On n'est pas des moutons

Mot-clé: écologie

La revue Sexpol ressuscitée en DVD !

L’association Mou­ve­ment Inter­na­tio­nal pour une Éco­lo­gie Libi­di­nale (M.I.E.L.) vient de numé­ri­ser la revue Sex­pol, sexualité/politique et met ainsi à dis­po­si­tion l’ensemble des 39 numé­ros parus de 1975 à 1980, cela dans la forme ori­gi­nale. C’est un tra­vail aussi consi­dé­rable qu’utile, d’autant plus que, trente ans après sa dis­pa­ri­tion, Sex­pol était deve­nue introu­vable, sinon sur le mar­ché « noir » de quelques profiteurs…

L’association MIEL explique ainsi sa démarche : « L’objectif est d’une part la conser­va­tion d’un patri­moine cultu­rel : une revue de langue fran­çaise ins­crite dans l’histoire des aspi­ra­tions à la liberté sexuelle et poli­tique, qui ont mar­qué les années 1970.

« Il s’agit d’autre part de rendre acces­sible aujourd’hui des textes tou­jours d’actualité. En effet depuis les années 1970 la situa­tion politico-sexuelle en France (et ailleurs) n’a guère évo­lué posi­ti­ve­ment. Pire, elle a même régressé sur bien des aspects, tan­dis que le type de dis­cours sur la sexua­lité qui carac­té­ri­sait Sex­pol a tota­le­ment dis­paru du pay­sage médiatique. »

 

Fon­da­teur et direc­teur de Sex­pol, je me réjouis de cette ini­tia­tive due à Joce­lyn Pati­nel, ani­ma­teur du MIEL, asso­cia­tion mili­tante non lucra­tive qui ainsi, à sa manière, a repris le flam­beau d’une lutte inces­sante pour l’épanouissement du genre humain – en quoi il reste bien du travail…

J’espère aussi que cette col­lec­tion res­sus­ci­tée en numé­rique pourra tou­cher d’anciens lec­teurs – la revue a tiré jusqu’à 20 000 exem­plaires – ainsi que les membres de l’équipe, une ving­taine, aujourd’hui épar­pillés, per­dus de vue, ou même disparus.

Le DVD est mis en vente à prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion (plus de 2 000 pages), de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans.

Tous les détails et le bon de com­mande à par­tir de cette page :

http://www.ecologielibidinale.org/fr/miel-revuesexpol-fr.htm

 

Une par­celle d’Histoire

 

« Sex­pol » donc,  comme sexua­lité et poli­tique. Ques­tion­nez la toile et ce blog, à com­men­cer, et vous en appren­drez déjà pas mal sur cette revue et sa qua­ran­taine de numé­ros parus de 1975 à 80. Une aven­ture à sa façon : celle d’une (s)exploration dans le monde des vivants, enta­mée par un cer­tain Wil­helm Reich (1897–1957), méde­cin, psy­cha­na­lyste, freu­dien déviant, mar­xiste puis dis­si­dent en com­mu­nisme, scien­ti­fique un peu scien­tiste, juif et mécréant, inclas­sable et éti­queté « fou », fina­le­ment mort dans un péni­ten­cier état­su­nien. Rac­courci abu­sif pour cer­ner un vrai grand per­son­nage, y com­pris jusque dans ses enfer­re­ments et contra­dic­tions, dans ses enga­ge­ments, ses « folies » : son entière humanité.

Assez oublié depuis ce siècle amné­siant, Reich revient (de loin) comme les vagues de fond. Michel Onfray lui a offert la tri­bune de son uni­ver­sité popu­laire de Caen et pré­pare, semble-t-il, un ouvrage sur ce « freu­diste héré­tique ». Signe des temps, ou signe avant-coureur d’une « résur­rec­tion » de celui qui mit les pieds dans pas mal de gamelles peu ragoû­tantes. Reich, en effet, fut parmi les tout pre­miers des psy­cho­logues à pla­cer la ques­tion sociale dans l’origine du mal être de l’humanité, ce qui en soi, ne pou­vait que consti­tuer un casus belli avec Freud et les salons bour­geois de la Vienne des années 20. Tan­dis que la ques­tion sexuelle, comme l’avers de la médaille, non sépa­rable, pri­mor­diale, se trou­vait prise à bras le corps – à prendre au pied de la lettre ! et incluant tout le corps social, corps souf­frant s’il en est et s’il en était alors dans ces années fati­diques d’empestement nazi. Ter­ri­fiante peste à laquelle répon­dait en quasi symé­trie le cho­léra du sta­li­nisme, l’une et l’autre qui allèrent jusqu’à pas­ser ensemble un pacte, avant de s’affronter à la mort comme un même monstre à deux têtes. Reich eut très tôt pres­senti cette simi­li­tude des extrêmes, non pas dans leurs ori­gines et dimen­sions tant his­to­riques que socio­lo­giques, mais dans leur essence même, celle de la « tota­lité tota­li­sante », ce tota­li­ta­risme à base d’idéal divi­nisé et de pureté diabolisée.

Reich creuse la ques­tion : com­ment se peut-il que l’homme (il aimait à son pro­pos par­ler d’ « ani­mal humain », ce qui n’est pas ano­din) se laisse à ce point entraî­ner vers sa propre déchéance et, dans un même élan mor­ti­fère, aller jusqu’à sa perte ? Toute l’œuvre écrite de Reich tour­nera autour de ce « mys­tère », depuis Les Hommes dans l’État, jusqu’à Écoute, petit homme ! en pas­sant par le fon­da­men­tal Psy­cho­lo­gie de masse du fas­cisme.

Il n’en fal­lait pas plus pour se trou­ver rejeté, détesté, déni­gré et, diront cer­tains, assas­siné. Pour le moins, les fas­cistes et des psy­cha­na­lystes le dénon­cèrent comme « com­mu­niste et agent de Mos­cou », les com­mu­nistes comme « contre-révolutionnaire agent de la bour­geoi­sie » et tout le monde ou presque se devait de sus­pec­ter ce pour­fen­deur des reli­gions et de la morale répres­sive, ce pré­cur­seur de la « révo­lu­tion sexuelle ».

À l’image d’un Épi­cure quelque deux mil­lé­naires avant, Reich fut l’objet vic­ti­maire de visions réduc­trices et même de contre­sens quant à sa pen­sée, son action et son œuvre. En rai­son par­ti­cu­lière du fait qu’elles por­taient sur la sexua­lité et la désa­lié­na­tion poli­tique. Et que, comme pour l’épicurisme, le « rei­chisme » ne pou­vait cor­res­pondre à la dépra­va­tion libi­di­neuse. Tous deux, en fait, se posaient en ques­tion­neurs de la morale poli­tique et, plus géné­ra­le­ment, en pré­cur­seurs d’un art de vivre reliant l’unique et le col­lec­tif, l’individu et la cité, dans l’harmonie posi­tive des plai­sirs comme des valeurs morales.

