On n'est pas des moutons

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De Brubeck à Niemeyer, même source même soupe

Mort de Dave Bru­beck et Oscar Nie­meyer, jazz et architecture.

 

Dave Bru­beck, 2005, Lud­wig­sha­fen. Ph. Frank C. Müller

Le pre­mier, pia­niste assez avant-gardiste, s’est sur­tout fait connaître avec Take Five, cette com­po­si­tion en cinq temps qui n’était jus­te­ment pas de lui mais de son com­parse de longue date, le sax-altiste Paul Des­mond. Radios et télés, pas man­qué, se sont fait fort de célé­brer le cher dis­paru avec ce Take Five, tube oblige.

 

Le second, aussi bré­si­lien que sta­li­nien, s’était appli­qué à béton­ner Bra­si­lia et le siège du PC fran­çais. Estam­pillé peuple autant que célé­bré par l’élite mon­diale, tout comme le géo­mètre suisse Le Cor­bu­sier, ce fut aussi un fami­lier du dic­ta­teur Cas­tro. Point à la ligne (de fuite).

 

Une fois de plus, le spec­tacle média­tique fait entendre sa même musique, celle qui par­court les rédac­tions d’une même vague confor­miste, venue de la même source, le plus sou­vent unique – celle de Wiki­pe­dia mati­née d’AFP pour le coup. De Libé à Ouest-France ou au Monde [hon­neur sauf, tou­te­fois, avec une bio par Syl­vain Siclier], les deux morts du jour sont célé­brés avec les mêmes orne­ments jour­na­lis­tiques à base de répé­ti­tions et de cli­chés invérifiés.

La soupe est ser­vie, en sachet. Même goût pour tout le monde, ingré­dients passe-partout, chi­miques et insi­pides ; ça rem­plit le vide et ne nour­rit pas, sur­tout pas l’esprit. Mais on peut som­no­ler tran­quille sans trop se deman­der qui, de Dave Bru­beck ou de Paul Des­mond, était pia­niste ou saxo­pho­niste. Qui dans le quar­tet indis­so­ciable tenait la contre­basse (Eugene Wright) et qui la bat­te­rie (Joe Morello, mort l’an dernier) ?

Tiens, qu’est-ce que je disais… Rue 89 du 6/12

 

C’est vrai qu’on peut fort bien vivre sans « tout ça », du super­flu dans ce monde à la dérive. On peut se pas­ser de culture, s’il ne s’agit que de sur­vivre. On peut ne tra­vailler qu’à engrais­ser son ego. Et vogue la galère ! À l’opposé, ce matin dans le poste, on fai­sait dire à Nie­meyer que « le seul sens de notre pas­sage sur terre, c’est la solidarité ».

 

La culture comme atten­tion à l’autre. Le reste est littérature.


Dix mots pour (mieux) entendre le jazz

Notable ini­tia­tive de Télérama.fr qui, dans son cha­pitre Musique, décor­tique quelques codes du jazz. Exemples à l’appui et illus­tra­tions sonores par des musi­ciens tout à fait « auto­ri­sés ». On y « voit » mieux dans ce qui peut appa­raître par­fois comme du cha­ra­bia d’initiés. Même esprit vul­ga­ri­sa­teur, au meilleur sens, que dans les « Leçons de jazz » d’Antoine Hervé (ou les « Leçons de musique » de Jean-François Zygel). On pour­rait ten­ter une même démarche avec la poli­tique, rayon « cacophonie »…

Cli­quer sur l’image.

[Merci Claude d’avoir débus­qué cette perle sur la toile.]


Antoine Hervé : « Le jazzman, c’est un griot et un danseur dans sa tête »

Jazz et clas­sique, Antoine Hervé est un des plus grands pia­nistes du moment. Mais il joue aussi du « péda­gogue », cet ins­tru­ment pas si cou­rant, sinon rare, qui per­met le miracle entre un art – ou une science – et le public. Si vous vou­lez en lire davan­tage à pro­pos de sa Leçon de piano sur Bill Evans, pas­sez un moment avec lui dans l’interview qu’il m’a accor­dée pour Citi­zen Jazz. Cli­quer ici même.


1, 2 et 3 juillet à Vitrolles (13). Le jazz rêvé de Charlie


Font­blanche à Vitrolles, comme une décou­verte a priori inat­ten­due – gaffe aux a priori ! Peut-on en effet rêver plus idyl­lique lieu que ce parc et ses pla­tanes monu­men­taux pour écou­ter du jazz ? C’est bien dans ce joyau de ver­dure bordé de sa rivière , près d’Aix et Mar­seille, que  se tien­dra le qua­tor­zième Char­lie Jazz Fes­ti­val. Trois soi­rées pour chan­ger de monde – et peut-être un peu chan­ger le monde aussi. Même si ça ne dépend pas que de la musique, vue la caco­pho­nie ter­restre… Rai­son de plus pour en pro­fi­ter. Voici le pro­gramme, que vous pou­vez aussi télé­char­ger ici.

