On n'est pas des moutons

Mot-clé: décence commune

Cahuzac et le « pire des analphabètes », selon Brecht

J-C, peu avant sa crucifixion. [ph. DR]

J-C, peu avant sa cru­ci­fixion. [ph. DR]

Une cata infor­ma­tique s’est abat­tue sur « C’est pour dire » en même temps que la cata poli­tique qui fera du 2 avril 2013 la date réfé­rence: « Avant/après J-C bis ». Pas bien grave pour l’une (la chose a été dépan­née – merci Daniel !), déplo­rable pour l’autre et pour nous tous, en par­ti­cu­lier pour ce qui relève de la Démo­cra­tie et de la Répu­blique – avec majus­cules – ces construc­tions si belles, labo­rieuses à faire gran­dir, si fra­giles, au point qu’elles chan­cellent sous les coups d’un ignoble Mal­frat (majus­cule aussi !).  Ce qui est ici en cause, c’est la col­lu­sion intime de l’Argent, du Pou­voir et de la Peti­tesse, amal­game rui­neux pour l’Homme – construc­tion humaine – et qui ruine les hommes, le peuple, la société, la morale déjà si chan­ce­lante en ces temps désenchantés.

Tout aura été dit, depuis ce jour de l’Aveu et de la Cru­ci­fixion, de la triche, du men­songe, de l’ignominie. Rien à ajou­ter à l’immonde. Sauf ce texte res­sorti à point nommé (merci Rosa et Michel !). Un texte du dra­ma­turge alle­mand Ber­tolt Brecht (mort en 1956), bros­sant le por­trait de l’analphabète poli­tique, cet amné­sique et irres­pon­sable par lequel l’Histoire ne manque pas de bégayer.

Cahu­zac s’inscrit dans une longue lignée d’affairistes véreux, pré­cède les sui­vants, illustre les actuels. Son talent sup­plé­men­taire lui garan­tit le sta­tut d’icône moderne. Car il n’a rien inventé.

« Le pire des anal­pha­bètes, c’est l’analphabète poli­tique. Il n’écoute pas, ne parle pas, ne par­ti­cipe pas aux évé­ne­ments poli­tiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix des hari­cots et du pois­son, le prix de la farine, le loyer, le prix des sou­liers et des médi­ca­ments dépendent des déci­sions poli­tiques. L’analphabète poli­tique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poi­trine pour dire qu’il déteste la poli­tique. Il ne sait pas, l’imbécile, que c’est son igno­rance poli­tique qui pro­duit la pros­ti­tuée, l’enfant de la rue, le voleur, le pire de tous les ban­dits et sur­tout le poli­ti­cien mal­hon­nête, men­teur et cor­rompu, qui lèche les pieds des entre­prises natio­nales et mul­ti­na­tio­nales. » [Ber­tolt Brecht, ni daté, ni sourcé]

• Voir éga­le­ment, du 17 décembre 2012 :

Le men­hir d’Obélix cachera-t-il la forêt de l’évasion fis­cale ? par Attac


Marseille. L’ « affaire Guetta » ou le trouble d’une gestion municipale

L’annulation à Mar­seille du concert de Guetta à 400 000 euros ne doit pas cacher le carac­tère plus que trouble de la ges­tion muni­ci­pale. C’est ce que rap­pelle le com­mu­ni­qué sui­vant du Com­mando Anti-23 juin exi­geant des expli­ca­tions sur les pra­tiques pour le moins anti-démocratiques des élus.

 

Nous avons fait réagir David Guetta : l’ampleur de notre mou­ve­ment a amené le DJ à annon­cer hier dans un com­mu­ni­qué qu’il annu­lait son concert au Parc Borély … pour en tenir un autre non sub­ven­tionné au Dôme.

Depuis plu­sieurs semaines, notre mobi­li­sa­tion excep­tion­nelle a fait beau­coup par­ler d’elle dans les médias. Il y a quelques jours, vous avez contraint le maire à répondre à vos publi­ca­tions sur Face­book et Twit­ter en s’engageant à redis­cu­ter cette sub­ven­tion. Cette déci­sion de David Guetta est une pre­mière vic­toire, mais c’est une vic­toire amère.

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Alerte humanitaire! Carlos Ghosn en passe de s’immoler par le feu

– Un homme de 42 ans s’est sui­cidé par le feu devant une agence de Pôle emploi à Nantes, mer­credi 13 février en milieu de journée. 

 

–  Le PDG de Renault, qui per­çoit plus d’un mil­lion d’euros pas mois, veut bien en repor­ter 30% jusqu’à 2016. A condi­tion que…

 

Je sais, le pro­cédé pour­rait être facile et même démago, celui d’amalgamer deux faits appa­rem­ment dis­tincts. C’est qu’au contraire, j’y vois un lien, et même plusieurs.

 

Le lien pre­mier, c’est l’injustice de ce monde où s’exposent dans une même et inso­lente outrance pau­vreté et richesse. Plus pré­ci­sé­ment : extrême pau­vreté et extrême richesse. Un monde, d’ailleurs, où règnent les extré­mismes de toutes sortes : finan­ciers, éco­no­miques, poli­tiques, éco­lo­giques, reli­gieux, moraux, artis­tiques… Autre­ment dit un monde de l’extrême vio­lence, pos­si­ble­ment au bord de l’explosion, comme en une fin de civilisation.

 

Les autres liens, appen­dices du prin­ci­pal, tiennent aux deux faits eux-mêmes.

 

Comme on ne va pas man­quer de le rap­pe­ler – néces­sité défen­sive de la bonne conscience sociale – le sui­cide est un acte com­plexe aux causes mul­tiples, tou­chant l’intime, et cae­tera. Ajou­tons : aussi un acte de cou­rage et de liberté, par­fois. Au delà de l’interrogation phi­lo­so­phique, il s’agit de ne mas­quer en rien l’âpreté de notre monde et de nos socié­tés « modernes », ce qui veut dire sau­vages.