C’est à ce prix – celui des contre­sens – que Reich connut une cer­taine gloire avec le mou­ve­ment de Mai 68. C’est dans les restes des bar­ri­cades déblayées qu’une bande de jeunes uto­pistes, bar­dés de leurs espé­rances, ras­sem­blèrent les pépites lais­sées par les ful­gu­rances rei­chiennes. Ainsi naquit Sex­pol comme une revue anti-dogmatique. C’était début 75, dans ces années désa­bu­sées impré­gnées des De Gaulle-Pompidou-Giscard, qui menèrent au sacre de Mit­ter­rand en même temps qu’à la fin d’une « expé­rience ». Conco­mi­tance à décryp­ter, certes. On y trou­vera matière, sans nulle doute, dans cette col­lec­tion numé­ri­sée, dans ce CVD et sa modeste et réelle par­celle d’Histoire.

Gérard Pon­thieu


Un peu de hauteur fait du bien à l’œil – et à l’esprit

Ce lever de Terre depuis la Lune qu’ont admiré les astro­nautes de la mis­sion Apollo 8 a été filmé il y a quarante-quatre ans. Le 24 décembre 1968, les hommes d’équipage de cette mis­sion étaient les pre­miers à pho­to­gra­phier un tel évé­ne­ment. © Nasa/YouTube

La Nasa vient de réa­li­ser une vidéo où ces images ont été mixées avec celles four­nies plus récem­ment par la sonde lunaire LRO (pour les cli­chés du sol lunaire) et celles pro­duites par l’imageur Modis du satel­lite Terra pour ce qui concerne les vues de la Terre.

L’occasion, en ces temps si ras-de-terre, de prendre un peu de hauteur.

PS : Signe des temps : si quelqu’un trouve le moyen de faire dis­pa­raître le para­si­tage publi­ci­taire du début de la vidéo…


Fukushima : 4 mois de catastrophe

Par Green­Peace France

Quatre mois se sont écou­lés depuis le trem­ble­ment de terre et le tsu­nami qui ont dévasté le Japon. À 14 h 46 (heure locale), le 11 mars, un séisme de magni­tude 9 se pro­duit à une cen­taine  de kilo­mètres au large de Miyagi, dans le nord-est de l’archipel. La secousse est sui­vie d’un tsu­nami, des vagues de qua­torze mètres de haut ravagent le lit­to­ral. Samedi 12 mars, a lieu la pre­mière explo­sion dans la cen­trale nucléaire de Fuku­shima n°1, à 220 km au nord-est de Tokyo. La pre­mière étape d’une catas­trophe qui n’est tou­jours pas terminée.

Photo xtcbz (Flickr)

 

L’état des réac­teurs dif­fi­cile à connaître : l’information se dégrade

Il est de plus en plus dif­fi­cile de faire un état des lieux de l’état pré­cis de chaque réac­teur. Les sources d’informations se font de plus en plus rares… A ce jour, le com­bus­tible de trois des cœurs des réac­teurs a fondu, au moins par­tiel­le­ment. Dans le réac­teur n°1, la fusion du cœur est totale et le corium (magma résul­tant de la fusion des élé­ments du cœur d’un réac­teur nucléaire, consti­tué du com­bus­tible nucléaire, des élé­ments de l’assemblage com­bus­tible et des divers élé­ments du cœur avec les­quels il rentre en contact.) se répand dans la par­tie basse de la cuve du réac­teur, et ce depuis les pre­miers jours qui ont sui­vis le séisme.
Pour la pis­cine du réac­teur n°2, Tepco a mis en place, début juin, un sys­tème de refroi­dis­se­ment. La mise en place de ce sys­tème est pré­vue pour les pis­cines des réac­teurs n°1, 3 et 4. Mais, pour la pis­cine n°4, un conso­li­da­tion de son sou­tè­ne­ment avec des piliers en acier est néces­saire au préalable.

La der­nière mise à jour de l’Agence Inter­na­tio­nale à l’Énergie Ato­mique sur le sujet date du … 2 juin.
Les der­nières infor­ma­tions four­nies par l’opérateur de la cen­trale, Tepco, manquent elles aussi de pré­ci­sions les der­nières mises à jour por­tant sur l’évacuation des eaux de refroi­dis­se­ment conta­mi­nées, l’état des réac­teurs n’étant pas modi­fié, par exemple, pour l’unité 1 depuis le 7 avril !

La note « finale » d’information publiée par l’IRSN date quant à elle, du 8 juin. Une note d’information a néan­moins été mise en ligne le 8 juillet, dans laquelle l’Institut, repre­nant les élé­ments four­nis par Tepco, évoque une « sta­bi­li­sa­tion de la situa­tion des réac­teurs »… Alors que l’Autorité de Sûreté Nucléaire fran­çaise elle même intro­duit son com­mu­ni­qué de presse en décla­rant : « L’injection d’eau douce dans les réac­teurs 1 à 3 et les pis­cines d’entreposage du com­bus­tible 1 à 4 se pour­suit en cir­cuit ouvert. La sûreté ne peut être consi­dé­rée comme sta­bi­li­sée tant que cette situa­tion per­siste. ». Les deux ins­tances expertes en France ne semblent donc pas tota­le­ment en phase dans leurs analyses…

Ce com­mu­ni­qué de presse n°31 de l’ASN relève éga­le­ment que : « L’injection d’eau douce dans les réac­teurs 1 à 3 et les pis­cines d’entreposage du com­bus­tible 1 à 4 se pour­suit en cir­cuit ouvert. La sûreté ne peut être consi­dé­rée comme sta­bi­li­sée tant que cette situa­tion per­siste. Les der­nières ana­lyses japo­naises montrent que le com­bus­tible des réac­teurs 1 à 3 a fondu rapi­de­ment après le début de l’accident. Le com­bus­tible fondu peut se retrou­ver en fond de cuve, ce qui risque d’entrainer leur per­ce­ment. »

Une conta­mi­na­tion très éten­due …. qui va durer

Les der­nières mesures effec­tuées dans la ville de Fuku­shima, située à soixante kilo­mètres de la cen­trale, sont fran­che­ment inquiétantes.

Les mesures de ter­rain et ana­lyses de sol effec­tuées par le labo­ra­toire de la CRIIRAD indiquent que les retom­bées de césium 134 et 137 radio­ac­tif sont de plu­sieurs cen­taines de mil­liers de Bq/m2 : 490 000 Bq/m2 sur la pelouse de l’école pri­maire Moriai ; plus de 700 000 Bq/m2 dans le quar­tier Watari. Cette irra­dia­tion ne dimi­nuera que très len­te­ment. Elle est due en effet prin­ci­pa­le­ment au césium 137 et au césium 134 dont les périodes phy­siques sont longues (30 ans et 2 ans res­pec­ti­ve­ment). Cela signi­fie que la radio­ac­ti­vité du césium 137 sera divi­sée par 2 dans 30 ans. On peut esti­mer que dans les douze mois à venir, la radio­ac­ti­vité du césium 134 ne sera abais­sée que de 30 % et celle du césium 137 de 3%.

