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Voi­ci un maire heu­reux, du moins en appa­rence pho­to­gra­phique. Il pose ain­si, devant la mai­rie, en cos­tume-cra­vate, avec sa toute nou­velle équipe muni­ci­pale. Un re-manie­ment pro­met­teur ? On ver­ra à l’usage, une fois pas­sé l’état de grâce(s). Il en est un qui va faire son jaloux, étant fort loin du compte sur le per­ron de son Ély­sée.

En tout cas, Jean-Pierre Saez, maire UMP de Venelles (Bouches-du-Rhône, 8000 habi­tants) réus­sit un beau coup poli­tique sur le thème de la pari­té entre les genres. Il a même pous­sé à l’excès inverse en virant tous les mâles de son équipe – sauf lui évi­dem­ment. Une telle pra­tique se veut d’avant-garde. Mais trop d’audace tue l’audace et nous ren­voie à la vision ancienne du harem, la bur­ka en moins, certes.

Cette inno­cente image rejoint la gale­rie des béa­ti­tudes venel­loises. Les­quelles s’étalent tout au long du dis­pen­dieux maga­zine muni­ci­pal dont cha­cune de ses cin­quante pages sent bon sa fleur bleue. Venelles Mag, c’est du Charles Tré­net par­tout sur l’air de « Y a d’la joie ! ». Même le maire y pousse la chan­son­nette avec son édi­to d’enfer au titre ren­ver­sant : « C’est l’été ! ». Et comme l’opposition (PS) ne sau­rait être en reste, sa « tri­bune libre » s’intitule crâ­ne­ment… : « C’est l’été !!!! » – oui, mais avec quatre points d’exclamation, soit trois de plus que l’adversaire poli­tique – enfon­cé.

Donc, ça doit être l’été à Venelles, ma parole. Et même un été ver­doyant, selon le goût du jour et la météo poli­ti­cienne. Tiens, si on en remet­tait une couche à la « une » dudit mag’ muni­ci­pal ? D’où sa cou­ver­ture clai­ron­nante, avec sa touche de vert, auto­pro­cla­mant « Venelles, ville des éner­gies nou­velles ! ». Rien de moins. Car 30 mètres car­rés de pan­neaux solaires doivent assu­rer la cli­ma­ti­sa­tion de la can­tine des per­sonnes âgées… « Il est en effet impor­tant de prendre soin de nos aînés ! », lit-on page 4. Sur­tout l’été, pas vrai ?

La poli­tique pour­rait-elle ne pas empes­ter la déma­go­gie ? La « com’ » ne devrait-elle pas être dénon­cée comme le fléau des fléaux, pire que la grippe A ? – et sans vac­cin en vue. La com­mu­ni­ca­tion vraie consis­te­rait alors, par exemple, à abor­der la ques­tion de l’eau autre­ment qu’à la mode Clo­che­merle, ou pire encore en la dis­si­mu­lant sous le tapis à pous­sières (pas un mot dans le « mag »). On expli­que­rait ain­si aux citoyens pour­quoi le prix du mètre cube de 2009 est en passe, dou­cet­te­ment, de rat­tra­per celui de l’ancien régime… Com­ment cet ancien régime « de gauche » en avait appe­lé au pri­vé, tan­dis que le nou­veau, de droite, ne jure que par la régie de « ser­vice public » – à l’image de son men­tor pré­si­den­tiel dénon­çant les tares du capi­ta­lisme…

Mais on s’égare. C’est l’été, n’est-il pas ? Fait chaud. Et vive les gam­bettes muni­ci­pales refroi­dies à l’énergie solaire !

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