 

Com­ment peut-on en arri­ver à ce point de déses­poir, exprimé dans deux courriels ? :

 

Mardi 12 février, 10 h 12 : « Aujourd’hui, c’est le grand jour pour moi car je vais me brû­ler à Pôle emploi. J’ai tra­vaillé 720 h et la loi, c’est 610 h. Et Pôle emploi a refusé mon dossier. »

 

Mardi 12 février, 12 h 55 :  « Je suis allé à Pôle emploi avec 5 litres d’essence pour me brû­ler, mais c’est fermé le 12/02/2013 ; alors ça sera demain le 13 ou le 14, car ce serait vrai­ment pré­fé­rable au sein de Pôle emploi merci. »

 

Nous ne sommes pas en Grèce, ni en Tuni­sie et leurs mul­tiples sui­ci­dés. C’est que le déses­poir n’a pas de patrie. Il s’est mon­dia­lisé en même temps que l’insolente richesse. Celle qui s’étale en un pal­ma­rès indé­cent, tel celui affi­ché sans ver­gogne sur le site de l’agence Bloom­berg, sous forme d’un trom­bi­no­scope des plus riches au monde, clas­sés en mil­liards de dol­lars, et « actua­lisé en temps réel » – car il s’agit d’un jeu de société, un mono­poly fol­le­ment amu­sant. Les riches ne craignent rien autant que l’ennui – mais peu se sui­cident, a-t-on remarqué ?

1milliardaires

Ça bouge chaque jour, c’est fou et ludique. Comme le casse-pipes à la foire du Trône.

 

Au moins, grâce à ce site et le temps venu, saura-t-on aisé­ment à quelles sources aller pui­ser afin de réta­blir quelque équi­libre salutaire.

 

Car­los Ghosh, le pauvre, lui qui ne figure même pas dans ce glo­rieux pal­ma­rès ! D’autant moins que ce bon sama­ri­tain verse dans le cha­ri­table. Selon les gazettes, il pour­rait repor­ter à 2016 le ver­se­ment de 30 % de sa rému­né­ra­tion variable en 2012, soit envi­ron 430 000 euros. « Cette somme ne serait ver­sée au PDG que dans trois ans, à condi­tion que l’accord en cours de négo­cia­tion soit validé par les syn­di­cats, puis appli­qué, et que cer­tains indi­ca­teurs, notam­ment les volumes de pro­duc­tion pro­mis par la direc­tion, soient respectés. »

 

Même si ce geste se confirme, Car­los Ghosn tou­chera 2,2 mil­lions d’euros, dont 1 mil­lion de rému­né­ra­tion variable. Et c’est sans comp­ter sur sa rému­né­ra­tion chez Nis­san, dont il est éga­le­ment PDG, qui est de près de 10 mil­lions d’euros.

 

Donc, en gros, ce type palpe plus de 12 mil­lions d’euros par an, qu’on arron­dira à un mil­lion par mois ! Et il a l’outrance de don­ner l’aumône à ses sala­riés mena­cés de Pôle emploi comme le mal­heu­reux de Nantes !

 Com­ment peut-on, en ce bas monde si désolé, gagner 1 000 fois plus qu’un chô­meur et se regar­der dans la glace – tout en se trou­vant glo­rieux de surcroît ?

Ça me rap­pelle  Fin­kiel­kraut, sur la radio publique, défen­dant le bou­clier fis­cal de Sar­kozy et volant au secours du pré­levé à 50 % (c’était avant les 75 %, encore le bon temps !): «  Il donne la moi­tié de son man­teau, tout de même !  » D’abord, il ne donne pas – n’est pas saint-​Martin qui veut… Ensuite, il y a un abîme entre le fait de don­ner un euro quand on n’en a que deux, et celui de se faire appe­ler à un devoir de soli­da­rité par une contri­bu­tion d’un mil­lion d’euros sur deux mil­lions de revenus.

Or, Ghosn, lui, consent à repor­ter 30% de sa maigre paie.

Le vrai pro­blème, c’est bien les trop riches, ceux qui n’en ont jamais assez – les pauvres !


Edgar Morin : « En 2013, il faudra plus encore se méfier de la docte ignorance des experts »

Ça ne se fait pas de publier sans auto­ri­sa­tion un texte venu d’ailleurs. Si ! la preuve : ce texte d’Edgar Morin paru dans Le Monde du 2 jan­vier. Morin comme pen­seur du bien com­mun, se doit de cir­cu­ler dans les sphères de la pen­sée com­mune, notam­ment les blogs. De plus, comme pen­seur de la com­plexité, il sait aussi – tou­jours au nom du bien com­mun – les exi­gences de la sim­plexité : rendre simple ladite complexité.

 

Donc, ci-dessous : l’article d’Edgar Morin, titré « En 2013, il fau­dra plus encore se méfier de la docte igno­rance des experts ». Suivi de mon grain de sel.

 

© faber

© faber

« Hélas, nos diri­geants semblent tota­le­ment dépas­sés : ils sont inca­pables aujourd’hui de pro­po­ser un diag­nos­tic juste de la situa­tion et inca­pables, du coup, d’apporter des solu­tions concrètes, à la hau­teur des enjeux. Tout se passe comme si une petite oli­gar­chie inté­res­sée seule­ment par son ave­nir à court terme avait pris les com­mandes. » (Mani­feste Roo­se­velt, 2012.)

 

« Un diag­nos­tic juste » sup­pose une pen­sée capable de réunir et d’organiser les infor­ma­tions et connais­sances dont nous dis­po­sons, mais qui sont com­par­ti­men­tées et dispersées.

