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D’Inter à Europe 1. Le pied de nez de Demorand à Val
Et vlan ! pour Val et Hees : Demorand passe sur Europe 1. Comme au foot, le jeu des transferts a commencé dans les radios. Si la gué-guerre des radios a frappé plus tôt cette année, c’est qu’une vraie guerre l’avait amorcée à France Inter. Mais en l’occurrence le fric n’aurait pas été déterminant – si l’on en croit la direction d’Europe 1: « Il gagnera le même salaire qu’à Inter. » (Combien au fait ?)
C’est le climat délétère régnant dans la station publique qui aurait décidé Demorand à quitter le navire. Il n’a pas apprécié de s’être vu traité de « traître » sur une machine à café de la Maison ronde. Rappelons que Nicolas Demorand, Bernard Guetta, Thomas Legrand et Philippe Lefébure, au « Grand Journal » de Canal+, avaient désavoué en chœur Didier Porte au lendemain de sa chronique jugée offensante pour Sarkozy. Lâchage que des journalistes d’Inter n’avaient pas vraiment apprécié. A son tour , la Société des journalistes (SDJ) de France Inter estime aujourd’hui que Demorand a « trahi le camp qui l’a fait roi sans sommation et sans en avoir informé ceux qui lui faisaient aveuglément confiance ».
Coup dur supplémentaire pour Val de plus en plus contesté.
Raison de plus pour signer la pétition…
France Inter. Une ambiance de merde ne peut produire de la bonne radio
« Ambiance de merde à France Inter ».C’est le thème de la chronique de François Morel sur ladite radio ce matin. Fini de rire, dit-il. L’écouter ou la réécouter, c’est de la dentelle fine et solide. Survivant (provisoire ?) de l’actuel vent de purge qui secoue la radio publique, Morel compare Hees à Domenech, en dépit du fait que le Pdg de Radio France s’en défendait crânement la veille. Morel tape juste en ce sens qu’on ne peut bien jouer au foot dans une ambiance de merde – preuve par le Mondial. Ce qui vaut pour toute autre activité, comme de faire vivre une radio, ou un journal pour de la bonne info, une boulangerie pour du bon pain. Ou un gouvernement pour de la bonne justice sociale, entre autres.
Mais si on peut envisager de changer de gouvernement ou de régime (ne pas être impatient), c’est plus risqué pour son boulanger et quasi impossible pour sa radio. Ainsi hier, que c’était grève, fallait boire la tasse pubagère et limite putassière de ce qui se promène sur les ondes libérales et commerciales, ça va ensemble. Y avait même pas France Culture pour compenser, c’est dire le désert.
Que les dirigeants actuels de la radio publique, Hees et Val, s’en prennent à l’humour et à la satire au nom de la qualité de l’info (deux domaines séparés), c’est vraiment le signe. Signe d’un despotisme chopé comme une sale grippe, par contagion de pensée, si on ose dire, ou plutôt intégré, comme naturalisé par connivence et par soumission plus générale avec les puissants du moment. Non pas que ceux-ci donnent nécessairement leurs ordres, non, pas la peine, ça se fait tout seul, par imprégnation lente, surtout s’agissant d’esprits doués pour ça : l’art de baisser la tête dès le matin, pour n’avoir pas à se voir dans la glace.
Humour et politique, dans Politis. Ça résiste dans le maquis
« Il y a des journalistes qui ont appris leur métier à l’école hôtelière. Ils posent des questions comme on passe les plats. » Cette forte parole, due à Guy Bedos, on peut la cueillir dans le dernier Politis qui consacre un dossier au thème « humour et politique ». Ce possible sujet de philo au bac ne serait qu’un oxymore sans cette bande, somme toute assez restreinte, de francs-tireurs, résistants de la première heure et de toujours, ces FTP anti-PAF constituant l’honneur de la scène et des micros, ces maquisards embusqués au coin des bois dont on ne fait pas des flûtes. C’est par eux – les Alévêque, les Porte, les Guillon, les Moustic –, que l’humour prend ses plus belles envolées politiques et que, de son côté, la politique chope ses plus cinglantes dérouillées, donc pas à la façon foireuse des comiques démago limite troupiers de la chose vaguement chansonnière; mais de vraies déculottées au vitriol par lesquelles nos pompeux gouvernants repartent tout couillons vers leur destin d’amuseurs pas drôles. On se souviendra du DSK condescendu des hauteurs culminantes de sa chaire de la Banque mondiale, circonvenu à France Inter, tiré comme un vulgaire et ordinaire lapin (lapine ?), repartant la queue (euh…) basse, fâché et outragé de tant de « méchanceté », comme s’il avait été guillon-tiné.
Ces gars-là, les humoristes de cet acabit, on leur doit non pas tant nos monuments que les trois mots glorieux aux frontispices de la République. Jean-Michel Ribes les situe bien dans leur lignée historique qu’il fait remonter à Diogène, « qui dit “Ôte-toi de mon soleil” à l’homme le plus puissant alors », ou à « Rabelais, au coeur du Moyen Âge, inventant l’abbaye de Thélème; Voltaire et l’affaire Calas; ou encore Jarry décrivant les monstres dictateurs à travers Ubu, annonçant ceux du XXe siècle. Tous ont résisté à cet esprit de sérieux qui finit par boucher les idées, un cholestérol qui nous étouffe. Ce n’est pas un hasard si Staline, terrorisé par les humoristes, a déclaré qu’« un pays vraiment heureux n’a pas besoin d’humour». De Swift à Queneau, personne n’a fait sauter un gouvernement. Mais cela permet de respirer, de vivre. »
Donc, ne pas rater Politis, car la rate se dilate – ah ah ! – à condition de s’en servir. Bedos s’est fait réd chef de ce numéro qui constitue un hommage aux Coluche, Desproges, Le Luron. Ah oui ! Bedos raconte aussi comment il a été « courtisé par le teckel à poil dur », qu’il appelle aussi Tom Pouce, ajoutant : « Il me donnait […] raison sur tout! J’étais son Kouchner du spectacle, ou plutôt, il l’aurait voulu. Il aurait voulu que je sois à la Concorde avec les autres cons! »
Le crash du vol AF 447. EXCLUSIF ! La queue de l’Airbus retrouvée dans le Luberon

On cherche dans les limbes du Pacifique à coups d’engins nucléaires et pan ! voilà que sur ma route, ce week-end, peinard, voguant vers Céreste, Alpes de Hautes-Provence, je tombe sur la queue de l’Airbus disparu ! Les couleurs l’attestent, ce sont bien celles d’Air France. Les boites noires ne devraient pas être bien loin. Les gendarmes creusent dans les alentours. En tout cas, quelle dérive ! Trouvera-t-on aussi le déconomètre, appareil à mesurer le droit inaliénable de rire de tout (pas avec n’importe qui) ?
Nos documents : photo de l’appareil crashé, ou du moins ce qu’il en reste. Seule la queue de l’appareil émerge, ce qui laisse imaginer la violence du choc et explique l’absence de survivants.
Ci-dessous, carte du relevé GPS du lieu du crash.





« C’est pour dire », par Gerard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification

