP : Docu­ment stra­té­gique de réduc­tion de la pau­vre­té ! qui vise ni plus ni moins à faire accep­ter comme une néces­si­té la pri­va­ti­sa­tion géné­rale de ce qui reste encore à piller. Pour cela, des « experts en dyna­mique com­mu­nau­taire » [sic] ont pon­du un tract des­ti­né à « infor­mer » les pay­sans congo­lais du bien-fon­dé des res­tric­tions aux­quelles ils doivent se sou­mettre. C’est un affront à leur digni­té d’humains, une injure sans nom.Vnzuzi

On peut écrire à Vic­tor Nzu­zi ; il a même une adresse inter­net. Mais autant que ce soit pour quelque chose, car rele­ver sa boîte l’oblige à péda­ler 50 km jusqu’au vil­lage le plus proche du sien. Où il y a l’électricité. Par­fois.
victor_nzuzi2000@yahoo.fr

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Au cœur de l’Afrique

« En 1899, Joseph Conrad fai­sait paraître son célèbre roman Au cœur des ténèbres, dans lequel il évo­quait une Afrique dérou­tante, à peine sor­tie du car­net de notes des pre­miers explo­ra­teurs ». Ain­si com­mence l’avant-propos de Ber­nard Nan­tet à son Au cœur de l’Afrique qui vient de sor­tir, un siècle et cinq ans plus tard. La dis­tance ain­si poin­tée à l’évocation des deux titres illustre bien l’obscurantisme qui, aujourd’hui encore, entache la connais­sance de tout un conti­nent. C’est pour­quoi un tel livre demeure néces­saire à qui veut renon­cer aux cli­chés tou­jours coriaces, jamais ou presque jamais, cor­ri­gés par l’ « actua­li­té média­tique », nour­ries presque exclu­si­ve­ment de guerres, catas­trophes et pan­dé­mies.

Au départ conçu pour les jeunes lec­teurs, cet ouvrage inté­res­se­ra en fait tous les publics. Tant par son conte­nu, éma­nant d’un afri­ca­niste répu­té, que par sa forme qui mul­ti­plie les entrées avec d’innombrables des­sins, cartes, pho­tos et enca­drés, sans jamais tom­ber dans la vul­ga­ri­sa­tion sim­pliste. (Edii­tons Milan, 256 p. 22,60 €).

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Etat du monde : 54 journalistes tués en 2004

Voi­là un indi­ca­teur qui en vaut bien d’autres sur l’état du monde. Selon un rap­port publié le 10 décembre par le Comi­té de pro­tec­tion des jour­na­listes, l’année 2004 res­te­ra comme l’une des plus meur­trières avec 54 repor­ters tués dans l’exercice de leur pro­fes­sion.
Ce chiffre est le plus éle­vé depuis une décen­nie. Il dépasse le triste bilan de 1995, année au cours de laquelle 51 jour­na­listes avaient trou­vé la mort. La guerre civile qui se dérou­lait alors en Algé­rie était en par­tie res­pon­sable de cette situa­tion.
En 2004, l’Irak a été le lieu de tous les dan­gers pour les repor­ters : 23 tués, vic­times des tirs des insur­gés, des tirs croi­sés, mais éga­le­ment des attaques des forces amé­ri­caines. Depuis le début du conflit ira­kien, en mars 2003, le nombre des jour­na­listes tués s’élève à 36.
Mais le plus grand nombre des tués l’ont été en repré­sailles directes pour leurs enquêtes. C’est en par­ti­cu­lier le cas aux Phi­lip­pines, où les meur­triers de jour­na­listes ne sont d’ailleurs pas tra­duits en jus­tice. En Côte d’Ivoire, la mort de Jean Hélène, de RFI, est sans doute à mettre dans la caté­go­rie inter­mé­diaire des meurtres liés à une patho­lo­gie poli­tique aiguë et télé­gui­dés de manière très tor­due. Ayant eu l’occasion de ren­con­trer Jean Hélène au Niger, sa fin tra­gique m’a d’autant plus tou­ché. Chesnotmalbruno De même que celle de Joël Don­net, qui avait été un de mes étu­diants au Centre de for­ma­tion des jour­na­listes, en 1983. Pho­to­graphe-repor­ter indé­pen­dant, l’hydravion qui le trans­por­tait pour un repor­tage s’est abî­mé le 11 novembre der­nier près de Manaus, au nord du Bré­sil, pro­vo­quant éga­le­ment la mort du pho­to­graphe de l’agence Gam­ma, Nico­las Rey­nard, et de leur pilote bré­si­lien.
Enfin, dans ce sinistre tableau, on ne sau­rait ici oublier Chris­tian Ches­not et Georges Mal­bru­not, pris en otages en Irak depuis le 20 août !