Vous pou­vez éga­le­ment le décou­vrir et écou­ter des extraits musi­caux à par­tir des liens ci-dessous :

Ven­dredi 1er Juillet
19h00 - Haï­douti Orkes­tar
21h00 - MEANDRES invite Bart MARIS [Créa­tion]
< 22h15 - Charles LLOYD New Quar­tet (Retrans­mis sur France Musique)

Samedi 2 Juillet
18h00 - Rétro­vi­seur
19h30 - Haï­douti Orkes­tar
< 21h00 - Joa­chim KÜHN, Majid BEKKAS, Ramon LOPEZ (Retrans­mis sur France Musique)
22h15 - Majid BEKKAS Sex­tet « Makenba »

Dimanche 3 Juillet
18h00 - Sidony Box
19h30 - Banda du Dock
21h00 - Musica Nuda
< 22h15 - Orchestre Natio­nal de Jazz « Shut Up and Dance »

 

« Eco Fes­ti­val » avec res­tau­ra­tion sur place et expos pho­tos. Le par­cours d’accès est fléché.

Deux scènes à la décou­verte du jazz d’aujourd’hui – et même de demain.

Site du fes­ti­val : http://charliejazzfestival.com/

[Pho­tos Gérard Tissier]


Jazz chez Jean-Pierre. Quand les « happy few » font le nombre

C’était samedi der­nier, dit de Pen­te­côte, drôle de samedi. Point de vue perso à par­tir d’emploi du temps de même. Le matin, devant la mai­rie de mon bled, on était douze, comme des apôtres, à prê­cher dans le vide (pas tout à fait) pour une France et un monde débar­rassé du péril nucléaire. Le Japon de Fuku­shima c’est loin, faut croire, et l’humour cor­ré­zien a depuis recou­vert de son écume média­tique les miasmes radio­ac­tifs que conti­nuent de cra­cher les réac­teurs japo­nais en per­di­tion. Soit.

L’après-midi, pas­sage à la fête d’Attac-13 à Vitrolles. Beau temps, endroit buco­lique (Domaine de Font­blanche, c’est là que se tient le fes­ti­val de jazz Char­lie Free). Grosse déprime : une cen­taine de per­sonnes au rendez-vous…

Soi­rée dans la col­line du JP’estival, ren­contre d’amateurs de jazz, rock et com­pa­gnie sur les res­tanques de Jean-Pierre T., au-dessus de la Durance – gardons-le ano­nyme pour ne pas flin­guer son fes­ti­val entre potes qui ne pour­rait sup­por­ter l’invasion. Voilà onze ans qu’il s’est jeté dans la petite aven­ture : se don­ner un lieu et un moyen de jouer sans pas­ser par les cir­cuits contrai­gnants. Là, c’est le cir­cuit très court, genre directo producteur-consommateur. L’orga se fait à la bonne fran­quette, sous une bâche, deux enceintes, trois pro­jos, sur fond sonore de cra­pauds en rut, et sen­teurs de pou­let yassa côté res­tau­ra­tion. Musi­ciens variés aussi, à tout point de vue, y com­pris artis­tique. Et alors ? Per­sonne pour s’en plaindre. On est là ensemble, à pas­ser des moments cha­leu­reux « entre soi », les « happy few » comme on dit de nos jours, ces « quelques pri­vi­lé­giés » action­nés par le bouche à oreille et qui finissent par atteindre les cent cin­quante ou deux cents, en comp­tant enfants et chiens.

Rien à voir avec les mai­gre­lettes mobi­li­sa­tions du matin et de l’aprèm. Ici, pas de poli­tique, sinon celle de l’ici & main­te­nant. Demain est un autre jour – et encore, pas sûr. L’avenir n’est plus ce qu’il était. Jus­te­ment parce que Tcher­no­byl et Fuku­shima. Parce que le monde pourri. Parce que rien ne vau­drait la cha­leur des petits mondes, petits certes mais tout de même bien réels.

 

Excuse, Youki, le coup de flash qui t’a fait sur­sau­ter… N’empêche, t’as de l’oreille – et de la gueule ! (Ph. gp)

 
Mini entre­tien avec Jean-Pierre T.

