On n'est pas des moutons

Mot-clé: Fête du travail

Rabais sur le Vichy !

© Alain Le Quernec

Après Pétain, ques­tion Vichy, il y eut la pas­tille blanche (dure à ava­ler) et aussi le tissu qui enroba les fesses de Bar­dot (pré­mo­ni­toire côté FN), avant d’emballer la came­lote de chez Tati. Il nous est revenu ces der­niers temps à la mode Sar­kozy avec un arrière-goût ranci. Comme dit Alain Le Quer­nec, l’auteur de ce tis­sage serré, « Atten­tion, cette image sera démo­né­ti­sée la semaine pro­chaine ! » Pourvu !


Fêter le travail, cette « étrange folie »


« Vrai tra­vail » : l’amnésie du can­di­dat Sar­kozy par LeNou­ve­lOb­ser­va­teur

Fêter le tra­vail, déjà c’est plus que limite. Mais alors le « vrai » tra­vail, selon Sar­kozy et sa piteuse envo­lée pétai­niste !… Envo­lée si on peut dire, à laquelle il a cru devoir pré­ci­ser « Le vrai tra­vail c’est le tra­vail de celui qui tra­vaille dur ». Le « dur », ça c’est de la « vraie » valeur. Oui, c’est celle de l’aliénation, cette force de pro­duc­tion que, contraint, tu dois échan­ger à tes com­man­di­taires – capi­ta­listes, en géné­ral –, selon leurs propres condi­tions (« mar­ché du tra­vail ») et en échange de la per­mis­sion de sur­vivre, plus celle de consom­mer, – consom­mer ce que tu as toi-même pro­duit, ou bien qui t’est pro­posé dans le spec­tacle des loi­sirs de pré­fé­rence abê­tis­sants, grâce aux­quels tu tur­bi­ne­ras une qua­ran­taine d’années selon le pro­gramme : « Perdre sa vie à la gagner ». La dif­fé­rence se consti­tue en résis­tance, dans la lutte quo­ti­dienne pour conqué­rir le plein emploi de sa vie.

Le vrai tra­vail, alors, ne serait-il pas celui qui, signant le pro­grès et la civi­li­sa­tion, en fini­rait avec l’exploitation, la souf­france (tra­vail, tri­pa­lium en latin « ins­tru­ment de tor­ture »), bref l’aliénation, pour tendre à la créa­ti­vité, la réa­li­sa­tion de soi et de l’humanité, le plai­sir à œuvrer pour la jus­tice et une société d’humains libres ?

À l’expression « vrai tra­vail », on pour­rait alors sub­sti­tuer l’ancienne évo­quant « la belle ouvrage ». À la notion de « pro­grès » on pour­rait aussi pré­fé­rer celle plus fié­vreuse du plai­sir à vivre, et à vivre en société ouverte, et non plus dans ce « tout à l’ego », selon l’expression de Régis Debray.

Oui, c’est de l’utopie !, ce « lieu de nulle part » qu’on n’en finit pas de cher­cher (pour qui cherche…), ou comme dans cette quête de sens qui – au fait – carac­té­rise la nature humaine.

En foi de quoi je consi­dère Le Droit à la paresse de Paul Lafargue (gendre de Marx) comme un livre majeur, véri­table hymne au – pour le coup – vrai pro­grès, celui qui jus­ti­fie­rait le machi­nisme et la tech­nique comme des ins­tru­ments de libé­ra­tion et non plus comme des déi­fi­ca­tions modernes et hau­te­ment aliénantes.

Beau détournement de l'oeuvre de Millet. L'angelus sonne l'heure de la libération… On peut rêver, non ?

Beau détour­ne­ment de l’œuvre de Millet. Les gla­neuses et la glandeuse.

Ainsi donc débute Le Droit à la Paresse. La réfu­ta­tion du Droit au tra­vail, 1880 :

« Une étrange folie pos­sède les classes ouvrières des nations où règne la civi­li­sa­tion capi­ta­liste. Cette folie traîne à sa suite des misères indi­vi­duelles et sociales qui, depuis deux siècles, tor­turent la triste huma­nité. Cette folie est l’amour du tra­vail, la pas­sion mori­bonde du tra­vail, pous­sée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa pro­gé­ni­ture. Au lieu de réagir contre cette aber­ra­tion men­tale, les prêtres, les éco­no­mistes, les mora­listes, ont sacro-sanctifié le tra­vail. Hommes aveu­glés et bor­nés, ils ont voulu être plus sages que leur Dieu ; hommes faibles et misé­rables, ils ont voulu réha­bi­li­ter ce que leur Dieu avait mau­dit. Moi, qui ne pro­fesse d’être chré­tien, éco­nome et moral, j’en appelle de leur juge­ment à celui de leur Dieu ; des pré­di­ca­tions de leur morale reli­gieuse, éco­no­mique, libre-penseuse, aux épou­van­tables consé­quences du tra­vail dans la société capitaliste. »

Suite en ver­sion inté­grale sur inter­net, notam­ment là : http://www.rutebe
uf.com/textes/lafargue01.html

Mais je m’aperçois que je rabâche et, d’année en année, ramène mon muguet sur ce cha­pitre… C’est sur­tout que l’Histoire bégaye et que les pro­grès se font aussi rares que lents. Voyez tout de même, sur C’est pour dire, ces autres sup­pliques pour tra­vailler moins, en gagnant ce qu’il faut, et pas plus.

De la Paresse comme un des Droits de l’Homme, de la Paresse comme un art moderne et révolutionnaire

Faire plus de moins pour être plus pei­nard !, par André Faber

« Fête du tra­vail », et quoi encore ?


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    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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