Pour la pre­mière fois une très forte conta­mi­na­tion au césium a été déce­lée dans de la viande de bœuf qui vien­drait de la pré­fec­ture de Fuku­shima au Japon. Une alerte qui confirme que les zones les plus conta­mi­nées ne sont pas néces­sai­re­ment dans la zone inter­dite des 20 km autour de la cen­trale acci­den­tée. Cette conta­mi­na­tion ali­men­taire vient s’ajouter à l’irradiation externe reçue par les habitants

La popu­la­tion est trop expo­sée aux radiations !

En l’état actuel des choses, les habi­tants de la ville de Fuku­shima pour­raient subir dans les douze mois à venir une irra­dia­tion externe de plu­sieurs mil­li­Sie­verts alors que la dose au-delà de laquelle le risque de can­cer mor­tel est jugé inac­cep­table par la CIPR (Com­mis­sion Inter­na­tio­nale de Pro­tec­tion Radio­lo­gique) est de 1 mil­li­Sie­vert par an.

À la demande de citoyens japo­nais, l’ACRO (Asso­cia­tion pour le Contrôle de la Radio­ac­ti­vité dans l’Ouest) a ana­lysé les urines des enfants de Fuku­shima et les résul­tats sont sans ambi­guïté : toutes les urines contiennent du césium 134 et césium 137 à des concen­tra­tions allant de 0,4 à 1,3 bec­que­rel par litre.

Cela signi­fie que ces enfants, âgés de 6 à 16 ans, sont tous conta­mi­nés en césium 134 et césium 137 et qu’ils l’ont pro­ba­ble­ment aussi été par d’autres élé­ments radio­ac­tifs à vie courte, comme l’iode 131 (ces der­niers élé­ments dis­pa­raissent plus vite et ne sont donc déjà plus détectables).

Les mesures prises par les pou­voirs publics ne sont pas à la hauteur

Les auto­ri­tés japo­naises ont décidé, fin juin, d’équiper 40 000 enfants de la région de Fuku­shima de dosi­mètres indi­vi­duels. Ces dosi­mètres sont char­gés de mesu­rer la dose de radio­ac­ti­vité reçue par les enfants durant leur jour­née d’école. Pas de pré­ve­nir ces doses, pas de les éviter…seulement de les mesu­rer. Le rayon de 20 kilo­mètres d’évacuation totale n’a tou­jours pas été modi­fié. Dans les 10 kilo­mètres sui­vants, la popu­la­tion est cen­sée à la fois « res­ter confi­née » et vivre nor­ma­le­ment, envoyant les enfants à l’école, munis d’un déri­soire masque de papier et de leur dosimètre.

Il fau­drait éva­cuer les popu­la­tions sur un péri­mètre beau­coup plus large que la zone rouge actuelle qui est de 20 km. L’ensemble des ali­ments doivent être contrô­lés et les mesures de radio­ac­ti­vité bien plus fré­quentes. L’élargissement de la zone est essen­tiel, et l’évacuation des enfants et des femmes enceintes notam­ment est plus que nécessaire !


Fukushima: Les autorités instrumentalisent la culture japonaise pour maintenir la population dans l’ignorance

Par Michèle Rivasi, dépu­tée euro­péenne Europe Ecologie-les Verts, fon­da­trice de la CRIIRA

17 juin 2011 – De retour du Japon, Michèle Rivasi a pu consta­ter l’impact de la catas­trophe nucléaire sur le quo­ti­dien et la men­ta­lité des Japo­nais. Invi­tée par le puis­sant Sei­katsu Club, union des consom­ma­teurs forte de 22 mil­lions de membres, et les Verts japo­nais elle est notam­ment allée à la ren­contre des familles de pay­sans affec­tés par la catastrophe.Elle revient effa­rée et révol­tée par ce qu’elle a pu consta­ter dans les ter­ri­toires conta­mi­nés où la popu­la­tion conti­nue de vivre expo­sée à des fortes doses d’irradiation. Trois mois après la catas­trophe, le cau­che­mar ne fait mal­heu­reu­se­ment que commencer.

« Je reste de plus en plus convain­cue que là où com­mence le nucléaire s’arrête la démo­cra­tie. Quand les auto­ri­tés ne font pas de la dés­in­for­ma­tion, elles pêchent tout sim­ple­ment par manque d’information: aucune pré­cau­tion n’est prise pour pro­té­ger la santé des popu­la­tions vivant en zone conta­mi­née qui conti­nuent de consom­mer les ali­ments conta­mi­nés, au péril de leur santé et de leur vie. J’ai appris que lors de la catas­trophe, la dis­tri­bu­tion de pas­tilles d’iodure de potas­sium n’avait même pas été effec­tuée: on peut donc s’attendre à une forte hausse du nombre de can­cers, sur­tout chez les enfants.

« Qui plus est, aucune solu­tion n’est appor­tée aux réfu­giés de la radio­ac­ti­vité, ces popu­la­tions exclues du péri­mètre des 20 kilo­mètres entou­rant la cen­trale. La plu­part d’entre eux trouvent refuge auprès de proches, dans le péri­mètre de la zone d’évacuation volon­taire. Aucune indem­nité n’ayant encore été ver­sée et aucun relo­ge­ment n’ayant été effec­tué, les femmes et les enfants sont envoyés ailleurs pen­dant que les hommes conti­nuent d’exercer leurs acti­vi­tés agri­coles dans des zones conta­mi­nées. Les vil­la­geois n’arrivent pas à croire que la nature qui fleu­rit et bour­geonne est une nature morte: ils tentent d’éviter ainsi ce que l’on appelle com­mu­né­ment le ‘stress radio­lo­gique’ qui peut mener à des troubles psy­cho­lo­giques sérieux.

« Cet état de fait est faci­lité par la culture japo­naise, une culture de sou­mis­sion qui pousse les gens à conte­nir leurs émo­tions: ils s’interdisent d’exprimer leur désar­roi publi­que­ment, ter­ras­sés par la fata­lité. Leur colère interne se mani­feste sous la forme d’une rési­gna­tion totale. En consé­quence, les auto­ri­tés pro­fitent de cette fai­blesse cultu­relle pour impo­ser une omerta inquié­tante faci­li­tée par l’absence de contre-pouvoirs.