Clip audio : Le lec­teur Adobe Flash (ver­sion 9 ou plus) est néces­saire pour la lec­ture de ce clip audio. Télé­char­gez la der­nière ver­sion ici. Vous devez aussi avoir JavaS­cript activé dans votre navigateur.


Archie Shepp en « Maradona du jazz » chez des rappeurs d’Aix-en-Provence

 

© Ph. Gérard Tissier

C’est une belle aven­ture débu­tée à l’automne. Son point d’orgue, si on ose dire : cette prin­ta­nière soi­rée du 6 mai 2011, un samedi, dans un quar­tier d’Aix-en-Provence. Et quand on dit « quar­tier » on croit avoir assez sous-entendu, ce qui est pire que tout.

Donc ce soir-là, au Jas de Bouf­fan, nom du quar­tier péri-urbain, Archie Shepp avait rendez-vous avec une bande de jeunes – à moins que ce ne soit l’inverse -, mais aussi un public, ras­sem­blé dans la salle bon­dée du Bois de l’Aune : un tiers de spec­ta­teurs venus en voi­sins, sup­por­teurs des leurs, le reste de plus loin, connais­seurs, curieux et bour­geois ordi­naires. Tel était l’aboutissement de ce « Jazz-lab 1 », com­mencé à l’automne avec l’intention de mêler, mixer, mélan­ger, métis­ser quelques ingré­dients de la culture d’aujourd’hui.

[…] Suite sur Citi­zen Jazz, làhttp://www.citizenjazz.com/Jazzlab-1-a-Aix-en-Provence-avec.html

 


Jazz. Quand Raphaël Imbert marie Mozart et Ellington

Il avait tapé dans le mille avec son « Bach Col­trane » en 2008 : créa­ti­vité musi­cale, bel album, suc­cès de vente. Le saxo­pho­niste Raphaël Imbert, 37 ans, n’est pas du genre à exploi­ter un quel­conque filon. S’il revient à la charge avec cet autre couple classique-jazz, mariant cette fois Mozart et Elling­ton, c’est au nom de sa quête de musi­cien. Il s’en explique dans un entre­tien calé juste avant le concert de créa­tion donné le 5 avril 2011 au Grand Théâtre de Pro­vence, à Aix. A lire sur Citi­zen Jazz.

© Pho­tos Gérard Tissier

 


Céline Bonacina au Moulin à jazz de Vitrolles. En plein jazz vivant

Dans l’étui de son saxo, elle pour­rait tenir… Je blague. Mais il s’agit tout de même d’un bary­ton. Et Céline Bona­cina taille plu­tôt alto, voire soprano. Et puis, après tout, puisqu’elle joue des trois et qu’ « aux âmes bien nées »… Tou­jours est-il qu’avec basse et bat­te­rie son trio a lit­té­ra­le­ment enflammé le Mou­lin à jazz de Vitrolles, samedi 12 février, comme rare­ment on l’avait vu dans ce lieu pour­tant peu fri­leux. Ten­tons des expli­ca­tions… sur Citi­zen Jazz. [Photo Gérard Tissier]


Paolo Fresu à Aix. Un jazz « terriblement d’accord »…

Fau­drait être mau­vais cou­cheur pour ne pas appré­cier un concert comme celui donné le 8 février au Grand Théâtre d’Aix-en-Provence par Paolo Fresu et son quar­tette. Ce fut donc un bon concert. Pas­ser un bon moment, après tout, ce n’est pas rien, par ces temps si secoués et incer­tains. Et le jazz là dedans ? Ben oui, voilà ze question.

Suite à lire et voir sur Citi­zen­Jazz, làhttp://www.citizenjazz.com/Paolo-Fresu-quartet-a-Aix-en.html


Entretien avec Richard Galliano. Bach entre le jazz et la baloche

Bri­sons le cli­ché d’un Richard Gal­liano accor­déo­neux enca­naillé au jazz et enno­bli au clas­sique. C’est tout le contraire ! S’il fête ses soixante ans avec un disque et des concerts  consa­crés à Bach*, l’accordéoniste a dès son plus jeune âge étu­dié et joué le grand maître du baroque. Aujourd’hui il trans­cende les genres au nom de la musique uni­ver­selle. Pro­pos d’autant plus témé­raire pour lui que l’accordéon demeure, peu ou prou, pri­son­nier de ses car­cans his­to­riques, entre l’orgue por­ta­tif et le « piano du pauvre ».  Comme son ami argen­tin, feu Astor Piaz­zola, ainsi que quelques autres dans l’histoire de la musique, il libère l’étrange ins­tru­ment qui embrasse tout le champ musi­cal, de la tra­di­tion à la plus actuelle des avant-gardes – là où Richard Gal­liano, il est vrai, ne va pas jusqu’à s’aventurer. **

Au GTP, Aix-en-Provence 14/12/2010 © Ph. Gérard Tissier

Com­ment un accor­déo­niste comme vous, qui a « viré » au jazz depuis très long­temps, peut-il aujourd’hui s’intéresser à Bach ?

