On n'est pas des moutons

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Qui a dit « Je suis Haïti » ? Personne

Ce monde a le tournis. Ce monde donne le tournis. Et on ne sait plus où tourner la tête : la Syrie, l’Irak, la Libye, la Palestine, la Somalie, le Yémen et tous ces lieux de conflits sans fin, incompréhensibles à la plupart d’entre nous, à défaut de pouvoir les expliquer. À ce sinistre tableau géopolitique, il faut désormais ajouter celui des dérèglements climatiques qui risquent d’égaler bientôt ceux de la folie des hommes – d’ailleurs ils en relèvent aussi. C’est sans doute le cas de l’ouragan Matthew qui s’est déchaîné sur une partie des Caraïbes, dévastant en particulier Haïti où il a causé près de 1.000 morts et semé la désolation.

Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique sur les cyclones ?

Fabrice Chauvin, chercheur au Centre national de recherches météorologiques : – Selon les modèles scientifiques les plus précis, le nombre global de cyclones dans le climat futur devrait être stable, voire en légère baisse. Mais dans le même temps, on s’attend à une hausse des cyclones les plus intenses, qui s’explique notamment par l’augmentation des températures des océans. On va aller vers des phénomènes plus puissants, associés à des pluies plus intenses, d’environ 20 % supérieures. [Le Monde, 07/10/2016]

Haïti. Un autre malheur a frappé cette île tant de fois meurtrie – y compris par les dictatures successives –, c’est celui de l’indifférence. Car les « observateurs » n’avaient d’yeux que pour les États-Unis. « Seraient-ils touchés eux aussi par cette même tempête ? » Seule cette question comptait. Rien ou presque pour les victimes haïtiennes. Pas même un « Je suis Haïti »…

C’est pour alerter le monde sur cette solidarité à géométrie variable que Miguel Villalba Sánchez, un artiste espagnol, a réalisé ce dessin :

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« Personne n’est Haïti », en effet.

« Je suis Charlie, je suis Orlando, je suis Paris, je suis Bruxelles »… Mais pas de « Je suis Haïti »… Pourquoi ? Pays trop petit, trop loin, trop noir, trop pauvre, trop…

Ce pays (situé sur la même île que la République Dominicaine), qui a quand même perdu 900 personnes dans l’ouragan Matthew, n’a pas suscité d’émotion en proportion de son drame. Tous les regards médiatiques étaient braqués vers Miami. En chercher les causes revient à questionner l’état du monde, la géo-politique, l'injustice, les conflits, le climat… On en revient au point de départ.

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Cette photo de l’Unicef résume tout. Contre l'indifférence, on peut adresser un donhttps://don.unicef.fr/urgences/ 


Le climat, peut-être… Mais la connerie ?

Suite, som­me tou­te assez logi­que, de l’article pré­cé­dent (il y était ques­tion de la fin de l’humanité…), cet exem­ple pathé­ti­que, pris sur le « vif » de l’humanité débi­le. En l’occurrence, ça vient des Etats-Unis, dans l’État de Vir­gi­nie de l’Ouest (houille et gaz de schis­te…) qui comp­te le plus de cli­ma­to-scep­ti­ques (deux tiers des habi­tants). Mais il n’y aurait qu’à se bais­ser pour en ramas­ser à la pel­le tout autour de nous. Où l’on voit dans tou­te sa dimen­sion, l’alliance fusion­nel­le de l’ignorance et des croyan­ces (sur­tout reli­gieu­ses), à quoi vient s’amalgamer, de façon « natu­rel­le » en quel­que sor­te, la soif mala­di­ve du pro­fit. Inépui­sa­ble sujet de médi­ta­tion. C’était ce 28 sep­tem­bre 2015 dans le JT de 20 heu­res de Fran­ce 2.

Modi­fier l’évolution du cli­mat, ça peut enco­re se conce­voir… Mais que fai­re de la conne­rie ?

»> Vidéo cou­pée : Des dizai­nes d’autres films para­dent sur la toi­le – taper « coal rol­ling » et déses­pé­rer du gen­re humain…

Post scrip­tum : Dans la même vei­ne et en tout cas sur les mêmes sujets, j’ai failli oublier, cet excel­lent (com­me tou­jours) billet de Sophia Aram sur Fran­ce Inter, ce même 28 sep­tem­bre, au matin cet­te fois et inti­tu­lé Donald, Nadi­ne et Dar­win :


Réchauffement climatique. « C’est foutu ? Non, mais… ça sera très difficile »

Cer­tes, une tem­pê­te ce n’est pas la mer à boi­re… Ah ? Mais les voi­là qui se suc­cè­dent en rafales,les tem­pê­tes, éro­dent les côtes com­me jamais, mena­cent les habi­ta­tions. Tan­dis qu’il pleut des cor­des à peu près par­tout en Euro­pe, voi­re dans le mon­de (sauf dans les zones déser­ti­ques, bien sûr), que les riviè­res débor­dent, les rou­tes et les ponts s’effondrent. Cer­tes, cer­tes : ne pas confon­dre mau­vai­se météo et cli­mat déré­glé. M’enfin, depuis qu’on nous canu­le sur l’air de Tout va très bien mada­me la mar­qui­se, il se pour­rait bien qu’on se rap­pro­che du début de la fin.

Consi­dé­rer cet­te infor­ma­tion tou­te « fraî­che »: « L’année 2013 se pla­ce au sixiè­me rang des années les plus chau­des obser­vées depuis le milieu du XIXe siè­cle, ex aequo avec 2007. Le bilan cli­ma­ti­que pré­li­mi­nai­re de l’année écou­lée, ren­du public mer­cre­di 5 février par l’Organisation météo­ro­lo­gi­que mon­dia­le (OMM), pré­ci­se en outre que la tem­pé­ra­tu­re moyen­ne à la sur­fa­ce de la Ter­re a été de 0,5°C supé­rieu­re à la nor­ma­le météo­ro­lo­gi­que cal­cu­lée sur la pério­de 1961-1990. » [LE MONDE | 

rechauffement-climat-le-telegramme-inondationsEt les Bre­tons de dépri­mer enco­re plus sous le coup des lames géan­tes ou des inon­da­tions, com­me à Mor­laix, dont la mai­res­se finit par déplo­rer publi­que­ment les effets d’une agri­cul­tu­re rava­geu­se des haies et talus. Plus rien ne retient l’eau  de pluie qui se déver­se dans la vil­le com­me dans un enton­noir. Serait-il donc  pos­si­ble que l’activité humai­ne fût cau­se de tant de dérè­gle­ments et dégâts ?! La sages­se fini­rait-elle par poin­dre après tant de déné­ga­tions ou de contre-affir­ma­tions for­ce­nées ?

L’humain et sa ten­dan­ce à cou­rir au devant des catas­tro­phes – « Nous étions au bord d’un gouf­fre, nous avons fait un grand pas en avant »...(Félix Hou­phouët-Boi­gny). Puis, s’il en réchap­pe c’est aus­si­tôt pour oublier la leçon. Ain­si clau­di­que l’humanité.

Voyons ce qu’en dit, dans sa doc­te pru­den­ce, un de nos spé­cia­lis­tes du cli­mat.


Pour Jean Jou­zel, le réchauf­fe­ment cli­ma­ti­que... par Fran­ceIn­fo


Comment le nucléaire marque le clivage entre productivisme et humanisme

Quand il se fait pré­di­ca­teur de l’Apocalypse, ce n’est pas ce que j’aime le plus chez Paul Viri­lio, ce pen­seur de la tech­no­lo­gie alliée à la vites­se. C’est sans dou­te à cau­se du ton, par trop péremp­toi­re. Pour­tant, lorsqu’il pré­dit que tout ce qui peut arri­ver finit par arri­ver il est impa­ra­ble et nous plon­ge le nez dans l’actualité la plus « radieu­se ». Ain­si, je résu­me en sub­stan­ce, en inven­tant le che­min de fer, l’homme a inven­té le déraille­ment. De même pour l’auto et les pla­ta­nes, l’avion et les cra­shes, les cen­tra­les nucléai­res et Fuku­shi­ma ou Tcher­no­byl.

 

Mer­ci donc, Paul V. d’avoir fait de ces évi­den­ces l’un des pivots de nos moder­ni­tés infer­na­les.

 

S’agissant du nucléai­re, nous nous voyons pro­je­tés dans un autre regis­tre que celui de l’accident, même le moins banal. Ain­si devons-nous nous atten­dre, hélas, aux 600 ou même 800 cada­vres qu’il fau­dra dénom­brer du cra­sh « annon­cé » d’un A-380 – l’appareil pro­ba­ble­ment van­té dans les pros­pec­tus com­me « le plus sûr du mon­de ». On sait : il en fut de même du Concor­de, …jusqu’à son der­nier vol. On repar­le­ra une autre fois de l’épopée fata­le du Tita­nic.

 

Mais le nucléai­re… Ici, nous chan­geons tota­le­ment de regis­tre puis­que, même en ayant déjà décré­té les actuel­les ins­tal­la­tions com­me les « plus sûres du mon­de », cet­te pré­ten­tion-slo­gan se fra­cas­se contre la ter­ri­ble « loi » de Paul V. Et aujourd’hui, la ter­ri­fian­te et déso­lan­te actua­li­té obli­ge les tech­no­cra­tes – au sens strict : « qui gou­ver­ne par la tech­ni­que » – à ajou­ter une cou­che sup­plé­men­tai­re à ladi­te sûre­té pri­se en défaillan­ce. Mada­me Are­va s’est ain­si dépê­chée, au troi­siè­me jour de l’Apocalypse japo­nai­se, de pro­mou­voir le super-modè­le déjà en maga­sin sous l’appellation magi­que de « EPR ». Si les Japo­nais, eut-elle l’outrecuidance d’énoncer en sub­stan­ce, avaient été équi­pés de cen­tra­les EPR, ils n’en seraient pas là ! 

 

Mada­me Are­va, dans la caté­go­rie géné­ri­que des tech­no­cra­tes, fait par­tie de la sous-espè­ce dite des « nucléo­cra­tes » – ceux qui gou­ver­nent par le nucléai­re. Il s’agit de têtes d’œuf, donc « bien fai­tes et bien plei­nes » des dog­mes de l’infaillibilité de la cho­se ato­mi­que. Tel­le­ment bour­rées de ladi­te cho­se qu’il n’y a plus, dans ces cer­veaux ain­si satu­rés, la moin­dre pla­ce pour quel­ques réflexions et connais­san­ces qui limi­te­raient leurs orgueilleu­ses pré­ten­tions et les ouvri­raient, sinon vers une fran­che huma­ni­té, du moins vers un sens authen­ti­que du bien com­mun.