« Heu­reu­se­ment, des groupes aidés par la CRIIRAD viennent d’être créés et visent à contrô­ler le niveau de radio­ac­ti­vité de ali­ments consom­més: c’est un pre­mier pas salu­taire dans la lutte contre la dés­in­for­ma­tion. Pour­tant la catas­trophe reste per­ma­nente: l’irradiation reste tel­le­ment forte que les tra­vaux dans la cen­trale peinent à évo­luer et le risque d’explosion par hydro­gène dans les réac­teurs endom­ma­gés reste impor­tant. Le pire peut tou­jours sub­ve­nir. »

Site de Michèle Rivasi : http://www.michele-rivasi.eu/


Fukushima. Autres nouvelles, nouvelles inquiétudes

Restes du bâti­ment réac­teur III — 12 mai 2011

Restes du bâti­ment réac­teur IV — 12 mai 2011

Ainsi que je le pré­cise en post scrip­tum de l’article pré­cé­dent sur la nou­velle explo­sion enre­gis­trée à la cen­trale en ruines de Fuku­shima, c’est le réac­teur IV et non le III qui serait concerné. La dif­fé­rence est impor­tante puisqu’elle porte sur le char­ge­ment en MOX du réac­teur III, et le risque de rejet de plu­to­nium par­ti­cu­liè­re­ment toxique. Le pro­blème – qui remonte aux ori­gines mêmes de la catas­trophe – tient au blo­cage de l’information offi­cielle, et même aux omis­sions et men­songes éma­nant de ces sources offi­cielles, tant le gou­ver­ne­ment japo­nais que l’exploitant Tepco.

Une autre vue de l’explosion est visible ici : entre 0:16 et 0:18. (Docu­ment Tepco).

Autres nou­velles, peu rassurantes :

– 6 400 tonnes d’eau radio­ac­tive dans le sous-sol du réac­teur III. Les employés de Tepco ont bravé la très haute conta­mi­na­tion radio­ac­tive du réac­teur III (100 milliseverts/heure) pour explo­rer le sous-sol du bâti­ment dans lequel ils ont confirmé la pré­sence de 6400 tonnes d’eau hau­te­ment radio­ac­tive. (51 milliseverts/heure en sur­face du volume d’eau qui fait près de 6 mètres de profondeur).

– Pas de chance pour Areva (exit sa patronne) et pour Tepco, qui devaient com­men­cer le 15 juin les tra­vaux de décon­ta­mi­na­tion de plus de 100 000 tonnes d’eau conta­mi­née : le sys­tème ne fonc­tionne pas car Tepco vient de décou­vrir 10 fuites dans des valves et autres tuyauteries.

Le Monde du 17/6/11. Comme si l” « emprise » n’était déjà pas économico-politique… Ou com­ment le spec­tacle poli­tique prend le pas sur les faits, l’opérette de salon sur le jour­na­lisme de terrain.

Soyons posi­tifs et admet­tons que le sys­tème Areva puisse décon­ta­mi­ner à 100 % plus de 100 000 tonnes d’eau, à ce jour, et une autre bor­dée de 100 000 tonnes d’ici la fin de l’année 2011 et d’autres bor­dées sub­sé­quentes de 100 000 tonnes et plus, tous les six mois, au fil des années. Que faire du concen­tré toxique généré par ce pro­ces­sus de « décon­ta­mi­na­tion » ? Selon Tepco, ce concen­tré contien­drait 100 mil­lions de bec­que­rels de sub­stances radio­ac­tives par cen­ti­mètre cube. Tepco estime que ce seront 2 000 mètres cubes de concen­tré toxique qui seront géné­rés d’ici la fin de l’année 2011. Or, Tepco ne dis­pose que d’une capa­cité de 1 200 mètres cubes sur le site de Fuku­shima. De plus, Areva a concédé qu’ils n’ont aucune expé­rience dans la ges­tion de concen­trés toxiques issues d’eau radio­ac­tives et titrant plus de 1 000 millisieverts/heure.

– Extrême radio­ac­ti­vité dans la par­tie est de Tokyo. Suite à la pres­sion d’une asso­cia­tion de parents (Koto Asso­cia­tion to Pro­tect Chil­dren), le gou­ver­ne­ment japo­nais a enfin reconnu ses men­songes quant à la radio­ac­ti­vité de l’air ambiant aux alen­tours du centre de retrai­te­ment des boues d’épuration de Nanbu Ota-ku, Tokyo. Depuis com­bien de semaines l’incinérateur est-il en train de conta­mi­ner cette zone de Tokyo ? Cette asso­cia­tion de parents, aidée par un pro­fes­seur de l’Université de Kobé, a sol­li­cité les ser­vices de l’ONG fran­çaise, Asso­cia­tion pour le Contrôle de la Radio­ac­ti­vité dans l’Ouest, et a mis en valeur des taux extrê­me­ment éle­vés de radio­ac­ti­vité dans le ter­rain de sports et dans le parc pour enfants situés tous deux à moyenne proxi­mité du centre de trai­te­ment incri­miné: par exemple, le parc pour enfants est à 8 km de distance.

Le parc est encore plus conta­miné que le ter­rain de sport avec un taux de césium 137 de 3 050 becquerels/kilo de sol et un taux de césium 134 de 2 850 becquerels/kilo de sol. Le taux de tel­lu­rium 129 y est de 580 becquerels/kilo de sol.

– Quelle serait la quan­tité de com­bus­tible à Fukushima-Daichi en attente de dilu­tion dans l’atmosphère, les nappes phréa­tiques et l’océan? Selon Asso­cia­ted press, 3 400 tonnes de com­bus­tible usagé seraient accu­mu­lées dans les pis­cines de sto­ckage et 877 tonnes de fuel actif dans les coeurs des réac­teurs, ou ce qu’il en reste. A savoir en tout 4 277 tonnes de com­bus­tible. Par com­pa­rai­son, il y en avait 30 tonnes à Three Miles Island aux USA en 1979 et 180 tonnes à Tcher­no­byl en 1986.

– Deux baleines ont été décou­vertes fin avril à 650 km de Fuku­shima, avec des niveau de radia­tion de 31 et 24 bec­que­rels de césium par kilo de viande. Le Marine Bio­lo­gi­cal Labo­ra­tory, basé à Woods Hall dans le Mas­sa­chu­setts, a com­mencé à éva­luer le niveau de conta­mi­na­tion radio­ac­tive dans l’Océan Paci­fique. Et selon Arnie Gun­der­sen, le MBL a déjà déclaré que la conta­mi­na­tion radio­ac­tive dans l’Océan Paci­fique pro­ve­nant de Fuku­shima est dix fois supé­rieure à celle de la Mer Noire ayant émané de Tchernobyl.

– La cen­trale nucléaire de Fort Cal­houn, à Omaha dans le Nebraska (États-Unis) est assié­gée (vidéo ici) par l’eau du Mis­souri qui monte et qui va encore mon­ter de quelques mètres d’ici l’été. Pas de sou­cis, l’ingénierie nucléaire a déployé tout son savoir faire pour endi­guer les risques radio­ac­tifs : des murs de sacs de sable.