 

Une telle pen­sée doit être consciente de l’erreur de sous-estimer l’erreur dont le propre, comme a dit Des­cartes, est d’ignorer qu’elle est erreur. Elle doit être consciente de l’illusion de sous-estimer l’illusion. Erreur et illu­sion ont conduit les res­pon­sables poli­tiques et mili­taires du des­tin de la France au désastre de 1940 ; elles ont conduit Sta­line à faire confiance à Hit­ler, qui faillit anéan­tir l’Union soviétique.

Tout notre passé, même récent, four­mille d’erreurs et d’illusions, l’illusion d’un pro­grès indé­fini de la société indus­trielle, l’illusion de l’impossibilité de nou­velles crises éco­no­miques, l’illusion sovié­tique et maoïste, et aujourd’hui règne encore l’illusion d’une sor­tie de la crise par l’économie néo­li­bé­rale, qui pour­tant a pro­duit cette crise. Règne aussi l’illusion que la seule alter­na­tive se trouve entre deux erreurs, l’erreur que la rigueur est remède à la crise, l’erreur que la crois­sance est remède à la rigueur.

 

L’erreur n’est pas seule­ment aveu­gle­ment sur les faits. Elle est dans une vision uni­la­té­rale et réduc­trice qui ne voit qu’un élé­ment, un seul aspect d’une réa­lité en elle-même à la fois une et mul­tiple, c’est-à-dire complexe.

 

Hélas. Notre ensei­gne­ment qui nous four­nit de si mul­tiples connais­sances n’enseigne en rien sur les pro­blèmes fon­da­men­taux de la connais­sance qui sont les risques d’erreur et d’illusion, et il n’enseigne nul­le­ment les condi­tions d’une connais­sance per­ti­nente, qui est de pou­voir affron­ter la com­plexité des réalités.

 

Notre machine à four­nir des connais­sances, inca­pable de nous four­nir la capa­cité de relier les connais­sances, pro­duit dans les esprits myo­pies, céci­tés. Para­doxa­le­ment l’amoncellement sans lien des connais­sances pro­duit une nou­velle et très docte igno­rance chez les experts et spé­cia­listes, pré­ten­dant éclai­rer les res­pon­sables poli­tiques et sociaux.

 

Pire, cette docte igno­rance est inca­pable de per­ce­voir le vide effrayant de la pen­sée poli­tique, et cela non seule­ment dans tous nos par­tis en France, mais en Europe et dans le monde.

 

Nous avons vu, notam­ment dans les pays du « prin­temps arabe », mais aussi en Espagne et aux États Unis, une jeu­nesse ani­mée par les plus justes aspi­ra­tions à la dignité, à la liberté, à la fra­ter­nité, dis­po­sant d’une éner­gie socio­lo­gique per­due par les aînés domes­ti­qués ou rési­gnés, nous avons vu que cette éner­gie dis­po­sant d’une intel­li­gente stra­té­gie paci­fique était capable d’abattre deux dic­ta­tures. Mais nous avons vu aussi cette jeu­nesse se divi­ser, l’incapacité des par­tis à voca­tion sociale de for­mu­ler une ligne, une voie, un des­sein, et nous avons vu par­tout de nou­velles régres­sions à l’intérieur même des conquêtes démocratiques

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Le menhir d’Obélix cachera-t-il la forêt de l’évasion fiscale ? par Attac

imagesLe départ en exil fis­cal d’Obélix-Gérard Depar­dieu sus­cite une légi­time levée de bou­cliers. Mais la polé­mique entre­te­nue par les décla­ra­tions du Pre­mier ministre et du ministre du Tra­vail ne risque-t-elle pas de faire oublier les éclair­cis­se­ments atten­dus concer­nant l’affaire du compte suisse du ministre du bud­get, Jérôme Cahu­zac, révé­lée par Média­part ? En tout cas la polé­mique ne sau­rait dédoua­ner les auto­ri­tés fran­çaises, qui n’ont guère pris d’initiatives fortes contre l’évasion fis­cale. Attac pro­pose cinq mesures clés qui per­met­traient à la France de réta­blir sa cré­di­bi­lité dans ce domaine.
Après l’affaire Woerth-Bettencourt, les soup­çons qui pèsent sur le ministre du Bud­get Jérôme Cahu­zac concer­nant son usage d’un compte à l’Union des Banques Suisses (UBS) entachent à nou­veau la cré­di­bi­lité de l’administration fis­cale à son plus haut niveau. Pour mon­trer sa réelle déter­mi­na­tion dans ce domaine la France doit sans délai  :
– éta­blir une liste cré­dible des para­dis fis­caux, en lien avec les asso­cia­tions spécialisées ;
– exi­ger la com­mu­ni­ca­tion de l’identité de tous les res­sor­tis­sants fran­çais déten­teurs de comptes dans les para­dis fis­caux, à com­men­cer par la Suisse : l’administration des États-Unis l’a imposé à UBS en 2010, démon­trant qu’il suf­fit d’une volonté politique.
– don­ner 12 mois aux banques opé­rant en France pour fer­mer leurs filiales dans ces ter­ri­toires, sous menace de retrait de la licence ban­caire. Selon l’étude de réfé­rence du CCFD-Terre Soli­daire, les banques fran­çaises ont 527 filiales dans les para­dis fis­caux dont 360 pour la seule BNP Paribas !
– embau­cher sous 12 mois au moins 1000 agents de contrôle fis­cal pour ren­for­cer les 5000 véri­fi­ca­teurs actuel­le­ment en poste: cha­cun d’entre eux rap­porte 2,3 mil­lions d’euros par an à l’Etat grâce aux redres­se­ments fis­caux opé­rés, soit 40 fois le mon­tant de son traitement !
– s’engager for­te­ment auprès des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales (OCDE, G20…) en faveur du « repor­ting par pays » [1] pour les mul­ti­na­tio­nales, seul outil effi­cace pour lut­ter contre l’évasion fis­cale qui per­met à Total ou Google de ne payer qua­si­ment aucun impôt sur les bénéfices.
Attac France,
Paris, le 17 décembre 2012
[1] Le repor­ting par pays oblige les mul­ti­na­tio­nales à rendre trans­pa­rents le volume d’activité éco­no­mique réelle, les pro­fits et les impôts qu’elles payent dans cha­cun des pays où elles sont implan­tées. Il limite for­te­ment les pos­si­bi­li­tés d’évasion fiscale.