Mada­me Are­va : « Nous, les ensei­gne­ments on les a déjà tirés dans tous nos « desi­gns » (sic)

 

Pas­sa­gè­re­ment secoués par la catas­tro­phe de Tcher­no­byl, ils ne man­què­rent pas de se rem­plu­mer lors de ce der­nier quart de siè­cle, qui vit aus­si l’émergence d’une relè­ve de géné­ra­tion tou­te neu­ve, pim­pan­te, sûre d’elle et conqué­ran­te…

(Lire la sui­te…)


Allègre s’estime diffamé par Politis, qu’il attaque en justice

L’ancien minis­tre Clau­de Allè­gre s’estime dif­fa­mé par une tri­bu­ne parue dans Poli­tis le 18 juin 2009. Le tex­te por­tait les signa­tu­res de huit per­son­na­li­tés du mon­de uni­ver­si­tai­re, scien­ti­fi­que ou asso­cia­tif. L’hebdo lan­ce une péti­tion de sou­tien.

Les auteurs de la tri­bu­ne qui déran­ge Allè­gre, ain­si que le direc­teur de la publi­ca­tion, ont été mis en exa­men pour « dif­fa­ma­tion publi­que envers un fonc­tion­nai­re public ». Ledit fonc­tion­nai­re n’est autre que Clau­de Allè­gre, dont Patri­ck Piro bros­se le por­trait dans le numé­ro en cours.

«Nous n’aimons guè­re l’adjectif « contro­ver­sé », écrit Denis Sief­fert, le rédac­teur en chef, Mais s’il s’applique à quelqu’un, c’est bien à Clau­de Allè­gre. L’homme est de nou­veau, aujourd’hui, au cœur d’une contro­ver­se qu’il a lui-même pro­vo­quée en contes­tant vio­lem­ment les tra­vaux des cli­ma­to­lo­gues qui nous met­tent en gar­de contre les consé­quen­ces de cer­tai­nes acti­vi­tés humai­nes sur l’avenir de la pla­nè­te. Il est entré dans ce débat com­me tou­jours, sans être trop regar­dant sur les moyens ni les argu­ments. Com­me un mau­vais rug­by­man dans la mêlée : en pié­ti­nant ses adver­sai­res. Contrai­re­ment à la pré­sen­ta­tion que l’on fait de lui dans cer­tains médias com­plai­sants, il n’est pas un « scep­ti­que ». Le scep­ti­cis­me ne peut pas plus s’appliquer aujourd’hui aux conclu­sions des cli­ma­to­lo­gues du mon­de entier qu’à la roton­di­té de la ter­re. Ce que M. Allè­gre appel­le impro­pre­ment scep­ti­cis­me, c’est l’incrédulité de l’ignorance. Et pire enco­re : l’exploitation de cet­te incré­du­li­té par quelqu’un qui sait.

«Mais, en juin 2009, lorsqu’est paru sous le titre « Clau­de Allè­gre : ques­tion d’éthique » le tex­te de Poli­tis, l’important per­son­na­ge avait une autre actua­li­té. On par­lait de lui com­me minis­tra­ble dans le gou­ver­ne­ment Fillon. Il s’apprêtait à deve­nir dans le domai­ne des scien­ces et de l’éducation ce qu’Éric Bes­son, ancien socia­lis­te com­me lui, est à la soli­da­ri­té et aux droits de l’homme. Aurions-nous, mal­en­con­treu­se­ment, inter­fé­ré dans ce calen­drier ? Serait-ce la cau­se de la colè­re de Clau­de Allè­gre à notre égard ? Quoi qu’il en soit, nous vou­lons dire ici que, ce tex­te, nous som­mes fiers de l’avoir publié et nous l’assumons plei­ne­ment aux côtés de nos sept amis – sept, hélas, et non pas huit, puis­que Jean-Yves Bar­rè­re, empor­té par la mala­die, nous a quit­tés depuis. Ce tex­te, il peut se lire com­me un bilan cri­ti­que de tou­te une car­riè­re. Mais aus­si com­me pré­mo­ni­toi­re de la polé­mi­que sur le cli­mat. Preu­ve de sa dou­ble actua­li­té.»

»> Voir aus­si : Allè­gre, GIEC, curés pédo­phi­les. Scien­ce et reli­gion dans le plus obs­cur cli­mat


Allègre, GIEC, curés pédophiles. Science et religion dans le plus obscur climat

Malai­se dans nos civi­li­sa­tions. Civi­li­sées, le sont-elles, d’ailleurs, autant qu’elles le pro­cla­ment ? Où que l’on tour­ne le regard, le dou­te nous sai­sit. Quels repè­res, quels sens trou­ver qui indi­quent direc­tion, espoir. « Le mon­de est pour­ri, la vie est bel­le », j’aime bien cet­te paro­le de Clai­re, une copi­ne, qui ajou­tait aus­si, d’une convic­tion entiè­re, « On fait ce qu’on peut ». Ça res­sem­ble à du banal. Ce n’en est pas, non. Qui, en effet, peut pré­ten­dre ici-bas accom­plir tout son pos­si­ble ? Vrai­ment tout le pos­si­ble… C’était ma minu­te phi­lo qui m’entraîne dans la patau­geoi­re que nous appe­lons aus­si « actua­li­té », là où tout le pos­si­ble n’est jamais épui­sé. J’en prends deux bouts, les deux extré­mi­tés d’un bâton bien mer­di­que :

– D’un côté des curés per­vers, pas­sant à l’acte sur des enfants qu’ils ont mis­sion de gui­der… ; dans cet­te lignée, un appa­reil, celui du pou­voir reli­gieux ecclé­sias­ti­que et sa cohor­te éco­no­mi­que et hié­rar­chi­que, sous-papes et pape, l’État vati­ca­nes­que, ses suc­cur­sa­les mon­dia­li­sées pro­pa­geant la « bon­ne paro­le » – tu par­les, oui !