La cen­trale nucléaire de Fort Cal­houn, pho­to­gra­phiée le 14 juin, mena­cée par la mon­tée régu­lière des eaux du Mis­souri. (Ph. Cryptome)

Voir d’autres photos.

 

 

 

Autres infor­ma­tions sui­vies : http://www.kokopelli-blog.org/


Fukushima. Nouvelle explosion sur un réacteur

Une nou­velle explo­sion s’est pro­duite dans les ruines de la cen­trale nucléaire de Fuku­shima Daii­chi dans la nuit du 13 à 14 Juin à 00h43. Comme on peut le voir sur un enre­gis­tre­ment vidéo (ci-dessous) de l’opérateur nucléaire Tepco, l’explosion – très impres­sion­nante – a affecté le réac­teur III, par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reux car il contient du com­bus­tible MOX chargé de plu­to­nium.

Selon Green­peace, c’est un signe patent que le noyau en fusion de com­bus­tible MOX est acti­ve­ment dan­ge­reux. Vrai­sem­bla­ble­ment, il y a eu une explo­sion cau­sée par le contact des maté­riaux du cœur fondu avec de l’eau. Avec une telle explo­sion un relâ­che­ment de grandes quan­ti­tés radio­ac­tives dans l’environnement est à craindre.

Tou­jours selon Green­peace, qui a rendu publique l’information, les niveaux de radio­ac­ti­vité mesu­rés près des ruines de l’enceinte de confi­ne­ment du réac­teur I atteignent 260 sie­vert. Selon l’expert Shaun Bur­nie, de Green­peace, cela confirme que les par­ties fon­dues du cœur ont percé le fond de la cuve du réacteur.

L’événement paraît visible à par­tir de la 2e minute de l’enregistrement.

D’autre part, les Japo­nais pro­jettent de recou­vrir les ruines des réac­teurs par des sar­co­phages… en plas­tique – cela afin de limi­ter les infil­tra­tions d’eau et les rejets de matières radio­ac­tives. La maquette de ces sar­co­phages a été mon­trée ce 16 juin au JT de 20 heures sur France 2.

[Sources : Col­lec­tif anti­nu­cléaire 13, Green­peace; Tepco]

Post scrip­tum 17/6/11 : Il s’agirait plu­tôt du réac­teur IV. C’est ce qu’indiquent diverses sources telles que :
– le site du jour­nal Hawaï News Daily http://hawaiinewsdaily.com/2011/06/apparent-explosion-and-fire-at-fukushima-4/
– le site de l’association Koko­pelli, qui suit de très près la situa­tion à Fuku­shima : http://www.kokopelli-blog.org/?p=916
La situa­tion reste des plus graves à Fuku­shima, mais cette pré­ci­sion exclu­rait le risque de dif­fu­sion atmo­sphé­rique du plu­to­nium contenu dans le com­bus­tible MOX qui ali­mente le réac­teur III.


Samedi 11 juin, « Carton rouge au nucléaire » sur toute la France

 

© faber

Mani­fes­ta­tions et débats sont annon­cés ce samedi 11 juin devant les mai­ries de France et de Navarre. Qu’on ne nous fasse plus prendre des cen­trales nucléaires pour des lanternes !

 


Nucléaire. La France n’a pas « l’électricité la moins chère d’Europe »

Par défi­ni­tion, les cli­chés ont la peau dure. Sur­tout s’ils sont en per­ma­nence réac­ti­vés par des bonnes âmes très inten­tion­nées…  Ainsi en est-il spé­cia­le­ment de cette France à l” »élec­tri­cité la moins chère ». Et grâce à qui, hein ? En ces temps de catas­trophe nucléaire au Japon, les pro­mo­teurs de l’atome ne cessent de répé­ter que, « grâce au nucléaire », la France béné­fi­cie­rait des tarifs d’électricité « les plus bas d’Europe », voire du monde ! D’où l’intérêt de ce détour ins­truc­tif par l’Obser­va­toire du nucléaire et quelques don­nées édifiantes :

 

D’abord, on ne voit pas en quoi cela jus­ti­fie­rait de vivre avec la pers­pec­tive d’une catas­trophe simi­laire ou pire que celle en cours à Fuku­shima. Mais, sur­tout, cette affir­ma­tion est tota­le­ment fausse. Il suf­fit pour s’en convaincre de se repor­ter aux chiffres offi­ciels publiés par l’Union euro­péenne. Voici les don­nées consul­tables, por­tant sur 2007 (qui ne tiennent donc pas compte du fait que, depuis, EDF a entammé une pol­tique de fortes aug­men­ta­tions du prix de l’électricité vendu en France) :

Étude com­plète consul­table ici : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_OFFPUB/KS-SF-07–080/FR/KS-SF-07–080-FR.PDF

On constate que, dans 12 pays de l’Union euro­péenne, les ménages paient moins cher qu’en France. Dans deux pays, le tarif est com­pa­rable, et dans qua­torze pays, il est plus élevé qu’en France. Les tarifs en France sont donc à peu près dans la moyenne. La France est en des­sous de la moyenne de l’UE car cer­tains pays comme le Dane­mark ont choisi de taxer très for­te­ment l’électricité pour éli­mi­ner les gas­pillages (ce qui n’empêche pas de mettre en place des tarifs sociaux pour la consom­ma­tion de base des ménages modestes).

Les tarifs étaient plus avan­ta­geux en France pour les entre­prises mais, depuis, de fortes aug­men­ta­tions ont eu lieu. Qui plus est, EDF a annoncé de très fortes aug­men­ta­tions (au moins 30% !) tant pour les ménages que les entre­prises, et ce pour finan­cer la pro­lon­ga­tion de la durée de vie des réac­teurs nucléaires.

Il est donc temps que les citoyens de France com­prennent qu’ils sont abu­sés depuis des années par une com­mu­ni­ca­tion trom­peuse : non, la France n’a pas les tarifs d’électricité les plus bas d’Europe, et elle sera bien­tôt parmi les pays où l’électricité est la plus chère…

Mais il y a encore pire : si le tarif de l’électricité est resté moyen­ne­ment modéré pen­dant deux décen­nies, c’est du fait d’un véri­table dum­ping, un report dans le temps des véri­tables coûts de l’électricité nucléaire : bien­tôt, il fau­dra acquit­ter des fac­tures incom­men­su­rables pour déman­tè­ler les ins­tal­la­tions nucléaires et pour s’occuper (pen­dant des mil­lé­naires !) des déchets radioactifs.

Les Fran­çais ont donc mangé leur pain blanc (ou consommé leur « élec­tri­cité  blanche » !), l’heure des comptes approche.