Depardieu. Plus minable que misérable

G_Depardieu_2010L” « affaire Depar­dieu », puisque c’en est une, suit son enflure média­tique. Ainsi dans Libé. Plus de 2.000 com­men­taires (dont des gra­ti­nés car­ré­ment fachoïdes) suite aux der­nières décla­ra­tions de celui qui incarna Jean Val­jean dans un télé­film. Ayant tourné dans Les Misé­rables, il se vexe de se trou­ver enrôlé dans Les Minables. Dans sa lettre ouverte au pre­mier ministre (JDD du jour) il en appelle à son passé de prolo, rap­pe­lant avoir com­mencé à tra­vailler « à 14 ans comme impri­meur, comme manu­ten­tion­naire puis comme artiste dra­ma­tique ». Il pré­cise avoir payé «en 2012 85% d’impôts sur (ses) reve­nus», et «   145 mil­lions d’euros d’impôts en 45 ans, je fais tra­vailler 80 per­sonnes (…) Je ne suis ni à plaindre ni à van­ter, mais je refuse le mot « minable »».

Il peut tou­jours refu­ser, il n’en demeure pas moins qu’un misé­rable, au sens de Vic­tor Hugo n’est pas for­cé­ment un minable. Tan­dis qu’un minable n’est pas non plus tou­jours un misé­rable. Ça peut même être un richis­sime à qui l’impôt répu­bli­cain (de la chose publique),  au nom de plus d’équité entre les citoyens, et par la redis­tri­bu­tion, demande une contri­bu­tion. D’où les contri­bu­tions directes et indi­rectes. D’où la pro­gres­si­vité de l’impôt : plus vous avez de ren­trées, plus vous êtes imposé. Au maxi­mum jusqu’à 75 %, là où feu le « bou­clier fis­cal » du Bien­fai­teur des riches limi­tait la pré­lè­ve­ment à 50 %.

Je me sou­viens, à ce pro­pos, avoir relevé la réac­tion indi­gnée d’un Fin­kiel­kraut, sur la radio publique, volant au secours du pré­levé : «  Il donne la moi­tié de son man­teau, tout de même !  » D’abord, il ne donne pas – n’est pas saint-Martin qui veut… Ensuite, il y a un abîme entre le fait de don­ner un euro quand on n’en a que deux, et celui de se faire appe­ler à un devoir de soli­da­rité par une contri­bu­tion d’un mil­lion d’euros sur deux mil­lions de revenus.

Dans un cas, il vous reste un euro, dans l’autre un million !

Ainsi donc, même en ayant payé 85 % d’impôts sur le revenu (tranche qui n’existe pas…), Depar­dieu peut conti­nuer à vivre sans chan­ger son grand train de vie (quitte à vendre son hôtel de Cham­bon, dans le 6e arron­dis­se­ment de Paris, 1 800 m², estimé à 50 mil­lions d’euros). Ou bien, il a un tel appé­tit d’ogre qu’il se voit tenu de se faire invi­ter à des tables de dic­ta­teurs, genre Kha­di­rov, le bou­cher tchét­chène, à l’occasion de son mariage  à Grozny ; ou bien lors d’un autre mariage, déci­dé­ment, celui de la fille de Kari­mov, pré­sident facho de l’Ouzbékistan…

L’avidité le ren­dant aveugle à la détresse rava­geuse, Depar­dieu se place en vic­time d’un « sys­tème » qui, selon lui, dénie­rait le talent. Minable argu­men­ta­tion !  s’agissant de soli­da­rité et d’éthique.

S’agissant de cette décence com­mune chère à George Orwell et par laquelle l’écrivain saluait cette faculté du genre humain à l’entraide.

Depar­dieu aura som­bré dans l’indécence com­mune, y rejoi­gnant la cohorte des innom­brables som­mi­tés du show­biz, dans les para­dis fis­caux où ils jouissent à l’ombre du dieu Fric.

Qu’il eût été plus talen­tueux, sinon grand « notre Gégé » en s’empêchant cette bas­sesse. En refu­sant de jouer dans un tel navet, si bas dans l’affiche des nantis.

Minable, oui, j’ai bien dit minable.


Porno-misère, autre genre télévisuel

Comme des mil­lions d’autres, je me branche chaque soir ou presque sur le jour­nal télé, celui de France 2. Ailleurs, ça doit être pareil, toutes chaînes confon­dues, dans un sys­tème com­mun où le spec­tacle domine. Donc, on étend un regard voyeur sur la scène mon­diale – enfin, de cette par­tie super­fi­cielle du monde relié au sys­tème tech­nique média­tique. Le réseau tisse sa toile en éten­dant son emprise à fina­lité mar­chande ; c’est pour­quoi il n’y tra­vaille qu’en sur­face, ou à la crête des aspé­ri­tés, sur­tout pas en profondeur.

 

Donc, hier soir, comme les autres soirs, « mon » JT pré­sen­tait « sa » séquence « émo­tions ». Aujourd’hui, rayon pau­vreté, voici Fabienne, jeune mère céli­ba­taire, cais­sière à 800 euros par mois, qui ne peut plus payer sa fac­ture d’électricité. Larmes le long de la joue.