– De l’autre, une ten­ta­ti­ve de poli­ti­sa­tion de la scien­ce par le tru­che­ment de deux illu­sion­nis­tes média­ti­sés, Vin­cent Cour­tillot et sur­tout Clau­de Allè­gre cumu­lant, lui, la fonc­tion com­plé­men­tai­re d’escamoteur et chan­tre du libé­ra­lis­me « décom­plexé ».

Il s’agit bien d’un seul et même tenant, celui de la dis­si­mu­la­tion, de la fal­si­fi­ca­tion, for­mes visi­bles de cet obs­cu­ran­tis­me reve­nant à l’offensive sau­va­ge dans nos temps en per­te de lumiè­res.

Les reli­gions – depuis le temps ! – ont impré­gné tou­tes les stra­tes de nos socié­tés, condi­tion­nant jusqu’à nos incons­cients, notre lan­ga­ge, nos com­por­te­ments. Com­me les sys­tè­mes tota­li­tai­res, elles ont aus­si sécré­té leurs ordres poli­ciers, déployé des agents d’inquisition, enfon­cé « leur main noi­re jus­que dans le ven­tre des hom­mes » – Panaït Istra­ti en 1927 à pro­pos du sta­li­nis­me. Plus enco­re, elles ont acquis cet­te sor­te de sta­tut recon­nu d’agent cultu­rel, paten­té, celui du medium selon la ter­mi­no­lo­gie de Régis Debray qui s’interroge sur leur sens pro­fond et les ques­tion­ne­ments que l’animal humain y pla­ce dans la durée de son his­toi­re.

Par­tout dans le mon­de débous­so­lé, les reli­gions se sont ins­cri­tes com­me des mani­fes­ta­tions « natu­rel­les » de don­nées émi­nem­ment cultu­rel­les : les croyan­ces et les super­sti­tions. Dar­win, pour com­men­cer, puis ses conti­nua­teurs dont les plus actuels – entre autres, Patri­ck Tort en Fran­ce et Richard Daw­kins en Gran­de-Bre­ta­gne – ont inté­gré les com­por­te­ments reli­gieux dans les pro­ces­sus de l’évolution natu­rel­le. Je pas­se ici sur leur argu­men­ta­tion, for­cé­ment com­plexe, pour plu­tôt fai­re res­sor­tir les dif­fi­cul­tés énor­mes que sem­ble affron­ter le gen­re humain dans son immen­se majo­ri­té à pour­sui­vre son évo­lu­tion en direc­tion d’une ratio­na­li­té affir­mée, et pour autant non dénuée de spi­ri­tua­li­té – au contrai­re !

Cer­tes, il fau­drait ici en appe­ler aux plus amples déve­lop­pe­ments ; ce n’est pas le lieu et je n’en ai pas non plus la pré­ten­tion. Je ne fais donc que frô­ler cet­te pro­blé­ma­ti­que à l’occasion des affai­res de pédo­phi­lie ecclé­sias­ti­que qu’on peut consi­dé­rer sous deux angles.

Le pre­mier ne serait qu’anecdotique s’il ne tou­chait à une cri­mi­na­li­té et à ses vic­ti­mes ; il mon­tre que les curés, condam­nés à la névro­se et au refou­le­ment sexuel au nom du dog­me le plus absur­de selon lequel l’amour « nor­mal », sexua­li­té com­pri­se, contre­vien­drait au « dévoue­ment au Sei­gneur »… Faut-il avoir par­cou­ru tou­te une chaî­ne de patho­lo­gies mul­ti­ples pour accou­cher d’une tel­le héré­sie. Héré­sie elle-même fon­da­tri­ce du code géné­ral de défi­ni­tions et dénon­cia­tions de tou­tes les autres, au nom du Dieu, bien sûr, et plus enco­re du Dog­me cano­ni­que. Ain­si bou­cle-t-on des sys­tè­mes tota­li­tai­res, en reli­gion com­me en poli­ti­que, ou plus géné­ra­le­ment en idéo­lo­gie. Si on admet que les curés ne sau­raient être moins névro­sés que le res­te de la popu­la­tion – c’est l’argument qui sert de défen­se à l’Église –, outre que cela don­ne matiè­re à objec­tion, rap­port au fameux « vœu de chas­te­té », il ne faut pas oublier que ces « ser­vi­teurs » sont cen­sés se pré­sen­ter en paran­gon de Ver­tu, et se pré­ten­dent tels ! On a donc beau et faux jeu que de mini­mi­ser leurs cri­mes au pré­tex­te qu’ils ne seraient pas moin­dres de ceux des autres ber­gers de la socié­té, com­me les ins­ti­tu­teurs de la laï­que, sui­vez mon regard. L’argument me ren­voie à celui par lequel on oppo­se le régi­me cas­tris­te de Cuba à une pseu­do démo­cra­tie capi­ta­lis­te. Il s’agit bien de dic­ta­tu­res, mais l’un pré­tend avoir mené son peu­ple au Para­dis socia­lis­te. Ce qui n’excuse nul­le­ment l’autre !

Second angle : Ces « ani­cro­ches » cor­res­pon­draient en som­me à d’ordinaires ano­ma­lies concer­nant des bre­bis éga­rées. Il suf­fit de les remet­tre dans le droit che­min et tout ira bien et même mieux qu’avant. Un petit coup de « plai­der cou­pa­ble », quel­ques contri­tions – vous savez ces séan­ces publi­ques, bien média­ti­sées, de par­don­na­ge impu­di­que et en lar­mes de cro­co­di­les, même les poli­ti­cards en raf­fo­lent, les patrons bri­gands enco­re plus, du moment que ça fait pas­ser les pilu­les du len­de­main… Moyen­nant quoi tout repart com­me avant et, pour ce qui est des sys­tè­mes d’aliénation reli­gieu­se, tout ren­tre dans l’ordre ecclé­sial et sur­tout sécu­lier. Amen !