– J’ai tou­jours joué la musique de Bach, et on joue Bach à l’accordéon depuis plus d’un siècle. Pen­dant long­temps aussi les spé­cia­listes ont été des accor­déo­nistes russes qui ont joué sur­tout le réper­toire d’orgue. Moi-même j’ai joué, lorsque j’étais jeune, des pièces comme la Fugue en la mineur, le Cla­ve­cin bien tem­péré, le Concerto ita­lien aussi, qui marchent très bien à l’accordéon. Sur­tout parce que l’accordéon c’est un orgue en minia­ture. L’instrument n’avait pour­tant ni sa place dans le jazz, ni dans le clas­sique – sur­tout à mon époque. C’était vrai­ment la face cachée… très peu de monde était au cou­rant de ce qui se pra­ti­quait à l’accordéon en dehors du musette. Par exemple, dans les années soixante, il y avait un accor­déo­niste qui avait par­ti­cipé à l’émission de Ber­nard Gavoty, Les Grands inter­prètes, c’était Freddy Balta. Il avait joué du Mes­siaen, entre autres… Mais pour le grand public, la seule dimen­sion de l’accordéon – d’ailleurs très belle – c’était le bal, la fête, qu’on retrouve dans beau­coup de musiques tra­di­tion­nelles. Au Bré­sil, par exemple, c’est le forro ; en Pologne, c’est la polka ; en Hon­grie, les csar­das… Et en France, la valse musette qui colle le mieux, je dois dire, à la peau de l’accordéon… La valse musette c’est aussi très proche des valses de Chopin…

(Lire la suite…)


Carla Bley Trio à Aix-en-Provence. Casque d’or et ses deux princes

Carla et moi, je dois dire, c’est toute une his­toire… Nous par­lons bien de celle-là : une reine, pas la loca­taire ély­séenne de pas­sage. Carla Bley jouait hier [29/11/10] à Aix, au Grand théâtre de Pro­vence, avec ses deux com­plices de fond, Steve Swal­low (basse) et Andy Shep­pard (saxos). Une sorte de pur dia­mant à trois pointes, vous voyez la rareté… L’histoire, donc, veut que je les piste sans réel­le­ment le vou­loir, mais quand même un peu. A chaque fois dans des confi­gu­ra­tions musi­cales par­ti­cu­lières. [Suite là, sur Citi­zen Jazz]

En dérive dans le cosmo-jazz…


Mimi Perrin, comme un pinson du jazz

Mimi Per­rin, 1960. « Jazz maga­zine » saluant la nais­sance d’un style vocal.

A quoi ça tient… Les jour­naux, le jazz, la poli­tique, tout ça… J’allais allu­mer le feu, chif­fon­nant quelques boules de vieux Monde, la presse pour ça, rien de mieux – va le faire avec une page oueb… Mais brû­ler du jour­nal, pour un jour­na­liste, y a pas, c’est tou­jours un geste dur, à l’arrière-goût d’holocauste. Avec ça qu’au der­nier moment, un titre, une image, un mot vous accroche l’œil – et voilà ce qui arriva l’autre soir : « Quoi, Mimi Per­rin est morte ? ». Ben oui, c’est Mar­mande qui l’atteste, en tête de la page 30 [Le Monde, 20/11/10] avec une magni­fique photo de Jean-Pierre Leloir. C’est bizarre la lec­ture du canard, on sait ça depuis longtemps.Un peu comme pour la musique, on vire­volte… Là, j’avais bien per­cuté sur la mort d ‘Abra­ham Ser­faty, l’inlassable oppo­sant au régime maro­cain ; et voilà com­ment Mimi Per­rin faillit pas­ser à la trappe de mon his­toire de jazzophile.

Superbe album avec ses vingt titres.

Jean­nine (avec deux n) Per­rin, dites « Mimi » (comme un pin­son ?), avant de mou­rir à 84 ans, ce 16 novembre à Paris, a vécu une double vie. Pour les jaz­zeux, celle des Double Six, sans doute le plus fameux encore à ce jour des groupes vocaux fran­çais et fran­co­phones. Elle en fut la créa­trice et l’inspiratrice de 1959 à 1965, date de la dis­so­lu­tion du groupe. Pour les lit­té­raires, c’était une tra­duc­trice renom­mée de l’américain au fran­çais – notam­ment les bio­gra­phies de Dizzy Giles­pie, Nina Simone et Quincy Jones dont elle était très proche. Mais on lui doit aussi des tra­duc­tions de John Le Carré (entre autres La constance du jar­di­nier, Une ami­tié abso­lue, avec sa fille Isabelle).

