Il fait comme si je l’avais invi­té. Mon démen­ti est caté­go­rique : Sar­ko­zy ose venir à Venelles à l’insu de mon plein gré. Je parie­rais que son pas­sage (éclair comme dab, et tant mieux !) a été machi­né par son ado­ra­teur local, le maire de Venelles, UMP ten­dance Made­lin, si ça veut encore dire quelque chose. C’est pour vous situer l’artiste, bien à droite de droite, qui dit « aimer les Afri­cains », sur­tout quand il va faire du tou­risme en 4x4 au Séné­gal. Tan­dis que Gitans et manouches  n’ont pas le droit de séjour à Venelles.

Cette com­mune de 7.500 habi­tants – enfin sa muni­ci­pa­li­té de second man­dat – se dis­tingue aus­si pour avoir déci­dé d’équiper sa police des fameux pis­to­lets Taser. Car cette cité bour­geoise au nord d’Aix connaît un niveau de délin­quance proche de zéro. Mais on n’est jamais assez pré­voyant dans ce domaine.

On n’en dira pas autant pour ce qui est de la pré­voyance sociale puisque le maire se vante de ne pas appli­quer la loi dite SRU obli­geant les com­munes à construire sur son ter­ri­toire 20% de loge­ments sociaux. Eh bien à Venelles, braves gens, ce taux atteint 3,8 % !  Il se trouve même en des­sous de celui de… Neuilly-sur-Seine – dont l’ancien maire et ci-devant pré­sident de la Répu­blique se trou­ve­ra donc demain en pays fami­lier, accueilli par un zélé dis­ciple.

Pro­gramme annon­cé, sauf impré­vu : Pre­mière sta­tion, à Aix, chez Super­so­nic Ima­gine, une entre­prise « modèle », spé­cia­li­sée dans l’imagerie médi­cale.

Deuxième sta­tion au Parc des sports de Venelles pour une table ronde avec les chefs d’entreprise et les acteurs locaux. Der­nière sta­tion pos­sible auprès des mili­tants UMP, à Bouc-Bel-Air.

Et com­bien de divi­sions de CRS, gen­darmes mobiles, héli­co­ptères, blin­dés, lance-mis­siles ?

img_0659.1239027798.JPG• Post scrip­tum. C’est d’un farce : mobi­li­sa­tion géné­rale des ser­vices muni­ci­paux ! Tout le monde sur le pont, et que je t’astique et que ce soit nickel ! : routes gou­dron­nées à neuf, signa­li­sa­tion au sol, trot­toirs; toi­let­tage des rues. Le Parc des sports four­mille d’une hyper-acti­vi­té, en phase avec celle du Visi­teur d’un demi-jour : coups de pein­ture d’urgence, ins­tal­la­tion d’un groupe élec­tro­gène, tirage de nou­velles lignes télé­pho­niques, voi­tures bleues en nombre… Le maire vibrionne en tous sens. On dirait la Noce chez les petits-bour­geois, du Brecht ver­sion plouque. J’imagine que le pré­fet fait dans son froc en pen­sant à son ex-col­lègue de la Manche… Ça me rap­pelle aus­si une pièce de Gogol, le Revi­zor, sorte de contrô­leur géné­ral du tsar dont la venue annon­cée met les édiles d’une petite ville sens des­sus-des­sous. Je revois aus­si cette image de mon livre d’histoire mon­trant la reine Vic­to­ria visi­tant l’Irlande, cir­cu­lant en car­rosse entre des ran­gées de palis­sades mas­quant la misère du peuple. Mais je fais du mau­vais esprit. Il ne s’agit ici ni d’un tsar ni d’une reine, juste un humble ser­vi­teur de la Répu­blique.

Share Button