Deuxiè­me bout du même bâton, donc. Il tou­che à la démar­che ration­nel­le, à la scien­ce, à la ten­ta­ti­ve de l’homo sapiens, s’étant mis debout, de voir au delà de la seule chan­del­le qu’il por­te. La pen­sée construi­te – c’est-à-dire argu­men­tée et contrée avant vali­da­tion et pour­sui­te vers l’étape sui­van­te – spé­ci­fi­que de l’ani­mal humain [je tiens cet­te judi­cieu­se expres­sion de Wil­helm Rei­ch], vaut par sa capa­ci­té à éclai­rer son deve­nir ; elle impli­que une idée de mieux-être, d’avancée dans une huma­ni­té en mar­che et sou­cieu­se de n’abandonner rien de ce qui est humain et de ce qui y contri­bue. Sa rup­tu­re d’avec l’irrationalité reli­gieu­se repo­se sur l’ancrage pré­ci­sé­ment ter­res­tre et non céles­te, tem­po­rel et non éter­nel, réel et non contin­gent.

Elle s’écarte aus­si de la foi, soit en l’excluant com­me hypo­thè­se non ration­nel­le, soit en la relé­guant au mon­de de l’intime. Savoir et croi­re, ça fait deux. Deux états qui se confron­tent aus­si au quo­ti­dien, notam­ment dans le champ de la (dif­fi­ci­le) com­mu­ni­ca­tion entre per­son­nes, notam­ment aus­si dans l’établissement de ce qu’on appel­le réa­li­té ou véri­té. Entre paren­thè­ses, le métier de jour­na­lis­te se trou­ve pré­ci­sé­ment à la croi­sée de ces états selon les­quels se consti­tuent, pour tout un cha­cun, son pro­pre rap­port au mon­de.

La Scien­ce, quant à elle et moins que tou­te acti­vi­té humai­ne, ne sau­rait s’exclure de la sépa­ra­tion de ces états. Elle part de là et c’est de là aus­si que sur­git un cli­va­ge, voi­re un schis­te : uni­fier savoir et croyan­ce par éli­mi­na­tion « natu­rel­le » de la der­niè­re ; ou bien sépa­rer les deux domai­nes, consi­dé­rer qu’ils peu­vent fonc­tion­ner sépa­ré­ment, voi­re col­la­bo­rer.

Que le dou­te se sai­sis­se du mon­de scien­ti­fi­que, ou l’interpelle com­me on dit, je n’y vois qu’avantage et néces­si­té. Trop de « cer­ti­tu­des » ou de « véri­té » ne peut que nui­re à l’établissement des don­nées de la com­plexi­té. Mais un soup­çon même de croyan­ce, n’entache-t-elle pas l’ensemble de la démar­che scien­ti­fi­que – point d’interrogation.

Pour en reve­nir aux deux « contre­ve­nants » s’opposant au Grou­pe d’experts inter­gou­ver­ne­men­tal sur l’évolution du cli­mat (GIEC), je ran­ge­rais Cour­tillot dans la pre­miè­re caté­go­rie – cel­le des semeurs de dou­te quant à la Véri­té cli­ma­ti­que, sous réser­ve de vali­di­té de l’argumentation, bien sûr –, et Allè­gre dans la secon­de, évi­dem­ment, celui des mani­pu­la­teurs déli­bé­rés dont les visées peu­vent, pour le moins, être sus­pec­tées d’intentions « impu­res » quant à la démar­che scien­ti­fi­que. Les 400 cli­ma­to­lo­gues qui lui volent dans les plu­mes [Le Mon­de, 2/4/10] sem­blent pos­sé­der de soli­des argu­ments. Je dis « sem­blent » car ils en pré­pa­rent une pré­sen­ta­tion pro­chai­ne. Mais indé­pen­dam­ment, il y a le per­son­na­ge même d’Allègre, for­te­ment émet­teur d’antipathie – tant de suf­fi­san­ce ubues­que ! tant d’arrivisme poli­ti­que ! Il y a aus­si et sur­tout son atti­tu­de de faus­sai­re l’ayant ame­né à fal­si­fier des don­nées scien­ti­fi­ques et des cour­bes – ce qu’il a recon­nu en « rai­son » d’« un choix édi­to­rial ». Et ce qui l’exclut du champ scien­ti­fi­que. De même lorsqu’il conclut son débat avec un éco­lo­gis­te [Yan­ni­ck Jadot, Fran­ce Inter, 31/03/10] par, en sub­stan­ce, « De tou­tes façons, la Natu­re répa­re tou­jours les dégâts des hom­mes »… – ce qui était déjà, dans les même ter­mes, le cre­do libé­ral d’un Made­lin, ou des néo-conser­va­teurs états-uniens. Dès lors, il ne res­te plus qu’à tirer l’échelle sous ce Nostra­da­mus à la man­que et à le ren­voyer à ses pré­dic­tions vol­ca­ni­ques et autres déli­res sur l’amiante.