 


Nucléaire. La probabilité d’un accident en France serait de 50% pour le parc actuel

Sur la base du constat des acci­dents majeurs sur­ve­nus dans l’industrie nucléaire ces trente der­nières années, on devrait sta­tis­ti­que­ment connaître un acci­dent de ce type dans l’Union euro­péenne au cours de la vie du parc actuel, avec une pro­ba­bi­lité de 50% de voir cet acci­dent majeur se pro­duire en France. C’est en tout cas ce que démontrent Ber­nard Laponche, phy­si­cien nucléaire, expert en poli­tiques de l’énergie, et Ben­ja­min Des­sus, ingé­nieur et éco­no­miste, dans un article publié sur le site de Glo­bal Chance. Cette asso­cia­tion regroupe des scien­ti­fiques et des experts convain­cus qu’un déve­lop­pe­ment mon­dial plus équi­li­bré peut et doit résul­ter de la prise de conscience crois­sante des menaces qui pèsent sur l’environnement glo­bal. Ce texte a déjà été publié dans Libé­ra­tion et dans Poli­tis. Il est assez impor­tant pour méri­ter une large diffusion.

Acci­dent nucléaire : une cer­ti­tude statistique

Le risque d’accident majeur dans une cen­trale nucléaire a été consi­déré comme la com­bi­nai­son d’un évé­ne­ment d’une gra­vité extrême et d’une très faible pro­ba­bi­lité d’occurrence. Certes, la mul­ti­pli­ca­tion de zéro par l’infini pose quelques pro­blèmes mais les pro­mo­teurs du nucléaire, met­tant en avant cette très faible pro­ba­bi­lité, affir­maient qu’il n’y avait aucun dan­ger. Si la gra­vité des consé­quences d’un tel acci­dent a bien été confir­mée par Tcher­no­byl et Fuku­shima, que peut-on dire aujourd’hui de la pro­ba­bi­lité de son occurrence ?

Il y a deux méthodes pour esti­mer la pro­ba­bi­lité d’un acci­dent : la méthode théo­rique, qui consiste à la cal­cu­ler sur la base de scé­na­rios de simu­la­tion d’accidents pre­nant en compte les sys­tèmes de défense et les risques de dys­fonc­tion­ne­ment, et la méthode expé­ri­men­tale, qui consiste à prendre en compte les acci­dents sur­ve­nus, ce que l’on fait par exemple pour les acci­dents de voi­ture. Les résul­tats de l’approche théo­rique, issus des tra­vaux des experts de la sûreté nucléaire, dis­tinguent, pour les cen­trales actuel­le­ment en fonc­tion­ne­ment dans le monde, deux types d’accidents : « l’accident grave » avec fusion du cœur du réac­teur, dont la pro­ba­bi­lité serait de moins de un pour 100 000 « années-réacteur » (un réac­teur fonc­tion­nant pen­dant un an) et « l’accident majeur », acci­dent grave non maî­trisé et condui­sant à d’importants relâ­che­ments de radio­ac­ti­vité, dont la pro­ba­bi­lité serait de moins de un pour un mil­lion d’années-réacteur.

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Nucléaire-Fukushima. La France contaminée deux jours avant la date officielle, selon la CRIIRAD

TCHERNOBYL BIS REPETITA ? La CRIIRAD (Com­mis­sion de Recherche et d’Information Indé­pen­dantes sur la Radio­ac­ti­vité) vient de publier la carte qui prouve que la France a été conta­mi­née dès le 22 mars 2011, dix jours après le début de la catas­trophe de Fuku­shima et deux jours avant la date offi­ciel­le­ment avan­cée :
1/  les masses d’air conta­miné par les rejets radio­ac­tifs de la cen­trale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI sont arri­vées 2 jours avant la date indi­quée par l’Institut de Radio­pro­tec­tion et de Sûreté Nucléaire (IRSN) ;

 

2/  elles ont affecté les trois quarts de la France (et non pas le seul som­met du Puy-de-Dôme) ;
3/ l’activité de l’iode 131 par­ti­cu­laire était plus de 20 fois supé­rieure à celle annon­cée pour le 24 mars.
Ni l’IRSN, ni les grands exploi­tants du nucléaire, ne pou­vaient l’ignorer. Omis­sion invo­lon­taire (mais invrai­sem­blable) ou déli­bé­rée… mais dans quel but ?

 

La CRIIRAD a saisi le Pre­mier ministre et le pré­sident de l’Autorité de Sûreté Nucléaire d’une demande d’enquête sur la chro­no­lo­gie des faits et les dif­fé­rents niveaux de res­pon­sa­bi­li­tés.
Plus d’information : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/sommaire.html

CRIIRAD : : asso@criirad.org
Site web : www.criirad.org


Nucléaire. Le cauchemar continue autour des quatre réacteurs de Fukushima en perdition totale

Deux mois et plus ont passé. Une espèce de suaire média­tique a com­mencé à enve­lop­per Fuku­shima, ses quatre réac­teurs sinis­trés, la région et tout le Japon dans son drame. Une chape de silence tend à œuvrer afin de main­te­nir dans son coma tout un modèle de société basé sur le tou­jours plus, comme si la fin des temps humains ne s’en trou­vait pas hâtée. Un temps de cendres pour­tant tou­jours des plus radioactives.

 

Dans la suite 36 de sa chro­nique de la catas­trophe nucléaire, Domi­nique Leglu, direc­trice de la rédac­tion du maga­zine Sciences et ave­nir, se montre car­ré­ment alar­mante : « On s’en dou­tait depuis long­temps, mais voir la chose admise par l’opérateur Tepco de la cen­trale Fuku­shima fait un effet sidé­rant : le cœur fondu du réac­teur n°1 a percé sa cuve en de mul­tiples endroits ! Ou pour le dire avec les cir­con­vo­lu­tions de l’opérateur : « des trous ont été créés par le com­bus­tible  nucléaire fondu au fond de la cuve du réac­teur n°1 ».

 

 

« C’est, en clair, l’accident maxi­mal pour un réac­teur de ce type. L’enceinte ultime, autre­ment dit la cuve pres­su­ri­sée dans laquelle est enfermé le com­bus­tible nucléaire, cuve cen­sée être le der­nier rem­part contre l’émission de radio­ac­ti­vité vers l’extérieur, est rompue ! »

 

Il s’avère en effet que de nom­breuses sou­dures n’ont pas résisté aux très hautes tem­pé­ra­tures dues à la fonte du réac­teur, ainsi qu’à une cor­ro­sion intense cau­sée par le sel de l’eau de mer employée pour les ten­ta­tives de refroi­dis­se­ment. L’inox uti­lisé dans les cuves des réac­teurs « se retrouve aussi ailleurs dans la cen­trale, notam­ment dans les casiers des assem­blages de com­bus­tibles (dans les pis­cines qui ont été dra­ma­ti­que­ment endom­ma­gées – en par­ti­cu­lier dans les uni­tés 3 et 4 ».

