Ce monde a le tournis. Ce monde donne le tournis. Et on ne sait plus où tourner la tête : la Syrie, l’Irak, la Libye, la Palestine, la Somalie, le Yémen et tous ces lieux de conflits sans fin, incompréhensibles à la plupart d’entre nous, à défaut de pouvoir les expliquer. À ce sinistre tableau géopolitique, il faut désormais ajouter celui des dérèglements climatiques qui risquent d’égaler bientôt ceux de la folie des hommes – d’ailleurs ils en relèvent aussi. C’est sans doute le cas de l’ouragan Matthew qui s’est déchaîné sur une partie des Caraïbes, dévastant en particulier Haïti où il a causé près de 1.000 morts et semé la désolation.

Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique sur les cyclones ?

Fabrice Chauvin, chercheur au Centre national de recherches météorologiques : – Selon les modèles scientifiques les plus précis, le nombre global de cyclones dans le climat futur devrait être stable, voire en légère baisse. Mais dans le même temps, on s’attend à une hausse des cyclones les plus intenses, qui s’explique notamment par l’augmentation des températures des océans. On va aller vers des phénomènes plus puissants, associés à des pluies plus intenses, d’environ 20 % supérieures. [Le Monde, 07/10/2016]

Haïti. Un autre malheur a frappé cette île tant de fois meurtrie – y compris par les dictatures successives –, c’est celui de l’indifférence. Car les « observateurs » n’avaient d’yeux que pour les États-Unis. « Seraient-ils touchés eux aussi par cette même tempête ? » Seule cette question comptait. Rien ou presque pour les victimes haïtiennes. Pas même un « Je suis Haïti »…

C’est pour alerter le monde sur cette solidarité à géométrie variable que Miguel Villalba Sánchez, un artiste espagnol, a réalisé ce dessin :

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« Personne n’est Haïti », en effet.

« Je suis Charlie, je suis Orlando, je suis Paris, je suis Bruxelles »… Mais pas de « Je suis Haïti »… Pourquoi ? Pays trop petit, trop loin, trop noir, trop pauvre, trop…

Ce pays (situé sur la même île que la République Dominicaine), qui a quand même perdu 900 personnes dans l’ouragan Matthew, n’a pas suscité d’émotion en proportion de son drame. Tous les regards médiatiques étaient braqués vers Miami. En chercher les causes revient à questionner l’état du monde, la géo-politique, l'injustice, les conflits, le climat… On en revient au point de départ.

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Cette photo de l’Unicef résume tout. Contre l'indifférence, on peut adresser un donhttps://don.unicef.fr/urgences/ 

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