Copenhague. La sirène et la grenouille

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11rainette.1261239393.jpgC’est un conte de Noël, emprun­té à La Pro­ven­ce [18/12/09]. Lisez voir ci-contre [clic droit] leur plat billet, mieux que rien. Mais à la veille du fias­co de Copen­ha­gue – on peut bien cre­ver la gueu­le ouver­te – l’historiette de la rai­net­te de Salon valait bien une fable. Même les Fon­tai­ne se taris­sent de nos tris­tes jours. Je ten­te la mien­ne, éga­le­ment à base de gre­nouillet­te, peut-être même de l’espèce de Salon (de Pro­ven­ce).
J’allais don­ner de ma gran­de cisaille à déga­ger le lier­re enva­his­sant. Je l’ai aper­çue entre les deux lames, me scru­tant de ses yeux d’or, le jabot pal­pi­tant d’une cour­te res­pi­ra­tion. Inquiè­te ? Stres­sée ? Elle m’a lais­sé le temps d’une pau­se pho­to et même plus, com­me une star­let­te sur les mar­ches de Can­nes. Elle posait là dans le plus sim­ple appa­reil, sur le plas­ti­que noir et tech­ni­que d’un boî­tier élec­tri­que ; à contem­pler le mon­de, sans rien savoir de Copen­ha­gue ni de sa peti­te sirè­ne au chant trom­peur. Mais en en connais­sant bien tous les enjeux. C’est bien ça : elle fré­mis­sait sous l’air incer­tain, souf­flant le chaud et le froid. Com­me nous en som­me, pau­vres humains, sur la même galè­re en déri­ve. Jadis ani­mal féti­che de la météo, elle par­cou­rait l’échelle du temps qu’il fait. La voi­là deve­nue, peti­te et magni­fi­que gre­nouille, sym­bo­le du temps qui res­te.


La dernière du jour : Et si l’Europe se chauffait avec le soleil du Sahara ?

« Un consor­tium alle­mand veut lan­cer un grand pro­jet de cen­tra­les ther­mo­so­lai­res. Pro­dui­te en Afri­que saha­rien­ne, l’électricité tran­si­te­rait sur des lignes à hau­te ten­sion. Les pre­miè­res livrai­sons pour­raient avoir lieu dans dix ans ». [Le Mon­de, 13/7/09]

La der­niè­re riches­se de l’Afrique pas enco­re exploi­tée, le soleil, bon sang, que fai­saient les rapa­ces à la lais­ser ain­si dorer… au soleil ? Sur­tout, que les Afri­cains ne se dépê­chent pas d’entrer « dans l’Histoire », qu’on les pille enco­re un peu plus !

Remar­quez que les plus pour­ris des poli­ti­ciens afri­cains n’ont pas atten­du cet­te lumi­neu­se idée venue du Nord. Ain­si, dans la si lon­gue lignée des dic­ta­teurs du conti­nent, un Mobu­tu a-t-il pla­cé le Congo-Kin­sha­sa en cou­pes réglées ; pour exploi­ter, à son comp­te per­son­nel pour com­men­cer, les immen­ses riches­ses miniè­res du pays, il a fait construi­re des bar­ra­ges hydro­élec­tri­ques, dont un gigan­tes­que des­ti­né à ali­men­ter les mines de cui­vre du Katan­ga. Les lignes à hau­te ten­sion tra­ver­sent le pays, sans même condes­cen­dre dans les pau­vres vil­la­ges quel­les sur­plom­bent [lire sur ce blog : Congo-Ban­que mon­dia­le. Ou com­ment, avec deux euros par mois, rem­bour­ser une det­te de 10 mil­liards ]

Donc l’énergie solai­re et son exploi­ta­tion, c’est déjà com­men­cé avec les bar­ra­ges. La nou­veau­té, sous cou­vert « tech­no­lo­gi­que » – jadis les mis­sion­nai­res et les mili­tai­res pré­cé­daient les colons ; aujourd’hui c’est la « tech­no­lo­gie » qui débou­le d’abord – c’est de la jouer « éco­lo » avec des pan­neaux solai­res. La bla­gue ! Ils vont tout bon­ne­ment enva­hir le Saha­ra – pas gra­ve, c’est un désert – et plan­ter leurs pylô­nes à tout va. Sans dou­te n’oseront-ils pas, ces affai­ris­tes tein­tés de sens démo­cra­ti­que, on ne rigo­le pas, la jouer car­ré­ment à la Mobu­tu. Non, ils dis­tri­bue­ront plus visi­ble­ment, osten­si­ble­ment, quel­ques miet­tes de kilo­watts à grands coups de com’ tiers-mon­dis­te. Crai­gnons le pire. Pour le peu que les Chi­nois sur­en­ché­ris­sent en tirant leurs lignes jus­que là-bas…

Oba­ma devra reve­nir enco­re et sou­vent sur les tra­ces de ses loin­tains ancê­tres s’il veut par­ve­nir à bran­cher leurs actuels des­cen­dants sur les étroi­tes voies du libé­ra­lis­me démo­cra­ti­ca­ble.


Écologie mon amour. Le « tour du monde » de Depardon ne vaut pas un pet de baudet

Voi­ci donc l’Air du Bar­bier de Nos­vil­les : demain on va éco­lo­gi­ser gra­tis et entrer dans une ère nou­vel­le, prout-prout ma chè­re com­me dit ma copi­ne Chan­tal. L’ère en ques­tion, l’air nou­veau que voi­là demain tout de sui­te ce sera selon la recet­te du pâté de che­val à l’alouette : une cen­tra­le nucléai­re, un mou­lin à vent, dixit le Sar­ko nou­vo.

Or, à pro­pos de vents et de prouts, je vais vous en conter une. Si vous sui­vez ma pro­se blo­gueu­se, vous savez donc que l’été der­nier, j’ai effec­tué un péri­ple fan­tas­ti­que expo­sé dans un ouvra­ge du même aca­bit bra­ve­ment inti­tu­lé « Le tour d’un mon­de en sept jours avec un âne en Pro­ven­ce ». [Sui­vez le lien pour plus d’info et si pos­si­ble le com­man­der].
Cer­tes, je me fais un peu de pub au pas­sa­ge mais, vous l’allez voir, elle se jus­ti­fie plei­ne­ment, en par­ti­cu­lier depuis les der­niè­res euro­péen­nes, avec les résul­tats qu’on sait.