 

En fait, pour­suit Domi­nique Leglu, « on se demande si tous les réac­teurs (pas seule­ment le n°1 mais peut-être aussi les n°2 et n°3) ne sont pas en train de « tom­ber en miettes » – leurs struc­tures métal­liques étant de plus en plus défaillantes, après que les struc­tures en béton ont été ébran­lées et fis­su­rées lors des explo­sions qui ont eu lieu dès les pre­miers jours de la catastrophe. »

 

La jour­na­liste de Sciences et ave­nir met aussi en doute la pré­ten­tion d’Areva à « décon­ta­mi­ner l’eau qui a abon­dam­ment servi à refroi­dir les réac­teurs et les pis­cines et ins­tal­ler un cir­cuit fermé pour la ré-utiliser. Com­ment faire un cir­cuit fermé avec une (des) cuve(s) de réac­teur transformée(s)  en pas­soire ? Sur­tout, com­ment s’approcher de ces lieux extrê­me­ment radio­ac­tifs – vu la non étan­chéité de l’ensemble — pour éven­tuel­le­ment « rebou­cher » les trous ? Qui va s’approcher ? »

 

Et de conclure : « Deux mois après la catas­trophe, on se demande encore autre chose : pen­dant com­bien de mois (d’années ?) va-t-il fal­loir conti­nuer à refroi­dir les lieux, accu­mu­lant tou­jours plus d’eau conta­mi­née. Cela signifie-t-il qu’il va fal­loir reje­ter à nou­veau celle-ci « volon­tai­re­ment » dans l’océan, comme cela a été fait pour plus de 10 000 tonnes (eau dite alors « fai­ble­ment conta­mi­née ») il y a quelques semaines ? C’est un véri­table cau­che­mar qui continue. »

 

D’autre part, selon une dépêche de l’AFP du 29 avril, un conseiller scien­ti­fique du pre­mier ministre japo­nais, le pro­fes­seur Toshiso Kosako, a pré­senté sa démis­sion « en larmes » lors d’une confé­rence de presse, « en rai­son de désac­cords sur la ges­tion de la cen­trale nucléaire acci­den­tée de Fuku­shima ». La rai­son essen­tielle de cette démis­sion est due au fait que le gou­ver­ne­ment a envi­sagé un relè­ve­ment du taux admis­sible de radio­ac­ti­vité dans les écoles, sur les aires de jeux. Alors que « la limite était jusqu’à pré­sent de 1 mSv/an (peut-être 2,4 mSv/an) », selon une source uni­ver­si­taire japo­naise, l’intention est de la faire pas­ser à 20 fois plus, soit « 20 mSv/an ». Ce taux annuel de 20 mSv/an est celui admis pour les pro­fes­sion­nels du nucléaire en France.


Tchernobyl – Fukushima. 25 ans après, « la leçon de Tchernobyl n’a pas été apprise »

Cli­quer sur l’image pour lire mon article d’il y a cinq ans (déjà…)

26 avril 1986, catas­trophe de Tcher­no­byl. Voilà vingt-cinq ans. Une réfé­rence pour la fameuse échelle INES, atteinte à son niveau 7, le plus élevé. Atteintes humaines et envi­ron­ne­men­tales incal­cu­lables – des vic­times par cen­taines de mil­liers, décé­dées ou malades ; un ter­ri­toire grand comme la Suisse rendu invi­vable à jamais… Un quart de siècle plus tard, la cen­trale japo­naise de Fuku­shima entre en « com­pé­ti­tion » en attei­gnant à son tour le niveau 7. Pour autant « on » n’ose par­ler de « catas­trophe ». « On » pré­fère euphé­mi­ser, jouer sur le temps, implo­rer le miracle du dieu Tech­nique. « On » : nucléo­crates et poli­tiques fon­dus dans le même moule du ren­de­ment éco­no­mique, de cette ren­ta­bi­lité dans laquelle le fac­teur humain ne consti­tue qu’une variable parmi d’autres. Sauf que la « variable » humaine pour­rait bien se rebif­fer plus sévè­re­ment qu’il y a vingt-cinq ans où l’ « excuse sovié­tique » – les « Popofs » étant alors consi­dé­rés avec mépris d’un niveau tech­nique infé­rieur… – avait été invo­quée. La « supé­rio­rité occi­den­tale », celle des cen­trales de concep­tion états-unienne ins­tal­lées au Japon, comme en France d’ailleurs, a donc apporté la preuve de ses propres limites, met­tant à bas le dogme de l’énergie la plus sûre…  Peut-être mais…, nous dit  l’écrivaine bié­lo­russe Svet­lana Alexievitch,  «la leçon de Tcher­no­byl n’a pas été apprise»

 

La catas­trophe de Fuku­shima aura sans doute – quoi qu’il en soit de ses consé­quences – per­mis de battre en brèche l’omerta nucléa­riste. Du moins en aura-t-elle pris un sérieux coup, obli­geant à recon­si­dé­rer les fameux dogmes tech­ni­cistes, mais aussi les choix éner­gé­tiques fon­da­men­taux, les poli­tiques de déve­lop­pe­ment, et même la démo­cra­tie elle-même prise la main dans le sac du secret, du men­songe, de la for­fai­ture. Mais la bête se débat ! (Voir ici à ce pro­pos :Le nucléaire est affaire trop dan­ge­reuse pour la lais­ser aux mains des nucléo­crates !)

 

Même à armes inégales, le débat sur les choix éner­gé­tiques et de société a été for­te­ment réac­tivé. De même que celui, com­bien fon­da­men­tal, sur les tra­vailleurs du nucléaire, et tout par­ti­cu­liè­re­ment ceux de la sous-traitance. Cette pra­tique de forme escla­va­giste – cette mal-traitance – s’est déve­lop­pée et accé­lé­rée depuis le début de pri­va­ti­sa­tion du sec­teur de l’électricité et la démo­li­tion des ser­vices publics en géné­ral. Ainsi EDF en est-elle venue à se désen­ga­ger en quelque sorte de la main­te­nance et indi­rec­te­ment de la sûreté de ses ins­tal­la­tions. En recou­rant à du per­son­nel cor­véable (moins cher, peu reven­di­ca­tif, peu regar­dant – par néces­sité – sur les risques sani­taires), l’électricien indus­triel se lave les mains de la dan­ge­ro­sité de ses acti­vi­tés, ou tout au moins les déplace-t-elle vers les entre­prises pri­vées de cette sous-traitance.

(Lire la suite…)


Ça plane – deux fois, sais-tu – pour Sarkozy : deux avions pour un Paris-Bruxelles…

On en est à comp­ter les tours d’avion de la ministre des affaires étran­gères du temps de la dic­ta­ture tuni­sienne de Ben Ali. Soit, il faut comp­ter. Et comp­ter aussi, tant qu’affaires étranges, les autres tours d’avion de notre ver­tueux (pour les autres) et tou­jours aussi bling-bling de président.