– Salauds de riches !
– Cause tou­jours ! Des­sin de Faber ©

 

La veille, rayon « illet­trisme », ces tra­vailleurs en fait quasi anal­pha­bètes, se retrou­vant en appren­tis­sage basique, avec des méca­niques intel­lec­tuelles grip­pées, appe­lant des efforts dou­lou­reux. Cet homme est mon­tré de près, la caméra scrute, tra­vaille à la loupe, de son œil de rapace. Le visage se prête si bien à l’exploration, l’homme est un peu rustre, c’est un prolo « brut de décof­frage » ; pour un peu on irait avec l’endoscope, fouiller jusque dans ses tripes. Il résiste, l’homme autop­sié par la caméra, il veut faire bonne figure, sou­rit, croit domi­ner le ric­tus. Il parle de son fis­ton, qu’après il pourra même aider à ses devoirs. Et sou­dain éclate en san­glots. Et la caméra qui insiste, le pour­suit, le traque.

 

La Crise a ouvert tout grand le champ de la misère à ces ter­ro­ristes modernes, l’œil de rapace rivé au viseur, mitraillant en silence, ne lâchant pas la proie, qu’ils téta­nisent, qu’ils médusent par­fois d’un regard obs­cène de cyclope.

 

Tels sont ces por­no­graphes adeptes du gros plan, mon­trant des nez, des yeux, des rides comme on exhibe des bites et des chattes.

 

Qui isolent la par­tie du tout afin d’en extraire la larme intime, la perle lumi­neuse du monde en dérive et en spectacle.

 

Qui nous trans­forment en voyeurs, culpa­bi­li­sés ou jouis­seurs secrets de nos pri­vi­lèges, com­pa­tis­sants jusqu’à la séquence sui­vante – une vedette, un spor­tif – qui fera aus­si­tôt oublier celle-ci.

 

Et avant-hier, encore, c’était cet ouvrier agri­cole meur­tri par sept années en pri­son sous l’accusation men­son­gère de viol. Pleurs ren­trés.

 

Et ce soir, de quelles larmes la fameuse « séquence émo­tions » nourrira-t-elle l’interminable feuille­ton de cette lita­nie télé/visuelle – vue à dis­tance, de loin, hors contexte, si peu politique ?

 

Enfants-martyrs, ou enfants-soldats ; Noël du « sdf » ; mamie sans famille à l’hospice… La réserve sociale des dému­nis, des lais­sés pour compte est inépui­sable. Elle peut même, au besoin, se gros­sir de la détresse ani­male. Atten­tion cepen­dant à bien en « gérer les richesses » télé/géniques. Cette économie-là aussi est déli­cate. Rien ne serait plus contre-productif qu’un abus dans ce domaine ; comme dans tout autre – celui du luxe, par exemple, son pen­dant symé­trique. Ainsi, en fait-on des kilos, c’est le cas de le dire, avec un Depar­dieu pseudo-exilé, visant à sous­traire au fisc du pays qui l’a fait roi – des riches et des cons – 1,4% de son immense for­tune. Minable, va ! Oui, mais il nous emmerde, le minable, du haut de sa Tour d’Argent comme nous le montre si bien Faber et son des­sin ci-contre.

 

L’essentiel étant, tout de même, que les injus­tices res­tent assez sup­por­tables pour qu’on sup­porte l’Injustice.


De l’origine possible des pavés dans la tronche

»> Atten­tion ! Cette fac­tu­rette serait un faux… Auquel cas, ça ferait « pan sur le bec » comme dit le Canard. Voir dans les com­men­taires ci-dessous.

Un copain m’envoie ça, qu’il a ramassé sur inter­net, après avoir été négli­gem­ment délaissé parmi les reliefs du fes­tin – un simple brunch pro­ba­ble­ment. Pour ceux, dont je suis – les minables sans roleix –, qui ne liraient pas cette poé­sie dans le texte, ten­ta­tive d’explications lexicales :

– les deux pre­mières lignes, ça res­semble à du caviar (à la louche) : 15 000 euros quand même ;

– suivent le cham­pagne, du Dom Péri­gnon; un mathu­sa­lem (soit 6 litres) pour com­men­cer (50 000 euros !) ; le Dom Péri­gnon rosé à 20 000 euros le jéro­boam3 litres seule­ment, mais vous m’en met­trez deux… (Notons en pas­sant le sur­moi biblique éti­que­tant les breu­vages du célèbre moine …) ;

– quant au reste, lan­gouste, badoit, coca, c’est tout ce qu’il y a de plus ordi­naire – sauf les prix bien sûr, sinon ça ser­vi­rait à quoi de se pava­ner sur une plage de Saint-Tropez, pro­ba­ble­ment à bord d’un des ces yotes à la Bolloré…

Gar­çon, l’addition je vous prie !

Voilà Mon­sieur : 107 524 euros. Bah, pour 16 convives, ça fait jamais que 6 720,25 euros par tête de pîpe. Notez les quelque 16 000 euros de TVA. Pour le coup, une sorte de TVA sociale, ver­sion haut du pavé.

À pro­pos, cette cita­tion de Totor Hugo, ouais, celui des Misé­rables : «  Le peuple, disait donc Vic­tor Hugo, c’est comme les pavés : on lui marche des­sus jusqu’à ce qu’il vous tombe sur la tête. »

[Merci Frank, et à la nôtre !]

 


Montauban-Toulouse et les prédictions d” « Isidore »

 Je ne sais qui est cet « Isi­dore » qui a déposé hier sur ce blog un com­men­taire sur l’affaire Montauban-Toulouse. Mais le lien qu’il a ajouté mène à son blog, La Gnos­tie d’Isidore, où l’on peut lire ce qui suit, daté du 23 février der­nier, sous le titre « Pré­dic­ti­vité ». Pro­pos que je lui emprunte sans hési­ter (et sans son avis…).