Donc, disais-je, pour fêter à sa maniè­re la sor­tie de mon bou­quins [voir ci-des­sus…], ma fian­cée m’a offert… un autre bou­quin au titre pro­vo­ca­teur : « Le tour du mon­de en 14 jours, 7 esca­les, 1 visa ». L’auteur est un peu plus connu que celui du « Tour d’un mon­de, bour­ri­cot, etc. ». C’est un cer­tain Ray­mond Depar­don, qui cla­me ceci sur la 4e de couv’ : « Je reviens fati­gué, mais heu­reux de voir que la Ter­re est ron­de »… Beuh… Fati­gué, Ray­mond ? On le com­prend, le cham­pa­gne dans les zincs de pre­miè­re clas­se ou clas­se biz­ness, ça pom­pe. Il a d’ailleurs la can­deur, notre « pho­to­gra­phe de répu­ta­tion inter­na­tio­na­le », de nous met­tre sous le nez, les fac-simi­le de ses billets, tous ou pres­que de Uni­ted Air­li­nes, com­me ça on sait d’où vient le pognon.

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A l’heure de l’écologie triom­phan­te, pour sûr, notre Depar­don se sent un peu péteux rap­port au kéro­zè­ne qu’il a bouf­fé, en plus des petits fours de Uni­ted Air­li­nes. Alors, à la façon du non moins fameux et pom­peux Yann Arthus-Ber­trand [j’ai subi le début de son « Home » et ça m’a bien vite plus que gon­flé aus­si…], lequel est à Fran­çois Pinault ce que Depar­don est à Uni­ted Air­li­nes, notre super pho­to­gra­phe a cher­ché un ou deux… par­dons par anti­ci­pa­tion.

Il l’explique à la tou­te der­niè­re page de son bou­quin, une idée d’éditeur on dirait même : « Ray­mond Depar­don a sou­hai­té com­pen­ser les émis­sions de CO2 liées à son voya­ge. Il a fait appel à la fon­da­tion suis­se Mycli­ma­te,  une des entre­pri­ses de com­pen­sa­tion de car­bo­ne les plus répu­tées (on comp­te aujourd’hui envi­ron 170 entre­pri­ses de ce type).  Le cal­cul des émis­sions de CO2 s’effectue à par­tir de la consom­ma­tion de kéro­sè­ne des avions emprun­tés ain­si que de la clas­se dans laquel­le  le pas­sa­ger a voya­gé.  Pour son tour du mon­de, Ray­mond Depar­don  a par­cou­ru 45157 kilo­mè­tres en pre­miè­re clas­se et en busi­ness. Les émis­sions de car­bo­ne liées  à ce voya­ge sont ain­si esti­mées à 17246 ton­nes, com­pen­sa­bles par un don de 1234 €.  Cet­te som­me, que Ray­mond Depar­don a rever­sée à Mycli­ma­te, per­met à cet­te fon­da­tion de finan­cer des pro­jets spé­cia­li­sés dans la pro­mo­tion  des éner­gies renou­ve­la­bles et dans la limi­ta­tion de la consom­ma­tion d’énergie. » [Sou­li­gné par moi].

Pas beau ça ? Se don­ner bon­ne conscien­ce, ça coû­te pas cher quand on a les moyens. Ce bou­quin est une escro­que­rie intel­lec­tuel­le, d’ailleurs révé­lée par les quel­ques lignes mal­ha­bi­les ten­tant à jus­ti­fier cet injus­ti­fia­ble « tour du mon­de en soli­tai­re ». Tu par­les !

Tan­dis que bibi, avec son « Juju » de bau­det pro­ven­çal, a réa­li­sé son tour d’un mon­de en moi­tié moins de temps et pour zéro émis­sion de CO2… Zéro, vrai­ment ? Ah non, pas tout à fait, il faut comp­ter nos pets – eh ! – et sur­tout ceux de l’âne, pos­si­ble­ment volu­mi­neux mais rares en véri­té, si on n’évalue pas ce qui se pas­se lors de l’émission de crot­tin.

Or, ce matin, j’aborde la cho­se avec un spé­cia­lis­te, Patri­ck Piro, jour­na­lis­te « éco­lo­gie » à Poli­tis et vieux copain. Voi­ci ce qu’il m’apprend pres­que en s’excusant : « Puis-je sou­li­gner que le pet des bour­ri­cots est neu­tre cli­ma­ti­que­ment, si l’on consi­dè­re que l’herbe bouf­fée repous­se (fer­ti­li­sée par les déjec­tions), fixant le car­bo­ne relâ­ché ? D’autant que les ânes n’étant pas des her­bi­vo­res poly­gas­tri­ques com­me les bovins, leurs fla­tu­len­ces n’émettent que peu ou pas de métha­ne. »

Ain­si étais-je, en tant que grand voya­geur tour-de-mon­dis­te, tota­le­ment absout de pol­lu­tion noci­ve !

Quant au bou­quin lui-même, il n’a pas dû être trop dépen­sier : sor­ti à peu d’exemplaires (400) chez un impri­meur éti­que­té « Imprim’ vert », il a seule­ment dû être trans­por­té par camion­neur et par la pos­te.

A ce pro­pos, je peux même vous l’envoyer ! : chè­que de 14 euros, et hop vous voya­ge­rez plus qu’avec Depar­don !



Tout un monde en Hummer et en Provence, jusque chez Richard Perle

2hummer_1En ce 1er août 2006, mon pote Ber­nard me dit au bigo ce diman­che, à l’heure de la mes­se :

« Ouf, ça va mieux, il pleu­vio­te sur Paris ! » [Notez le «sur» Paris, com­me dans le Pré­vert de «il pleu­vait sans ces­se sur Brest» ...] 

Je dis ça en pas­sant par­ce qu’on par­le sou­vent à la va com­me je te cau­se, et on écrit aus­si de même, agis que nous pou­vons être par les modes de par­lu­re, gen­re « au final », « on va dire », « je des­cends sur Mar­seille », « que du bon­heur ! » et autres for­mu­les frap­pées à l’emporte-pièce puis, on ne sait trop com­ment, pro­pa­gées par une espè­ce de grip­pe-aviai­re-des-mots, sans dou­te ino­cu­lée par les publi­ci­tai­res, répan­dues par les feuille­tons télé, les radios et tou­te la bas­se-cour média­ti­que. (Bel­le phra­se, non ?).

Ce gros machin fachoï­de…

Il me disait ça, le Ber­nard et, tels des ex de la colo­nia­le, lui et moi on évo­quait cet­te fois où sous une paillo­te de l’hôtel Cha­ri à N’Djaména, com­plè­te­ment à la ramas­se, on regar­dait notre ther­mo­mè­tre attein­dre son Eve­rest : 47° Oui, la cani­cu­le dix mois par an, sans clim ni par­fois de flot­te. Tu le ferais, toi ? « Des fei­gnants ces nègres, tiens ! » Ce gen­re de conne­rie qu’on fini­ra peut-être bien­tôt par ne plus enten­dre, une fois nos cli­mats bien déré­glés. Et que peut-être aus­si, à son tour, l’Afrique connaî­tra les dou­ceurs d’un Gulf stream. En atten­dant la gla­cia­tion. Ce qui, il est vrai et com­me pour « le fût du canon », peut pren­dre quand même un cer­tain temps. Ain­si qu’on le va conter.

Donc, de ce pas et sous le cagnard domi­ni­cal, j’allais qué­rir ma gazet­te loca­le au tabac-jour­naux du pate­lin. C’est bien de sor­tir. Même pas loin, com­me j’aime à dire aux appren­tis-jour­na­lis­tes. Assi­gné à rési­den­ce dans mes espa­drilles, je n’aurais rien su – pas cet­te fois du moins – d’une nou­vel­le hor­reur venant s’ajouter aux nua­ges d’ozone et CO2 de notre noir ave­nir pla­né­tai­re. Je n’en voyais guè­re de pire que les 4x4 die­sel, gen­re four­gon funé­rai­re pour riches, tur­bi­nant leurs 20 litres au cent, sans comp­ter la clim’ pour gar­der le teint rosé. Mais t’as pas fini d’en voir, mon gars !

Ce gros machin fachoï­de, là, garé sur l’emplacement du car, fenê­tres noi­res et clo­ses, moteur et clim en mar­che Pas croya­ble, un mons­tre ! Com­me qui dirait Schwar­ze­ne­ger – ouais, gou­ver­neur de la Cali­for­nie, où il a fait aus­si dans les 45° ces jours-ci – en bat­tle-dress maca­bre, cas­que à visiè­re aveu­gle, des chro­mes com­me des poi­gnées de cer­cueil. Un machin de guer­re amé­ri­cain mâti­né de cor­billard sovié­ti­que. Un « Hum­mer » ça s’appelle, que m’apprend le débi­tant – « Y a des revues là-des­sus, voyez ! ». Regar­dez à votre tour (▲ pho­tos ▼ piquées sur le oueb, j’allais quand même ache­ter un canard pareil !). Vous croi­sez ça à la nuit tom­ban­te rue Quin­cam­poix, dans le qua­triè­me, à Paris – sup­po­sons –, que vous ne savez plus dans quel trou vous réfu­gier, com­me en 40 sous la Kom­man­dan­tur.

Eh bien, y avait « ça » devant mon tabac-jour­naux ce matin ! Et « ça » était conduit par une dame aus­si élé­gan­te que fluet­te venue cher­cher ses trois paquets de Marl­bo­ro. Et que même mon débi­tant lui a cau­sé en anglo-pro­ven­çal, vu qu’elle ne pipait pas le moliè­re. Pas le moin­dre «Bon­jour, Marl­bo­ro, trois, mer­ci, r’voir». Que de l’angliche.

Je le lui fais remar­quer à mon débi­tant, en lui pre­nant la Pro­ven­ce que du coup il me fait payer « nine­ty » – pour de rire. Et qu’il accom­pa­gne d’une van­ne écu­lée, pro­ba­ble sur­vi­van­ce d’un film sur les Viets, façon Schoen­doerf­fer: « Dans un œuf, y a du jau­ne et du blanc ; cas­sé et mélan­gé, y a plus que du jau­ne, hé ! »

Bon, je la fer­me et me cas­se. La dame a rejoint sa case­ma­te à moteur pour démar­rer aus­si­tôt com­me à Dal­las, seule à bord.

Eh eh, me fais-je in pet­to, si c’était Mrs Per­le ? Oui : l’épouse de Richard Per­le, conseiller et ami de W. Bush, l’un des néo-cons’ les plus influents à la Mai­son Blan­che – et pos­sé­dant par ailleurs une rési­den­ce dans le Lube­ron, je ne sais trop où, mais pas bien loin de mon tabac-jour­naux… Tenez, le v’là en pho­to  dans sa caba­ne pro­ven­ça­le… à Gor­des La vie est bel­le. Allez, « à ciao ! » Je vous lais­se écri­re la mora­le du conte (un peu) véri­di­que.


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

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