Dans les deux cas, un rap­port intime avec la langue fran­çaise. C’est même ce qui a consti­tué toute la pleine saveur des Double Six : cette manière superbe d’allier l’essence du jazz à celle du fran­çais, pour­tant réputé  peu « musi­cable » – sur­tout dans ce registre, comme dans celui du rock, géné­ti­que­ment por­tés par l’anglo-saxon. Mais les Double Six, ce n’était pas qu’une per­for­mance lin­guis­tique. C’était aussi et d’abord un exploit musi­cal ayant consisté à « res­ti­tuer voca­le­ment les ver­sions ins­tru­men­tales de thèmes de jazz, solos com­pris, en repre­nant toutes les voix d’une orches­tra­tion de big band » (Xavier Pré­vost, Dic­tion­naire du jazz).

Je ne vous en dis pas plus ici, pré­fé­rant lui lais­ser la voix, sublime, dans l’extrait ci-dessous, de 1960 (juste une minute légale de citation).

Clip audio : Le lec­teur Adobe Flash (ver­sion 9 ou plus) est néces­saire pour la lec­ture de ce clip audio. Télé­char­gez la der­nière ver­sion ici. Vous devez aussi avoir JavaS­cript activé dans votre navigateur.

On entend ici Mimi Per­rin dans « Rate Race » (La course au rat) de Quincy Jones ; elle tient la ligne se saxo ténor de Billy Mit­chell dans l’orchestre de Count Basie. Au piano, Art Sim­mons, à la basse, Michel Gau­dry et Daniel Humair à la bat­te­rie. Les CD du groupe peuvent don­ner lieu à des cadeaux de qua­lité… Parmi les autres voix du groupe, on retrou­vera notam­ment celles de Chris­tiane Legrand (sœur de Michel), et aussi de Ber­nard Lubat et d’Eddy Louiss. Un col­lier de perles dont « Mimi » fut l’une des plus étincelantes.


Enzo Carniel Trio et Nicolas Folmer : un jazz qui Mouline à Vitrolles

Il y a aussi le devant de la scène : un public et une équipe qui relient le jazz et les musi­ciens. © Ph. Gérard Tissier

Samedi 13 novembre, Mou­lin à jazz de Vitrolles (Bouches-du-Rhône). Taux de com­pres­sion maxi, soit plus de cent per­sonnes. Une qua­ran­taine d’autres refou­lées. A l’affiche : Enzo Car­niel Trio et Nico­las Fol­mer en invité. Concert impec, écoute et ambiance de même. Ova­tion inévi­table. Expli­ca­tion du suc­cès : des musi­ciens de talent, certes et en pre­mier lieu. Mais aussi des condi­tions opti­males pour des artistes tou­jours ravis de venir jouer à Vitrolles où ils sont cajo­lés à la fois par la bande de Char­lie Free, l’association qui gère le Mou­lin et le Fes­ti­val, et par un public si atten­tif, connais­seur et cha­leu­reux. Le tout ayant un prix, celui du spec­tacle vivant, menacé comme tant d’autres secteurs.

À lire sur Citi­zen jazz : http://www.citizenjazz.com/Jazz-au-Moulin-Vitrolles-suivi-de.html


Wayne Shorter à Marseille. Cette volonté de larguer les amarres…

Wayne Shor­ter en quar­tette. C’était ce 21 octobre 2010 sur les quais de Mar­seille, Fiesta des Suds. Seul concert de jazz de cette semaine « musiques et arts du monde », un must, comme on dit en pro­ven­çal… Les voilà donc qui s’installent, fan­tômes devant deux bons mil­liers d’oreilles, dont la moi­tié de corps et de cer­veaux, espé­rons. Ce sera le cas : grand rendez-vous pour grande musique – y en aurait-il d’autres ? La plu­part le savent, ils ont bien rendez-vous avec l’ex-sax des Jazz Mes­sen­gers, de Miles Davis après Col­trane, puis de Wea­ther Report – ceux qui ont, du moins pour un temps de rock, changé le cli­mat du jazz.

La suite là, sur Citi­zen Jazz.

Comme un Braque ou un Picasso, des mor­ceaux por­tés par la struc­ture. © Ph. Gérard Tissier



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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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    (Claude Lévi-Strauss)
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