La presse belge a ainsi épin­glé, ce samedi 5 février, le dépla­ce­ment effec­tué la veille par le pré­sident fran­çais. Celui-ci, selon les quo­ti­diens belges, a choisi de faire les 300 kilo­mètres qui séparent les deux capi­tales avec… deux avions. Outre l’avion pré­si­den­tiel, le fameux A330, en ser­vice depuis 2010 et rebap­tisé «  Air Sarko One  » par ses détrac­teurs, la pré­si­dence fran­çaise avait éga­le­ment affrété un Fal­con Tx,  plus petit. La télé­vi­sion belge a filmé les deux appa­reils qu’on peut voir ici :

L’achat et la mise en ser­vice de l’A330 pré­si­den­tiel avaient déjà donné lieu à une polé­mique sur le coût de l’appareil et de sa trans­for­ma­tion pour répondre aux besoins du chef de l’Etat : 176 mil­lions d’euros au total. Celui-ci com­mu­nique depuis sur l’économie réa­li­sée en ven­dant les deux appa­reils pré­cé­dents. Il a éga­le­ment pré­cisé à quelques reprises que cet avion serait moins pol­luants que les deux A 319 uti­li­sés pré­cé­dem­ment. L’argument fait flop pour le voyage en ques­tion. De Paris à Bruxelles, le TGV Tha­lys met en moyenne une heure vingt. Une heure de vol de l’A330 pré­si­den­tiel revient envi­ron à 20 000 euros ; celle d’un Fal­con TX revient à 7700 euros. Le billet de train, lui, coûte 141 euros en pre­mière… A vos calculettes !

Le men­suel Terra Eco avait déjà asti­coté la pré­si­dence sur cette ques­tion, esti­mant, en novembre 2010, que Nico­las Sar­kozy était le 6e plus grand émet­teur de CO2 parmi les chefs d’Etat et de gou­ver­ne­ment. « S’il avait voyagé avec Air Sarko One dès cette année (2010), ajoute le maga­zine, il aurait mul­ti­plié par 2,5 ses émis­sions de CO2. Ce qui l’aurait ramené en deuxième posi­tion de ce clas­se­ment », juste après Obama. Allez, encore un effort !

À l’été 2010, Sar­kozy avait fait vali­der par Mati­gnon une note deman­dant aux ministres d’éviter autant que pos­sible les dépla­ce­ments en avion s’ils pou­vaient les rem­pla­cer par le train. [Source : LeMonde.fr]

» Désolé pour cette sata­née pub col­lante que je ne par­viens pas à reti­rer de la vidéo…


Henri Montant, alias Arthur. Journaliste, satiriste, écologiste

Ph. Le Télégramme

J’apprends par mon pote Lan­glois, dans Panouille, son blog, la mort d’Henri Mon­tant. Celui qui se fai­sait appe­ler Arthur sous ses billets acé­rés, sauf dans Le Monde, où ça n’aurait pas fait sérieux. Arthur, le barbu à la pipe et au regard plissé, comme pour aug­men­ter la pro­fon­deur du champ, sur­tout celui si étendu de la conne­rie. Il fut donc de la bande à Charlie-Hebdo (de l’époque Cho­ron) et plus encore de celle de La Gueule Ouverte (de Four­nier et Isa­belle Cabut), au temps où l’on pas­sait de l’ « envi­ron­ne­ment » à l’écologie, y com­pris et sur­tout au sens poli­tique (can­di­da­ture de René Dumont à la pré­si­den­tielle de 74).

On le retrou­vera plus tard dans les feuilles libres et liber­taires comme La Grosse Ber­tha, CQFD, Siné Hebdo et Bakchich.

Nos routes se sont sou­vent croi­sées, notam­ment au temps où nous pas­sions le flam­beau, au Centre de for­ma­tion des jour­na­listes, à Paris.

Il n’est pas mort de la Légion d’honneur, mais d’un can­cer samedi en Bre­tagne, à 70 ans.

Ber­nard Lan­glois lui rend le bel hom­mage, que des lec­teurs enri­chissent, notam­ment Isa­belle Cabut. Le mieux est d’y aller voir.

On lira aussi un beau por­trait de lui par Jacques Chan­teau, dans Le Télé­gramme du 27 mars 2009, alors qu’il pré­si­dait à Mor­laix le jury d’un fes­ti­val de films, «Court mais bref».


Borloo, ami, bienfaiteur, protecteur des gros 4 x 4

À mes yeux (révul­sés), et je ne dois pas être seul, les 4 x 4 repré­sentent un double affront : à la misère du monde et à la souf­france de la pla­nète. Or, que n’apprends-je à la der­nière page du Canard ? Que Bor­loo, le gusse des Gre­nelle et autres fal­ba­las du déve­lop­pe­ment «durable», a signé en mai 2009 – on l’apprend plus d’un an après ! – un arrêté accor­dant, dixit le Canard, «de beaux avan­tages fis­caux» aux gros 4 x 4.

En effet, par ce décret,  les entre­prises peuvent les faire homo­lo­guer comme véhi­cules uti­li­taires et ainsi échap­per au malus éco­lo­gique et à la fis­ca­lité anti-monoxyde de car­bone ! Aux construc­teurs et pachas recon­nais­sants : Bravo le ministre des éco­no­mies d’énergie de pognon !

Selon une note interne de BMW, très concerné et réjoui, l’économie fis­cale se monte à 31 863 euros sur quatre ans pour un modèle vendu 64 000 euros – soit la moi­tié du prix d’achat du monstre ! Oui, vous vous frot­tez les yeux… Nous, citoyens impo­sés, payons la moi­tié de cet engin de luxe qui pue le fric, nous pompe l’air, nous nargue et nous condamne à nous ser­rer les cein­tures des retraites et des ser­vices publics !

De même que nous cas­quons pour offrir à la Bet­ten­court son île pri­vée aux Seychelles !

On dira que les riches bagno­lards pour­ront se rache­ter une bonne conscience (s’ils en ont une mau­vaise…) en signant un chèque « com­pen­sa­tion car­bone » – à l’ordre de BP, tant qu’à faire !

Alors Bor­loo, qu’est-ce qu’on dit de ça ? Ben, euh… que c’est pas moi mais l’Europe et ses direc­tives… Bla­bla habi­tuel. Parce que si ce grand résis­tant à la tech­no­cra­tie bruxel­loise s‘était opposé à pareil méfait, on l’aurait peut-être su.

Et dire que les fonds de l’État sont si bas qu’on doive immo­ler sur l’autel  de la Vertu exem­plaire deux minis­trions ama­teurs de grand luxe… Vrai­ment, comme dit l’empereur, « dans quelle époque vivons nous !? » Et com­bien de temps lui donnons-nous à cette mer­veilleuse époque ?

Nos docu­ments exclusifs :

1) Jean-Louis Bor­loo étren­nant son tout nou­veau gros 4x4 et écra­sant du même coup la prime carbone…

2) Le véhi­cule de rem­pla­ce­ment du ministre, dans la cour de l’Élysée, garé juste devant celui du maître.

Merci Tati, merci Mon oncle !


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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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