Pré­dic­ti­vité

Hélas, chers amis, nous aurons notre petit atten­tat, peut-être pas trop san­glant, en France, pour cor­ro­bo­rer le carac­tère sécu­ri­taire néces­saire à notre cher pays de liberté, dont ont besoin notre indus­trie, la pro­tec­tion des riches, celle de leur moral et tout bon­ne­ment cette repous­sante morale sociale, afin de domp­ter, par la force des matraques et autres armes de conten­tion des masses telles que décrets et lois ad hocdont on nous a donné l’habitude, dans les 45 jours qui viennent, à peu de chose près. C’est abso­lu­ment néces­saire pour éle­ver le nabot à nou­veau aux hau­teurs de sa tâche : les esprits sont beau­coup trop revêches sinon même rebelles.Les pleur­ni­cha­de­ries qu’on nous montre et qu’on vou­drait des pan­se­ments à des manques et mal­ver­sa­tions volon­taires, tournent trop à la rigo­lade ou l’odeur de vinaigre et n’y suf­fissent plus, tant elles ont le pesant de la cré­di­bi­lité d’un cour­tier ; ses déci­sions de der­niers ins­tants se vou­draient vrai­ment convain­cantes, à la manière d’un cache-sexe sans devant ni der­rière, et d’une radi­ca­lité qui sort après quatre métros de retard ; ses révoltes contre l’état de fait qu’on a soi-même ins­tauré par ses ins­ti­tu­tions sau­mâtres et qu’on a impo­sées à coups de ren­forts bleu-marine et de coques pare-balles, de casques et de gaz lacry­mo­gènes, d’interdits à la libre-circulation sous des pré­textes sécu­ri­taires qui ne consistent qu’à se pro­té­ger soi de la popu­lasse qu’on abhorre lorsqu’elle vous contre­dit, sentent exces­si­ve­ment l’hilarité osten­ta­toire, s’il ne s’agissait que d’accélérer notre désap­poin­te­ment devant tant de vergogne.Il faut s’attendre donc à une gou­ver­nance par le choc socialqui se pra­tique dans l’invention d’une ter­reur dont l’objet est de vous atteindre au ventre, là où on veut vous esbaudir.Je sou­haite sim­ple­ment, devant cet inévi­table « impos­sible » que les gens res­te­ront affec­ti­ve­ment calmes et pen­se­ront et com­pren­dront qu’à nou­veau, un coup sera porté à leur désir de mieux être et ne défailli­ront pas sous ce choc des­tiné à détrô­ner pour que vous le cachiez comme un tré­sor qui n’a plus à être décou­vert, ce qu’ils ont de plus cher, de plus vivant, de plus radieux et de plus incer­tain : la LIBERTÉ.

Publié par , 23 février 2012


Sarkozy en famille : des gens modestes

C’est vrai, quoi, de vraies gens du peuple.

Le peuple, disait Vic­tor Hugo, c’est comme les pavés : on lui marche des­sus jusqu’à ce qu’il vous tombe sur la tête.

Source : sur la toile,  #nous­som­mes­des­gens­mo­destes pic.twitter.com/FqzeAJsM


Le fragile portrait du joueur de l’ego

 

 «Si les Fran­çais devaient ne pas me faire confiance, est-ce que je devrais conti­nuer dans la vie poli­tique, la réponse est non.» Et le pré­sident sor­tant, maire de Neuilly à 28 ans, d’ajouter : «Ces car­rières qui n’en finissent pas, cela abou­tit à des jeunes qui ne peuvent pas mon­ter. Si tel n’est pas votre choix, je m’inclinerai et j’aurai fait une très belle vie politique.»

© Por­trait signé Alain Le Quer­nec, gra­phiste à Quim­per http://alainlequernec.fr


Si Sar­kozy n’est pas réélu, il arrête la poli­tique par war­rant


Un florilège des errances sarkoziennes

Signant Super­yoyo sur Ago­ra­vox, un blo­gueur a com­pilé un « best of » des errances sar­ko­ziennes depuis son élec­tion jusqu’à fin 2011 – soit quatre ans et demi de décla­ra­tions, de déci­sions, de situa­tions graves ou pitoyables. Un éprou­vant bilan qui exige tout de même de ses lec­teurs, avouons-le, une cer­taine dose de sado-masochisme.

Un avant-goût ci-dessous. Le reste sur Agoravox.

 

6 mai 2007 : le Fouquet’s

7 mai 2007 : les vacances sur le yacht de Bolloré.

28 juin 2007 : Patrick DEVEDJIAN traite Anne-Marie COMPARINI (modem) de salope.

4 août 2007 : en vacances à Wol­fe­boro dans une villa qui se loue habi­tuel­le­ment 30.000 dol­lars par semaine.

21 août 2007 : La loi TEPA. 15 mil­liards d’euros par an. Grâce à cette mesure, un mil­lier de contri­buables parmi les plus for­tu­nés vont tou­cher en moyenne un chèque de 260.000 euros.

22 sep­tembre 2007 : Fran­çois FILLON estime être « à la tête d’un état en situa­tion de faillite financière ».

29 octobre 2007 : aug­men­ta­tion de son salaire de 172%.

6 novembre 2007 : « des­cends un peu le dire » au Guilvinec.

10 décembre 2007 : récep­tion de Mouam­mar KADHAFI

20 décembre 2007 : Jean-Marie BIGARD chez le Pape.

20 décembre 2007 : « Dans la trans­mis­sion des valeurs et dans l’apprentissage de la dif­fé­rence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais rem­pla­cer le curé ou le pasteur »

8 jan­vier 2008 : « Qu’est ce que vous atten­dez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ? ».

23 jan­vier 2008 : Chris­tian ESTROSI loue un jet privé pour 136 000 euros pour ne pas lou­per un pot à l’Elysée.

4 février 2008 : Nico­las SARKOZY pro­met de sau­ver l’usine Arce­lor­Mit­tal de Gan­drange. L’usine fer­mera un an plus tard

13 février 2008 : Nico­las SARKOZY veut que tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des enfants fran­çais vic­times de la Shoah. Simone VEIL, ancienne dépor­tée, déclare que son « sang s’est glacé » en enten­dant cette proposition.

20 février 2008 : Chris­tine OCKRENT, com­pagne d’un ministre, est nom­mée direc­trice géné­rale de France Monde (France24, TV5 monde, RFI).

23 février 2008 : « Alors casse-toi pauvre con ».

5 juillet 2008 : « Désor­mais quand il y a une grève en France, per­sonne ne s’en aperçoit ».

3 sep­tembre 2009 : Nico­las SARKOZY, en visite à l’usine Fau­re­cia, fait sa décla­ra­tion télé­vi­sée entou­rés de per­sonnes choi­sies pour leur petite taille.

5 sep­tembre 2009 : « Il en faut tou­jours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beau­coup qu’il y a des pro­blèmes » (Brice HORTEFEUX).

23 sep­tembre 2009 : « Les para­dis fis­caux, le secret ban­caire, c’est fini. »

13 octobre « Ce qui compte en France pour réus­sir, ce n’est plus d’être bien né, c’est tra­vailler dur, et avoir fait la preuve, par ses études, par son tra­vail, de sa valeur » (à l’époque son fils était pres­senti pour prendre la pré­si­dence de l’EPAD.

9 novembre 2009 : Sur sa page face­book, Nico­las SARKOZY raconte com­ment il s’est retrouvé à Ber­lin le 9 novembre 1989 pour la chute du mur. Mais les indices mon­trant un men­songe s’accumulent.

25 jan­vier 2010 : « dans les semaines et les mois qui viennent, vous ver­rez recu­ler le chô­mage dans notre pays ».

6 mars 2010 : « L’environnement, ça com­mence à bien faire ».

22 mars 2010 : Alain JOYANDET en Mar­ti­nique en un jet privé: 116.500 euros.

16 juin 2010 : On apprend que l’état à rem­boursé 12000 euros dépen­sés par Chris­tian BLANC pour l’achat de cigares.

21 juin 2010 : Début de l’affaire WOERTH-BETTENCOURT et ses mul­tiples rebondissements

28 juillet 2010 : Sur­en­chère sécu­ri­taire. Nico­las SARKOZY parle des « com­por­te­ments de cer­tains roms ».il veut déchoir de la natio­na­lité fran­çaise les assas­sins de forces de l’ordre. Brice HORTEFEUX veut étendre cette déchéance aux cas de poly­ga­mie. Chris­tian ESTROSI pro­pose de punir les maires laxiste. Le pape en per­sonne inter­vient pour défendre les roms.

9 février 2011 : Boris BOILLON, proche de Nico­las SARKOZY, ambas­sa­deur de France en Tuni­sie, en maillot de bain sur Internet.

8 mai 2011 : Laurent WAUQUIEZ s’en prend aux béné­fi­ciaires du RSA et à l’assistanat « can­cer de la société française ».

25 juillet 2011 : La cour des comptes révèle que l’avion de Nico­las SARKOZY est équipé de deux fours, mon­tant : 75000 euros.

28 juillet 2011 : Des pho­tos montrent Brice HORTEFEUX et Jean-François COPE en com­pa­gnie de Ziad­TAK­KIE­DINE, un homme d’affaires dont le nom a sou­vent été mêlé à des scan­dales politico-financiers.

L’intégrale est à lire sur Agoravox


Guerre aux chômeurs

La tasse et la chaise vides, le mégot écrasé, la une du jour, l’amertume. « Sar­kozy fait la guerre aux chô­meurs ». Hier matin à Manosque, ave­nue Jean-Giono.

 

 

 

 


« Salauds de riches ! »

Pré­senté par l’AFP comme une « étude », l’article ci-dessous a été titré « Le riche est porté sur la triche ». Le mien, de titre, ren­voie à la célèbre invec­tive de Gabin dans La Tra­ver­sée de Paris : « Salauds de pauvres ! »…

Les per­sonnes issues des classes supé­rieures ont davan­tage ten­dance à enfreindre le code de la route, à cha­par­der des bon­bons ou à men­tir dans le but de s’enrichir encore davan­tage, selon une étude réa­li­sée aux Etats-Unis et au Canada.

L’étude, publiée aujourd’hui dans la Revue de l’Académie natio­nale des Sciences (PNAS), a été réa­li­sée par des cher­cheurs de l’Université de Cali­for­nie à Ber­ke­ley et de l’Université de Toronto, qui ont réa­lisé sept expé­riences dif­fé­rentes auprès d’une cen­taine de per­sonnes pour chaque test.

L’une de ces expé­riences a mon­tré que les pro­prié­taires de grosses cylin­drées avaient plus ten­dance que les autres à com­mettre une infrac­tion à un car­re­four et lais­saient moins tra­ver­ser les pié­tons. Un autre test réa­lisé avec un jeu de dés et une récom­pense à la clé a mon­tré que les per­sonnes se disant d’un sta­tut social supé­rieur avaient davan­tage ten­dance à men­tir sur leur score.

Lors d’un entre­tien d’embauche simulé, ces der­nières hési­taient moins à men­tir à la per­sonne qu’elles étaient cen­sées recru­ter en omet­tant de lui dire que le poste pro­posé devait rapi­de­ment être supprimé.

