Certes, on peut tou­jours en démo­cra­tie théo­rique dis­cu­ter de la pro­por­tion­nelle, de ses avan­tages et incon­vé­nients com­pa­rés… Quant à mettre la ques­tion sur la table à quelques jours du pre­mier tour des pré­si­den­tielles… Ce fai­sant, Brice Hor­te­feux, l’un des bras droits de Sar­ko­zy (qui en a lui-même tant et tant de bras, et des longs), déroule à l’intention de Le Pen et de sa bande le tapis de leur repré­sen­ta­tion à l’Assemblée. Un bon groupe d’une qua­ran­taine de dépu­tés fron­tistes, ça en jet­te­rait quand même… De quoi ouvrir un mar­chan­dage avec le chef des fachos. Si ce n’est d’ailleurs déjà fait, au vu des grandes bour­rades viriles que les deux can­di­dats de l’extrême se tirent depuis quelques jours par médias inter­po­sés – une manière de se cau­ser « entre hommes » et, en réa­li­té, de flat­ter les élec­to­rats res­pec­tifs, bien sûr.

Hor­te­feux, comme s’il avait pu gaf­fer, joue les fusibles en per­met­tant à Sar­ko­zy un sem­blant d’indignation. Le Pen sur­en­ché­rit en par­lant de « miettes » – il espère pour le FN, non mais, plus qu’une dizaine de dépu­tés en 2012.

En fait, tout ce vent n’a rien à voir avec un quel­conque dérè­gle­ment cli­ma­to-poli­tique. Non, c’est la Ver­tu qui s’exprime ain­si, dans le but suprême de faire que – dixit le bras droit en ques­tion – « le Par­le­ment soit un lieu moderne d’expression démo­cra­tique qui conjugue effi­ca­ci­té et repré­sen­ta­ti­vi­té ». Beau comme l’antique.

Déjà en novembre Hor­te­feux avait encou­ra­gé les élus de l’UMP à par­rai­ner Le Pen alors en mal de signa­tures. Peu après, il était sui­vi par Sar­ko­zy trou­vant anor­mal que Le Pen, mais aus­si Besan­ce­not (on est démo­cra­tique ou pas), ne puissent se pré­sen­ter en 2007. Comme disent les « oreilles » du Canard cette semaine : « Le Pen à Sar­ko­zy : “Ensemble… créons la gégé­né­tique !” »

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