Brest (Finis­tè­re). Ancien com­bat­tant volon­tai­re de la Résis­tan­ce, Char­les Pape­ron, vient de refu­ser le « diplô­me d’honneur » que le gou­ver­ne­ment s’apprêtait à lui remet­tre, esti­mant que celui-ci déman­tè­le les valeurs du Conseil natio­nal de la Résis­tan­ce. C’est ce que rela­te le Télé­gram­me de Brest du 16 sep­tem­bre.

Sou­hai­tant mar­quer le 70e anni­ver­sai­re des com­bats de 1940, le secré­tai­re d’Etat aux anciens com­bat­tants Hubert Fal­co, se pro­po­sait de remet­tre un hochet à quel­que 250.000 anciens com­bat­tants de la Secon­de Guer­re mon­dia­le, en l’occurrence un « diplô­me d’honneur ».

Co-pré­si­dent du comi­té du Finis­tè­re de l’Association des anciens com­bat­tants de la Résis­tan­ce (ANACR), Char­les Pape­ron a refu­sé et le diplô­me et l’ « hon­neur ». Sou­te­nu par l’association « Citoyens-Résis­tants d’hier et d’aujourd’hui  » qui comp­te en ses rangs Ray­mond Aubrac et Sté­pha­ne Hes­sel, Char­les Pape­ron dénon­ce un « enfu­ma­ge » de l’Elysée. Lequel, déplo­re-t-il, « n’a pas tenu la pro­mes­se du can­di­dat Sar­ko­zy de créer une jour­née natio­na­le de la Résis­tan­ce le 27 mai, date de la pre­miè­re réunion du Conseil natio­nal de la Résis­tan­ce en 1943 ».

Char­les Pape­ron dénon­ce un « enfu­ma­ge » de l’Elysée. Ph. Le Télé­gram­me

Le pro­gram­me du CNR annon­çait un ensem­ble ambi­tieux de réfor­mes éco­no­mi­ques et socia­les, où figu­raient en bon­ne pla­ce la Sécu­ri­te Socia­le, les retrai­tes par répar­ti­tion et la liber­té de la pres­se. L’association « Citoyens résis­tants d’hier et aujourd’hui » a été créée pour « réagir à l’imposture sar­ko­zyen­ne  ». Char­les Pape­ron, rap­por­te le jour­na­lis­te du Télé­gram­me, Ste­ven Le Roy, a indi­qué que son ges­te avait reçu l’aval de l’un des der­niers Com­pa­gnons de la Libé­ra­tion ain­si que de la fille du colo­nel Rol-Tan­guy.

Pour jus­ti­fier son refus, ce résis­tant de tou­jours cite enfin Lucie Aubrac : « La Résis­tan­ce ce n’est pas que le pas­sé, aus­si héroï­que soit-il, elle s’inscrit aus­si dans le pré­sent ».

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