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Le pâté d’alouette de France Inter

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© André Faber

Vrai­ment, j’aime bien France Inter, comme en géné­ral les radios du ser­vice public. Pas de pub, enfin presque pas et déjà trop. Gaffe, je vous dis, gaffe ! Et l’ét(h)iquette «Ser­vice public », gaffe aus­si à ne pas l’oublier. D’ailleurs des audi­teurs montent la garde et ne manquent pas de pous­ser la gueu­lante. Ain­si, un de ces der­niers matins encore, quand pour la énième fois un citoyen au télé­phone repose « la ques­tion de Jean-Marc Syl­vestre et Ber­nard Guet­ta ». Il trouve lui aus­si que ça fait beau­coup de libé­ra­lisme et de consen­sua­lisme dans la même « tranche », comme ils disent. Et Sté­phane Pao­li, par ailleurs très « pro » et fort civil, de rétor­quer comme d’hab’, en sub­stance : les édi­to­ria­listes, ils disent ce qu’ils veulent, sous leur res­pon­sa­bi­li­té, et puis, voyez, main­te­nant le ven­dre­di on invite Ber­nard MarisOuais. C’est la vieille recette du pâté d’alouette cou­pé au che­val, 50/50 : une alouette, un che­val. Ain­si, toute la semaine, régime bour­rin et, pour la route du week-end, un p’tit sif­flo­ti de zoziau. De plus, on sait que la radio est le média du matin et de la semaine active. Jus­ti­fier Syl­vestre à 7 heures par un Mer­met l’après-midi, relève de l’habileté poli­ti­cienne, voire de la ruse. Et puis, les édi­to­ria­listes, s’ils disent « ce qu’ils veulent », c’est bien pour ce qu’ils disent qu’« on » les choi­sit, non ?

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268 journalistes quittent la Socpresse de Dassault

Deux cent soixante-huit jour­na­listes sur 2.748 que compte le groupe Soc­presse (Figa­ro, Express-Expan­sion, Pro­grès...) déte­nu par Serge Das­sault, ont fait jouer la clause de ces­sion. (AFP | 14.12.04 | 18h14).
Soit : 29 au Figa­ro, 25 à ses sup­plé­ments (Figa­ro Maga­zine, Figa­ro Madame, Figa­ro­scope), 17 au pôle Ouest (Le Maine Libre, Presse Océan, Cour­rier de l’Ouest...), 20 à La Voix du Nord, 11 à Nord-Eclair, 44 au Pro­grès de Lyon, 45 au Dau­phi­né Libé­ré, 17 au pôle Bour­gogne (Le Bien Public et Le Jour­nal de Saône-et-Loire), 17 au pôle hip­pique (le quo­ti­dien Paris Turf et Week-end). 28 jour­na­listes ont fait valoir la clause de ces­sion au groupe Express-Expan­sion, 6 au Groupe L’Etudiant, 4 à Mieux Vivre et 5 à la filiale heb­do­ma­daire du pôle Nord.
La ces­sion d’une entre­prise de presse est l’un des cas d’ouverture de la clause de conscience qui per­met au jour­na­liste de démis­sion­ner tout en béné­fi­ciant d’avantages impor­tants.

Com­men­taire : 10 % ont choi­si de par­tir; ils se situent pro­ba­ble­ment par­mi les plus âgés, sus­cep­tibles de par­tir aus­si en retraite. Beau­coup d’autres – et j’en connais – auront dû se rési­gner à per­sé­vé­rer et res­te­ront donc sala­riés du nou­veau pro­prié­taire. La pres­ta­tion du mar­chand d’armes à la radio la semaine der­nière n’aura guère allé­gé la déprime ram­pante qui mine les rédac­tions. Comme dit la fable, « Ils ne mou­raient pas tous, mais tous étaient frap­pés ». Mais où exer­cer le dur métier d’informer ?

Citizen1La concen­tra­tion des jour­naux ne date certes pas d’hier ; dans sa forme moderne, on peut la faire remon­ter aux années 70 et à la fièvre ache­teuse d’un cer­tain Robert Her­sant, père fon­da­teur de ce qui devien­dra la Soc­presse. Homme d’ombre et de pou­voir, Her­sant père ne s’entêta guère à vou­loir régen­ter les rédac­tions de ses pro­prié­tés ; il lui suf­fi­ra de bien s’entourer. Leçon que ne retien­dra pas un Jim­my Gold­smith quand il se paya L’Express, lui aus­si, et pré­ten­dit en faire sa dan­seuse poli­ti­cienne – pré­ten­tion trop las­sante pour un impa­tient aus­si domi­na­teur [votre ser­vi­teur peut en témoi­gner]. N’est pas Citi­zen Kane qui veut et, sous cet angle, il n’y a point trop à craindre de Das­sault S.

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  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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  • Salut cousin !

    Je doute donc je suis - gp

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