Et lorsqu’on leur a donné un paquet de bon­bons en leur disant qu’il était des­tiné à des enfants pré­sents dans une pièce voi­sine mais qu’elles pou­vaient se ser­vir, les per­sonnes de milieux favo­ri­sés pio­chaient davan­tage que les autres.

« La recherche de l’intérêt per­son­nel est une moti­va­tion plus impor­tante pour l’élite, et la cupi­dité qui s’accroît avec la for­tune et le rang social peut ame­ner cer­tains à mal se conduire », ont expli­qué les auteurs de l’étude.

AFP  Publié le 27/02/2012

Pas­sage recom­mandé par lObser­va­toire des inéga­li­tés


Une République qui s’envoie en l’air, ça retombe comment ?

Si vous sui­vez un peu « C’est pour dire » , vous êtes au cou­rant de l’esca­pade bruxel­loise de Sar­kozy avec ses deux avions offi­ciels, « Air Sarko One » et « Carla One  » . On com­prend mieux aujourd’hui le pour­quoi de la pré­sence du Fal­con 7X pré­si­den­tiel, ainsi que l’a révélé France Inter. Le chef de l’État a uti­lisé cet appa­reil de luxe de seize places (la Répu­blique a de grands besoins) pour un dépla­ce­ment privé à New York, un voyage éclair de 48 heures, le temps de faire notam­ment quelques emplettes dans des bou­tiques de luxe de la Cin­quième avenue.

« Là tout n’est qu’ordre et beauté…

Ce genre de révé­la­tion n’est pas pour plaire à la pré­si­dence de la Répu­blique, certes, qui a réagi mardi en pré­ci­sant que Nico­las Sar­kozy «  s’est acquitté d’un billet au tarif com­mer­cial, lors d’un voyage privé à bord d’un avion appar­te­nant à l’Etat. » Selon la pré­si­dence, citée par lemonde.fr , le chef de l’Etat s’acquitte tou­jours, dans ce cas de figure, du prix d’un billet en classe affaires, soit un tarif com­pris entre 2.000 et 4.000 euros.

Un tarif sur lequel s’interroge le site du quo­ti­dien qui pré­cise que le prix d’un vol en Fal­con 7X n’est pas le même que celui sur un avion de ligne. Si un vol régu­lier en classe affaires coûte entre 1.000 et 4.000 euros, une heure de vol en Fal­con 7X coûte, elle, 7.000 euros et sur­tout la loca­tion d’un tel appa­reil par un par­ti­cu­lier l’obligerait à débour­ser des cen­taines de mil­liers d’euros.

C’est en fait la Cour des comptes qui jus­ti­fie une telle pra­tique. Dans son rap­port de 2009, elle avait sou­li­gné que le chef de l’Etat – en fonc­tion 24 heures sur 24 – ne peut faire autre­ment que de prendre un appa­reil gou­ver­ne­men­tal, même dans le cadre de dépla­ce­ments pri­vés pour des rai­sons de coûts. Le pré­sident de la Cour des comptes avait expli­qué, à l’époque, qu’il était, en effet, plus coû­teux de le faire voya­ger sur un avion de ligne que sur un avion de l’ETEC — l’Escadron de trans­port, d’entraînement et de cali­bra­tion — en rai­son du dis­po­si­tif de sécu­rité néces­saire à la pro­tec­tion du pré­sident de la Répu­blique. Ainsi, en payant entre 2.000 et 4.000 euros pour voler à bord du Fal­con 7X, Nico­las Sar­kozy n’a fait que suivre les recom­man­da­tions de la Cour des comptes… Et toc !

…luxe, calme et volupté ». Texte de Bau­de­laire, images de Dassault.

La ques­tion qui demeure est tout de même celle de la néces­sité pour un pré­sident, de la sta­ture que l’on sait, d’aller, en pleine crise géopolitico-économique, faire des emplettes de riche dans des maga­sins newyor­kais de luxe et au moyen d’un avion de luxe payé par le bon peuple.

Comme pour Fillon, MAM et le faux ravi de Woerth (pour ne citer qu’eux), le pro­blème est pré­ci­sé­ment qu’ils ne voient pas où se situe le pro­blème. Tant les ques­tions d’éthique et, disons seule­ment de décence, leur sont étran­gères. Ils ne vivent pas dans le même monde que la popu­la­tion – la popu­lace confron­tée aux incer­ti­tudes du len­de­main quand ce n’est pas à celles du jour même.

Ça nous ramène une fois encore à cette décence com­mune chère à George Orwell. Et ça me ren­voie à ce que j’en disais en juin der­nier, à pro­pos de cette insup­por­table impu­dence : « Ce goût du luxe jusqu’à la luxu­riance, cette avi­dité pour la « clin­quance » (on en est à inven­ter des mots !), la cherté obsé­quieuse du bling-bling, le jamais assez et donc tou­jours plus, voilà la névrose obses­sion­nelle des puis­sants de ce monde qu’ils mettent en coupe réglée ! La ques­tion est bien celle du pognon exor­bi­tant dont cer­tains se goinfrent avec une avi­dité encore jamais vue. Je dis bien « vue », en ce sens où le caché d’avant, sans doute, valait bien l’étalage actuel, devenu indé­cent jusqu’au porno ! »

Un petit air pour l’envol…  Merci Boris Vian et Serge Reg­giani pour ce « Maxim’s » qui rime tant avec Fouquet’s.

Clip audio : Le lec­teur Adobe Flash (ver­sion 9 ou plus) est néces­saire pour la lec­ture de ce clip audio. Télé­char­gez la der­nière ver­sion ici. Vous devez aussi avoir JavaS­cript activé dans votre navigateur.

On peut savou­rer aussi ce cou­plet là, ter­ri­ble­ment moqueur :


UMP — Je veux une Répu­blique irré­pro­chable
envoyé par ump. — L’info inter­na­tio­nale vidéo.


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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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