"Je suis là pour vous exposer une philosophie…" "Je suis pour le contrat de confiance…" Ainsi cause le nouvel ambassadeur de la France, permettez, entre Monsieur Homais et Monsieur Darty. Quel mépris que ce mec ! « Dégage, petit Sarko ! » lui a aussitôt rétorqué la rue tunisienne, sans craindre le pléonasme qui fait mouche. Le tout fringant ambassadeur de France en Tunisie, le "Sarko-boy » Boris Boillon a été obligé de bouffer son chapeau après son exploit du jour et présenter son mea-culpa le soir même. Sur son site Twitter d'abord -"Vraiment désolé si j'ai pu offenser. Ce n'était pas mon intention"-, et puis à la télévision nationale tunisienne samedi soir. "Je présente toutes mes excuses à tout le peuple tunisien, a déclaré l'ambassadeur décrié. « J'ai une énergie et une volonté bien déterminée de promouvoir des relations bilatérales. J'ai été spontané plus que je n'aurais du l'être. Dorénavant je dois parler de manière plus polie". Prétention goujate et diplomatie, ça fait deux ; ce n’est pas à l’école de son mentor qu’un tel gommeux aurait pu apprendre ce b-a-ba, certes.

Ce qu’en dit sur son blog je journaliste tunisien Allal Sahbi :

"J’ai écouté l’intervention en arabe, l’échange avec les journalistes. La façon dont il fait cesser le dialogue : “khalass !“ (un peu l’équivalent de “basta” en espagnol), est extrêmement méprisante, autoritaire et cassante. 

"Déjà, il ne fallait pas envoyer comme diplomate en Tunisie un type qui a aussi chaudement apprécié l’intervention US en Irak. Regardez plus bas d’ailleurs, pas un mot sur les victimes humaines. Pas un mot  de compassion, pas de place pour l’humain. Il ne sait parler qu’en millions et milliards de dollars, en parts de marché, c’est vraiment honteux, indécent !!!  Pascal Boniface l’a très heureusement épinglé au sujet de ses prises de positions en Irak

Devant l'ambassade de France à Tunis, 20/2/11

"Ensuite, il est superflu d’être arabophone quand on fait montre d’autant de mépris. Il vaut mieux quelqu’un qui ne parle pas un mot d’arabe, mais qui ne méprise pas à ce point ses interlocuteurs, et tout le peuple.

Il est dans la droite ligne du trop fameux “discours de Dakar” : tout dans l’arrogance, la condescendance et le mépris.
.  Il se qualifie de pur  produit “Sarko”, ce en quoi il a parfaitement raison.[…] Ce sarkoboy 2.0, souvent présenté comme un James Bond de la diplomatie aura fort à faire pour redorer l'image de la France, déminer le terrain politique et retisser des liens avec la société civile. Sans compter la réorganisation d'un outil diplomatique qui a montré beaucoup de faiblesses au moment de la révolte tunisienne.
Il incarne le prototype de l’homo diplomaticus moderne sous l’ère Sarkozy."



Un « néocon » à la française ?

 Ancien ambassadeur de France auprès des Emirats Arabes Unis, également en poste en Somalie, et en Tunisie, auteur du livre "Les Voies de la diplomatie", Charles Crettien a ainsi exprimé ses réticences dans une tribune au Monde  : « On ne nomme pas un ambassadeur comme on nomme un préfet. La diplomatie est un dialogue avec un pays étranger, son gouvernement et son chef d'Etat. La nomination de Boris Boillon comme ambassadeur de France est la négation de ce principe élémentaire, elle est donc choquante voire dangereuse pour les relations à venir entre Paris et Tunis ».


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